Amiens aux forceps (Ligue Magnus, 38e journée)

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Pour cet avant-dernier match avant la pause internationale, ce sont deux équipes dans d’étranges dynamiques qui s’affrontent sur la glace de Mériadeck. Les visiteurs, tout d’abord, en proie à des soubresauts en interne avec les incertitudes autour du nom du coach la saison prochaine, sortent de trois défaites de suite dont la dernière en date face à Anglet à domicile. En face, les Boxers peinent à retrouver leur rythme de début décembre malgré une victoire à Anglet, et contre Nice à domicile. Si les Gothiques seront bien en playoffs, les Boxers, eux, n’ont toujours validé leur billet.  

Amiens, sur trois défaites donc, et surtout une victoire sur les cinq derniers matchs, n’arrive pas en terrain conquis à Bordeaux, la faute à une situation malencontreuse dans le vestiaire et à un imboglio autour de la situation de Mario Richer. « Restera, restera pas », le coach canadien des Gothiques est en tout cas toujours fidèle au poste.

Bordeaux n’est pas forcément roi à domicile non plus, malgré un bon dernier résultat contre Nice la semaine dernière. Entre temps, une défaite 5-2 à Gap est venue ternir les plans de maintien à la sixième place. Gap revient bien malgré des matchs en plus, et surtout Chamonix est de retour à une victoire d’écart.

Une entame molle

Une victoire ne ferait donc pas de mal pour enjoliver leur bilan difficile à domicile, rajouter de la confiance dans l’optique des séries, où Amiens est un adversaire potentiel, et montrer l’envie de réinstaurer une dynamique solide avant les playoffs.

Les Bordelais enregistrent aussi le retour de Jonathan Janil après sa commotion fin 2019. Un retour qui tombe bien vu l’hécatombe dans la défensive avec les blessures de Mitch Ferguson, la suspension de Marc-André Levesque (à la suite d’une bagarre à Gap), et l’absence aussi du jeune Jules Lefebvre, ce qui oblige Olivier Dimet à tourner à deux lignes et demi en défense.

Ceci peut expliquer l’entame brouillonne, et surtout une domination amiénoise avec des Bordelais peu enclins à construire proprement. Après un round d’observation, les visiteurs obtiennent d’ailleurs un jeu de puissance, qu’ils convertissent par un but de Philippe Halley.

Rien de bien émoustillant ne suivra d’ailleurs, un tiers « très mauvais » pour Olivier Dimet, où les siens « ne se sont pas présentés comme ils auraient dû, malgré les consignes de faire un match plein ». Et même l’échauffourée de fin de tiers entre Jonathan Lessard, Mathias Arnaud et Philippe Halley a semblé tourner court.

Les petits détails…

Devant une entame aussi médiocre, les Bordelais reviennent avec une autre envie. Ils commencent même par égaliser, mais les arbitres sifflent trop tôt, avant que le palet ne rentre.

Succèderont deux face-à-face avec Clément Fouquerel, que le portier bordelais stoppe. Jules Gallet aura aussi une grosse occasion dans l’enclave, bien stoppée par Henri-Corentin Buysse.

Quelques dizaines de secondes plus tard, sur un palet mal dégagé, Evan Richardson récupère dans l’axe et ajuste Clément Fouquerel pour doubler la mise pour les siens. Douche froide agrémentée par une nouvelle supériorité numérique amiénoise pour une charge à retardement d’Olivier Labelle.

Thomas Suire bute à nouveau sur Fouquerel suite à la fin de la supériorité, et Evan Richardson alerte de nouveau la cage bordelaise avec un puck qui frise le soupirail droit du gardien bordelais. Bordeaux ne parvient pas à s’approcher de la cage nordiste, alors que les visiteurs agissent avec un excellent jeu en transition, en témoigne cette nouvelle occasion de Thomas Suire, seul au second poteau sur un contre à 2 contre 2.

Cela ne complique pas la tâche défensive des Amiénois qui protège l’enclave devant un Henri Corentin Buysse qui laisse, en plus, peu de rebonds. Alexandre Ranger essaiera bien de bouger physiquement son adversaire, mais sans succès.

Dans ces moments-là, un coup du sort, ou un détail, peut faire changer le destin d’un match. Sur une charge incorrecte d’Axel Prissaint, les Boxers se retrouvent en avantage numérique. Après un petit jeu à 3 entre Loïk Poudrier, Félix Petit et Olivier Labelle, le palet est manqué par le numéro 10 bordelais, mais il revient sur Félix Antoine Poulin qui allume Henri Corentin Buysse battu. Retour à 1-2, et l’ombre d’un espoir renaît.

Ascenseurs émotionnels  

Reste donc un tiers pour renverser la vapeur. Cela débute pas trop mal pour Bordeaux avec une alerte Félix Petit / HC Buysse, dans un trafic dense, qui empêche Bordeaux de conclure.

Jules Gallet écope d’une pénalité pour crosse haute dans la foulée. Florian Sabatier puis Baptiste Bruche testent Clément Fouquerel, tout comme Louis Beslile, qui y va de sa frappe également mais Bordeaux tue la pénalité bien aidé par son portier.

Le ton se durcit un peu avec quelques charges locales bien senties, et à 10 minutes de la fin, les Gothiques se mettent à la faute par Louis Beslile (accrocher). Les Boxers égalisent immédiatement par Olivier Labelle dès le début de la supériorité. En plus de faire monter l’ambiance d’un cran, excepté lorsque Tommy Giroux et Philippe Halley se présentent esseulés face à Clément Fouquerel qui s’en sort par deux fois, cela redonne aux Boxers cette vie que l’on avait perdu en début de match.

Les visiteurs défendent bien malgré tout et obligent leur adversaire à des entrées en zone un peu difficiles, excepté sur cette chevauchée de Charles Eric Légaré qui fausse compagnie aux amiénois dans la zone neutre, et oblige Axel Prissaint à faire trébucher le canadien.

Bordeaux met tout dans la bataille et veut repasser devant, mais butte sur un bloc adverse compact, et à l’exception de Jonathan Lessard, ils ne parviennent pas à alerter Buysse.

Au contraire, sur un retenir de Mathias Arnaud, Amiens se retrouve en supériorité. Robin Colomban profite d’un bon palet en transition pour frapper au but, en vain, tout comme Julien Guillaume d’ailleurs.

Sur le contre, Amiens profite des largeurs de la supériorité numérique pour battre Clément Fouquerel par Evan Richardson en déviation à bout portant. Après intervention (cette fois-ci) de la VAR, le but est validé. C’est la stupeur dans la patinoire, d’autant plus qu’il reste 2’45 à jouer.

Jonathan Lessard alerte bien Buysse qui s’en sort d’un arrêt du casque, avant de rater une cage vide sur une reprise de volée manquée. On est largement dans les deux dernières minutes, et Bordeaux sort Clément Fouquerel avant de prendre un temps mort.

Loïk Poudrier oblige encore Buysse à intervenir avec le haut du corps puis une nouvelle fois, derrière sur sa gauche. Bordeaux ne reviendra pas et Amiens l’emporte au courage.

Les Boxers ont trop subi dans la première moitié du match et malgré un gros retour aux forceps, voit la victoire lui passer sous le nez. Belle opération pour Amiens qui reste au coude-à-coude avec Rouen pour la troisième place, alors que Bordeaux reste sous la menace de Chamonix, équipe qu’ils vont justement affronter cette semaine avant la trêve internationale.

« Éviter de se faire peur »

Pour Bordeaux et son staff, ce match est « capital, car il ne faut pas oublier que la qualification n’est pas acquise », tout comme Clément Fouquerel qui voudrait « éviter de se faire peur ». Mélangés entre « colère et frustration », les Boxers doivent analyser la raison de leur entame mollassonne, « sans intensité, et très lents dans la transmission »

Félix-Antoine Poulin, lui, pense déjà au déplacement à Chamonix, et veut que son équipe « se serre les coudes, dans un match où il faut tout donner contre une très bonne équipe qui travaille fort, dans un match extrêmement important », le genre de match « où on peut voir les vrais ».

En attendant, ce match d’Amiens ressemblait malgré tout à un « match de playoffs » pour les Bordelais, et même une rencontre « de niveau playoffs, du hockey comme dans le temps » pour Mario Richer, satisfait de la victoire, et du sort qui tourne en sa faveur après quelques déconvenues récemment, avec des « défaites en fusillade ou prolongation qui font en sorte que ta fiche soit complétement changée »

Du coup, les Gothiques se relancent et Bordeaux tournent les yeux vers Chamonix.

Bordeaux – Amiens 2-3 (0-1, 1-1, 1-1)
Dimanche 26 janvier 2020 à 18h30 à la patinoire Mériadeck. 2510 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo et Nicolas Crégut assistés de Philippe Guillon et Anne-Sophie Boniface.
Pénalités : Bordeaux 8′, Amiens 6′.
Tirs : Bordeaux 28 (5, 11, 12), Amiens 40 (12, 14, 14).

Évolution du score :
0-1 à 08’59 : Halley assisté de Giroux et Bruche (sup. num.)
0-2 à 26’47 : Richardson assisté de Giroux et Halley
1-2 à 36’59 : Poulin assisté de Labelle et Petit (sup. num.)
2-2 à 50’08 : Labelle assisté de Poudrier et Petit (sup. num.)
2-3 à 57’05 : Richardson (sup. num.)

Bordeaux

Attaquants :
Olivier Labelle – Félix Petit – Jonathan Lessard
Charles-Éric Légaré – Robin Colomban – Alexandre Ranger
Loik Poudrier – Alexandre Mulle – Victor Barbero
Matthias Arnaud – Julien Guillaume – Jules Gallet

Défenseurs :
François Paquin – Jonathan Janil
Maxime Moisand – Félix-Antoine Poulin
Aina Rambelo

Gardien :
Clément Fouquerel

Remplaçant : Julian Junca (G). Blessé : Mitch Ferguson. Absent : Jules Lefebvre. Suspendu : Marc-André Levesque.

Amiens

Attaquants :
Jérémie Romand – Philippe Halley – Tommy Giroux
Thomas Suire – Mickaël Babcock – Joe West
Baptiste Bruche – Francis Drolet – Rudy Matima
Evan Richardson – Florian Sabatier – Antonin Plagnat

Défenseurs :
Axel Prissant – Kai Lehtinen
Louis Bélisle – Dan Gibb
Thomas Roussel – Romain Bault

Gardien :
Henri-Corentin Buysse

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