Rikard Rakell et John Klingberg ne viendront pas parce que leurs contrats arrivent à échéance, tandis que Viktor Arvidsson doit être opéré. La seule « star NHL » annoncée par la Suède au matin du match est donc… Carl Grundström, qui a fini la saison sur la deuxième ligne des Kings de Los Angeles (3 matches en 6 matches de play-offs). Il est surtout connu un attaquant physique pour les infériorités numériques, un travailleur de plus et pas vraiment un joueur qui puisse faire vraiment la différence.
Curieusement, Grundström est en fin de contrat NHL mais « ce type de joueur avec la somme d’argent auquel il peut prétendre, nous pouvons l’assurer. » Une déclaration intéressante de Garpenlöv : cela suggère-t-il que la fédération suédoise ne débourse pas l’assurance pour les joueurs « trop chers », donc les stars ? Quand on sait que 16 joueurs sont absents avec pour motif « sans contrat » sur le site de la fédération suédoise, on comprend mieux cette liste interminable d’absents, que la Suède est la seule à communiquer et à rendre publique.
Johan Garpenlöv joue très souvent avec seulement six défenseurs, mais la petite alerte contre les Tchèques (la Suède avait joué une quinzaine de minutes à 5 arrières car Ekman-Larsson avait pris un palet dans le cheville) l’a peut-être convaincu à enregistrer enfin Jonathan Pudas. Le défenseur de l’année en SHL joue donc ce soir… à l’avant. C’est pour avoir au moins 11 attaquants car l’effectif a momentanément encore perdu un homme (Wallmark), en attendant le renfort de Grundström, prévu demain.
Pour la Suède, avec son effectif réduit, le mieux est de se mettre à l’abri très vite. Voire très très vite. L’engagement est gagné par les Britanniques, mais l’ailier Rasmus Asplund – qui se disait en grande forme après son doublé contre les Tchèques – propulse le palet au fond de la patinoire et va gagner le palet dans le coin pour le ressortir vers la ligne bleue. Rasmus Dahlin envoie à la cage pour une déviation de Joel Kellman et c’est Asplund qui conclut au rebond, entre les jambes de Ben Bowns (1-0). C’est le but le plus rapide du tournoi, en 13 secondes. On sent que ça ne va pas porter bonheur à la Grande-Bretagne…
Les buts défilent. Adam Larsson tire du poignet à la cage et Joakim Nordström, dont la crosse n’est pas tenue au milieu de trois Britanniques, double la mise (2-0, image ci-dessus). Mathias Bromé déborde Joshua Batch en zone neutre en utilisant une passe dans la bande, fonce sur l’aile droite et passe en retrait vers Anton Bengtsson qui tire au-dessus de la mitaine de Bowns (3-0). La chance n’est pas du côté britannique : le tir du poignet de Rasmus Dahlin est touché par la crosse de Dowd et rabattu entre les jambes du gardien (4-0). Le but n’est pas le plus important mais c’est le premier pour Dahlin avec la Tre Kronor : on conserve le palet pour lui.
Déjà que la Suède se balade à 5 contre 5, on imagine ce qu’il en est après la première pénalité sifflée contre Ben Lake pour un accrochage. Au rebond d’one-timer dans le cercle droit de Dahlin, David Philips est du mauvais côté de Rasmus Asplund, tout seul devant la cage complètement vide pour un second doublé consécutif (5-0, image ci-dessous). Un but à cinq secondes du retour aux vestiaires, pour bien miner le moral britannique.
Ce premier tiers-temps est une véritable régression pour la Grande-Bretagne. Qu’elle n’ait pas le talent suédois est une évidence, mais elle a concédé trop de buts dans le slot, sur des jeux simples qu’elle doit mieux maîtriser. Ce type de buts, elle doit savoir aussi les marquer. Bengtsson lui en donnera l’occasion en prenant deux pénalités de suite pour faire trébucher. Mark Richardson envoie alors un palet à la cage, dévié par Joshua Waller, et Matthew Myers est au rebond : son revers est dévié par le gardien puis par la barre transversale… Frustrant manque de réussite.
Le seul homme chanceux dans le camp britannique est Jackson Whistle. Comme Ben Bowns a eu sa dose après la première période, le gardien remplaçant entre en jeu au moment où la Suède a ostensiblement arrêté de jouer. La Tre Kronor a décidé de jouer 20 minutes à fond, puis de descendre le tempo de deux-trois crans pour préserver les forces de son effectif réduit à 24 heures d’un match important contre la Finlande.
Les Suédois laissent donc venir les Britanniques et se contentent de contre-attaquer de temps en temps. À sept minutes de la fin, Anton Bengtsson arrive pour la seconde fois du match en troisième homme, comme lors de son but au premier tiers, et nettoie ce coup-ci l’autre lucarne (6-0).
« Il faut jouer 60 minutes » est un mantra répété jusqu’à plus soif dans le hockey, mais la Suède y a dérogé ce soir. Elle a joué 20 minutes, point. Ensuite, les journalistes, supporters et téléspectateurs suédois étaient plus intéressés par la confirmation des rumeurs de renforts. La réponse arrivera en conférence de presse.
Désignés joueurs du match : Rasmus Dahlin pour la Suède et Jackson Whistle pour la Grande-Bretagne.
Commentaires d’après-match :
Johan Garpenlöv (entraîneur de la Suède) : « Nous avons marqué sur notre première présence et ensuite ça roule. En menant 5-0, nous pouvons finir le match d’une bonne faon. C’est bien plus sûr de jouer les deux dernières périodes après ce départ. Nous avons un joueur qui arrive, [Jacob] Peterson, un centre. Nous avons besoin de centres, nous sommes courts surtout en l’absence de [Lucas] Wallmark. C’est un centre intelligent qui peut changer un match. Il a un rôle un peu obscur à Dallas mais il entre dans notre façon de jouer. C’était vraiment le seul centre que nous pouvions amener. Linus Ullmark est un bon gardien. Marcus Pettersson est un bon défenseur. Ce sont deux joueurs qui pourraient renforcer notre équipe. Il y a encore des choses qui doivent venir avant qu’ils n’arrivent : leur entretien de sortie, l’assurance et les tests de coronavirus maintiennent une insécurité, mais si tout se passe bien, ils seront là. [William Nylander ?] Je suis en contact avec lui et voilà tout ce que je peux dire pour le moment. Cela dépend de combien de joueurs nous pourrons avoir demain, mais nous voudrions avoir Pudas en défense et non en attaque. »
Suède – Grande-Bretagne 6-0 (5-0, 0-0, 1-0)
Mardi 17 mai 2022 à 20h20 à la Nokia Arena de Tampere. 3012 spectateurs.
Arbitres : Fraser Lawrence (CAN) et Marian Rohatsch (ALL) assistés de Jonas Merten (ALL) et Šimon Synek (SVK).
Pénalités : Suède 4′ (0′, 4′, 0′), Grande-Bretagne 10′ (2′, 2′, 6′).
Tirs : Suède 38 (19, 8, 11), Grande-Bretagne 16 (4, 8, 4).
Évolution du score :
1-0 à 00’13 : Asplund assisté de Kellman et Dahlin
2-0 à 07’43 : Nordström assisté de Larsson et Bemström
3-0 à 10’24 : Bengtsson assisté de Bromé
4-0 à 13’09 : Dahlin assisté de Pudas et Bengtsson
5-0 à 19’55 : Asplund assisté de Kellman et Dahlin (sup. num.)
6-0 à 53’09 : Bengtsson assisté de Kang et Tömmernes
Suède
Attaquants :
Joakim Nordström (A, +1) – Nils Åman (+1) – Emil Bemström (+1)
Rasmus Asplund (+1, 2′) – Joel Kellman (+1, 2′) – Max Friberg (+2)
Mathias Bromé (+1) – Anton Bengtsson (+3, 4′) – Carl Klingberg (+1)
Oskar Lang (+2), Jonathan Pudas (+1)
Défenseurs :
Rasmus Dahlin (+4) – Adam Larsson (A, +4)
Oliver Ekman-Larsson (C) – Erik Gustafsson
Henrik Tömmernes (+1) – Anton Lindholm (+1)
Gardien :
Magnus Hellberg
Remplaçant : Marcus Högberg (G). En réserve : Lucas Wallmark (A).
Grande-Bretagne (2′ pour surnombre)
Attaquants :
Brett Perlini (-2) – Scott Conway (-2) – Evan Mosey (-2)
Ben Lake (-2, 4′) – Cade Neilson (-2) – Robert Dowd (A, -2)
Joshua Waller – Ben Davies (-1) – Jonathan Phillips (C, -1)
Robert Lachowicz (-1) – Matthew Myers – Sam Duggan
Lewis Hook
Défenseurs :
Joshua Tetlow (-1) – Mark Richardson (A, -2)
Ben O’Connor (-3) – David Phillips (2′)
Dallas Erhardt – David Clements (-3)
Joshua Batch (-1)
Gardien :
Ben Bowns puis Jackson Whistle à 20’00
En réserve : Jordan Hedley (G), Sam Jones (D), Luke Ferrara (A).