Pas de surprise pour le Calder

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Le nom du vainqueur ne fait aucun doute. C’est Mathew Barzal qui va remporter le trophée. Le choix est simple et évident. Pourquoi ? Une première saison record ! Tout simplement. Les deux autres nominés sont logiques. Il reste que d’autres jeunes loups ont également montré de belles choses.

 

Au dessus du lot

16ème choix au total en 2015, Barzal aura mis un peu plus de temps à se développer que certains autres attaquants sélectionnés la même année. Marner, McDavid, Eichel, Meier, Zacha ont tous déjà au moins deux saisons d’expérience. On peut ajouter Konecny et Rantanen à cette liste impressionnante. Une bonne cuvée.

Mathew Barzal

Mathew Barzal a une qualité qui est devenu primordiale si l’on veut dominer dans la LNH : la vitesse. Il n’est pas seulement rapide sur ses patins, mais également avec ses mains. Son jeu, tel un chef d’orchestre, lorsqu’il est sur la glace rend ses coéquipiers meilleurs. Le signe des grands. C’est un fin passeur, capable de repérer ses partenaires avant la défense adverse. Son rôle de deuxième centre, derrière son capitaine John Tavares, lui va à ravir. C’est très compliqué de défendre contre deux très bons centres. En théorie…

En chiffres, il termine la campagne avec 85 points (22 buts + 63 passes) en 82 parties. C’est la première recrue depuis Evgeni Malkin à marquer plus de 80 points en une saison. L’écart entre lui et son plus proche poursuivant est de 20 points. Rien que ça. À titre de comparaison, au cours des dix dernières saisons, la moyenne pour le meilleur pointeur novice était environ une soixantaine d’unités. Seul Artemi Panarin avait réussi à enregistrer 77 points.

C’est surtout au niveau historique que son année se démarque. Depuis 2005-06, il n’y a que 3 joueurs qui le précèdent : Ovechkin, Crosby et comme mentionné plus haut Malkin. Certes il a 20 ans mais cela reste un exploit extraordinaire. Pendant ce laps de temps, il compte le plus de passes à égalité avec Sid « The Kid ».

Si l’on regarde sur les 30 dernières années, donc dans une Ligue Nationale un peu plus débridée offensivement, il reste 8e au général. En plus des trois noms déjà cités, Teemu Selänne (132 pts!), Joe Juneau, Sergei Makarov, et Joe Nieuwendyk le devancent. Idem pour les passes décisives, 2e derrière Juneau.

Une saison ne fait pas foi de tout, mais Barzal semble armé pour connaitre du succès dans le « nouveau » circuit Bettman.

 

Boeser & Keller complètent le trio

Clayton Keller a su tirer son épingle du jeu même s’il a joué dans une des pires formations de la LNH. À plusieurs reprises, il paraissait esseulé sur la glace. Comme incapable de trouver quelqu’un pouvant suivre sa cadence. Avec une récolte de 65 points, l’avenir – au moins offensivement –  des Coyotes passera par lui. À l’instar de Barzal, et de la plupart des joueurs dominants, c’est son coup de patin qui lui permet de se démarquer des autres. Il a un jeu très similaire à ce dernier. Il aime avoir la possession de la rondelle, quitte à trop la garder certaines fois, mais tant pis. Son instinct créatif le rend dangereux en tout temps. Le futur est prometteur dans son cas.

Brock Boeser aurait pu déranger le joueur des Islanders dans la course au trophée. Malheureusement pour lui et les Canucks, il s’est blessé avec une vingtaine de matchs à jouer. Après seulement une saison à l’Université du Dakota du Nord, il a fait le saut à Vancouver. Personne ne l’attendait à ce niveau-là. Véritable sensation, il a même participé au match des Étoiles ! Son compteur est resté bloqué à 29 buts et 26 assists à cause de cette blessure au dos. Nul doute qu’il aurait marqué 30 buts et au moins 60 points cette année. Son atout majeur est son lancer. Il dégaine plus vite que son ombre et trouve le fond du filet de manière déconcertante. Peut-être pas au niveau de Laine, mais très proche. Avec la retraite des jumeaux Sedin, beaucoup de responsabilités vont lui être données par l’équipe d’entraîneurs. Il sera probablement jumelé à Bo Horvat. Un beau duo en perspective.

 

Les oubliés ?

Kyle Connor : Repêché juste derrière Barzal (17e au total), il pourrait devenir l’un des « vols » de cette draft. En 76 parties, il totalise 31 buts (1er chez les recrues) et 26 passes. Son niveau lui a permis d’évoluer principalement sur le premier trio des Jets avec Blake Wheeler et Mark Scheifele.

Charlie McAvoy

Charlie McAvoy : Il faisait partie de la liste des finalistes de mi-saison pour bien des observateurs. Sa blessure l’aura ralenti même après son retour au jeu. Cependant, il a démontré beaucoup de maturité pour un jeune défenseur. Il finit la saison avec 32 points en 63 parties et le plus gros temps de jeu de toutes les recrues.

Will Butcher : Cet ancien choix de l’Avalanche (5ème ronde) en 2013 a choisi de devenir agent libre et a signé avec les Devils. Il a commencé sa saison – et sa carrière – avec 9 passes décisives en 6 matchs. Il a mené les défenseurs recrues avec 44 points, en plus d’aider son équipe à faire les séries.

Yanni Gourde

Yanni Gourde : Persévérance. Voilà comment il s’est rendu jusqu’à la Ligue Nationale. Ignoré au repêchage, il a d’abord signé un contrat AHL avec les Sharks en 2012. Il est même passé par l’ECHL. Laissé libre en 2014, Tampa Bay prend une chance sur lui. Bonne pioche. 3e meilleur pointeur des recrues, et surtout meilleur pointeur rookie de l’histoire du Lightning, c’est un autre attaquant de petit gabarit qui prouve que rien n’est impossible. Son contrat d’un million de dollars valide la saison prochaine est une aubaine !

La liste est encore longue. Nico Hischier a connu une belle saison à seulement 18 ans, terminant 2e marqueur de son équipe avec 20 buts et 52 pts, en première ligne aux côtés de Taylor Hall. Son jeu défensif a reçu de nombreuses éloges. Deux autres attaquants se sont distingués en Alex DeBrincat et Pierre-Luc Dubois. Mention honorable pour Danton Heinen. Chez les défenseurs, Mikhail Sergachev est l’autre membre du groupe qui a complété une bonne campagne.

Une chose est certaine : la jeunesse prend le pouvoir !

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