Russie – Allemagne (Mondial junior, 1/4 de finale)

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L’Allemagne a enclenché un programme de formation chez les jeunes au travers des clubs et est décidée à conquérir des médailles dans le futur. C’est pourquoi la fédération a mis en place le programme « Powerplay 26 » (nous y reviendrons prochainement). Après la sensation de l’équipe sénior qui a atteint la finale des Jeux olympiques, voilà que les juniors viennent de se qualifier, pour la première de leur histoire, pour les quarts de finale des championnats du monde.

Au vu des qualités, du niveau de la compétition, et des constantes progressions des différentes nations, le parcours allemand, relève déjà d’un sérieux exploit. L’adversaire est la redoutable Russie avec la légende des légendes aux manettes : Igor Larionov.

Les Russes ont terminé deuxièmes de leur groupe en ayant certes battu les États-Unis (5-3) mais en butant sur une équipe tchèque très défensive (2-0). Vu la qualité technique des joueurs russes, l’affrontement semble compliqué mais intéressant dans ce quart de finale.

Les Allemands prennent le match par le bon bout et imposent leur rythme. Mais on sent bien que les deux équipes sont très prudentes et resserrent le dispositif défensif. Les arrières germaniques sont bien placés et bloquent deux tirs successivement. Même Alberg profite d’un palet perdu pour aller défier Askarov, très solide. La Russie propose un jeu bien huilé, des passes bien doseés, mais les avants butent sur un groupe bien organisé. De plus, le gardien Florian Bugl est très concentré et appliqué en ne lâchant aucun rebond. Le schéma allemand est parfait et Stützle trouve même le poteau sur sa première véritable offensive.

La première pénalité est russe, mais Ponomaryov, laissé totalement seul en zone neutre, hérite du palet, part seul, et contourne Bugl (9’06 : 1-0). Les Russes semblaient un peu nonchalants avec leur hockey très propre et bien organisé, mais maintenant ils augmentent la pression sur le porteur du palet. À cela s’ajoute une science du placement qui ferme les espaces. Bref il n’y a pas de place pour s’avancer vers le slot pour les attaquants allemands.

La fin de période est tenue par les joueurs de Larionov avec un tir dangereux de Bashkirov qui percute l’épaule de Bugl (14’30). Le duo Elias-Stützle tente de profiter d’un 2 contre 2, mais les espaces sont couverts et la passe de Stützle ne trouve pas son coéquipier (16’27). Pour conclure, les duels sont remportés par les Russes qui verrouillent la possession.

En deuxième période, l’Allemagne bénéficie d’une pénalité de Kirsanov. Stützle en profite et envoie un tir direct juste après une mise en jeu gagnée (21’20). Il n’y a rien d’autre à se mettre sous la dent car les Russes s’emploient et empêchent toute organisation de jeu de puissance adverse. Par la suite Amirov vendange une reprise au second poteau. Les Allemands sont décidés à revenir et patinent encore plus fort. À ce jeu les russes savent répondre avec une vitesse d’exécution et le gain du puck dans la bande. Un palet perdu est repris par Bashkirov qui double la mise (28’27 : 2-0).

C’est la Sbornaïa qui contrôle la situation et donne de la vitesse au jeu. Amirov, encore lui, déborde et envoie un bon shoot (30’00). Firstov chipe même le palet à Stützle, en zone défensive russe, et part en contre-attaque. Malheureusement pour lui il chute en route et perd le bénéfice de l’avance (32’25). À noter, tout de même, le tir de Schweiger, le long de la bande. Et les Allemands bénéficient d’une nouvelle supériorité après un surnombre flagrant des rouges. Mais cette chance ne peut être pleinement utilisée, la faute au bon jeu russe en infériorité.

Par la suite, Samansky reprend un énorme rebond laissé par Askarov. C’est la foire d’empoigne pour capter la rondelle. Tout le monde se jette sur le puck (35’40). Le dispositif défensif se solidifie alors, les Russes tirent le rideau et ne laissent que des tirs lointains à gérer pour leur gardien. Pour compléter le tout, ils utilisent leurs qualités de contrôle du palet pour conserver les pucks et priver les Allemands de munitions.

Les Allemands ont gardé leur envie mais ont buté sur un bon système adverse et n’ont pu concrétiser leurs chances devant les buts d’Askarov.

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Troisième période, les Russes continuent sur le même rythme et se réservent les rondelles. Mais quand tout paraît bloqué, John Jason Peterka s’enfonce dans le slot et redonne un palet pour Florian Elias, qui est perdu en route. Mais le défenseur russe Bychkov se loupe et Elias récupère la rondelle. Il trompe Askarov et relance la partie (43’24 : 2-1). Les joueurs de Larionov ne désarment pas, Mukhamadullin envoie vers la cage et Bardakov profite de ce palet mal nettoyé par la défense. Bugl est toujours aussi sûr pour arrêter les tirs (45’30). Peterka répond encore présent avec une offensive bien couverte par son adversaire, et il ne peut pousser la rondelle vers Askarov (45’56).

Florian Bugl garde son équipe dans le match avec deux mitaines solides sur deux tirs successifs. Réponse, les défenses sont rigoureuses et ne laissent rien passer. Les Allemands ont encore l’envie, mais il faut bien reconnaître que la domination territoriale des russes n’arrange pas les affaires des joueurs de Tobias Abstreiter. L’horloge tourne et la fin de partie approche ! Comme à son habitude, l’Allemagne sait utiliser le peu d’occasions disponibles et Elias dévie le tir de Peterka. Mais la rondelle percute la barre (51’45). Dans le sens inverse, Elias doit dévier le puck pour couper une passe dangereuse de Khusnutdinov devant les buts de Bugl (53’02). Il faut tout de même signaler que les Russes tournent autour de la cage allemande et maintiennent un danger permanent.

Une série de pénalités modifie les perspectives mais en situation de 4 contre 4, les Allemands sont obligés d’envoyer dans le fond pour avancer. Les grands gabarits russes ne permettent pas de capter les palets dans la bande. Ponomaryov parvient à s’extraire et à envoyer un revers judicieux à bout portant. Florian Bugl capte le palet d’une mitaine solide (56’43). Elias a, lui aussi, un palet de but, seul devant Askarov. Mais le portier russe se saisit du caoutchouc vulcanisé (56’54). Au retour à égalité numérique, les Allemands donnent le tout pour le tout mais les sorties de zone sont compliquées avec des palets perdus en route. Tobias Abstreiter prend son temps mort. Bugl sort de ses cages pour créer le surnombre (58’59). Mais la bataille pour la rondelle n’est pas favorable aux Allemands. Igor Larionov prend lui aussi un temps mort pour reposer ses troupes avant le rush final et remporte cette partie relativement bien contrôlée.

Fin de parcours pour cette belle équipe allemande qui a buté sur un bon dispositif russe, mais a eu les chances en sa possession pour scorer. Cette fois, les poteaux n’ont pas permis de remporter ce match, mais l’Allemagne a été au niveau de cette fabuleuse équipe russe.

Après la défaite en prolongation des séniors aux jeux olympiques, les juniors ont, eux aussi, collé à leur adversaire russe et fini à un but d’écart. L’Allemagne s’ouvre-t-elle la voie aux futures médailles ou bien s’agit-il d’une génération dorée sans lendemain ? L’avenir le dira !

Pour les Russes les qualités collectives et individuelles sont impressionnantes mais seront-elles suffisantes pour affronter et vaincre une équipe des États-Unis survoltée, énergique et puissante en demi-finale ? Car contre les Nord-Américains il faudra sûrement marquer plus de deux buts pour gagner.

Désignés joueurs du match : Danil Bashkirov pour la Russie et Florian Elias pour l’Allemagne.

Désignés meilleurs Allemands du tournoi : Florian Bugl, Tim Stützle et Mario Zimmermann.

Commentaires d’après-match

Igor Larionov (entraîneur de la Russie) : « Les Allemands ont joué un match similaire à la République tchèque. Ils ont joué un hockey serré et défensif et ont attendu pour contre-attaquer. Ils ne nous ont pas donné beaucoup de chances, et quand ils l’ont fait, nous avons beaucoup raté devant le filet. Ils ont fait preuve de beaucoup d’énergie et ont été nos égaux dans les batailles pour la rondelle. C’était un match difficile. Ça l’est toujours en quart de finale. »

Christian Künast (directeur sportif de l’Allemagne par intérim) : « C’était un match très, très serré, nous avons amené un grand favori au bord de la défaite, tout le monde peut en être fier. Les gars sont allés à la limite. Avec un peu plus de chance, du temps supplémentaire tout aurait été possible. Dans les circonstances et les conditions que nous avons vécu, toute l’équipe et le staff, ont fait un travail remarquable et, surtout, ont parfaitement représenté notre hockey sur glace junior allemand. C’est aussi un signe pour le monde extérieur : nous avons de bons jeunes, (…) il s’agit juste de leur donner la chance de continuer et de progresser. La prochaine petite étape sera de convaincre que nous pouvons gagner de tels matchs et nous les gagnerons à l’avenir. »

Tobias Abstreiter (entraîneur de l’Allemagne) : « Tout le monde peut être fier de lui-même, c’était une performance incroyable de toute l’équipe. Je suis également fier de chaque joueur, et de tous ceux qui ont quelque chose à voir avec cette réussite. Je voudrais vous dire merci, c’était un très bon moment et je pense que la quarantaine en particulier a vraiment fait grandir l’ensemble de l’équipe. Nous nous sommes motivés et avons cru en ce succès. Les Russes vacillaient, nous pressions et croyions à la victoire. Nous étions très, très proche d’une grosse sensation. »

Florian Elias (attaquant de l’Allemagne) : « Les Russes ont eu un peu de chance et nous n’avons pas eu de chance. Mais vous ne pouvez rien y changer. Notre équipe était tout simplement incroyable, c’est juste de la malchance que nous n’ayons pas réussi à gagner. Mais nous avons joué un tournoi difficile et avons été les premiers U20 allemands à atteindre les quarts de finale. Le hockey sur glace allemand a définitivement avancé avec cela. »

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Russie – Allemagne 2-1 (1-0, 1-0, 0-1)
Samedi 2 janvier 2021 à 10h00 à Rogers Place d’Edmonton. Huis clos.
Arbitrage de Kyle Kowalski et Mathieu Menniti (CAN) assistés de Brett McKey et Adam Harris (CAN)
Pénalités : Russie 10′ (2′, 6′, 2’) ; Allemagne 4′ (2′, 0’, 2’).
Tirs : Slovaquie 27 (8, 10, 9) ; Allemagne 19 (3, 8, 8).

Évolution du score :
1-0 à 09’06 : Ponomaryov assisté de Chystiakov et Bardakov (inf. num.)
2-0 à 28’27 : Bashkirov assisté de Afanasiev et Gritsyuk
2-1 à 43’24 : Elias

Russie (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Rodion Amirov (A, -1) – Marat Khusnutdinov (-1) – Vasili Podkolzin (C)
Arseni Gritsyuk (+1) – Danil Bashkirov (+1) – Yegor Afanasiev
Vladislav Firstov – Yegor Spiridonov (2′) – Ilya Safonov
Zakhar Bardakov (+1) – Vasili Ponomaryov (+1) – Maksim Groshev

Défenseurs :
Semyon Chystiakov (A, +1, 2′) – Chakir Mukhamadullin (+1)
Yan Kuznetsov (+1) – Roman Bychkov (-1)
Artemi Knyazev – Kirill Kirsanov (2′)
Danil Chaika (2′) – Yegor Chekhovtsov

Gardien :
Yaroslav Askarov

Remplaçant : Artur Akhtyamov (G).

Allemagne

Attaquants :
Filip Reisnecker – Samuel Dubé – Manuel Alberg (-1)
Tim Stützle (C, -1) – Florian Elias (-1) – John Jason Peterka (A, -1, 2′)
Jan Nijenhuis – Joshua Samanski – Markus Schweiger
Julian Chrobot – Maximilian Glotzl – Jan Luca SchumacherD

Défenseurs :
Simon Gnyp (A, -2) – Maximilian Glötzl (-1)
Mario Zimmermann (+1) – Jan Münzenberger (+1)
Steven Raabe – Maximilian Szuber
Lucas Flade (2′)

Gardien :
Florian Bugl [sorti de 58’59 à 59’58]

Remplaçant : Arno Tiefensee (G).

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