Gap – Lyon (Ligue Magnus, 2e journée)

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Gap est reparti sur de nouvelles bases et un effectif renouvelé en grande partie avec 18 nouveaux joueurs. Chaque année les Rapaces connaissent un lot massif de recrutement, mais cette année le cru à l’air plus qualitatif que les précédents. Mais quelques changements ont été opérés avant la reprise du championnat. Darcy Greenaway n’a pas été conservé et Teemu Loizeau est allé voir un peu plus loin vers Bordeaux trouver du temps de jeu supérieur.

Entretemps le staff a une nouvelle fois regardé vers l’est avec un joueur letton et un autre de Russie. Le club n’avait plus possédé de joueur russe depuis 2005 avec Vadim Sharifyanov et Andreï Kozyrev. L’attraction est donc le Russe Alexander Mokshantsev. Issu des rangs du Lokomotiv Yaroslavl, il a goûté à 38 matchs de KHL avec le « Loko ». En Grande-Bretagne il a placé 45 points en 60 matchs avec Nottingham ainsi que 4 buts en 8 matchs lors de la fabuleuse « chasse » européenne des Panthers en CHL. La Lettonie est à nouveau à l’honneur dans les Hautes-Alpes avec l’arrivée de Roberts Jekimovs. Passé par les U20 de Brynäs en Suède, il a aussi connu l’élite finlandaise (Saipa et Ilves) avec 58 points en 137 parties. Au Danemark il a aussi su s’imposer avec 141 parties et 119 points. Ce joueur connaît le haut niveau avec ses 65 sélections (20 points) dont la participation à un Mondial et le tournoi de qualification olympique, la même année, en 2013. Il est régulièrement testé lors de l’Euro Hockey Challenge.

La préparation estivale a été intéressante. Les Rapaces ont pu faire jeu égal avec de nombreuses équipes européennes (La Chaux-de-Fonds, Kosice, Miskolc). Sur le territoire hexagonal, Gap s’est imposé par deux fois aux tirs au but contre les adversaires du jour. Mais Lyon, en compétition, va être encore une fois un adversaire difficile à jouer. Le match d’ouverture joué à Rouen a permis de donner un aperçu assez positif avec une courte défaite gapençaise (3-2). Par contre, les Rapaces feront sans Maurin Bouvet, Pierre Crinon et Jules Gallet.

Le club de Lyon avait commencé à poser les bases d’un futur solidement construit. Mais l’intersaison a sonné différemment avec l’arrêt du partenariat de l’Olympique Lyonnais dans le hockey. Une annonce qu’il faudra analyser dans le moyen terme. Car le Winter game, la saison précédente, n’avait eu lieu que par la volonté de l’OL. Malgré tout l’effectif des Lions est solide et s’appuie sur un groupe compétitif. Le gardien Rok Stojanovic sur ses 12 matchs avait mis la barre assez haute (92,4%) en saison. En attaque c’est Julien Correia qui a explosé l’écran du championnat en meilleur attaquant français derrière Alexandre Giroux (58 points). Deux joueurs seront particulièrement suivis et bien connus à l’Alp’arena : Cédric Di Dio Balsamo et Kyle Essery, anciens champions de France avec Gap. La série des matchs de préparation s’est soldée par 4 victoires sur 8. L’entame de la saison en Ligue Magnus n’a pas permis aux Lions de gagner contre Bordeaux (1-4). Lyon se passe des services de Jaka Ankerst et Sébastien Delemps, blessés depuis plus d’un mois.

La partie démarre sur un bon rythme avec des combats pour la conquête de la rondelle. Sur un vide en défense, la recrue lyonnaise Ainars Podzins se retrouve totalement seul dans le slot mais son tir trouve la barre (1’49). Lyon est bien en place et Gap a du mal à transmettre et à garder le palet. Sur le premier powerplay gapençais, Labrecque propose deux puissants shoots. Pas d’ouverture pour faire passer la rondelle car Lyon défend efficacement. Robin Colomban relance au retour à égalité, il part seul et effectue un rapide tour de cage sans trouver l’ouverture (5’05). Llorca s’essaie à un puissant tir à la bleue offensive et sonne la charge des Lyonnais qui multiplient ces tirs tendus. Gap subit la pression des blancs qui ont des facilités à venir dans la zone gapençaise. Sur ce temps fort, Julien Correia du revers place le palet dans un trou de souris et ouvre la marque (0-1, 8’12).

Lyon continue sur sa lancée et provoque la pénalité. Seul Mickevics trouve une belle occasion avec un tir bien décalé, que Cooke dévie du bout de la mitaine (9’36). Gap parvient à tenir et c’est encore Colomban qui part sur l’aile droite et repique dans le slot pour placer un palet au ras du poteau dans les bottes (11’01). Les batailles sont tendues pour le gain du palet mais Lyon est bien en place et continue son pressing permanent sur l’homme. Mickevics gagne un palet du gant sur un pressing avant intense des blancs. Il se ramène le puck mais ne peut tirer devant le portier (11’56).

Les jeunes Français s’élancent vers la zone offensive. Téo Sarliève conduit et protège son puck et le donne à Paul Schmitt, bien placé devant les buts (14’36). Mais il faut bien dire qu’il n’y a pas beaucoup de place pour les bleus et peu de grosses opportunités. C’est en fin de période que Gap peut revenir avec Jeff Brown qui transmet finement sur Matt Nelson. Il se décale mais ne peut rabattre le palet sur Stojanovic (16’28). Ça pousse encore sur un palet aérien qui retombe juste devant le portier lyonnais. Biezais est à côté de la cage mais est pressé et ne peut donc pas pousser la rondelle dans les buts (16’44). Gap termine bien ce tiers avec Vincent Melin qui effectue un tour de cage et remet à Nelson qui envoie un bon tir ras glace dans le trafic (17’05). La supériorité qui suit ne donne rien et présente une pauvreté en vitesse et qualité de passes des Gapençais. Lyon se présente bien comme le poison habituel des Rapaces. La recette est la même avec intensité et physique pour faire déjouer et bloquer le jeu de son adversaire. Pour le moment, mission réussie.

Gap maintient le jeu en zone offensive au deuxième tiers avec de la rapidité de patinage. La partie se rééquilibre et les bleus appuient avec quelques charges solides comme Brown derrière les buts de Stojanovic. Mais c’est Cooke qui sauve son équipe sur un palet qui traîne devant les buts (23’40). Le temps fort s’amenuise et Lyon reprend les duels à son compte avec une rage de mort de faim pour gagner le palet. Et ça ne s’arrange pas avec un dispositif qui bloque toute attaque gapençaise. Une relance de Cooke trouve Gibb en zone neutre, le 2 contre 0 ne permet pas une reprise au rebond (27’45). C’était la plus grosse occasion bleue, elle est vendangée.

Gap a toute les peines du monde à constituer une attaque viable tant les blancs perturbent les transmissions. Les batailles se mènent dans la bande pour gagner des rondelles. Gap tente bien quelques tirs dans le trafic, mais rien qui ne fasse douter Stojanovic. Thomas Roussel répond avec un shoot qui rebondit en l’air mais est capté par Cooke (33’58). Abramov s’impose dans le slot en récupérant le puck dans la palette du défenseur et tire en pivot dans la foulée (34’43). Il est encore présent sur un tir en angle fermé. À 4 contre 4, mis sous pression, Labrecque perd le palet derrière ses cages suite à une feinte ratée mais Lyon ne peut pas concrétiser. Les bleus terminent sur une nouvelle infériorité et un lourd lancer de Mickevics. Même schéma et Gap ne trouve pas la solution.

Lyon reprend la partie avec le puck pour terminer le power-play avec un bon lancer que Cooke dévie des bottes (41’00). Au retour à cinq, Colomban est encore présent pour empêcher une relance lyonnaise. Le pressing est toujours éreintant à l’image d’Hugo Faure qui bloque une sortie de zone de Gap. Ce sont les jeunes qui s’imposent dans ce début de tiers. Illustration par Colomban sur un 2 contre 1, mais le défenseur blanc se jette dans les patins pour annihiler l’attaque (45’05). De nouveau avec Joubert qui passe à Schmitt mais le tir est directement envoyé sur le plastron du gardien (47’55). Jekimovs reçoit le palet et s’avance à mi-distance. Sur un 180° sur lui-même, il place un revers dévié par Stojanovic (49’11). Gap est bien dans un temps fort qui se concrétise par un nouveau power-play. Mais Stojanovic est solide avec deux arrêts successifs. Le match bascule et Lyon reprend les rênes avec un harcèlement encore plus intense. Correia, avec Essery, trouve une belle déviation devant Cooke. La contre-attaque gapençaise est d’abord bloquée mais, après trois tirs successifs, Colomban conclut dans la cage (1-1, 54’44). De haute lutte les rapaces reviennent mais que ce fut difficile !

Le temps mort de Sivic permet de réajuster mais Gap défend fort en infériorité. Tir de la bleue de Llorca avec Balsamo devant le portier au rebond. Mais rebond il n’y a pas (57’55). Mauvaise relance de Cooke que Dinda reprend mais ne peut cadrer (58’10). Les Rapaces font le maximum, par la suite, mais sans réussite. Comme d’habitude, le score serré entre ces deux équipes les amène au-delà du temps réglementaire.

En prolongation, Tyler Ferry dévie une passe de Mickevics au second poteau et crucifie les Rapaces (1-2, 61’08). Lyon est venu avec un dispositif pour faire déjouer son adversaire tout en se projetant rapidement en contre. Le plan a fonctionné et Lyon prend deux points en voyage. Pour les Rapaces, du travail est encore en chantier pour parfaire le groupe et l’efficacité offensive. Mais il faut tirer un coup de chapeau à l’avant-garde des jeunes Français bien présents ce soir. Vendredi, Gap se déplacera à Angers et Lyon jouera à la patinoire de l’île Lacroix de Rouen. Deux gros défis en perspective.

Meilleurs joueurs : Rok Stojanovic (Lyon) et Robin Colomban (Gap).

Commentaires d’après match :

Luciano Basile (entraîneur de Gap) : « Offensivement on a eu nos touches sur le palet, on a eu la possession mais pour moi on n’a pas été assez dangereux. On s’est créé seulement 8 occasions sur tout le match, incluant les tirs en power play. Un peu de mauvaises décisions avec le palet, mais je dirais surtout (…) qu’il faut mettre les palets à la cage. Lyon a joué beaucoup plus simple que nous et est dans la zone, tourné vers la cage. Le point est bon car on a courru après le score tout le match. Il est mérité parce que l’équipe n’a pas lâché mais il faut arriver à être un peu plus concret, un peu plus réaliste avec le puck, jouer plus simple. »

Cédric Di Dio Balsamo (attaquant de Lyon) : « Ça a été un match compliqué, serré. Deux grosses équipes, de bonnes occasions, c’était un beau match. On a été plus franc devant la cage. Quand on a pris le but, on n’a pas paniqué et on est resté sur les bases convenues pour le match. (…) On a de la vitesse, on a beaucoup patiné en août pour la préparation, c’est notre point fort ! On ne s’arrête pas de patiner pendant 60 minutes ! Je suis vraiment content d’être à Lyon, je pense que ça va m’aider pour passer un cap pour mon hockey. Mais je suis vraiment content de revenir à Gap. »

 

Gap – Lyon 1-2 après prolongation (1-0, 0-0, 0-1, 1-0)
Mardi 18 septembre 2018 à 20h30 à l’Alp’arena. 1645 spectateurs.
Arbitres : Geoffrey Barcelo et Jimmy Bergamelli assisté de Frédéric Peurière et Joris Barcelo.
Pénalités : Gap 8′ (2′, 4′, 2′) ; Lyon 8′ (4′, 2′, 2′).
Tirs : Gap 30 (10, 9, 11) ; Lyon 25 (9, 9, 7).
Mises au jeu : Gap 24 (7, 10, 7) ; Lyon 18 (6, 8, 4).

Évolution du score :
0-1 à 08’12 : Correia assisté de Mickevics et Essery
1-1 à 14’44 : Colomban assisté de Biezais et Jekimovs
1-2 à 60’54 : Ferry assisté de Mickevics et Correia

Gap

Attaquants :
Alexander Mokshantsev – Kristoff Kontos – Jeff Brown
Elvijs Biezais – Adam Kambeitz – Roberts Jekimovs
Romain Gutierrez – Téo Sarliève – Norbert Abramov
Paul Schmitt – Robin Colomban – Paul Joubert

Défenseurs :
Samuel Labrecque – Parker Reno
Raphaël Faure – Dan Gibb
Matt Nelson – Vincent Melin
Nikita Shalei – Hugo Vasse

Gardien :
Jordon Cooke

Remplaçant : Jimmy Darier (G). Absents : Maurin Bouvet, Jules Gallet, Pierre Crinon.

Lyon

Attaquants :
Martins Lavrovs – Tomas Andres – Cédric Di Dio Balsamo
Julien Correia – Kyle Essery – Arturs Mickevics
Ainars Podzins – Ryan Verbeek – Valentin Michel
Hugo Faure – Quentin Berthon – Pierre Robert

Défenseurs :
Vincent Llorca – Tyler Ferry
Jules Breton – Lubomir Dinda
Cédric Custosse – Thomas Roussel
Alexandre Pascal

Gardien :
Rok Stojanovic

Remplaçants : Olivier Richard (G), Killian Lairet. Absents : Sébastien Delemps (genou), Jaka Ankerst (cheville).

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