Colmar – Châlons (Division 2, poule A, 13e journée)

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L’affiche de ce soir oppose la surprise de cette édition (les Titans colmariens) à la surprise de la saison… dernière ! En effet, promus en 2017, les Gaulois châlonnais avaient navigué sur le podium durant toute la saison régulière, avant de terminer honorablement les play-offs. Les Haut-Rhinois connaissent actuellement un parcours sensiblement similaire puisqu’ils trustaient le podium… avant que, crise sociale et routes bloquées aidant, deux matches annulés les renvoient dans le ventre mou du tableau. Ce sont autant de rencontres en moins « dans leurs jambes ». Attention à ne pas manquer de rythme et de cohésion face à des Champenois qui relèvent la tête après un début de saison timide.

Rythme, cohésion, précision, rigueur, voici quelques uns des termes en berne durant cette partie, qui aura ressemblé davantage à une confrontation brouillonne (de favoris) de D3 qu’à une joute de division supérieure.

Châlons est beaucoup mieux inspiré que son hôte en ce début de partie, et son ouverture du score, sur un tir à mi-distance de Tomas Janci (0-1 à 4’16, est on ne peut plus méritée. Ce sont bien les Gaulois qui mènent les débats, comme sur cet essai de Alexis Primpernelle, bien décalé (5’46), ou ce brûlot de l’ex-Colmarien Anthony Pernot que Roman Sumikhin bloque (11’09). Colmar est bien emprunté et offre très peu de solutions à ses attaquants, dont le premier essai appuyé (8’50) provient de Michal Macko, sans doute l’un des joueurs colmariens – avec Jonathan Estienne – les plus déterminés de la partie.

La partie se décante en fin de tiers, sur un tir dévié de William Kern (1-1 à 14’27) mais les visiteurs reprennent l’avantage dans la foulée par Marek Hanes, qui exploite de près le vide laissé sur la gauche de Sumikhin (1-2 à 14’46). Des espaces non comblés, il en sera décidément question durant toute la partie, et notamment sur cette égalisation colmarienne, lorsque Thomas Mathieu profite d’un décalage tardif de Dylan Célestin (2-2 à 17’46).

Les Titans rejoignent les vestiaires de façon plus rassurée, même si la partie en elle-même peut paraître déroutante, par son faux-rythme, la passivité des deux défenses et un nombre de tirs conséquents qui en découlent.

À peine rentré du vestiaire, c’est Macko qui trompe Célestin lors du premier essai local, sur un ersatz de centre-tir (probablement) dévié (3-2 à 21’15). Le rythme de la partie n’augmente pas pour autant, on assiste à un déballage d’imprécisions et de défenses toujours anormalement passives. Si dans l’ensemble Colmar domine, rien n’est vraiment clair dans les progressions des deux protagonistes, et c’est de nouveau dans les cinq dernières minutes du tiers que les échanges s’intensifient, notamment sur deux brûlots consécutifs châlonnais que Sumikhin repousse avec classe (35’40). Thomas Mathieu répond dans le contre qui suit, mais son tir heurte la transversale (35’49). Lukas Prokop, lumineusement lancé, hérite dans la dernière minute de l’occasion idéale mais il bute sur Célestin inflexible (38’53). Dans l’ensemble, tout ceci manque de percussion et de précision.

Et ce ne sera pas le dernier tiers qui démentira ce schéma. Pourtant, Macko, encore lui, allume rapidement, et de près, Célestin, après un bon travail de Prokop derrière la cage (4-2 à 41’11). Deux buts d’avance, des Châlonnais en manque de fraîcheur et de solutions, la partie ne devrait plus échapper aux Alsaciens. Et pourtant, le match reste désespérement imprécis, laissant de trop nombreux espaces aux protagonistes. Châlons pousse malgré tout, notamment par son stratège Jakub Matejka, et trouve enfin une faille, lorsque Estienne, en plein mouvement, renvoie de sa crosse la crosse tombée sur la glace de, et vers, un de ses coéquipiers. Le corps arbitral sanctionne aussitôt d’un « jet de crosse » le jeune et remuant Mulhousien. Dans la foulée, Giordano Saputo réduit le score de près (4-3 à 52’47).

Le but réveille la partie, notamment les Champenois qui pèsent plus hardiment vers Sumikhin. C’est pourtant Colmar qui hérite d’une belle occasion de contre mais Maxime Leroux voit son tir s’écraser sur la transversale de Célestin (56’04). Le gardien visiteur quitte sa cage dans la dernière minute afin de créer le surnombre en zone colmarienne. La tension y est d’ailleurs palpable puisque les jaunes et bleus châlonnais arrivent à s’y installer durablement. Il reste 9 secondes à jouer, Thomas Mathieu joue un peu trop virilement de la crosse et se voit envoyé en prison. Il reste un engagement, que Châlons perd, mais le palet revient pourtant devant la cage de Sumikhin, et notamment devant un espace que le portier estonien n’a pas pu encore combler, ce que Matejka exploite sans se poser de questions (4-4 à 59’57). Ça, c’est du retour inespéré !

De là à envisager la victoire en prolongation, c’est autre chose. Et d’ailleurs, Colmar ne va pas laisser le temps à ses hôtes d’y penser. L’engagement à 3 contre 3 vient à peine d’être effectué que Ruslan Bashirov exploite une incompréhension entre Janci et Matejka. Le Russe sert aussitôt Maxime Mathieu. Son premier tir bute sur Célestin, mais le jeune portier n’a pas le temps de se relever pour repousser le rebond de l’attaquant colmarien (5-4 à 60’14).

Le partage partiel des points peut satisfaire les deux protagonistes. Colmar reste collé aux équipes de tête en remontant sur le podium, et Châlons continue de s’éloigner progressivement et sûrement de la zone de relégation. C’est tout ce qu’on retiendra de cette rencontre on ne peut plus brouillonne, où les défenses ont manqué d’application et les attaques de précision.

 

Colmar – Châlons en Champagne 5-4 après prolongation (2-2, 1-0, 1-2, 1-0)
Samedi 15 décembre 2018 à 18h à la patinoire de Colmar. Environ 500 spectateurs.
Arbitrage de M. Frossard assisté de MM. Thorrignac et Kirschenbaum.
Pénalités : Colmar 34′ (2′, 6’+10′, 6’+10′) ; Châlons 10′ (2′, 6′, 2′).
Tirs : Colmar 41 (16, 12, 11, 2) ; Châlons 34 (15, 10, 9, 0).

Évolution du score :
0-1 à 04’16 : Janci assisté de Saputo
1-1 à 14’27 : Kern assisté de Maricato
1-2 à 14’46 : Hanes assisté de Mikkula
2-2 à 17’46 : T.Mathieu assisté de M.Mathieu
3-2 à 21’15 : Macko
4-2 à 41’11 : Macko assisté de Prokop
4-3 à 52’47 : Saputo assisté de Matejka (sup. num.)
4-4 à 59’57 : Matejka assisté de Janci et Mikkula (sup. num.)
5-4 à 60’14 : M.Mathieu assisté de Bashirov

Colmar

Attaquants :
Thomas Mathieu – Maxime Mathieu (C) – Ruslan Bashirov
Lukas Prokop – Jonathan Estienne – Michal Macko
William Kern – Corentin Cruchandeau – Maxime Leroux ou Benjamin Leconte

Défenseurs :
Ilja Urusev – Benoît Salvin [puis Moushrif]
Marek Bais – Eloi Lenner
Julien Maricato – Mehdi Moushrif [puis Salvin ou Lucas Maurer]

Gardien :
Roman Sumikhin

Remplaçant : Étienne GrandPerrin (G).

Châlons en Champagne

Attaquants :
Vladimir Mikkula – Marek Hanes (C) – Cédric Cheylan
Giordano Saputo – Jakub Matejka – Ryo Miyazaki
Lois Paroissien – Anthony Pernot – Alexis Primpernelle

Défenseurs :
Nelson Goncalves – Thomas Janci
Tony Allouchery – Tristant Lohou
Nathan Dutat

Gardien :
Dylan Celestin

Remplaçants : Alexis Bachetti (G), Florent Domaine, Hugo Goncalves.

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