Grenoble – Nice (Ligue Magnus 2017/18, 30e journée)

Les Brûleurs de Loups sans forcer

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Les Brûleurs de Loups ont réalisé un gros coup juste avant Noël en écartant Gap (5-2), une équipe qui ne leur avait pas bien réussi depuis le début de saison. Cette performance de choix leur permet de poursuivre leur duel à distance avec Rouen. Ils ont confirmé mercredi avec un feu d’artifice offensif à Chamonix (7-2). Alors que Trabichet et Côté sont toujours à l’infirmerie, Dame-Malka manque également à l’appel ce soir ce qui oblige Rohat à prolonger son expérience en défense. Pas de quoi inquiéter Edo Terglav qui bénéficie de l’ensemble de son effectif en attaque.

Les Aigles de Nice, renforcés à la date limite des transferts par quatre éléments (Mahier, Zadrazil, Walter et Nemcek) sont dans une passe difficile puisqu’ils viennent d’enchaîner quatre défaites consécutives en Ligue Magnus face à Lyon, Épinal, Mulhouse et Rouen mercredi (2-8). Une réaction est attendue ce soir surtout que les Niçois avaient laissé plutôt une bonne impression lors de leur dernière visite à Pôle Sud en octobre (courte défaite 4-5).

Hampl déclenche les hostilités côté niçois avec un premier lancer facilement capté par Horak. Le début de rencontre est prudent de la part des deux équipes. Il faut attendre un numéro de Champagne en zone d’attaque pour réveiller Pôle Sud mais Charton veille et ne se fait pas surprendre. Un bon décalage de Rodman pour Giroux offre une nouvelle opportunité à Grenoble mais Charton répond une nouvelle fois présent.

Les Brûleurs de Loups mettent plus d’intensité dans leur jeu, ce qui leur permet de camper régulièrement dans la zone des Aigles. Bien organisés défensivement, les Niçois parviennent à repousser les assauts grenoblois. Le danger se rapproche avec un une-deux entre Hardy et Rodman qui oblige une nouvelle fois à Charton être vigilant.

L’étau se desserre lorsque Grenoble prend une pénalité pour un surnombre. En supériorité numérique, les Aigles se montrent dangereux sur un lancer de la bleue de Zadrazil bien capté par Horak puis sur une reprise de près de Nemcek, encore une fois bloquée par Horak. De retour à cinq contre cinq, les Brûleurs de Loups repartent à l’attaque des buts de Charton. Sur un palet envoyé dans le trafic par Baazzi, une reprise de Rodman est repoussée difficilement par Charton. Mahier se jette sur le palet et l’immobilise : un tir de pénalité est sifflé par M.Crégut pour dissimulation du palet. Golicic s’en charge mais sa feinte ne fonctionne pas et Charton fait l’arrêt qu’il faut.

Les Brûleurs de Loups ont manqué une belle opportunité d’ouvrir le score mais ce tir de pénalité manqué ne les décourage pas, bien au contraire. Ils intensifient leur pression sur la cage niçoise et leur pressing finit par payer : après un gros travail du quatrième bloc grenoblois, Legault puis Ville insistent devant la cage et ce dernier finit par ouvrir le score sur un rebond laissé par Charton, abandonné par sa défense (1-0 à 14’22’).

Ce but lance vraiment les Grenoblois dans le match. Ils monopolisent la rondelle et s’installent dans la zone niçoise. Mais sur une relance manquée de Rodman en plein dans l’axe, Montenoise, seul face à la cage, aurait pu égaliser sans un grand arrêt d’Horak. Quelques instants plus tard, Giroux déborde sur l’aile et bat Charton d’un tir du poignet bien ajusté pour permettre à Grenoble de faire le break (2-0, 18’40’). Les Brûleurs de Loups terminent en supériorité numérique suite à une pénalité de Quentin Scolari dans les dernières secondes.

En avantage numérique au début de la deuxième période, Grenoble monopolise la rondelle en power-play dans la zone niçoise mais ne parvient pas à trouver de bonne position de tir. Seul Hordelalay parvient à tester Charton sur un tir dans le trafic mais le lancer est dévié par le portier niçois. De retour à cinq contre cinq sans avoir encaissé de but, les Aigles réagissent et une reprise à bout portant de Draper oblige Horak à s’employer.

C’est le début d’une période plus équilibrée entre les deux équipes qui travaillent surtout en zone neutre sans se créer d’occasion franche. Les Niçois prennent confiance au fil des minutes alors que les réactions grenobloises sont plus sporadiques. Plus présents en zone offensive, ils profitent du relâchement des hommes de Terglav pour maintenir le palet dans la zone grenobloise. Un effort récompensé sur un beau mouvement entamé par Andres qui centre pour Hampl dont la reprise instantanée est repoussée par Horak mais Hrehorcak avait bien suivi et marque sur le rebond (2-1, 27’10’). Réduction du score logique des Aigles, plus présents en ce début de deuxième tiers-temps.

Grenoble est obligé de réagir et un lancer de Rohat de la ligne bleue est difficilement repoussé par Charton alors que le palet part en cloche et retombe sur le dessus du filet de la cage niçoise. Sur une attaque côté droit, Jordan Draper manque le cadre mais le palet revient rapidement le long de la bande pour Champagne qui lance la contre-attaque. Ce dernier joue parfaitement le deux contre un avec Guillaume Leclerc qui reprend sans contrôle : le palet rebondit sur Charton avant de rentrer doucement derrière la ligne (3-1, 28’45’).

Le jeu s’anime et le palet va d’une cage à l’autre : un lancer de Zadrazil répond à une belle combinaison entre Legault et Ville ponctuée par un tir non cadré. Une pénalité contre Tartari permet à Nice de s’installer durablement dans la zone offensive grenobloise. Mais les Aigles sont bien près de se faire surprendre sur un deux contre un grenoblois emmené par Hardy et Baylacq. Le capitaine grenoblois choisit le tir mais bute sur Charton. Encore une fois ce dernier répond présent pour laisser les Niçois dans le match. Nice a même une excellente opportunité dans les secondes qui suivent : Andres se retrouve décalé tout seul sur la gauche de la cage grenobloise mais son lancer est bien capté par Horak sans laisser de rebond.

À l’issue d’une longue période de possession grenobloise en zone offensive, Tartari finit par trouver l’ouverture en récupérant le palet au rebond sur un lancer de Leblond alors qu’une pénalité avait été appelée pour une faute de Walter sur Baylacq devant le slot (4-1, 35’03’). En difficulté, les Aigles ont pourtant l’occasion de se relancer avant la fin du tiers, notamment sur un 3 contre 1 très mal négocié entre Hrehorcak, Andres et Hampl. Puis Golicic dégage le palet directement au-dessus du plexiglas et offre deux minutes de supériorité numérique à Nice. Mais les Aigles ne parviennent pas à s’installer suffisamment longtemps dans la zone grenobloise pour espérer inquiéter Horak. Et Grenoble regagne les vestiaires avec une avance confortable de trois buts au tableau d’affichage.

Très actif durant tout le match, Leclerc annonce la couleur en début de troisième période avec un lancer sur Charton. Mais les Brûleurs de Loups semblent surtout se contenter de contenir les Niçois en leur laissant l’initiative du jeu. Les Aigles ont de bonnes intentions en ce début de troisième période mais peinent à se montrer vraiment dangereux dans la zone grenobloise. Les Brûleurs de Loups sont à l’affût du moindre contre et Baylacq, parfaitement lancé par Le Blond, est tout près d’inscrire le cinquième but mais il perd son duel avec Charton lequel réalise un bel arrêt à bout portant. Dans la foulée, une charge incorrecte d’Hordelalay sur Montenoise en zone offensive offre une nouvelle opportunité à Nice en avantage numérique. Mais les Aigles sont à la peine en power-play et ne parviennent pas à s’installer en zone offensive.

Paradoxalement, c’est à cinq contre cinq que les Niçois se montrent plus dangereux : sur un palet mal dégagé par la défense grenobloise, Vrielynck est tout près de battre Horak mais ce dernier parvient à contrôler la rondelle. Charton n’est pas en reste en sortant une belle jambière sur une reprise dans l’axe d’Arnaud suite à un belle passe en retrait de Legault. Ce dernier tente sa chance à son tour en insistant près du slot mais le palet longe la ligne de but avant que Charton ne parvienne à le geler de la mitaine.

Les Niçois tentent de se montrer plus agressifs mais Hrehorcak se fait sanctionner pour avoir tenté de retenir Kara. Grenoble bénéficie seulement de sa deuxième supériorité numérique, l’occasion de tuer définitivement le match. Le premier bloc grenoblois fait tourner le palet en zone offensive mais n’arrive pas à trouver d’ouverture. Les Brûleurs de Loups travaillent bien au cours des cinq dernières minutes pour maintenir le palet loin de la cage de Horak. Gabin Ville est touché au visage sur un palet dégagé par son coéquipier Arnaud ce qui occasionne une petite interruption du jeu.

Nice a une dernière occasion en avantage numérique pour une nouvelle faute grenobloise en zone offensive, cette fois Rodman qui laisse traîner une crosse haute sur Jan Walter. Les Aigles parviennent enfin à installer le jeu de puissance mais ne parviennent pas à trouver l’ouverture malgré un bon lancer de Belisle qui passe tout près du poteau. Une nouvelle fois le boxplay grenoblois fait un excellent travail pour tuer cette cinquième situation de désavantage numérique. La fin de match est plus débridée avec un 2 contre 1 entre Hordelalay et Kunnas mais le palet échappe au défenseur finlandais. Rodman a une dernière opportunité mais plus rien ne sera marqué jusqu’au coup de sirène.

Les Brûleurs de Loups remportent un succès logique sans grosse frayeur en ayant fait le plus gros du travail lors des deux premiers tiers-temps. Les deux buts marqués tôt dans la rencontre ont permis aux Grenoblois de se placer en position idéale. Un petit relâchement en début de seconde période aurait pu relancer les Niçois dans la rencontre mais les Isérois se sont vite repris avec deux buts qui ont mis fin au suspense avant une troisième période en mode « gestion ». Seul point négatif : l’indiscipline avec cinq pénalités pour la plupart évitables (surnombre, retard de jeu, fautes en zone offensive). Cela aurait pu coûter plus cher si le power-play niçois avait été moins inoffensif. On retiendra le bon match des jeunes grenoblois Gabin Ville et Guillaume Leclerc qui ont profité du temps de glace qui leur était offert pour se mettre en avant. Après ce succès « tranquille », les Brûleurs de Loups peuvent se tourner vers un autre défi avec le « derby » face à Lyon mardi.

Les Aigles ont réalisé un match sérieux dans l’ensemble à l’image de Tom Charton qui a bien tenu son rôle dans les cages. Mais il leur a manqué une petite étincelle en attaque pour relancer vraiment le match une fois revenus à 2-1. À l’image d’un power-play totalement inefficace, c’est surtout en attaque que les Niçois ont pêché, manquant de percussion offensive et de réalisme sur leurs rares occasions. On peut penser qu’il faudra quelques rencontres aux Aigles pour parfaire leurs automatismes avec leurs quatre nouvelles recrues. En attendant, il s’agit là d’une cinquième défaite consécutive en Ligue Magnus, une série qu’il faudra interrompre rapidement en 2018, si possible dès mardi contre Angers sous peine de voir les play-offs définitivement s’éloigner…

Désignés meilleurs joueurs du match : Guillaume Leclerc (Grenoble) et Quentin Scolari (Nice)

(Photos Philippe Crouzet)

Commentaires d’après-match :

Pascal Margerit (co-entraîneur de Nice) : « On a deux cadres blessés mais ça ne justifie pas la totalité de nos résultats actuels. Il y a des périodes dans la saison où on est dans le dur, j’ai l’impression que ça se répète par rapport à la saison dernière, c’est pareil. On avait bien commencé et après on a eu une grosse série de neuf défaites, donc là, j’espère qu’on va arrêter cette série avant la neuvième. On a des nouveaux joueurs aussi à intégrer, j’ai l’impression qu’on est un peu en chantier, on espérait que la trêve nous fasse du bien mais pour l’instant le retour de trêve est aussi compliqué qu’avant… Si j’avais la solution, je la dirais aux joueurs de suite, mais je pense qu’on est dans un travail où on essaie de revenir à nos valeurs, de boulot, de solidarité et ça finira par payer à un moment ou à un autre. Notre premier gardien ne fait pas le travail à l’heure actuelle, ça fait quelques matchs qu’on le sort donc on a laissé sa chance à notre deuxième gardien. On sait qu’à Grenoble ça peut être un peu compliqué mais il a fait un bon match, on n’a pas grand-chose à lui reprocher. On sait qu’on est en dessous de l’équipe de Grenoble et qu’il faut faire un hold-up. Dans la position où nous sommes, les matchs capitaux, ça sera plutôt Chamonix le 12 janvier chez nous, on reçoit Angers aussi, on va à Strasbourg…. De nos dernières défaites, c’était de loin notre meilleur match. Les gars ont bossé, on s’est procuré quelques occasions, la circulation du palet était un peu meilleure, l’intensité aussi, on espère être en convalescence même si d’un match à l’autre on n’a aucune certitude mais on peut trouver des points positifs à cette défaite. »

Quentin Scolari (défenseur de Nice) : « C’est un match qui tombe à merveille pour l’équipe mais aussi personnellement, c’est toujours agréable de revenir dans une très belle patinoire, en tant que Grenoblois j’ai toujours aimé jouer ici. Il y a une certaine pression, une certaine atmosphère qui appelle à se dépasser. On n’a pas eu un mois de décembre très facile mais même si aujourd’hui il y a une différence au score qui est assez importante, trois buts, on a quand même livré une bonne prestation face à une belle équipe de Grenoble. On est en construction, c’est un mois de décembre difficile mais on va se relever je pense. »

Gabin Ville (attaquant de Grenoble) : « C’était important pour le groupe de bien finir 2017. On va mieux digérer les prochains jours libres, on sera plus frais pour retourner au boulot. C’était important de bien finir. Au deuxième tiers, on ne respecte pas notre plan de match, on se relâche un peu et du coup on se met au niveau de l’autre équipe. Le plus important, c’était de rebondir au troisième et c’est ce qu’on a fait. On a quand même plus de profondeur de banc, on peut tenir des matchs plus longtemps, le piège c’est de se mettre à un rythme qui n’est pas le nôtre, de rentrer dans leur jeu. Il faut respecter notre plan de match mais il n‘y a pas d’équipe à sous-estimer. Il y a beaucoup d’équipes mal classées qui vont chercher le haut de tableau donc il ne faut jamais se relâcher. »

Guillaume Leclerc (attaquant de Grenoble) : « On a eu une bonne entame, après on a certainement un peu levé le pied, on n’a pas fait les efforts jusqu’au bout. Mais c’est une belle victoire méritée. Elle fait du bien quand même. C’est beaucoup de pression qui s’en va, ça fait un moment que je n’avais pas marqué et il y en aura beaucoup qui arrivent j’espère. Il y a un bon sentiment dans le vestiaire, une bonne dynamique, une envie qui est là sur le collectif. Il y a de bons joueurs, ça fait une équipe et il y a vraiment moyen de chercher quelque chose de beau et de répondre à nos grandes ambitions. C’est toujours mieux d’être premier, on essaie de ne pas trop regarder derrière et de se concentrer sur ce qu’on a à faire. Savoir qu’il y a une pression, c’est une bonne chose, ça met de la concurrence, ça nous garde sous pression aux entraînements, pour faire les détails chaque semaine. »

 

Grenoble – Nice 4-1 (2-0, 2-1, 0-0).
Vendredi 29 décembre 2017 à 20h la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Cregut assisté de Gabriel Pointel et Anne-Sophie Boniface
Pénalités : Grenoble 10′ (2’, 4’, 4’), Nice 4’ (2’, 0’, 2’)
Tirs : Grenoble 30 (12, 10, 8), Nice 21 (5, 10, 6)

Évolution du score :
1-0 à 14’22’ : Ville assisté de Legault et Pascal
2-0 à 18’40’ : Giroux assisté de Rodman et Golicic
2-1 à 27’10’ : Hrehorcak assisté de Hampl et Andres
3-1 à 28’45’ : Leclerc assisté de Champagne
4-1 à 35’03’ : Tartari assisté de Le Blond et Hordelalay


Grenoble

Attaquants :
Alexandre Giroux – Boštjan Goličič (2’) – David Rodman (2’)
Guillaume Leclerc – Joël Champagne (A) – Vincent Kara
Pierre-Charles Hordelalay (2’) – Matthieu Le Blond – Julien Baylacq
Mathias Arnaud – Gabin Ville – Maxime Legault

Défenseurs :
Kyle Hardy (C) – Sébastien Rohat
Christophe Tartari (A) (2’) – Sébastien Bisaillon
Joona Kunnas – Aziz Baazzi
Alexandre Pascal

Gardien :
Lukáš Horák

Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absents : Olivier Dame-Malka, Teddy Trabichet (commotion), Jean-Philippe Côté (blessé)

Nice

Attaquants :
Jordan Draper – Brett Switzer – Filip Nemcek
Zbynek Hampl – Tomas Andres – Peter Jr Hrehorcak (2’)
Valère Vrielynck – Daniel Babka – Lou Bogdanoff
Rémi Thomas – Vladimir Kubus – Romain Carpentier

Défenseurs :
Jan Walter – Vojtech Zadrazil
Arthur Montenoise – Quentin Mahier
Louis Belisle – Emil Bagin
Aurélien Dorey – Quentin Scolari (2’)

Gardien :
Tom Charton

Remplaçant : Sergei Khoroshun (G). Absents : Lukas Spelda (fracture de la cheville), Roman Vondracek (côtes), Matej Hamrák.

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