Live from Montreal, votre chronique hebdo des Habs

333

Bienvenue à Montréal ! Imaginez-vous débarquer à l’aéroport Pierre-Elliott Trudeau (le père de l’autre), voir les douaniers en gilet pare-balles et flingues à la ceinture à l’américaine et prendre la navette 747 jusqu’au centre-ville. Si vous levez la tête sur la droite un peu avant le terminus, vous apercevrez le Centre Bell, tout juste là, posé sur l’avenue des Canadiens de Montréal (tant qu’à faire). Le Centre Bell, cette enceinte mythique où personne n’a jamais rien gagné… mais qui n’en reste pas moins la plus grande patinoire au monde et un chaudron acoustique (l’arena est située sous le niveau du sol à la manière des théâtres antiques), pour peu que le tricolore enflamme la partie.

En réalité, vous ne pourriez voir le Centre Bell aujourd’hui depuis la navette 747. Le Canadien a fait construire juste devant des immeubles d’appartements de luxe. La Tour des Canadiens pour riches retraités. Et puis le tricolore n’enflamme plus beaucoup les partisans ces temps-ci. Par contre, en terme de tragédie antique, la ville baigne dedans en permanence.

Vous vous dites sûrement « mais de quoi il parle ? On veut savoir si Domi va jouer centre, si Price est en forme, si Drouin va se couper les cheveux ! ». J’y viens. Toutes les semaines, l’un de nos rédacteurs québécois d’adoption vous fera la chronique des Habs, Live from Montreal. Haro sur la presse officielle de RDS, les appels au clic de TVA et autres, bienvenue sur une couverture détaillée, objective et sincère de ce qui reste le plus grand club de hockey au monde.

J’espère que vous sentirez l’odeur des chien-chauds fades et de la bière au goût d’eau hors de prix que les partisans s’enfilent quand même. Que vous verrez l’éclat orange des poils de la mascotte Youppi. Que vous sentirez la ferveur d’un peuple dans la rue les jours de match malgré le classement et l’empreinte d’une équipe ancrée dans l’ADN d’un peuple à jamais. Imaginez chercher une babiole dans un magasin à une pièce et voir une vendeuse ranger des objets à l’effigie du CH en maugréant « Canadiens, Canadiens, sont pourris les Canadiens ». Voilà, bienvenue à Montréal.

 

Table rase pour la saison

Comment présenter l’année qui s’en vient ? Le club n’a aucune ambition réelle, même si Marc Bergevin s’échine à espérer tout haut un miracle. Il a au moins réglé les feuilletons Alex Galchenyuk et Max Pacioretty. Galchenyuk, le jeune centre qui joue à l’aile, échangé contre un ailier qui va jouer au centre… Blague à part, l’Américain n’était plus en odeur de sainteté depuis longtemps. Déjà auteur de 30 buts et 60 points, son éthique de travail parfois douteuse et ses errements défensifs ne correspondaient pourtant pas à la philosophie du management.

Pacioretty est donc aussi parti. Cela se sentait depuis longtemps. L’ex-capitaine n’avait sa tête sur aucun objet promotionnel début septembre… En fin de contrat cette année, il allait demander un gros salaire à bientôt 30 ans. Cela ne colle pas avec une reconstruction. Et le retour obtenu est bon, mieux qu’espéré. Bergevin clôt les dossiers pour se concentrer sur l’avenir. On doit au moins lui accorder ça.

Carey Price dit être de retour à 100% et avoir retravaillé sa position pour s’ajuster au système défensif de Claude Julien qui l’oblige à jouer plus bas pour espérer voir la rondelle  à travers la forêt de corps devant lui. Pour un gardien dont la vitesse de déplacement latérale constitue la principale force, devoir être fléchi outre mesure diminue la capacité de poussée… et abîme les genoux…

Price à 100% peut faire des miracles mais quand même… Surtout que la défense devant lui semble faible. Jeff Petry peut être au four et au moulin mais il lui faut un compagnon pas trop encombrant. Shea Weber est absent jusqu’en décembre, et on ne sait toujours pas qui pourra l’accompagner. Bref, des places sont à prendre alors que les deux jeunes Victor Mete et Noah Juulsen jouent ensemble au camp, de manière fort intéressante qui plus est.

Devant aussi c’est le chantier. Brendan Gallagher s’affiche en leader, en attendant de porter le C ? Avec Phillip Danault et Tomas Tatar, il forme une deuxième ligne pouvant évoluer dans les deux sens de la patinoire. Devant eux, un Jonathan Drouin plus affûté, après avoir voulu se grossir pour jouer au centre, semble retrouver ses aises à l’aile alors que Max Domi aura la chance de faire valoir ses capacités au centre. Qui pour les accompagner ? Joel Armia est en audition mais derrière ça pousse.

Artturi Lehkonen, Charles Hudon peuvent largement jouer sur un top6. Nikita Scherbak a des choses à prouver. Paul Byron peut-il continuer à enfiler 20 buts par saison ? Andrew Shaw est blessé. Tomas Plekanec est annoncé 3e centre mais Matthew Peca et sa vitesse semblent une option intéressante. La blessure de Nicolas Deslauriers ouvre également une place sur la 4e ligne. Bref, rarement un alignement a été aussi ouvert et c’est le signe des temps. Quid de Nick Suzuki ? Jesperi Kotkaniemi devrait retourner en Finlande prendre son temps et du muscle.

Les autres jeunes auront leur chance et les partisans pourront au moins se consoler avec ça.

On vous dira tout

 

Les commentaires sont fermés.

On vous envoie quelques cookies, c'est juste pour suivre notre audience, vous pouvez refuser de les recevoir si vous le voulez ! Accepter En savoir plus

luctus efficitur. Sed diam libero. ut dapibus libero Aenean