Après de nombreux mois d’attente qui se sont enchaînés après les désillusions NHL et KHL, Yohann Auvitu a retrouvé les glaces, celle d’un club suédois loin d’être étranger au hockey français. En parlant de hockey français, les Bleues expatriées sont toujours en pleine bataille pour les playoffs.

Et cette brigade défensive 2019-2020 rayonne, par son étanchéité, aussi par les petits exploits de son surdoué Nils Lundkist. Ce premier choix des New York Rangers à la draft NHL en 2018, dont l’ultramobilité épate la galerie et fait penser à Erik Karlsson, totalise déjà 22 points en 30 matchs. Mais Luleå a subi un lourd revers avec l’absence prolongée de Fredrik Styrman.
Ce pilier de l’équipe, lourdement blessé, va manquer le reste de la saison pour se remettre d’une opération au genou et d’une commotion, il était donc urgent de recruter pour préserver l’ambition du titre. Le renfort Auvitu tombait donc à pic, et les attentes au vu son standing sont particulièrement hautes. Pour autant, le manager Stefan Nilsson a précisé que son retour au jeu sera progressif. Au vu des circonstances avec le manque de compétition, cela semble logique, et cela explique ses débuts avec Luleå en tant que septième défenseur lors de ses trois premiers matchs.
La NHL fait désormais partie des souvenirs pour Yohann Auvitu mais son expérience nordique est dense. Plus de 300 matchs en Finlande, trois médailles en Liiga dont une en or, nommé meilleur défenseur de Finlande en 2016, l’arrière de l’équipe de France va découvrir la Suède en tant que joker de luxe dans une équipe qui veut enfin remettre la main sur le titre, le seul sacre du club datant de 1996. Il ne lui reste qu’à se familiariser au suédois (lui qui maîtrise cinq autres langues !) et à retrouver la forme dans ce club d’envergure. De bon augure pour l’équipe de France où sa présence est indispensable.
Briand et Fleury avant Auvitu
Yohann Auvitu n’est pas le premier Français à porter les couleurs de Luleå. En 2001, Arnaud Briand, emblématique centre des Flammes bleues de Reims et alors capitaine de l’équipe de France, rejoignait le club. Le Saint-Pierrais marquait alors l’histoire du hockey français en devenant le premier joueur tricolore à évoluer en élite suédoise. La recrue « exotique » était observée à l’époque avec scepticisme par les fans. Un scepticisme rapidement étouffé quand le fameux n°8 saint-pierrais marquait le premier but de Luleå de la saison 2001-2002 le 23 septembre 2001 contre le Västra Frölunda, après deux revers finis en jeu blanc. Le LHF s’imposera 3-2 contre le club de Göteborg. Durant cette saison, Arnaud Briand a tout de même inscrit 10 points en 43 matchs d’élite suédoise. Des performances plus qu’honorables au vu du niveau de l’Elitserien comme on l’appelait à l’époque, et au regard des résultats en dents de scie du club du Norbotten qui était tombé, certes avec les honneurs, en quart de finale contre MODO.
Briand n’avait pas vu son contrat prolongé, la direction préférant privilégier quelques cadres de l’équipe – dont faisait alors partie l’actuel coach Thomas Berglund – et un rajeunissement général de l’équipe.

Les playoffs en ligne de mire
Luleå est donc toujours leader de la SHL, et ce avec sept points d’avance sur Örebro. Si l’ÖHK avait momentanément réduit cet écart en battant justement Luleå jeudi dernier, le dauphin SHL a trébuché samedi à Stockholm contre Djurgården. Après avoir obtenu sa qualification pour sa cinquième finale (en six éditions !) de Champions Hockey League, justement aux dépens de Luleå, Frölunda a subi quatre revers consécutifs en ce début d’année. Mais le doute des Indians de Göteborg n’a pas duré bien longtemps puisqu’ils ont réagi avec trois victoires de suite ponctuées de 15 buts marqués (!), ils complètent le podium.

En SDHL, la ligue élite féminine, Luleå a été sacré trois fois ces quatre dernières années et conserve donc, comme chez les hommes, de grandes ambitions. Mais c’est le HV71 qui mène le classement, Luleå est deuxième. Quant aux Bleues de la SDHL, elles sont en pleine bataille pour une place en playoffs. Le MODO Hockey de Marion Allemoz et Lore Baudrit, neuvième, compte 9 points de retard sur la huitième place alors qu’il ne reste que quatre journées de saison régulière, l’affaire semble délicate. La capitaine de l’équipe de France Allemoz est toutefois la meilleure marqueuse de l’équipe avec 19 points (9 buts, 10 passes) en 29 rencontres, Lore Baudrit comptant 10 points. Le Leksands IF est dans une position plus favorable, septième et vainqueur de trois des quatre derniers matchs. Son attaquante tricolore, Betty Jouanny, compte d’ailleurs 4 points à ses 5 derniers matchs, 16 points au total.








































