Guillaume Leucht, un international junior de Berlin à Caen

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L’international français U18 et U20 Guillaume Leucht vient de conclure trois saisons en Allemagne dans l’organisation des Eisbären. Depuis Berlin, où il loge encore dans l’attente de ses examens du baccalauréat, il nous donne l’occasion de découvrir son environnement dans le hockey.

Mais pour un jeune joueur français n’ayant pas encore terminé son développement, évoluer dans la très relevée DNL est un pari osé et une aventure peu particulière. Comment est-il arrivé jusqu’à Berlin ?

Guillaume Leucht : « J’ai des origines allemandes par ma mère et de bonnes bases en allemand. De Montpellier, j’ai choisi d’aller tenter le hockey en Allemagne parce que dans mon club il n’y avait plus d’équipe U20 et que la D2 ne m’intéressait pas vraiment. Donc, pour avoir un bon développement, il fallait que je parte. Grâce à Christian Pouget, qui a joué à Mannheim, j’ai pu avoir les contacts nécessaires et j’ai ainsi effectué tous les tests. J’ai réussi les épreuves et Mannheim m’a sélectionné. Mais c’est ma double nationalité qui a peséedans la balance. Le staff de Mannheim voulait m’intégrer mais le fait que je joue en équipe de France n’allait pas dans leur sens de développement des jeunes pour les équipes nationales d’Allemagne. Ils ne m’ont pas laissé sans solution et m’ont donné les contacts pour intégrer le club de Berlin. »

Vu de l’extérieur, on peut constater que la formation allemande prend une belle ascension avec plusieurs jeunes qui intègrent les clubs pros, à très haut niveau. Le cas de Moritz Seider n’est pas un cas unique avec plusieurs joueurs qui frappent à la porte comme Peterka, Stützle ou encore Reichel à Berlin. Comment perçois-tu ce niveau de développement dans ta vie en Allemagne ?

G.L : « Dans notre ligue, la DNL, (Deutsche Nachwuchs Liga), il y a trois gros clubs qui sont devant mais le plus dominant, clairement, est Mannheim. Ils ont des gros moyens financiers avec SAP et le club fait tout pour que les joueurs aillent le plus loin possible (temps de glace en DEL2, horaires aménagés, rattrapages de cours pendant les vacances…). En plus il y a des matchs avec des équipes américaines ou finlandaises soit en déplacement soit lors du tournoi d’été en préparation à domicile. À Berlin, on fait la même chose, mais plutôt avec des équipes tchèques, et on va aussi en préparation directement là-bas, à Prague par exemple.  

Tu es défenseur, est-ce que cette activité sur ce poste a été mise en valeur durant ton parcours allemand ?

G.L : « Je suis défenseur à caractère défensif. Je sais que le hockey allemand, en général, a des problèmes défensifs. Du coup on travaille beaucoup sur la discipline, la tactique dans ce secteur. La leçon qui est transmise aux joueurs, c’est comment enchaîner le rush suivant et comment organiser l’attaque depuis l’arrière. Et on travaille systématiquement sur des journées spécifiques défense. »

Troisième saison avec les Eisbären, comment s’est passé cette année en championnat ?

 G.L : « On a joué des pressings très agressifs, on était très bon en attaque mais on avait du mal à concrétiser et du coup on a été moins bon cette saison. C’était une saison faite de hauts et de bas. Au début c’était bon et puis on a perdu contre des équipes très faibles comme Krefeld et ensuite on a remporté des matchs importants contre Cologne par exemple.  Finalement Cologne a fini premier avec Mannheim et nous on a conclu sixième et réussi à se qualifier en pré-playoffs.  Mais, en général, en marquant un seul but par match, ce n’est pas suffisant pour gagner. »

Ta vie dans l’organisation des Eisbären t’a sûrement permis de côtoyer l’équipe pro ?

G.L : « On a passé du temps avec eux, en entraînement spécifique, on avait les mêmes coachs. On a pu assister aux matchs de DEL et il y a vraiment de bons rapports entre les joueurs de DEL et les U20. En revanche, Berlin a besoin de défendre sa réputation en championnat et du coup fait peu jouer les jeunes en DEL. Il y a vraiment que les talents comme Lukas Reichel qui ont une possibilité de jouer. »

Tu viens de signer à Caen, pour quelle raison reviens-tu en France ?

G.L : « J’avais l’opportunité de m’entraîner, en décembre, avec l’équipe de DEL2 des Lausitzer Füchse, le club de la ville de Weisswasser, mais j’ai été blessé pendant un mois. Je suis revenu fort en fin de parcours, mais ça a coupé ma saison et m’a empêché de démontrer mes compétences dans ce championnat. C’est pour cela que je n’ai pas eu de proposition en DEL2, que j’aurais accepté d’ailleurs. J’ai décidé de rentrer, ce qui serait l’occasion de voir plus souvent ma famille, et d’avoir une exposition plus importante vers les sélectionneurs de l’équipe de France. C’est en discussion avec Pierre Pousse et Alexis Billard que je devais absolument évoluer en D1 ou en Magnus si possible. J’ai eu plusieurs propositions et j’ai choisi Caen, car c’est un club formateur qui fait beaucoup jouer les jeunes ».

C’est avec plaisir que l’équipe de Hockey Archives te souhaite une bonne saison à Caen.  Les aventures de l’équipe de France pour les prochains championnats du Monde U20 se dérouleront théoriquement en fin d’année. On te souhaite vivement de pouvoir intégrer de nouveau le groupe France. À bientôt !

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