Bulletin NHL: ça s’éclaircit

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Au menu cette semaine: au cœur de la lutte (NYI, CBJ, PHI, NJ, NSH, WPG, COL, DAL, LA), l’échec silencieux de Florida, les Rangers en reconstruction officielle, le faible lien entre les mises en échec et le succès, le background des Directeurs Généraux

 

Le tour de la ligue

Ho boy, les choses commencent sérieusement à devenir intéressantes. Une saison NHL suit toujours un calendrier très précis, qui passe de l’excitation du début de saison à la routine sombre des mois de novembre-décembre avant l’embellie de janvier-février. Ce n’est pas illogique vu la longueur d’une saison de 82 matchs, mais arrivé début février chaque point semble compter double et les équipes doivent se positionner comme vendeur ou acheteur pour la date limite des échanges qui fera ensuite basculer la ligue vers la dernière ligne droite avant les séries. Bref, nous en sommes là. Et la ligue n’est pas idiote, les matchs intra-division sont plus fréquents à cette époque de l’année car ils deviennent cruciaux pour le classement et le spectacle.

Et les choses se décantent assez rapidement. On pourrait y voir clair dès la fin du mois.

Florida fait une mini poussée et reste sur 4 victoires consécutives. Ils sont à 6 points des séries avec deux matchs en main. Il ne faut cependant pas trop s’emballer avec les Panthers, ces victoires étaient contre les Islanders, Buffalo, Détroit et Vancouver… L’équipe reçoit Los Angeles ce soir avant de partir sur la route pour 5 matchs (Edm, Va, Cgy, Wpg, Tor), puis Washington, Pittsburgh et re-Toronto. Pas facile. En passant, un sujet qui passe totalement inaperçu cette année est bien l’échec latant de ces Panthers. Pourtant des vrais « hockey people » sont revenus à la barre de l’équipe et la saison dernière était due aux « computer boys » et leurs stats (non non les longues blessures de Huberdeau, Barkov, Ekblad n’avaient rien à voir avec la saison ratée)… Les Hockey people ont donné Marchessault et Reilly gratuitement à Vegas pour protéger des défenseurs défensifs, le niveau de jeu est médiocre (19e pour la possession, 20e aux buts anticipés) et les jeunes talents vieillissent gaspillent leurs meilleures années. Deux poids deux mesures, encore une fois ?

Dans la Métropolitaine, les Rangers ont lâché le filin qui les reliait au bateau… Et ce officiellement. Nous en reparlons plus bas mais c’est fini pour eux et ils plongent d’ailleurs en bas de la Yakuline. Les Islanders s’accrochent en faisant le yoyo. Une victoire contre Columbus mais une défaite face aux pauvres Sabres hier soir. Ils sont 9e mais ont joué plus de matchs que Columbus et Philadelphie. À l’inverse, Philadelphie, Columbus et New Jersey se déplacent tous dans le bon sens, au nord de la Yakuline. Devils et Blue Jackets perdent peut-être des matchs mais la manière est là et ils devraient se voir récompenser rapidement de leurs efforts. Sergei Bobrovsky surtout semble avoir retrouvé son niveau dans les cages des Jackets et ces formations ont les reins plus solides que leurs poursuivants. Il faudra quand même finir de décrocher Carolina qui reste à portée. Nous parlions la semaine dernière du calendrier plus facile des Canes avec une longue série à domicile, ceux-ci n’en ont pas vraiment tiré avantage. Deux piètres performances contre Détroit et San José et un précieux point perdu face aux Flyers cette semaine. Carolina comme d’habitude est son propre ennemi. Vancouver, Colorado et Los Angeles arrivent avant trois matchs cruciaux face aux Devils (x2) et Islanders. Cela pourrait sceller l’affaire, juste à temps avant la trade deadline alors que le nom de Jeff Skinner a fait surface sur le marché.

Dans la Centrale, Nashville a fait un bon vers la droite du graphique en améliorant son taux de buts anticipés. À y regarder de plus près, les Preds semblent avoir plus de mordant en zone offensive. Au lieu de tourner dans la zone puis de lancer depuis la ligne bleue, on tente plus rapidement la passe transversale pour un tir sur réception dans le dos de la défense. C’est ce genre de stratégie dont aura besoin Nashville en séries. Moins de dentelle, plus d’actions. Le nom de Rick Nash revient beaucoup sur la table ces derniers jours. Pour une équipe qui doit gagner maintenant, c’est le genre de pari à prendre.

Winnipeg prend aussi ses aises. Difficile de croire que depuis la blessure de Mark Scheifele le club a une fiche de 11-2-3 ! Blake Wheeler a fait merveilleusement bien au centre et Mathieu Perrault est un magicien qui rend tout le monde autour de lui meilleur. Jacob Trouba est encore sur la touche et il faudra bien avoir à l’œil ces Jets une fois tout le monde de retour.

Attention aussi à Dallas, nous ne vous le dirons jamais assez. Les Stars restent sur 4 victoires consécutives et ont grimpé au 4e rang de notre Cup Score hier. Il leur faudrait tout de même l’avantage de la glace pour inquiéter Jets et Predators mais ils ne sont pas si loin. Eux aussi regardent du côté de Rick Nash, voir Max Pacioretty.

Dans la lutte pour les Wild-cards, Colorado survit sans MacKinnon mais la dynamique a indubitablement ralenti, comme en témoigne la rouste reçue des mains des Blues hier soir (6-1). Et est-ce fini pour Chicago ? Ça y ressemble. Un point en deux rencontres face à Calgary et une défaite contre Dallas hier. Huit points les séparent désormais de la 8e place, autant que de Vancouver (sic). Dur dur la vie sans Corey Crawford. Les Hawks qui passent d’ailleurs du mauvais côté de la Yakuline.

Dans la Pacifique, le duel à quatre continue. Calgary est sur une bonne dynamique, San José joue avec le feu, Los Angeles a gagné ses matchs faciles contre Arizona et Edmonton mais s’en va sur la route pour 7 rencontres dans l’est, avant d’affronter Dallas et Vegas deux fois avant la fin du mois. C’est l’épreuve de force pour les Kings s’ils veulent y croire encore. Anaheim a perdu des points durant son voyage dans l’est et marque un peu le pas. Le niveau de jeu continue pourtant de s’améliorer mais cela ne sera peut-être pas suffisant. La dépendance à John Gibson reste grande et la date de son retour n’est pas encore définie.

Tenez, en bonus, une autre visualisation des espérances permet d’y voir plus clair. C’est parti pour le Playoffs Bingo !

 

Les Rangers en reconstruction officielle

Voilà plusieurs semaines que la rumeur était suffisamment limpide pour y croire, les Rangers tournent une page de leur histoire. Le Directeur Général Jeff Gorton s’est adressé aux fans dans une lettre ouverte annonçant que le club allait se rajeunir. La génération actuelle de joueurs (au moins Nash, Grabner voire Zuccarello, McDonagh) va être échangée contre des choix de draft ou des espoirs. L’ajustement ne sera pas immédiat mais il est nécessaire pour la franchise. Gorton n’a pas non plus voulu statuer sur le cas de l’entraîneur Alain Vigneault, un discours qui signifie probablement un départ cet été.

Prévenir ouvertement les partisans des jours sombres à venir en prévision d’un avenir meilleur avait été le cas à Toronto et les fans avaient bien compris le message. En termes de communication, cela s’avère certainement plus censé que de laisser planer les incertitudes et le doute quant à la stratégie à long terme de l’organisation. Et cela permet de conserver les détenteurs de billets de saison…

 

Mise en échec et succès…

Une recherche du journaliste Guillaume Lefrançois de La Presse n’est pas passé inaperçue il y a une semaine. Il avait jeté un coup d’œil au classement de la NHL pour les mises en échec données et c’est assez éloquent…

On retrouve dans le top10 Edmonton, Montréal, Arizona, Ottawa, Buffalo et deux autres équipes qui risquent de ne pas faire les séries : Anaheim et Los Angeles. Boston, St Louis ou Pittsburgh sont aussi là mais la tendance rejoint une pensée que nous avions voulu vérifier depuis un moment. Sur la dernière décennie, seuls 2 champions avaient donné plus de mises en échec que leurs adversaires. Au total, uniquement 4 équipes présentes en finale, sur 20, étaient positives aux « hits », et 42% des équipes qualifiées en séries. Par contre, quasi les deux tiers des non-qualifiés (63%) avaient donné plus de mises en échec que leurs adversaires… Y aurait-il un lien entre ne pas avoir le palet et donner des coups d’épaule ? Ce n’est que logique mais repensez-y la prochaine fois qu’un analyste vente la capacité d’une équipe ou d’un joueur à distribuer des boîtes.

 

La NHL, un club bien fermé.

Autre recherche qui a fait du bruit cette semaine, ces chiffres de Jason Paul sur l’origine des Directeurs Généraux en NBA, MLB et NHL… Seule une infime minorité des DG en base-ball sont d’anciens joueurs professionnels. Cela grimpe à 25% en NBA mais atteint 75% en NHL ! Et c’est sans compter les « fils de »… La ligue de hockey est bien connue pour être un petit monde où les dirigeants se reproduisent entre eux et sortent plus ou moins du même moule. Espérons que cela changera à l’avenir.

Huit DGs sur 31 n’ont jamais joué pro. Stan Bowman (Chi), fils de Scotty Bowman. Ray Shero (Nj), fils de Fred Shero, Chuck Fletcher (Min), fils de Cliff Fletcher, Pierre Dorion (Ott), fils de Pierre Dorion Sr, et Doug Armstrong (Stl), fils de Neil Armstrong ont tous eu un paternel dans les bureaux de la ligue. Cela laisse Lou Lamoriello (Tor), Jeff Gorton (NYR), les vieux de la vieille… Et John Chayka (Ari) qui forme sûrement la tête de pont de la prochaine génération de jeunes dirigeants passés très tôt derrière les bureaux. Le successeur désigné de Lamoriello aux Leafs est Kyle Dubas, 31 ans, et qui a déjà refusé des offres de DG. Citons également le bras droit de Steve Yzerman, Julien Brisebois, 41 ans, lui qui était déjà Directeur des opérations hockey à Montréal à l’âge de 26 ans.

L’étude en entier ici.

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