Après un été mouvementé, parfois inquiétant avec une attaque fade et en difficulté durant les matches de préparation, Amiens a profité des deux premières rencontres officielles de la saison pour, déjà, souffler le chaud et le froid. Après une ouverture relativement difficile du côté de l’Aren’Ice (2-5), les protégés de Kevin Bergin ont parfaitement répondu à Briançon (5-0), s’offrant déjà un blanchissage malgré les absences. En confiance dans les deux sens de la patinoire, et profitant des retours de Djemel, Izacky et Mony – tous trois suspendus dans les Hautes-Alpes – les Gothiques veulent s’offrir un gros coup pour leur première devant leur public du Coliseum.
Face à eux, ce n’est tout simplement que le champion de France en titre – et bourreau des Samariens en demi-finale – qui se présente : Grenoble. Si la dynamique sportive est plutôt vertueuse pour les Brûleurs de Loups, entre un très bon parcours en CHL et une récente très large victoire contre Chamonix (7-0), les nouvelles de l’effectif ne sont pas aussi bonnes. Après Pintarič, Koudri, Mallet et Deschamps, François Beauchemin a pris à son tour le chemin de l’infirmerie iséroise. Pour tenter de compenser, Per Hånberg peut compter sur la première de Martin Karlsson, mais la seconde recrue tardive Mark Simpson n’est toujours pas présente, lui qui n’est arrivé à Grenoble qu’en ce mardi et pourrait faire ses débuts vendredi soir.
Début de match emballant
Dans un contexte assez difficile à dompter pour Grenoblois, les Picards tentaient de mettre du rythme d’entrée de jeu pour prendre les rênes. Izacky réalisait un gros travail derrière le but, parvenait à trouver Svanenbergs dans le slot, ce dernier prenait un bon tir du revers mais Stepanek réalisait un superbe arrêt (1’30). Bousculé, Grenoble faisait néanmoins trembler son hôte quand, depuis la droite et dans un angle fermé, Leclerc trouvait le poteau de Fouquerel (2’45). Pas échaudés par cet avertissement sans frais, les Amiénois repartaient de plus belle vers l’avant. Après une belle charge en zone neutre, Matima récupérait et lançait Craig sur orbite pour un duel avec Stepanek. Surpris par un plongeon malin du gardien tchèque, l’attaquant perdait la rondelle sans tirer, parvenait à récupérer et tentait un tir en pivot qui ne trouvait que l’extérieur du petit filet (4’30).

À ce contre, Grenoble répondait par… une échappée également. Trouvé entre deux défenseurs, Sacha De Smitt se présentait face à Fouquerel mais perdait à son tour le duel (5’). Sans complexes, les deux formations se répondaient coup pour coup dans les occasions et physiquement, donnant à cette quatrième journée une très belle allure, ouverte et rythmée. C’est dans ce style de jeu qu’une incursion en zone offensive permettait aux visiteurs du soir de trouver Binner qui envoyait un lancer inarrêtable pour Fouquerel. Pensant à un hors-jeu sur l’entrée en zone, Kevin Bergin utilisait son challenge mais les officiels du soir validaient l’ouverture du score, envoyant par la même occasion les Gothiques en infériorité (0-1, 10’38).

Un double coup de massue qui coupait légèrement les jambes amiénoises et donnait des ailes à des Brûleurs de Loups qui trouvaient petit à petit leur rythme. S’ils n’étaient pas pour autant souverains, les joueurs de Per Hånberg n’étaient que rarement mis en danger par la suite et pouvaient accentuer la pression petit à petit. Quelques instants après une belle tentative de Bachelet stoppée par Fouquerel, Weigel s’infiltrait en attaque, transmettait à Prissaint à la bleue qui trouvait immédiatement Treille sur sa gauche dont le tir laissait impuissant le dernier rempart samarien (0-2, 18’57). Loin d’être rassasiés par une fin de premier tiers réussie, les Isérois s’attelaient à faire le trou lors du deuxième vingt. Sur un palet facilement récupéré en zone défensive, Binner envoyait une sublime passe qui permettait à Boivin de trouver immédiatement Treille complètement seul au deuxième poteau et dont la reprise – synonyme de doublé – ne laissait aucune chance à Fouquerel (0-3, 21’20).
Grenoble fait le trou
Lourdement en retard au score, les Gothiques se remettaient quelque peu à espérer moins de vingt secondes après le but quand ils bénéficiaient de leur première supériorité. Birkheim Andersen au cachot, les locaux s’installaient et envoyaient un cinq contre quatre rythmé et précis qui aboutissait à une occasion en or pour Matima qui héritait du palet près d’un but quasi déserté… mais butait sur une intervention décisive de Fertin qui bloquait intelligemment la crosse du Français pour l’empêcher de réduire l’écart (22’30). La frustration était encore plus grande dans les secondes suivantes quand Bergeron, magnifiquement trouvé au second poteau par Maïa, se heurtait à un Stepanek des grands soirs (23’). Le rythme retombé après ces opportunités manquées et quelques pénalités qui suivaient, Amiens ne semblait plus vraiment en mesure de faire mal à nouveau.

Pire encore pour les Picards, sur deux mauvaises sorties de zone consécutives, Nathan Riu réalisait un gros travail pour récupérer et – depuis le point de mise au jeu sur la gauche de Fouquerel – envoyait un incroyable tir en pivot dans la lucarne (0-4, 32’55). Le point de non-retour pour le gardien français puisqu’il était renvoyé au banc par son entraîneur et remplacé par Taran Kozun. Sans être à son meilleur niveau, de manière assez logique au regard des absences, Grenoble faisait le trou grâce à une efficacité hors pair dans les moments-clés et se facilitait ainsi très nettement la tâche, au point de mettre les joueurs importants de son hôte en grande difficulté. Après une pénalité adressée à Karlsson, le capitaine amiénois Magovac s’emmêlait les pinceaux à la ligne bleue offensive, perdait le palet bêtement et permettait à Grossetête de partir en échappée. Fort heureusement pour le Slovène, Kozun lui sauvait la mise en réalisant un bel arrêt face à l’ailier français (37’).

L’ancien Grenoblois, sur une supériorité d’entrée de troisième période, se rattrapait presque de son erreur en envoyant un lourd lancer frappé mais Stepanek intervenait de l’épaule pour maintenir son blanchissage (41’30). Malheureusement pour lui, le deuxième blanchissage de rang était raté lorsqu’il repoussait dans l’axe un tir de Djemel puisque Bussat récupérait à bout portant et redonnait de l’espoir au Coliseum (1-4, 42’43). En difficulté sur un lancer au ras de la glace de Roussel (45’), Stepanek tenait toutefois bon et l’orage était passé sans trop de dommages sur la maison iséroise. Les champions en titre en profitaient pour repartir à l’avant et rétablissaient leur avantage de quatre buts sur un magnifique jeu à deux entre Leclerc et Bachelet conclu par le premier nommé (1-5, 49’57). Birkheim Andersen mettait Kozun à contribution sur un tir qui prenait la direction de la lucarne (50’30), sans réussite.
Amiens ne recolle pas
Lançant leurs dernières forces dans la bataille, les hommes du duo Bergin-West voyaient leur troisième ligne manquer une occasion en or quand Craig – trouvé par Matima dans le slot – ratait inexplicablement le cadre de près (52’30). En infériorité après une punition contre Richards, les Gothiques s’offraient pourtant une nouvelle dès la mise au jeu. Maïa partait en échappée et se présentait devant Stepanek… mais tirait directement sur le plastron du gardien tchèque (52’45). L’espoir d’une folle remontée semblait alors bien escamotée, avant que la cabane ne tombe sur le chien quand Binner, en supériorité, envoyait un one timer dans la lucarne de Kozun à moins de cinq minutes du terme (1-6, 56’16). Izacky répondait, à son tour en supériorité, en récupérant un rebond consécutif à un lancer de Bergeron (2-6, 59’21), mais le mal était déjà fait et les Gothiques voyaient leur première à domicile gâchée par un adversaire bien trop fort.
S’ils n’ont pas démérité pendant le premier acte, et auraient sûrement mérité mieux qu’un 0-2 après vingt minutes, les Amiénois n’ont pas su tenir la cadence et ont logiquement craqué face à un adversaire sûr de sa force même malgré les absences. Pour les Grenoblois, la séquence sportive continue de plus belle avec désormais deux larges succès de rang qui appellent à confirmation contre Anglet, vendredi soir. Le tout en espérant récupérer des forces vives à dix jours de la réception de Lausanne qui sera capitale pour l’avenir européen de la troupe de Per Hånberg.
Élus meilleurs joueurs du match : Kristjan Čepon (Amiens) et Fredric Weigel (Grenoble)

Amiens – Grenoble 2-6 (0-2, 0-2, 2-2)
Mardi 23 septembre 2025 à 20h15 au Coliséum. 2959 spectateurs.
Arbitres : MM. Cyril Debuche et Maxime Laboulais assistés de Thomas Simon et Pierre Mercier-Landry
Pénalités : Amiens 8’ (2’, 2′, 4’) ; Grenoble 10′ (0′, 6’, 4’).
Tirs : Amiens 23 (6, 7, 10) ; Grenoble 38 (13, 15, 10).
Évolution du score :
0-1 à 10’38’’ : Binner assisté de Boivin et Weigel
0-2 à 18’57’’ : Treille assisté de Prissaint et Weigel
0-3 à 21’20’’ : Treille assisté de Boivin et Binner
0-4 à 32’55’’ : Riu
1-4 à 42’43’’ : Bussat assisté de Djemel
1-5 à 49’57’’ : Leclerc assisté de Bachelet et Prissaint
1-6 à 56’16’’ : Englund assisté de Rautanen et Leclerc (sup. num.)
2-6 à 59’21’’ : Izacky assisté de Craig et Bergeron (sup. num.)
Amiens (2’)
Attaquants :
Gauthier Gibert – Janis Svanenbergs – Jakub Izacky (-1)
Antonin Plagnat (-3) – William Lemay (-3) – Sean Richards (-3)
Rudy Matima (-1) – Kieran Craig (-2, 2’) – Bastien Maïa (A, -2)
Ilies Djemel (+1) – Virgile Gauffriau (+1) – Mattéo Bussat (+1)
Défenseurs :
Kristjan Čepon (-2) – Aleksandar Magovac (C, -3)
Justin Bergeron (A, -3) – Félix Larose
Mathieu Mony (+1) – Guillaume Roussel (-1)
Gardien :
Clément Fouquerel puis Taran Kozun à 32’55
Absents : Anatole de Mali, Thomas Boisson, Gaspard Vanwormhoudt (choix)
Grenoble
Attaquants :
Fredric Weigel (A, +3) – Christophe Boivin (+2) – Sacha Treille (C, +2)
Guillaume Leclerc (+1) – Matias Bachelet (+1) – Aurélien Dair (+1, 2’)
Martin Karlsson – Théo Gueurif – Valentin Grossetête
Nathan Riu (+1), Sacha de Smitt (+1, 2’)
Défenseurs :
Alexis Binner (+1, 2’) – Pontus Englund (+1)
Juho Rautanen (+1) – Petter Birkheim Andersen (+1, 2’)
Pierre Crinon (A, +2) – Axel Prissaint (+2)
Antoine Fertin (2’)
Gardien :
Jakub Stepanek
Remplaçant : Cibald Debiak (G). Absents : Alexandre Mallet (haut du corps), Adel Koudri (pied), Nicolas Deschamps (genou), François Beauchemin (blessure), Matija Pintarič (commotion), Mark Simpson (pas encore qualifié).











































