La Russie remontée contre les ‘provocations’ du CIO

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L’exclusion de cinq hockeyeurs (Belov, Plotnikov, Nichushkin, Naumenkov et Bereglazov) de la liste des sportifs russes autorisés aux Jeux olympiques – sous bannière neutre – n’a pas été la nouvelle la plus dramatique pour la presse russe. Parmi une centaine d’athlètes concernés, dont des stars d’autres sports, le sort ces joueurs assez « marginaux » en équipe nationale, avec tout le respect qu’on leur doit, n’a guère ému. À part Plotnikov, la majorité d’entre eux n’aurait sans doute pas fait partie de la sélection finale de toute manière.

Pour autant, leurs cas illustrent le coeur des dissensions entre le Comité International Olympique (CIO) et la Russie. Après les révélations de dopage organisé, la présomption de culpabilité règne autour des athlètes russes, à la place de la présomption d’innocence. Présidente de la commission chargée de valider les invitations, l’ancienne ministre française des sports Valérie Fourneyron a d’ailleurs bien précisé qu’une non-invitation ne signifiait pas qu’un sportif était effectivement coupable de quoi que ce soit. Puisque toute la Russie est officiellement exclue, le but était d’éviter tout athlète pouvant présenter la moindre suspicion pour s’inscrire sous les couleurs olympiques.

Le jugement sur Belov était attendu puisqu’il avait été contrôlé positif lors des play-offs de KHL 2012 (suspendu pendant l’été avant de partir une saison en NHL…). Il existait apparemment quelques rumeurs sur Plotnikov dans des articles de presse, mais aucun élément connu sur les trois autres. La fédération russe de hockey a donc demandé des explications. Les joueurs aussi. Nul ne connaît en effet les raisons qui ont motivé cette décision.

C’est dans cet esprit que l’effectif russe a été annoncé, avec comme principal débat la présence ou non de Mozyakin. Celui qui avait été « oublié » aux JO de Sotchi avec une phrase infâmante du sélectionneur Bilyaletdinov (« il ne pourra pas s’approcher de la cage ») pourra enfin participer à ses premiers JO… à 36 ans. Mais où ? Les premiers entraînements en troisième ou en quatrième ligne ne semblent pas correspondre aux qualités du meilleur buteur de l’histoire de la KHL. Il commence ce premier match de préparation sur le premier trio avec Kovalchuk et Datsyuk… mais change ensuite sans cesse de partenaires.

Si tous les regards étaient d’abord attirés par le vétéran Mozyakin, c’est le jeune Kirill Kaprizov qui crève l’écran ce soir. Après un échange de palets entre Nesterov et Kovalchuk qui croisent dans le coin et attirent la défense, Kaprizov s’avance seul d’une accélération pour reprendre la passe dans l’enclave, entre les bottes du gardien, pour le 1-0.

Et sur le 2-0, Kaprizov est passé dans le dos de Sergei Kostitsyn pour reprendre la passe de Mozyakin à travers deux joueurs. La naïveté défensive biélorusse était grande sur ces actions, presque autant que son inexistence offensive (quatre tirs en deux tiers-temps). Vassili Koshechkin, que sa titularisation semble désigner comme le numéro 1 aux JO, n’a donc guère eu de travail.

Cet aimable sparring-partner n’est pas un vrai test pour les Russes, mais il a au moins permis de rassurer certains attaquants dans le doute. Kaprizov n’avait mis qu’un but dans ses 16 dernières rencontres pour le CSKA, et ce doublé fait du bien. Le vénérable capitaine Pavel Datsyuk en était lui à 1 but en 13 matches depuis son retour de blessure, et il retrouve lui aussi le chemin des filets par un rebond en angle sur un jeu de puissance.

Commentaires d’après-match

Oleg Znarok (entraîneur de la Russie) : « Nous avons une période de préparation. En deux jours nous avons déjà fait beaucoup de travail. Nous manquons par conséquent de fraîcheur comme prévu. Bien sûr, nous essayons différentes options. Nous attendons Mozyakin en supériorité numérique, où nous avons deux unités spéciales, et pour ne pas qu’il soit froid, nous l’avons utilisé comme treizième attaquant tournant. Rien n’est décidé, bien sûr, mais nous l’avons essayé ainsi pour qu’il soit prêt en avantage numérique. […] Bien sûr, quand on nous a annoncé que cinq joueurs n’auraient pas le droit d’aller aux JO, les gars étaient énervés. Certains avaient même des larmes pour ceux qui ne pourront pas faire le voyage. Oui, cela fait longtemps que nous avons été provoqués… »

 

Russie – Bélarus 3-0 (1-0, 2-0, 0-0)
Mardi 30 janvier 2018 à 19h30 au Palais de glace VTB de Moscou. 10981 spectateurs.
Arbitrage de Roman Gofman et Konstantin Olenin (RUS) assistés de Dmitry Shishlo et Nikita Shalagin (RUS).
Pénalités : Russie 6′ (0′, 2′, 4′) ; Bélarus 10′ (2′, 6′, 2′).
Tirs : Russie 33 (17, 11, 5) ; Bélarus 10 (3, 1, 6).

Évolution du score :
1-0 à 08’31 : Kaprizov assisté de Nesterov et Kovalchuk
2-0 à 24’21 : Kaprizov assisté de Mozyakin et Shipachyov
3-0 à 28’42 : Datsyuk assisté de Voïnov (sup. num.)

Russie (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Ilya Kovalchuk – Pavel Datsyuk (C) – Sergei Mozyakin
Nikita Gusev – Vadim Shipachyov – Kirill Kaprizov
Sergei Shirokov – Nikolaï Prokhorkin (2′) – Aleksandr Barabanov
Ivan Telegin – Sergei Andronov (A) – Sergei Kalinin
Mikhail Grigorenko

Défenseurs :
Nikita Nesterov – Vyacheslav Voinov
Vladislav Gavrikov – Aleksei Marchenko
Bogdan Kiselevich – Yegor Yakovlev
Andrei Zubarev – Artyom Zub (2′)

Gardien :
Vassili Koshechkin

Remplaçant : Ilya Sorokin (G). En réserve : Igor Shestyorkin (G), Dinar Khafizullin (D, blessé), Nikita Tryamkin (D), Ilya Kablukov (A), Vladimir Tkachyov (A).

Bélarus (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Aleksandr Pavlovich (C) – Sergei Kostitsyn – Geoff Platt
Vyacheslav Andryushchenko – Evgeny Kovyrshin – Artur Gavrus
Sergei Drozd (2′) – Artyom Volkov – Aleksandr Kitarov
Charles Linglet – Aleksandr Kulakov – Andrei Stepanov
Maksim Parfeevets

Défenseurs :
Kristian Henkel – Evgeni Lisovets
Ilya Shinkevich – Roman Dyukov
Mikhaïl Khoromando – Dmitri Znaharenko (6′)
Pavel Kazakevich

Gardien :
Mikhaïl Karnaukhov

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