Après avoir éliminé successivement Marseille en huitièmes (5-1) puis Rouen (6-3) en quarts-de-finale, les Brûleurs de Loups se frottent à une troisième équipe consécutive de Ligue Magnus pour les demi-finales de la coupe de France. Un tirage pas forcément facile car l’autre demi-finale oppose deux équipes de Division 1, Chambéry et Dunkerque qui ont créé la surprise en éliminant chacune deux équipes de Ligue Magnus (Gap et Bordeaux pour Chambéry, Cergy et Angers pour Dunkerque). Amiens de son côté avait été impressionnant en quart de finale contre Nice (9-2).
Les Gothiques sont déjà venus à Pôle Sud en Ligue Magnus cette saison et se sont inclinés (1-5) pour le seul affrontement entre les deux équipes. L’état de forme sera prépondérant après une longue pause internationale qui a coupé le rythme de la Ligue Magnus avant la reprise du championnat vendredi. Grenoble peut compter sur le retour en défense de Charles Schmitt, blessé depuis la rencontre contre Gap début octobre, et celui d’Adel Koudri qui avait manqué début décembre. En revanche Brent Aubin reste suspendu après son expulsion contre Rouen alors que Jonathan Racine et Lucien Onno sont toujours à l’infirmerie. Du côté d’Amiens, on note l’absence de Matias Lehtonen.

Les visiteurs sont dominateurs face à des Grenoblois assez passifs et étrangement défensifs. Zachary Lavigne hérite du palet dans l’axe et prend un lancer en bonne position mais Stepanek bloque le palet. Un palet dégagé dans les tribunes par Stepanek après un arrêt vaut un retard de jeu au gardien grenoblois. Première supériorité numérique pour Amiens qui a l’occasion de concrétiser son bon début de match. Bouchard prend un lancer en angle fermé mais Stepanek ferme la porte. Les Gothiques passent plus d’une minute en zone offensive mais n’arrivent pas à trouver l’ouverture. Flavian Dair gratte trois palets sur le même shift et prend un lancer pour tuer le reste de la pénalité.

Les locaux ont maintenant la maîtrise du palet et gèrent tranquillement le jeu lors des minutes suivantes. Maxim Lamarche trouve le poteau sur un lancer suite à un gros travail de Sacha Treille en zone offensive. Grenoble est passé tout près du troisième but. Les Gothiques poussent en toute fin de tiers avec plusieurs lancers de Bergeron mais la défense grenobloise parvient à se dégager et à maintenir cet écart confortable de deux buts au terme d’un tiers à deux visages dans lequel les locaux se sont montrés plus réalistes.

Les Gothiques essaient tout de suite de reprendre l’initiative sur un lancer de Rayan Belharfi qui passe de peu à côté. Stepanek sort une belle mitaine sur un tir de Bergeron au milieu du trafic. Mais encore une fois les Amiénois sont tout près de se faire surprendre au cœur d’une période de domination : une reprise à bout portant de Lavoie est repoussée par Fouquerel qui évite le pire à son équipe.

Simonsen prend un cinglage de Lamarche alors qu’il se présentait face à la cage. Amiens a l’occasion de se relancer avant la fin du tiers. Après une bonne défense grenobloise, Boucher récupère le palet face à la cage mais Stepanek s’interpose avec autorité. La pénalité est tuée mais dans la foulée Kyle Hardy fait trébucher Leborgne et Grenoble se retrouve de nouveau en infériorité numérique. Un pressing un peu trop agressif de Treille fait trébucher Bergeron et permet à Amiens de jouer à 5 contre 3. Malgré une bonne occasion de Simonsen puis un lancer de Bouchard plein axe dans les ultimes secondes, Jakub Stepanek et sa défense tiennent bon jusqu’à la fin du tiers malgré l’énorme pression mise par les Gothiques en double supériorité numérique.

Mais à cinq contre cinq, les Brûleurs de Loups se montrent plus agressifs sous le pressing notamment de la quatrième ligne qui pousse : Flavian Dair gagne encore un palet en zone offensive, prend un lancer sur la cage capté difficilement par Fouquerel qui laisse le palet libre et permet à Munoz de conclure au milieu d’une mêlée de joueurs (4-1, 45’12).

La tension monte d’un cran et après un arrêt de Fouquerel, un gros brassage a lieu entre les deux équipes. Aurélien et Flavian Dair d’un côté, Bergeron et Bault de l’autre se retrouvent sur le banc des pénalités. Les esprits vont se calmer suite à cette montée d’adrénaline, l’issue du match ne faisant guère de doute. Les deux équipes peuvent donc attendre tranquillement la fin du match, actant la qualification pour la finale des Brûleurs de Loups.

Le score est sévère pour Amiens qui a réussi à dominer les Brûleurs de Loups au nombre de tirs cadrés lors des deux premiers tiers-temps mais avec un flagrant manque de réussite. Simonsen a pesé offensivement, créant les brèches les plus dangereuses, mais sa ligne n’a marqué qu’une seule fois malgré de nombreuses occasions. L’attaque amiénoise a buté sur un excellent Stepanek et n’a pas réussi à trouver la solution en supériorité numérique… Ce manque de réussite a fini par décourager les Gothiques qui ont lâché prise au troisième tiers-temps. Pas de finale, donc, pour Amiens qui ne rééditera pas sa performance de 2019 et 2020 et qui s’incline sur le même score que lors de sa venue à Pôle Sud en Ligue Magnus.
Désignés meilleurs joueurs du match : Roman Lyubimov (Grenoble) et Julien Tessier (Amiens)
Commentaires d’après-match :
Mario Richer (entraîneur d’Amiens) : « Quand on a eu notre 5 contre 3, on n’a pas su capitaliser. On aurait peut-être pu demeurer encore plus près dans le match, c’est un gros tournant à ce niveau-là. Et par la suite, on connaît la force de Grenoble, c’est une machine. On est un participant dans la ligue, on n’est pas une des quatre grosses équipes… Donc il nous fallait un miracle ce soir, on ne l’a pas fait. Stepanek a fait un gros match, c’est rare de venir à Grenoble et d’avoir plus de lancers que Grenoble. Je pense que c’est la première fois que ça m’arrive… Je pense donc qu’on n’a pas si mal joué que ça, on n’a pas été efficace. La meilleure des deux équipes a gagné, c’est aussi simple que ça. C’est difficile de se rendre en finale, il faut avoir cinq victoires de suite, il faut battre des bonnes équipes et ce soir Grenoble était meilleur que nous. »
Romain Bault (défenseur d’Amiens) : « Le cinq contre trois aurait pu être le tournant du match, après, on n’a pas eu forcément les occasions non plus. Mais j’ai confiance dans les mecs qui jouent le power-play et il faut continuer à travailler fort à l’entraînement pour performer en match. Malheureusement ce soir ça n’a pas porté ses fruits. On ne peut pas briller à tous les matchs, ce soir ça n’a pas voulu. On ne peut pas inventer non plus des buts. Mais il faut que ça nous serve de leçon et continuer à travailler fort. Pour jouer une demi-finale, c’est comme une finale, ça se joue pas, ça se gagne… Ce soir il y a des petites erreurs qui nous ont coûté cher. On savait très bien comme ça allait se passer. Il faut que ça nous serve de leçon, il faut rester positif, ne pas baisser la tête. Oui, on loupe une finale mais on n’a pas encore fini la saison. Personnellement j’aurais bien voulu vivre une troisième finale parce qu’on vieillit et ça passe vite… Ce sont les bons moments à prendre. Il faut que ça vienne, qu’on prenne de l’expérience parce qu’on a quand même un groupe jeune et il faut se servir de ces petites erreurs-là pour performer par la suite. »
Jean-François Dufour (co-entraîneur de Grenoble) : « C’était un match qu’il ne fallait pas prendre à la légère, on l’a vu, ils nous ont donné une belle opposition tout le long du match, on savait que c’était à notre portée, qu’une victoire nous amène à Bercy… C’est un soulagement et une belle victoire d’équipe. On est très content. Il y a eu des bonnes phases, ils nous ont mis en danger avec leurs contre-attaques. Et on l’a vu dès le départ, on leur a donné deux belles occasions pour commencer. Après, le fait de marquer nos deux buts nous a libéré un petit peu… mais ce que j’aime dans cette équipe depuis un certain temps, c’est le troisième tiers, on réussit à rester posés, calmes, on joue de la bonne façon et on tue le match, donc c’est encourageant. On est à trois contre cinq pendant presque 1’30 et on réussit à sortir sans donner de but donc les gars ont fait le jeu, le sacrifice nécessaire et puis Jakub a fait de gros arrêts. On ne pensera pas à la finale tout de suite, les fêtes arrivent puis il faut gérer les matchs, les entraînements, la fatigue, ça va être important d’impliquer le maximum de nos joueurs dans le projet. Et regarder vers l’avant… On va aller là-bas, on va être favoris, il faut juste être humble, jouer de la bonne façon. On ne peut pas arriver là-bas en se disant qu’on est assuré de gagner la coupe, il faut la jouer, c’est ça la beauté de la coupe de France. On va se préparer comme si c’était un match de Magnus, il va falloir faire le boulot. On n’y a été l’année dernière, il y a eu des changements dans le groupe mais la plupart a vécu l’ambiance, l’atmosphère, ce n’est pas un match de championnat, c’est différent. Le fait de l’avoir vécu l’année dernière, ça nous donne peut-être un petit avantage de ce côté. »
Sacha Treille (capitaine de Grenoble) : « C’était notre deuxième objectif de ce début de saison. On sait tous qu’on a connu l’échec de la Continental Cup donc ça nous tenait vraiment à cœur de retourner à Bercy et c’est chose faite. Donc maintenant on attend plus que notre futur adversaire joue pour connaître l’affiche de la belle finale à Bercy. Au début on met un peu de temps pour rentrer dans le match, on marque deux buts assez rapidement donc tant mieux. On sait que c’est compliqué pour les équipes adverses quand elles sont menées 2-0 à Grenoble donc à partir de là on a su bien gérer. La double infériorité numérique était très très importante parce que ça pouvait leur donner une chance de revenir donc c’était super bien joué de la part des unités spéciales. […] Ce serait cool que ce soit Chambé, c’est toute la formation grenobloise qui joue à Chambéry, après ça reste une finale, pour l’instant on ne se préoccupe pas de l’adversaire,ce qu’on veut c’est la gagner. Mais il y a ce petit plus pour Chambéry. Jouer une D1, c’est assez spécial, c’est là qu’il ne faut pas tomber dans le piège de la facilité parce que les deux équipes ont fait un parcours remarquable et ont la place de continuer sur cette lancée. Il va falloir les respecter et jouer soixante minutes en limitant nos erreurs pour espérer avoir la chance de relever cette belle coupe. La finale à Bercy, c’est la fête du hockey français, déjà rien que pour ça c’est super. C’est une patinoire immense, il y a toujours beaucoup de monde, c’est un bel événement pour le hockey français et être acteur de cette finale une deuxième fois de suite, on ne pouvait pas rêver mieux… On se rend pas compte comme ça mais les parcours sont assez difficiles. Sur un match éliminatoire, n’importe qui peut gagner donc on est bien satisfait de ce qu’on a réussi jusqu’à maintenant. »
Nicolas Deschamps (attaquant de Grenoble) : « C’était l’accomplissement, le défi de se rendre en finale. Je suis fier de mes coéquipiers, on a fait un bon match. Il y avait un peu de nervosité au début, un peu de pression de gagner ici à la maison pour faire le back to back mais on a bien maîtrisé, on a marqué les buts au bon moment. c’est assez rare qu’on soit mené dans les tirs, le tournant c’est le but de notre quatrième ligne qui fait beaucoup de bien. On a été opportunistes, il y a des matchs où ça tourne en notre faveur et ce soir c’était un peu comme ça. Les unités spéciales, c’est toujours important, tenir à trois contre cinq, ça nous a donné de l’énergie pour le reste du match. Chapeau à tout le monde qui a participé, on va se concentrer maintenant sur la finale. Demain on va regarder le match, peu importe l’adversaire, ça va être un beau match donc c’est excitant. Bercy, il y a 13 000 personnes, c’est une patinoire emblématique en France. Et avec le show, tout ce qui se passe avant, ça te met dedans direct. On a eu un début de saison qui a été compliqué après il y a eu la ContiCup où on n’a pas eu les résultats souhaités donc j’espère que ça va nous propulser pour le reste de la saison et on va attaquer cette partie du bon pied. Chambéry, c’est le club formateur, on est affiliés à eux, ce serait cool… On leur souhaite demain un bon résultat mais une finale c’est un match, on n’a pas d’amis pendant le match, il faut arriver prêt, sérieux et il faut rester humble. »
(Photos de Philippe Crouzet)
Grenoble – Amiens 5-1 (2-0, 1-1, 2-0)
Mardi 19 décembre 2023 à 20h15 à Pôle Sud. 4208 spectateurs.
Arbitres : Pierre Dehaen et Jérémy Rauline assistés de Cyril Debuche et Nicolas Constantineau
Pénalités : Grenoble 12’ (2’, 6’, 4’), Amiens 8’ (0’, 2’, 6’)
Tirs : Grenoble 32 (11, 8, 13), Amiens 30 (14, 12, 4)
Engagements : Grenoble 32 (5, 14, 13), Amiens 37 (21, 7, 9)
Évolution du score :
1-0 à 07’14 : Lyubimov assisté de Deschamps et Fleury
2-0 à 09’19 : Deschamps assisté de Schmitt
2-1 à 21’05 : Leborgne assisté de Simonsen et Bergeron
3-1 à 23’06 : Hardy assisté de Deschamps
4-1 à 45’12 : Munoz assisté de Koudri et F. Dair
5-1 à 47’48 : Fleury assisté de Munoz et Koudri
Grenoble
Attaquants :
Roman Lyubimov – Nicolas Deschamps (A) – Damien Fleury (A)
Sacha Treille (C) (2’) – Matias Bachelet – Alexandre Lavoie
Loïc Farnier – Aurélien Dair (2’) – Flavian Dair (2’)
Julien Munoz – Adel Koudri
Défenseurs :
Kyle Hardy (2’) – Maxim Lamarche (2’)
Timothée Quattrone – Jere Rouhiainen
Pierre Crinon – Charles Schmitt
Gardien :
Jakub Stepanek
Remplaçant : Raphaël Garnier (G). Absents : Brent Aubin (suspendu), Jonathan Racine, Lucien Onno (scaphoïde).
Amiens
Attaquants :
Danick Bouchard (C) – Antonin Plagnat– Thomas Suire
Zachary Lavigne (A) – Kaylian Leborgne (2’) – Tomas Simonsen
Mathieu Boucher (2’) – Julien Tessier – Bastien Maïa
Mathieu Mony – Rayan Belharfi – Ilies Djemel
Défenseurs :
Justin Bergeron (2’) – Jaakko Niskala
Dan Gibb (A) – Jared Freadrich
Nicolas Leclerc – Romain Bault (2’)
Gardien :
Clément Fouquerel
Remplaçant : Antoine Gilbert (G). Absents : Joey West (myocardite), Matias Lehtonen.











































