Canada – États-Unis (Mondial U20, groupe A)

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Moins dix degrés, une glace médiocre… Bienvenue dans un match en plein air ! Buffalo accueille un classique du Mondial junior, Canada – États-Unis. Ce sera le premier match en plein air de l’histoire du tournoi.

Le stade des Bills, l’équipe de NFL, peine à se remplir, car les formalités du passage de douane ont ralenti la majorité des supporters canadiens. Chaudement couverts, les spectateurs arrivés à l’heure observent au loin l’entrée des joueurs… Un public partagé à moitié entre les deux camps. Les Américains ont choisi un maillot très proche de celui des Bills, qui ont, il y a quelques jours, évolué dans ce stade sous une neige battante. Pour l’heure, la météo épargne le hockey… mais cela ne va pas durer.

Il y a de la revanche dans l’air : le Canada, battu en finale l’an dernier aux tirs au but, a remporté ses deux premiers matchs. Les Américains, tenants du titre, se sont fait surprendre par la Slovaquie et doivent gagner afin de reprendre le contrôle de leur destin.

Le Canada efficace

Les Bleus dominent les premières minutes avec plusieurs attaques incisives près de la cage par Mittelstadt et Bellows, mais concèdent la première pénalité, une crosse haute de Samberg.

Le Canada plante deux banderilles, sort de la zone, y revient et gagne un duel dans le coin. Steenberger bataille, Thomas ressort le palet pour Cale Makar en tête de cercle et l’espoir de Colorado fouette son tir ras glace entre les jambes de Oettinger (1-0). Contre le cours du jeu, le Canada mène donc, et voit les vagues américaines se succéder sur le but de Hart.

Les deux formations peinent à contrôler le disque sur une glace aussi difficile, d’autant que quelques flocons commencent à tomber. Les Américains obtiennent un avantage numérique lorsque Gadjovich colle un adversaire contre la bande en zone neutre. Mittelstadt tente de trouver Bellows d’une transversale, mais ce dernier manque la reprise. Quinn Hugues enchaîne de la bleue et Hart contrôle. La pénalité est tuée et les duels s’intensifient, dans un rythme extrêmement élevé. Le jeu ne quitte guère la défensive canadienne et Hart bloque un nouvel essai en tour de cage. L’occasion d’une pause télévisuelle qui envoie une armée de petites mains retirer de la neige sur la glace…

La pression monte entre les deux formations. Lindgren tire du revers et attaque la cage, ce qui ne plait pas à la défense canadienne. Puis, lors d’un duel dans le coin, Mikey Anderson est puni pour un accrochage. Le Canada obtient un deuxième avantage numérique. La punition est la même. Raddysh attaque la cage sans succès, mais Steel récupère, feinte la remise à la bleue et déniche Dubé au cercle. Le capitaine utilise ce tout petit espace pour un joli tir en hauteur (2-0).

Les Américains sont sonnés. Maxime Comtois sort cependant et leur offre l’occasion de revenir. Les Américains contrôlent certes le palet, sans parvenir à sortir des extérieurs face à une défense bien en place. Aucun tir… Alors que Peeke fait le ménage dans le slot et renverse Katchouk, ses coéquipiers peinent à jouer juste. À deux secondes de la pause, Lockwood slalome dans la défense canadienne et tire sur le poteau, obtenant par ailleurs une faute de Mete. Les États-Unis débuteront en supériorité, et deux buts à remonter.

Poussée américaine

Les Américains parviendront-ils à simplifier leur jeu sur cette surface difficilement praticable ? Mittelstadt s’y emploie et initie un deux-contre-un que Bellows reprend mal. Yamamoto ne cadre pas une déviation, et Bellows en force non plus. Troisième supériorité manquée, et, lorsque Mete sort du banc des punis, il vole le palet dans la crosse de Quinn et défie Oettinger en échappée. Le gardien sauve son camp.

L’essentiel du jeu demeure dans la zone de Hart, qui repousse un essai de Joey Anderson puis un tir de Patrick Harper. Un temps mort télévisuel se prolonge, pendant que les équipes continuent de déneiger la glace. Les intempéries s’aggravent…

À la reprise, les deux gardiens se lancent dans un duel à distance. Oettinger sauve en grand écart devant Gadjovich et les Américains partent en contre. Tkachuk attaque la cage et Hart ne laisse rien passer. Un peu plus tard, Mittelstadt renverse et Hugues reprend en force, poussant Hart à un arrêt difficile. Encore un arrêt déneigeuse… Les tribunes, elles, se remplissent et continuent à se faire entendre.

Quoi de mieux pour se réchauffer que quelques horions ? Formenton et Norris se frictionnent. Le Canada sort perdant de l’affaire avec Howden, coupable d’une mauvaise charge sur Bellows, et Formenton, seul puni de l’échange avec Norris, car il a donné un coup de crosse après l’intervention des officiels. Du coup, les Américains sont tout heureux de se retrouver à cinq contre trois pour deux minutes entières. Il reste 4’48 » et c’est sans aucun doute un tournant de la partie.

Les Américains cherchent trop le jeu parfait et le premier groupe échoue. Dubé dégage, Oettinger relance et Mittelstadt entre en zone. Il décale Bellows, qui a du champ et envoie une fusée au fond des filets (2-1). Il reste du temps en supériorité. Le Canada s’en sort et parvient à repartir à l’attaque. Oettinger sort un grand écart mémorable sur Katchouk, lancé par Raddysh. Cafouillage dans l’enclave, Raddysh trouve le poteau en poussant le palet du gant. Norris dégage mais Jake Bean intercepte et lance un tir mi-hauteur dévié par Katchouk (3-1). Motzko demande une révision vidéo, sans grande conviction. Le but est tout à fait valable.

Un tiers pour rien côté américain : leur domination stérile (24 tirs à 14) n’a pas permis de combler les deux buts de retard…

Le show Mittelstadt

La neige tombe de plus en plus. Les conditions médiocres empêchent vraiment les joueurs de s’exprimer : palets bondissants ou ralentis, passes simples freinées… Le début du troisième tiers est donc retardé, le temps que les deux équipes se mettent d’accord : elles joueront dix minutes de chaque côté. Les entraîneurs ont par ailleurs le droit de demander un déblayage en cours de partie.

La première chance revient à Joey Anderson. Le capitaine américain reçoit le palet et, au duel avec son défenseur, parvient à lancer sur Carter Hart, qui ne cède pas.

La partie évolue en duels improbables, chacun cherchant à contrôler une rondelle imprévisible. Au jeu des duels, Maxime Comtois vient asséner une énorme charge dans le dos de Lindgren en zone offensive : complètement inutile, cette charge donne une supériorité aux États-Unis. Comtois vient là relancer complètement l’adversaire. Tkachuk sort le palet de la bande et quatre joueurs touchent le palet, Mittelstadt sert Perunovich à la finition d’une superbe séquence collective (3-2).

Encore une pause pour déneiger, et le jeu reprend. Lockwood, accroché par Timmins, retombe mal puis percute la bande et doit rentrer au vestiaire en se tenant le bras.

Cela n’arrête pas ses coéquipiers et les Américains continuent de pousser. Tkachuk relance au fond, relayé par Yamamoto. Mittelstadt récupère derrière le but et donne le palet dans l’enclave vers Tkachuk, qui égalise (3-3). Encore un très beau jeu de passes dans ces conditions ! Et troisième assistance de Mittelstadt, drafté par Buffalo, donc un peu à domicile…

Malheureusement pour Oettinger et sa défense, Quinn Hugues commet un cinglage et le redoutable jeu de puissance canadien entre en piste. Cette fois, la défense américaine parvient à repousser le jeu sur les extérieurs et à bloquer les lignes de tir. À mi-période, la pause télévisée offre une nouvelle séquence de pelles-poubelles de neige avant le changement de côté.

La pause a fait du bien aux Canadiens, qui jouent un peu plus haut. Mais cela ne dure pas longtemps car, après la pause suivante, le jeu s’équilibre. Les duels sont intenses dans les bandes, chaque équipe peinant à aligner plusieurs passes consécutives. Les joueurs souffrent dans ces contacts : Yamamoto, puis Dubé, rentrent au banc en grimaçant. Le capitaine canadien s’est fait mal dans le duel alors que la crosse de Fox était restée coincée dans la balustrade. À deux minutes du terme, le Canada pose un temps mort, ce qui permet à Dubé de récupérer. Les secondes défilent avec une intensité remarquable et, à quinze secondes du terme, Mittelstadt envoie Tkachuk vers le but… qui ne cadre pas ! Le match se termine sur une lourde charge de Yamamoto : prolongation.

À trois contre trois, les deux équipes se montrent très prudentes. La première chance revient à Joey Anderson, qui dévie légèrement un tir de la bleue, sans parvenir à le reprendre vraiment. En face, Bean, servi par Formenton, échoue à reprendre mi-hauteur devant Oettinger. Arrêt de jeu à 2’30 », et les pelles-brouettes sont de retour… et changement de côté.

À la reprise, Kyrou mène la danse et, avec Steel et Clague, obtient une série de chances, enfermant les Américains dans leur zone. Steel trouve même le côté du but malgré une cage entrouverte, et Oettinger finit par geler le palet. À l’opposée, Bellows tente un tir lointain, récupère et trouve Hart sur sa route en tour de cage. Mittelstadt, impressionnant de technique, trouve même le moyen de lancer Fox vers la cage et Hart sauve encore de la jambière à la dernière seconde.

Sans surprise, c’est une fusillade qui se profile, comme en finale l’an dernier – mais sans Troy Terry.

Premier tireur, Steel, qui feinte et tire du revers en hauteur… poteau !
Bellows réplique et marque ras glace entre les jambes de Hart. 1-0 pour les États-Unis.
Thomas feinte et Oettinger ne mord pas, fermant les jambes au bon moment.
Tkachuk trouve également la faille en hauteur côté mitaine, après avoir feinté le tir de l’autre côté. 2-0 pour les États-Unis.
Raddysh manque pour sa part le cadre.
Mittelstadt efface bien Hart mais le palet percute le poteau.
Batheson fixe bien Oettinger mais son tir est hors cadre : les États-Unis prennent deux points précieux !

Dans des conditions dantesques, les Américains s’offrent une victoire de prestige à domicile, forts d’un retour au score remarquable. Une victoire plutôt mérité car ils auront produit l’essentiel du jeu à égalité numérique, obtenant pléthore de chances et réalisant de bons enchainements compte tenu des conditions. Le Canada a bien défendu son gardien Carter Hart et s’est montré opportuniste en équipes spéciales, mais il faudra faire bien plus pour renverser le tenant du titre plus tard dans le tournoi…

Canada – États-Unis 3-4 (fusillade) (2-0, 1-1, 0-2, 0-1)
Vendredi 29 décembre 2017, 15h. New Era Field de Buffalo (USA). 44.592 spectateurs (record du mondial junior).
Arbitrage de Mikko Kaukokari (FIN) et Marc Wiegand (SUI) assistés de Jiri Ondravek (TCH) et Aleksandr Sysuev (RUS).
Pénalités : Canada 12′ (6′, 4′, 2′, 0′), États-Unis 6′ (4′, 0′, 2′, 0′)
Tirs : Canada 22 (9, 5, 6, 2), États-Unis 35 (11, 13, 8, 3)

Récapitulatif du score
1-0 à 04’13 » : Makar assisté de Thomas (sup. num.)
2-0 à 15’17 » : Dube assisté de Steel (sup. num.)
2-1 à 36’27 » : Bellows assisté de Mittelstadt et Oettinger (sup. num.)
3-1 à 37’39 » : Katchouk assisté de Bean
3-2 à 46’09 » : Perunovich assisté de Mittelstadt (sup. num.)
3-3 à 46’43 » : Tkachuk assisté de Mittelstadt

Fusillade :
Canada : Steel (poteau), Thomas (arrêt), Raddysh (hors cadre), Batheson (hors cadre)
États-Unis : Bellows (but), Tkachuk (but), Mittelstadt (poteau)

Canada

Attaquants
Dillon Dubé (C) – Sam Steel – Jordan Kyrou
Boris Katchouk – Robert Thomas – Taylor Raddysh
Maxime Comtois – Brett Howden – Alex Formenton
Jonah Gadjovich – Michael McLeod – Drake Batherson
Tyler Steenbergen

Défenseurs
Victor Mete – Connor Timmins
Kale Clague (A) – Dante Fabbro (A)
Jake Bean – Cale Makar
Cal Foote

Gardien :
Carter Hart

Remplaçant : Colton Point (G)

États-Unis

Attaquants
Brady Tkachuk – Ryan Poehling – Joey Anderson (C)
Riley Tufte – Casey Mittelstadt – Kailer Yamamoto
Kieffer Bellows – Josh Norris – William Lockwood
Max Jones – Trent Frederic – Patrick Harper

Défenseurs
Dylan Samberg – Adam Fox (A)
Ryan Lindgren (A) – Scott Perunovich
Mikey Anderson – Andrew Peeke
Quinn Hughes

Gardien :
Jake Oettinger

Remplaçant : Jeremy Swayman (G). Réservistes : Joseph Woll (G), Logan Brown (blessé).​

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