Ce premier tournoi international d’Épinal propose en soirée une affiche entre les deux « petits poucets » du prochain tournoi olympique, la France et le Danemark, qui se retrouveront d’ailleurs en amical juste avant les JO. Les deux équipes sont en pleine préparation de ce grand rendez-vous et alignent évidemment leur meilleure composition possible. Seule exception dans les cages où David Grubak (25 ans, Rungsted) connaît sa première titularisation en équipe nationale.
Une différence de contexte est que le Danemark pourra ajouter aux JO plus de renforts NHL (5) que la France : 1 avec Alexandre Texier, plus Boudon, Spinozzi et Keller qui traînent en ECHL (plus pour longtemps pour le dernier cité). Les blessures de Gallet et Cantagallo avant l’annonce de la liste ont ouvert une place et c’est Charles Schmitt qui a été choisi, plutôt qu’un Prissaint par exemple. En attaque, sans appel aux frères Bozon, la surprise marseillaise se nomme cette fois Flavian Dair et le centre Kaylian Leborgne s’est aussi fait une place. On note aussi le retour de Floran Douay, sur un « premier trio » de gros gabarits (avec Addamo et Treille) qui aura clairement pour mission de peser sur l’adversaire et de le neutraliser.
L’autre différence est que les Danois se rassemblent pour la première fois depuis leur Mondial à domicile qui les a vu battre le Canada et atteindre les demi-finales dans la liesse générale. Les hommes de Yorick Treille, eux, se retrouvent pour la première fois depuis… la relégation subie lors de cette même compétition, dans l’abattement général. Il s’agit donc pour les uns de garder ce fantastique élan, pour les autres de retrouver un peu de moral.
L’adaptation au rythme international est souvent un enjeu pour les Français, mais ils y parviennent bien mieux que le Danemark. Ce sont eux qui dictent le tempo. Après neuf minutes de jeu, Pierre-Édouard Bellemare fait la passe en entrée de zone puis dirige la conservation par son aisance technique. Son tir ne trouve ensuite que l’extérieur du filet mais l’action se poursuit et Jordann Perret la conclut en cage ouverte au rebond d’un tir d’Auvitu (1-0).
Floran Douay prend la première pénalité pour un cross-check trop violent devant la cage danoise. Mais c’est la France qui se procure la meilleur occasion en infériorité numérique : Jordann Perret intercepte une passe de Nick Olesen, file en contre et centre pour Bellemare, mais Aagard revient juste à temps. Le score de 1-0 conclut logiquement un tiers dominé par les Bleus, 11 tirs à 4.

De retour sur la glace, l’équipe de France se procure énormément de bonnes situations à laquelle il ne manque que le dernier geste : Douay cherchant Treille au second poteau, Perret qui centre pour Fabre à l’opposé, Fabre en écran total sur un tir à mi-distance de Boscq. Au fil des minutes, quelques indisciplines, erreurs de concentration ou pertes de palet (Crinon à 4 contre 4) ouvrent quelques portes au Danemark qui n’en profite pas vraiment. Jesper Jensen Aabo ne trouve que le poteau et Julian Junca est à la parade face à Blichfeld.
Alors que les Bleus semblent avoir un peu lâché les rênes, ils finissent fort dans les deux dernières minutes. Flavian Dair se charge de l’entrée de zone, puis la ligne physique d’Addamo met une pression soutenue sur la cage, et enfin ce sont les « rapides » qui enchaînent et tirent les marrons du feu : le tir en pivot de Jordann Perret n’est pas cadré mais Dylan Fabre marque en filou depuis l’arrière de la cage, déplacée au même moment par la botte du gardien (2-0). Cela se joue au dixième de seconde, on discute beaucoup mais le but est validé.
Après de premières échauffourées entre Douay et Olesen d’une part, Ritz et Jensen Aabo d’autre part (qui prennent tous 5 minutes pour bagarre), le jeu est censé reprendre pour quatre secondes. Le juge de ligne siffle après l’engagement mais Blichfeld tire quand même sur le gardien… Aurélien Dair l’empoigne alors pour un long combat de boxe, pendant que Christian Wejse allonge Flavian Dair plus vite d’une bonne droite. Les quatre protagonistes sont cette fois expulsés de manière définitive, avec une pénalité d’instigateur pour l’aîné des Dair. Il est censé rester trois secondes à cette deuxième période, mais après concertation avec les capitaines, les arbitres renvoient tout le monde se calmer aux vestiaires et ça vaut mieux !

Les trois secondes seront jouées en revenant sur la glace, avant de changer de côté ! Onze secondes après la mise au jeu, que le Danemark joue en supériorité numrique, Anders Koch conduit le palet près de son but avec bien trop de nonchalance. Bellemare lui vole donc le palet, puis le donne à Jordann Perret pour un doublé personnel (3-0).
Le banc tricolore réduit a alors une mission : aide Julian Junca à garder ses cages inviolées. Il laisse le Danemark faire le jeu, sans que le danger semble forcément imminent. Mais voilà que le gros travail d’Aagaard élimine deux les défenseurs français (Crinon et Schmitt) dans le coin. Mathias Bau Hansen sert alors en retrait Markus Lauridsen dont le lancer rasant au ras du poteau est masqué par la présence de Philip Schultz (3-1).
Le but relance le match et Mikael Gath peut sortir son gardien pour jouer à 6 contre 5. Sacha Treille manque de peu la cage vide depuis son camp et c’est un dégagement interdit, comme celui de Guebey. On retourne à chaque fois dans la zone tricolore et Bau Hansen n’arrive pas à passer en force, ayant pour une fois trouvé un gardien presque aussi grand que lui avec Junca.
La France obtient donc une bonne victoire initiale contre l’adversaire le mieux classé. Loin de son public de Herning, le Danemark n’a pas connu la même euphorie et a eu du mal à se mettre dans le bain. L’équipe qui en voulait le plus, et était bien mieux préparée à entrer dans un match international, a gagné.

Commentaires d’après-match (FFHG) :
Jordann Perret (attaquant de la France) : « On a une victoire, c’est ce qu’on venait chercher. On a respecté des points tactiques. On a baissé un peu de régime vers la fin mais dans l’ensemble on est content de ce qu’on a produit. On venait chercher de la confiance, 3 points c’est parfait. Il y a des petits détails à améliorer, on va se pencher dessus dès demain. J’ai l’habitude de jouer avec Pierre-Édouard, Dylan aussi, on se trouve assez bien sur la glace. C’est le début de l’aventure des JO, il faut qu’on construise à partir de là. »
Yorick Treille (entraîneur de la France) : « On était prêt à jouer un match international dès le début. Un excellent premier tiers, dans le plan de match et dans l’intensité. On a pu être agressifs et se créer des occasions, c’était une très bonne entame. On a su maintenir le nécessaire pour garder l’avance. Notre axe prioritaire est vraiment la zone défensive, il faudra être en phase à 100% au mois de février quand le niveau montera de quelques crans. Il faut se sentir capable de défendre contre n’importe qui en équipe. À un moment donné c’est la volonté de gagner des 1 contre 1 et d’être en place dans le système défensif, ce qui est un gros point positif surtout sur le premier tiers. »

France – Danemark 3-1 (1-0, 1-0, 1-1)
Jeudi 6 novembre 2025 à 20h45 à la patinoire Poissompré d’Épinal. 2000 spectateurs.
Arbitres : Leevan Thiebault et Rayan Bernoussi assistés de Thomas Simon et Maxime Suzzarini (tous FRA).
Pénalités : France 66’ (2’, 4’+5’+5’+5’+20’+5’+20’, 0’) ; Danemark 62’ (0’, 2’+5’+5’+5’+20’+5’+20’, 0’).
Tirs : France 26 (13, 8, 5) ; Danemark 31 (5, 10, 16).
Évolution du score :
1-0 à 09’13” : Perret assisté de Fabre et Auvitu
2-0 à 39’32” : Fabre assisté de Perret et Bellemare
3-0 à 40’11” : Perret assisté de Bellemare (inf. num.)
3-1 à 53’58” : M. Lauridsen assisté de Bau Hansen et Aagaard
France
Attaquants :
Floran Douay (2’+5’) – Justin Addamo (5’) – Sacha Treille (A)
Dylan Fabre (+2) – Pierre-Édouard Bellemare (+3) – Jordann Perret (+3)
Guillaume Leclerc – Matias Bachelet (-1) – Anthony Rech (-1, 2’)
Flavian Dair (5’+20’) – Nicolas Ritz – Aurélien Dair (2’+5’+20’)
puis à 40’00” Kaylian Leborgne (-1)
Défenseurs :
Jules Boscq (+1) – Vincent Llorca (+2)
Yohann Auvitu (A, +1) – Enzo Guebey (+1)
Charles Schmitt (-1) – Florian Chakiachvili
Pierre Crinon
Gardien :
Julian Junca
Remplaçant : Martin Neckar (G). En réserve : Tom Aubrun (G), Yohan Coulaud (D), Charles Bertrand (A)
Danemark (2’ pour surnombre)
Attaquants :
Nick Olesen (5’) – Alexander True (-1) – Mathias From (-1)
Mikkel Aagaard (A) – Nikolaj Krag Christensen (-1) – Joachim Blichfeld (5’+20’)
Morten Poulsen (-1) – Christian Wejse (A, 5’+20’) – Mathias Bau Hansen (-1)
Felix Scheel (-1) – David Madsen (-1) – Philip Schultz
puis à 40’00” Daniel Olsson
Défenseurs :
Oliver Lauridsen (-1) – Anders Koch (-2)
Markus Lauridsen – Jesper Jensen Aabo (C, 5’)
Malte Setkov – Nicholas B. Jensen
puis à 40’00” Daniel Baastrup
Gardien :
David Grubak [sorti à 57’18”]
Remplaçant : Mathias Seldrup (G).










































