Des Bleues accrocheuses jusqu’au bout

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N’ayant donc pas pu éviter le relégation, la France termine son premier Mondial élite féminin par une dernière joute, un dernier match de classement. Outre l’attribution d’une neuvième place, l’enjeu est de pouvoir gratter des points au classement IIHF, avec en point de mire les qualifications au prochain tournoi olympique de Pékin.

Pour l’heure, on sait que le tournoi olympique féminin s’élargira de huit à dix nations en 2022, ce qui est acté et paraît alléchant pour les Bleues. En revanche, les modalités de qualification ne sont pas encore connues, et la qualification automatique de la Chine en tant que pays-hôte, officialisée par l’IIHF en 2018, ne semble plus acquise, le président de la fédération internationale René Fasel ayant sommé en début d’année la fédération chinoise d’accélérer le processus de développement des équipes nationales sous peine de disqualification.

En tout cas, même si le chemin pour Pékin 2022 est encore obscur, tous les points sont bons à prendre pour la France. Cela ne permettra pas de rattraper la Tchéquie et l’Allemagne au ranking IIHF, qualifiés pour les quarts de finale de ce Mondial, mais cela peut consolider le 10e rang, sachant qu’un mouchoir de poche sépare la France de l’Autriche, actuellement à la bataille en D1A pour rejoindre le top 10.

Une chose est sûre, on n’aurait jamais imaginé que ce match de classement pour la neuvième place allait impliquer la Suède, battue lors d’un match-couperet par le Japon. Quarante-huit heures après le « fiasko » largement relaté au pays, dans quel état d’esprit se présentera cette Damkronorna, fragile psychologiquement depuis le début de la compétition ? Car avant ce match, la force mentale est bien du côté bleu, les Françaises étant particulièrement revanchardes vis-à-vis de leur courte défaite contre la Suède qui avait alors mis fin à tout espoir de maintien. Ce match a été intense physiquement mais aussi émotionnellement, les Françaises l’ayant encore en travers de la gorge. Le sélectionneur Grégory Tarlé (photo ci-dessus), qui fête son anniversaire aujourd’hui, et tout le clan bleu visent donc une dernière victoire, avec pour la quatrième fois en cinq matchs Caroline Baldin dans la cage tricolore.

La gardienne iséroise montre une nouvelle fois son standing, repoussant les essais des Suédoises et préservant pendant longtemps le score de 0-0, notamment dans un premier tiers à l’avantage des Suédoises. Le deuxième tiers-temps a lui été plus équilibré, offrant même une double supériorité numérique de 1’25 aux Bleues, qui ne pourront malheureusement en profiter.

Une minute après avoir tué cette double infériorité, les Suédoises parviendront même à trouver la faille, grâce à Sofie Lundin, Caroline Baldin ne parvenant à capter du gant son lancer lointain. Et en début de troisième période, malgré de bonnes occasions françaises, notamment de Clara Rozier et Chloé Aurard, la capitaine scandinave Emma Nordin doublera la mise en débordant de son côté droit : 2-0.

La victoire tend les bras à la Suède. Mais c’est mal connaître les Françaises qui n’ont jamais renoncé dans cette compétition. À 53’26, Clara Rozier réduit le score en marquant entre les jambières de Sara Grahn. Isabell Palm a beau recreuser l’avantage à 3-1, Chloé Aurard, d’un tir redoutablement précis devant une forêt de joueuses, réduira de nouveau le score à 3-2, une marque qui s’avérera définitive.

Ce match est tellement à l’image de ce premier Mondial élite de l’équipe de France féminine. Malgré une expérience et un calibre a priori inférieurs, les Bleues n’ont fait aucun complexe d’infériorité, qu’importe l’adversaire. Jamais larguée, jamais résignée, la troupe de Grégory Tarlé a montré qu’elle avait sa place parmi les meilleures, et que le maintien n’était pas un objectif insensé. Et cela ne fait aucun doute que cette équipe saura rapidement rebondir. On l’espère dès l’année prochaine en D1A, pour goûter de nouveau et au plus vite à cette élite.

Élues meilleures joueuses du match : Emma Nordin pour la Suède, Léa Parment pour la France.

Élues meilleures joueuses françaises du tournoi : Marion Allemoz, Estelle Duvin et Athéna Locatelli.

Suède – France 3-2 (0-0, 1-0, 2-2).
Jeudi 11 avril 2019 à 14h00 à la Metro Areena d’Espoo (2e glace). 142 spectateurs.
Arbitrage de Miyuki Nakayama (JPN) et Yana Zueva (RUS) assistées de Nicole Hertrich (ALL) et Michaela Stefkova (TCH).
Pénalités : Suède 8′ (0′, 6′, 2′), France 8′ (4′, 2′, 2′).
Tirs : Suède 34 (13, 9, 12), France 26 (5, 10, 11).

Évolution du score :
1-0 à 36’41 » : Lundin assistée de Holmgren et H. Olsson
2-0 à 48’02 » : Nordin assistée de Winberg et Nylén Persson (sup. num.)
2-1 à 53’26 » : Rozier assistée de Locatelli
3-1 à 54’31 » : Palm assistée de Nordin et Winberg
3-2 à 56’54 » : Aurard assistée de Duvin (sup. num.)

Suède (2′ pour surnombre)

Attaquantes :
Pernilla Winberg (+1) – Emma Nordin (C, +1) – Isabell Palm (+1)
Hanna Olsson (+1) – Melinda Olsson (+1) – Olivia Carlsson (2′)
Lisa Johansson (-1, 2′) – Erika Grahm (A) – Fanny Rask (-1)
Sara Hjalmarsson – Sabina Kuller (-1) – Sofie Lundin (-1)
Lina Ljungblom

Défenseures :
Jessica Adolfsson – Maja Nylén Persson
Mina Waxin – Johanna Olofsson (+1)
Sofia Engström (+2) – Josefine Holmgren (A, 2′)
Johanna Fallman (-1)

Gardienne :
Sara Grahn

Remplaçante : Lovisa Selander (G). En réserve : Julia Åberg (G).

France

Attaquantes :
Lore Baudrit (A, -1) – Marion Allemoz (C, -1, 2′) – Lara Escudero (-2, 2′)
Chloé Aurard – Estelle Duvin – Emmanuelle Passard
Léa Parment – Betty Jouanny (2′) – Clara Rozier
Margot Desvignes – Morgane Rihet (A) – Amandine Cuasnet
Jade Vix (+1)

Défenseures :
Athéna Locatelli (2′) – Gwendoline Gendarme (-2)
Léa Villiot (-1) – Raphaëlle Grenier (+1)
Alexandra Harrison – Louanne Mermier
Eloïse Juré

Gardienne :
Caroline Baldin [sortie à 59’50 »].

Remplaçante : Caroline Lambert (G). En réserve : Margaux Mameri (G).

Outre ce match classement, les quarts de finale étaient au programme ce jeudi à Espoo, avec notamment deux succès nets et sans bavure des deux superpuissances du hockey féminin.

Après avoir marqué 18 buts à leurs deux derniers matchs, les États-Unis ont obtenu un succès moins explosif face au Japon. Nana Fujimoto a réalisé un match extraordinaire devant les filets nippons puisque la gardienne de 30 ans a repoussé 49 des 53 lancers américains. Hilary Knight, Dani Cameranesi, Cayla Barnes et Kendall Coyne Schofield ont inscrit les buts des USA : 4-0. Maddie Rooney a réalisé son deuxième blanchissage à son deuxième match dans ce tournoi, mais il est fort probable qu’Alex Rigsby, désignée titulaire par le coach Bob Corkum, garde la cage américaine en demi-finale.

Autre brillante gardienne qui se sera illustrée dans ce tournoi, Jennifer Harss a elle aussi connu une pluie de météorites. Le rempart de l’Allemagne a arrêté 61 des 66 tirs du Canada (!), qui s’est imposé 5-0. Blayre Turnbull (deux fois), Brianne Jenner, Laura Stacey et Natalie Spooner sont parvenues à toucher la cible. Emerance Maschmeyer a signé le blanchissage mais, là-encore, on devrait retrouver la titulaire en demie, Shannon Szabados.

Quart de finale plus serré sur le papier, la Russie et la Suisse, qui se sont déjà rencontrées en phase de groupe, ont connu un match serré.

Tout s’est décanté en deuxième moitié de rencontre. Anna Shokhina a débloqué les compteurs à la 33e minute, suivie treize minutes plus tard par sa collègue Yelena Dergachyova. Alevtina Shtaryova marquera elle en cage vide, les Russes avançant en demi-finale après ce succès 3-0.

Première du groupe B, un grand défi attendait la Tchéquie : faire vaciller le pays-hôte, la Finlande. Natálie Mlýnková était bien partie pour gâcher la fête, en battant Noora Räty en début de seconde période.

Une avance de courte durée puisque Michelle Karvinen égalisera en jeu de puissance à la 28e minute. L’artiste de Luleå n’en aura pas fini puisque Karvinen, après une entrée en zone fantastique, servira à merveille Susanna Tapani. D’un lancer surpuissant, Jenni Hiirikoski scellera la marque à dix minutes de la fin à 3-1 pour la Finlande.

Demi-finales (samedi) :

États-Unis – Russie
Canada – Finlande

Meilleures marqueuses :

1. Kendall Coyne Schofield (USA) 8 pts
2. Natalie Spooner (CAN) 8 pts
3. Brianne Jenner (CAN) 8 pts
4. Jenni Hiirikoski (FIN) 8 pts
5. Alex Carpenter (USA) 7 pts

Meilleures gardiennes :

1. Alex Rigsby (USA) 96,6%
2. Nadezhda Morozova (RUS) 93,6%
3. Jennifer Harss (ALL) 93,5%

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