Les Bleues, l’autre espoir olympique

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Alors que l’équipe de France masculine échouait de peu à Riga pour une qualification olympique, la sélection féminine avait dans le même temps rendez-vous à Albertville en guise de dernière répétition avant le Tournoi de qualification olympique prévu en novembre. Au programme l’adversaire le plus coriace du TQO, la Suède.

Deux mois et demi avant de se retrouver à Luleå pour en découdre avec un ticket pour les JO à la clef, Suédoises et Françaises se sont donc retrouvées en Savoie, une visite d’ailleurs historique de la Damkronorna dans l’hexagone. Il ne s’agissait pas évidemment d’une visite touristique pour une équipe de Suède déjà bien en jambes. Avant d’affronter la France, les Suédoises, entraînées par Ulf Lundberg qui a succédé en 2020 à Ylva Martinsen, ont joué deux fois le Danemark à la mi-juin (victoire en fusillade 1-0 puis succès 5-2) et deux fois la Norvège début août (deux victoires 5-1 puis 3-0), deux équipes qu’elles avaient déjà rencontrées en novembre 2020. Cela fait donc six rencontres internationales en l’espace de neuf mois pour la Damkronorna, les Bleues ne devant se contenter que de deux matchs contre la Hongrie fin juin (victoire 5-3 et défaite 0-1) après seize mois sans un seul match contre une autre nation, tout cela à cause de la pandémie.

josefin bouveng suède
Josefin Bouveng

Mais le TQO arrivant à grands pas, et la nécessité de s’opposer au haut niveau se faisant sentir, une triple opposition en trois jours face à la Suède constituait une véritable aubaine. Les deux équipes, toutes deux reléguées du Mondial élite 2019, se retrouvaient donc deux ans après Espoo.

Même si Emma Nordin, la deuxième joueuse la plus prolifique de l’histoire du championnat suédois, n’a pu faire le déplacement, il s’agit véritablement de la seule absence notable de la Damkronorna. Le stage d’Albertville marquait d’ailleurs le retour de Sara Grahn et Josefin Bouveng. Grahn incarne l’expérience, la gardienne de 32 ans côtoie l’équipe nationale depuis 15 ans et cette très bonne amie de Betty Jouanny demeure toujours la gardienne titulaire, même si Emma Söderberg, talentueuse gardienne de Minnesota-Duluth, semble toute désignée pour lui succéder. A contrario, Bouveng, 20 ans, incarne la nouvelle génération prometteuse, cinquième meilleure buteuse SDHL et meilleure marqueuse en playoffs. La Suède présentait donc une équipe quasi optimale face à une équipe de France dans les mêmes dispositions, avec toutes ses forces vives.

Lors du premier match, Grahn n’a pas tenu bien longtemps, Morgane Rihet se chargeant d’ouvrir la marque à la 6e minute. La France a donc mené 1-0… pendant 3’17, le temps que Josefin Bouveng ne trompe Caroline Baldin. 1-1 après vingt minutes, puis 2-1 pour la Suède grâce à Emma Murén à la mi-match, avant qu’Olivia Carlsson, capitaine de MODO et donc coéquipière de Marion Allemoz et Lore Baudrit, ne creuse l’écart à trois minutes de la deuxième pause. Felizia Wikner-Zienkiewicz a scellé le score à 4-1 pour la Suède.

Une victoire historique

Mais le match 2 a connu une issue totalement différente. Les Suédoises ont affiché plus de fragilité, avec notamment quatre pénalités en l’espace de 10 minutes en première période, sans pour autant que les Bleues ne puissent en profiter. Et à la 35e minute, Léa Parment a débloqué le tableau d’affichage pour la France, tableau qui ne bougera plus jusqu’à la fin du match pour cette victoire 1-0 !

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Léa Parment (Photo : Jonathan Vallat)

Ce succès est historique : c’est le premier de l’histoire de l’équipe de France féminine face à la Suède, et le premier du hockey français en l’espace de… 84 ans. Aux championnats du monde 1937, l’équipe de France masculine avait alors battu les Suédois 2-1. Huit décennies après l’exploit du capitaine Jacques Lacarrière et de ses coéquipiers, la France a surtout réussi un effort collectif, comme nous le rappelle la buteuse de cette victoire historique : « Ça fait toujours plaisir de marquer un but, mais je n’ai pas pris ce but plus spécialement qu’un autre contre une autre nation. L’effet de cette victoire à la fin du match était beaucoup plus satisfaisante, car si toute l’équipe n’avait pas répondu présente à ce match, je ne pense pas que le score de la Suède aurait été à zéro ! » 35 arrêts de Caroline Baldin, quatre pénalités tuées et beaucoup de détermination ont permis d’assommer les Suédoises.

« Ne rien laisser passer pendant 60 minutes »

Et pour le troisième et dernier match, les Françaises ont encore affiché une franche opposition. Les Bleues ont tenu le 0-0 dans le premier tiers-temps, puis le 1-1 à l’issue du deuxième, Josefin Bouveng marquant pour la Suède avant que Lara Escudero ne réplique pour la France deux minutes plus tard. La France n’a finalement lâché prise que dans les douze dernières minutes, Jessica Adolfsson, Lina Ljungblom et Bouveng battant successivement Margaux Mameri, titularisée après deux matchs de Caroline Baldin. Bouveng a d’ailleurs été impliquée sur trois des quatre buts de la Damkronorna.

Une victoire, deux défaites, et à chaque fois une lutte acharnée, la France a annoncé la couleur avant le Tournoi de qualification olympique. Un stage d’Albertville ardu mais nécessaire et finalement positif pour les Bleues, ce que nous confirme Léa Parment : « Oui, il y a du positif à retirer de ces trois matchs, c’était trois matchs de grosse intensité. On savait que ça allait se jouer à des détails avant les matchs, donc les trois rencontres nous l’ont confirmé. C’est à notre portée mais il ne va falloir rien laisser passer pendant 60min. »

Le ton est donné par la hockeyeuse de 24 ans, et une équipe de France féminine qui ne lâchera pas son rêve olympique, quand bien même la Suède sera au programme, chez elle. Ce tournoi a donc confirmé ce que l’on savait déjà avant : les Bleues seront un adversaire redoutable, comme elles l’étaient d’ailleurs au Mondial élite 2019 avec deux courtes défaites face à la Damkronorna (2-1 et 3-2). Les Suédoises sont prévenues, elles n’auront pas la tâche facile.

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