Les Big Young Bruins

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L’ossature des Bruins a très peu changé pendant la saison morte. Cependant, beaucoup de jeunes joueurs se sont greffés au noyau mature de l’équipe. Ils répondent plutôt bien à l’appel et font partie intégrante des succès de ce début de campagne. Est-ce simplement une légère brise ou une tornade à en devenir ?

 

Un été plutôt calme

Après une aventure en séries trop courte, les dirigeants n’ont pas décidé de tout changer de A à Z. On a laissé aller les joueurs en fin de contrat, et laissé place à de nouveaux visages. Dans le processus du repêchage d’expansion, les Golden Knights ont jeté leur dévolu sur le défenseur droitier Colin Miller. Il a un bon avenir dans la ligue mais les Bruins lui ont préféré d’autres coéquipiers pour bâtir le futur de l’organisation. Un autre jeune joueur de la brigade défensive a donc été sacrifié après Dougie Hamilton la saison passée. Le vrai gros mouvement est la prolongation du buteur prodige David Pastrnak. Le terme – les années – étaient l’obstacle le plus compliqué à surmonter pour le DG Don Sweeney. La signature du contrat ne s’est faite que tardivement, plus précisément le 14 septembre, veille du début du camp d’entrainement.

 

Un lent début de saison avant une série de folie

Avec pas moins de huit recrues, Boston était la formation qui en alignait le plus dans le circuit Bettman. Cela peut expliquer leur fiche de 6 victoires, 6 défaites en temps réglementaire et 4 défaites en prolongation après 16 parties et leur 28e rang au classement général. Beaucoup d’observateurs se sont dit que ce serait une saison de transition pour les Bruins, et que les playoffs ne seraient qu’un bonus de fin de saison si tout va bien. Et bien, non !

Depuis le 15 novembre ils sont en feu ! Sur les 20 derniers matchs, ils sont deuxièmes à travers la ligue juste derrière Vegas. Leur fiche de 14-4-2 s’explique par quelques éléments importants. Premièrement, leur Top 6 affiche complet (plus de blessés), avec un surprenant Riley Nash comme deuxième centre. Ensuite, Tuukka Rask et aussi Anton Khudobin arrêtent les rondelles aux bons moments, ce qui n’était pas le cas en début de saison. Mais c’est surtout les 90 points accumulés par les rookies qui fait toute la différence. Danton Heinen – choix de 4e ronde, 116e au total en 2014 – complète à merveille Riley Nash et David Backes. Il comptabilise le plus de points pour l’équipe au cours de cette période. Le troisième trio – DeBrusk-Spooner-Bjork – a également son mot à dire. Malgré le fait d’être sur une excellente lancée, le retour du balancier pourrait revenir aussi vite que la réussite est arrivée. C’est une offensive très prometteuse et alléchante pour les saisons à venir. Il faut ajouter au groupe de jeunes talents, Charlie McAvoy. Un défenseur droitier 2.0. Aussi bien capable de défendre que d’appuyer l’attaque grâce à un coup de patin hors du commun. Il apprend son métier aux côtés que nul d’autre que la tour de contrôle et capitaine, Zdeno Chara.Au regard de la possession du palet (la proportion des tirs tentés), la dynamique est claire. Depuis la fin novembre, l’attaque a décollé alors que la défense est sur une base saine, accordant bien moins de tirs que la moyenne de la ligue. Boston remporte donc haut la main la bataille de la quantité des chances, une vision habituelle ces dernières années et qui se perpétue donc tant que Patrice Bergeron et Brad Marchand sont à la baguette. Boston se classe désormais au premier rang de la ligue pour la possession.

 

L’histoire est la même pour les buts anticipés, qui prennent en compte la qualité des chances. Défensivement, Boston accorde de moins en moins de chances tandis que l’attaque navigue au-dessus de la moyenne de la ligue. De quoi placer les Bruins au 4e rang de la ligue pour le taux de buts anticipés.

Au passage les Bruins ont perdu, au ballottage donc pour rien, les services du gardien Malcom Subban aux mains des Golden Knights. Un joueur majeur manque pourtant à l’appel : David Krejci. Le centre droitier a été limité à seulement 18 parties mais à quand même 14 points à son compteur personnel. Il est un rouage important du jeu de puissance depuis des années mais le jeune McAvoy rempli son rôle de quart arrière à un niveau plus qu’acceptable.

Autre ombre au tableau, la rétrogradation de Matt Beleskey en ligue américaine (AHL). Depuis son arrivée d’Anaheim à coups de gros millions, il peine à répondre aux attentes placées en lui. Après une première saison de 37 points avec sa nouvelle équipe, les blessures sont venues gâcher une association prometteuse. Il n’a joué que 49 parties la saison dernière pour un maigre total de 8 points. Cette saison, il n’a récolté aucun point en 14 matchs avec les Bruins. Souhaitons-lui que cette mauvaise passe ne soit que ponctuelle et ne se transforme pas en cauchemar. Jusqu’ici l’ailier de 29 ans n’a participé qu’à 4 joutes avec l’équipe de Providence en amassant 2 buts. Son contrat étant garanti dans la Ligue Nationale, le propriétaire doit lui payer l’intégralité de son salaire, et l’équipe ne peut que retirer une partie de son impact sur la masse salariale.

Les séries dès cette année ?

Avec la faible concurrence dans la division Atlantique, les Bruins pourraient bien faire partie de la danse des séries au printemps. Après 36 matchs joués, ils sont troisièmes avec 9 points d’avance sur leur concurrents directs. À noter qu’ils sont la 16e attaque, la 4e meilleure défense, et ont le 5e désavantage numérique le plus efficace dans la LNH. Même si leurs recrues font bien, l’équilibre de l’équipe semble un peu fragile. Le retour de Krejci devrait aider à ce niveau là mais quid de la chimie et des automatismes déjà présents. Un casse-tête de luxe pour l’entraîneur Bruce Cassidy, lui qui a su insuffler un vent de renouveau dans la façon de jouer de la formation. Leur premier trio Marchand-Bergeron-Pastrnak est tout de même dévastateur pour les adversaires soir après soir. Le gardien partant Tuukka Rask s’est bien repris depuis ses ratés de début de saison. Il est sur une lancée de 9 victoires et 1 revers en prolongation à ses 10 derniers départs. Le mois de janvier sera très important pour la courses aux playoffs pour bien des équipes, y compris Boston. Ils vont faire face à Montréal trois fois, ces affrontements seront déterminants pour la suite des choses.

Une fin de saison haletante attend les partisans des Bruins et du Canadien pour cette place en séries. Je vais rester fidèle à ma prédiction, et les Big Young Bruins vont voir le Tricolore leur passer devant sur le fil. Pas de séries cette saison, mais une très belle base pour l’avenir de la franchise.

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