Obligé de céder le poste de sélectionneur de la Slovaquie en avril pour raisons de santé après une pneumonie persistante, Craig Ramsay fait son retour huit mois plus tard… comme conseiller et assistant de son successeur Vladimír Országh. Cet étonnant retour s’explique par la moindre disponibilité des adjoints habituels, pris par leur rôle d’entraîneurs de clubs. Le manager et président de fédération Miroslav Šatan a présenté ainsi le retour du Canadien de 74 ans : « Nous aimerions que Craig continue à travailler avec nous. Je suis très heureux que sa santé le permette et qu’il puisse venir aider l’entraîneur-chef Vlad Országh. Cette saison olympique sera certainement difficile. Craig sera prêt à accomplir toute mission que Vlad lui confiera. Si nécessaire, il sera sur le banc, si nécessaire, il sera en tribune et contribuera avec ses observations. Grâce à sa riche expérience, il sera certainement un grand soutien pour le staff. »
C’est dans trois mois que la Slovaquie défendra la médaille de bronze olympique qui a fait de Ramsay un héros national de son pays d’adoption. Malgré les blessures de Daňo, Čerešňák et Petrovický (puis Libor Hudáček et Matej Paulovič après publication de la liste), l’heure ne se prête guère aux expérimentations. Le seul nouveau venu est l’attaquant de 21 ans Alex Čiernik (Pelicans Lahti), fils de l’ancien buteur Ivan Čiernik. La convocation de certains joueurs engagés aussi dans les phases finales de CHL (comme Tomáš Tatar de Zoug) attendra toutefois décembre.
L’Autriche ne sera pas aux JO, éliminée en tournoi de qualification (par son adversaire du jour), mais elle a battu les Slovaques aux Mondiaux en mai. Chaque équipe aligne 12 joueurs présents lors de cette dernière confrontation : de quoi donner des envies de revanche…
La revanche est cinglante. Les blancs patinent mieux, ils prennent le dessus dans tous les duels et sont plus créatifs. Maxim Čajkovič ouvre le score dès la deuxième minute, arrivé seul face au but. L’unique débutant autrichien Paul Sintschnig – grand talent de 16 ans et 7 mois à peine ! – paie son apprentissage en prenant la première pénalité (faire trébucher), ce dont profite Peter Cehlárik pour marquer du cercle droit. Puis c’est Matúš Sukeľ qui profite d’une passe précise d’Okuliar pour inscrire le 0-3. On ne joue même pas depuis sept minutes.
Et ce n’est pas fini. Viliam Čacho s’avance entre les cercles et score du revers. Les quatre lignes slovaques ont déjà marqué ! En fin de tiers, Söllinger part en prison, David Kickert repousse de la jambière une tentative de Čederle mais Sukeľ exploite le rebond. Un 5-0 au premier tiers-temps, la Slovaquie n’avait plus réussi cela depuis 30 ans (lorsqu’elle jouait encore le Mondial B en repartant de zéro après son indépendance) !
Les Autrichiens ressortent des vestiaires avec plus de mobilité, mais aussi de concentration défensive. Les Slovaques se relâchent quelque peu. Le capitaine rouge Peter Schneider finit par sauver l’honneur en prenant position dans le slot pour rediriger un palet au fond. Au début de la troisième période, on passe même à une franche domination autrichienne. Vinzenz Rohrer rate une cage ouverte, mais une minute plus tard, Lucas Thaler finit par tromper Škorvánek du revers sur un rebond. Plus que 2-5, Huber a encore une grosse occasion du cercle droit. Néanmoins, le très jeune Sintschnig doit quitter le jeu de son premier match adulte après avoir heurté la bande avec son épaule gauche…
À trois minutes et demie de la fin, Cehlárik part en prison, mais Samuel Takáč s’échappe en infériorité numérique. C’est un tir de pénalité… que manque Marek Hrivík ! Peu importe, Sukeľ met quand même un but en infériorité, s’offrant ainsi hat-trick complet après un but à 5 contre 5 et un autre à égalité numérique. L’excellente complicité entre Sukel et Takáč illumine la victoire slovaque.
Désignés joueurs du match : Peter Schneider pour l’Autriche et Samuel Kňažko pour la Slovaquie.
Commentaires d’après-match :
Vladimír Országh (entraîneur de la Slovaquie) : « La première période a été excellente. Nous avons affiché une excellente mobilité, sans laisser ni temps ni espace à l’adversaire, et nous avons su exploiter les espaces pour marquer. Nos sorties de zone ont été impeccables et nous avons été solides en possession. En deuxième période, nous avons perdu notre élan, nous avons commencé à trop réfléchir, à perdre des palets, et les Autrichiens sont entrés dans le match. En troisième période, nous avons connu quelques situations délicates, Škorvy nous a bien tenus. Une victoire est toujours appréciable, même si elle est peut-être facile, mais nous avons joué contre un adversaire de qualité. »
Roger Bader (entraîneur de l’Autriche) : « La première période a été mauvaise, c’est indéniable. Mais cela ne valait pas non plus 0-5. Durant ces 20 premières minutes, on a constaté les deux mêmes problèmes souvent rencontrés au début de la trêve de novembre : un jeu trop compliqué qui conduit à perdre le palet et un manque d’engagement physique. J’en ai parlé à la pause. C’est un peu décevant de voir le prix de notre inexpérience. Le deuxième et le troisième tiers, en revanche, ont été excellents ; on a été la meilleure équipe. Le dernier but de la Slovaquie semble entaché d’un hors-jeu. Malgré tout, on peut s’appuyer sur la performance de ces 40 minutes. »
Autriche – Slovaquie 2-6 (0-5, 1-0, 1-1)
Jeudi 6 novembre 2025 à 12h15 à Landshut. 508 spectateurs.
Arbitres : Gergely Gebei (HON) et Sirko Hunnius (ALL) assistés de Maksim Cepik et Jonas Reinold (ALL).
Pénalités : Autriche 8’ (4’, 4’, 0’) ; Slovaquie 10’ (0’, 6’, 4’).
Tirs : Autriche 29 (4, 10, 15) ; Slovaquie 22 (15, 4, 3).
Évolution du score :
0-1 à 01’50” : Čajkovič assisté de Čederle et Rosandič
0-2 à 04’10” : Cehlárik assisté de Kňažko et Lantoši (sup. num.)
0-3 à 06’40” : Sukeľ assisté d’Okuliar et Takáč
0-4 à 10’29” : Čacho assisté de Čiernik et Ivan
0-5 à 18’14” : Sukeľ assisté de Čederle et Takáč (sup. num.)
1-5 à 35’01” : Schneider assisté de Zwerger et Schnetzer
2-5 à 48’25” : Thaler assisté de Zündel
2-6 à 58’17” : Sukeľ assisté de Takáč et Rosandič (inf. num.)
Autriche
Attaquants :
Dominic Zwerger (A, +2) – Lukas Haudum – Peter Schneider (C, +1)
Paul Huber – Lukas Kainz (-1) – Vinzenz Rohrer (-2)
Simeon Schwinger (-1) – Lucas Thaler (2’) – Mario Huber (-2)
Oskar Maier (-1) – Oliver Achermann (-1) – Paul Sintschnig (-1, 2’)
Défenseurs :
Bernd Wolf (A, +1) – Thimo Nickl (-1)
Dominic Hackl (-1) – Tobias Sablattnig (-1, 2’)
Ramon Schnetzer (+1) – Kilian Zündel
Paul Stapelfeldt (-1) – Patrick Söllinger (-1, 2’)
Gardien :
David Kickert
Remplaçant : Atte Tolvanen (G). En réserve : Florian Vorauer (G), Leon Wallner (A).
Slovaquie
Attaquants :
Peter Cehlárik (A, -1, 2’) – Marek Hrivík (-1) – Róbert Lantoši (-1)
Samuel Takáč (+2) – Matúš Sukeľ (A, +2, 2’) – Oliver Okuliar (+1, 2’)
Alex Čiernik – Viliam Čacho – Martin Faško-Rudáš
Miloš Roman (+1) – Sebastián Čederle (+1) – Maxim Čajkovič (+1)
Défenseurs :
Michal Ivan (+1) – Mislav Rosandič (+2, 2’)
Samuel Kňažko (C) – Patrik Koch (+1, 2’)
František Gajdoš (-1) – Tomáš Královič (+1)
Michal Beňo
Gardien :
Stanislav Škorvánek
Remplaçant : Eugen Rabčan (G). En réserve : Dávid Romaňák (D), Šimon Petráš, Oleksij Myklucha (A).










































