Rouen s’impose face à Nice au terme d’un match bien plus compliqué que ne le laissait croire son entame. Vendredi soir, à la patinoire Nathalie Pechalat, les Dragons ont dû attendre la prolongation pour venir à bout d’une équipe niçoise joueuse et accrocheuse, pourtant privés de plusieurs éléments importants (Yoan Salve, Charles-Antoine Roy et Nicholas Cherkowski) finalement battue 3-2.
Dès le premier tiers, Rouen affiche de l’énergie et impose son rythme. Les nouvelles lignes normandes apportent de la fraîcheur et la pression exercée sur la cage niçoise finit par payer rapidement. Au cours d’une attaque installée comme en supériorité, Gresock dans l’enclave dévie un lancer des poignets de Roy (1-0 à 5’40). Les Dragons sont les plus entreprenants, mais ils n’ont que peu d’occasion franche. Perret (15’11) se heurte à Alexis Shank. Le gardien niçois maintien son équipe dans le match lorsque ses coéquipiers jouent à un homme de moins. Du bouclier face à Lafrance (19’26) et de la mitaine sur un tir d’Holway (19’59), Shank est rassurant. De leur côté, les visiteurs n’ont pas capitalisé sur leurs chances. Mugnier a fait le boulot devant Proux (2’30) et Toukmatchev, un jeune joueur prêté par Grenoble (9’39). Ce dernier est moins précis quelques minutes plus tard (13’41), tout comme Desgagnés en power-play (17’56) et Nobes (18’50) en haut du slot pendant la première infériorité niçoise. Le score reste étriqué lorsque la première pause intervient.
Le scénario semble se préciser au deuxième tiers lorsque Simonsen part en échappée (25’14) sans succès. Où lorsque Rouen joue un nouveau jeu de puissance… sans réussite (26e). Enfin, le RHE double la mise. Lavoie redirige un tir de Yeo, 5 secondes après une troisième attaque à cinq tuée par Nice (2-0 à 32’57).
Rouen n’a alors pas eu d’occasion de faire le break définitif. Cette possibilité n’est jamais arrivée car après un arrêt important en deux temps de Mugnier sur un tir de Régis (34’31), une séquence d’indiscipline va relancer Nice. En supériorité numérique, Régis réduit l’écart de la pointe à ras la glace dans une forêt de patins et redonne de l’élan aux Aigles (2-1 à 36’50).
À partir de là, la rencontre change de visage. Rouen commence à gérer son avance, recule peu à peu et laisse Nice prendre confiance. Le troisième tiers est à l’avantage des visiteurs, plus entreprenants, pendant que les Dragons semblent jouer pour ne pas perdre. Lucas Mugnier, impérial dans sa cage avec 46 arrêts ce soir, maintient Rouen à flot (48’55, 52’01, 55’00, 56’13), mais la pression niçoise finit par payer. À trois minutes de la fin, Ruel égalise et glace la patinoire. Un petit jeu de Nogaretto pour sortir de sa zone procure une attaque surnuméraire dès la zone neutre à cause d’un forecheck rouennais exercé avec trop de joueurs. Ruel entre en possession et prend sa chance du haut du cercle droit (2-2 à 57’00).
Cette égalisation agit comme un électrochoc. Rouen retrouve de l’urgence et termine le temps réglementaire en attaquant, sans toutefois parvenir à reprendre l’avantage. Perret (57’53) et Rech (58’23) butent sur Shank. Il faudra finalement attendre la prolongation pour voir le match se décanter. Au bord du revirement dans son enclave Rech est chanceux puis traverse la neutre fixe le dernier défenseur niçois avant de servir parfaitement Lafrance, qui ne laisse aucune chance au gardien adverse d’une feinte du revers et offre la victoire aux Dragons (3-2 à 61’00).
Après la rencontre, dans Paris Normandie, Carl Mallette ne cachait pas sa frustration malgré les deux points pris. S’il a apprécié l’entame et la solidité défensive globale, le coach rouennais a regretté le manque de constance et l’allégeance à subir en troisième période. Selon lui, Rouen doit apprendre à livrer un match plein sur 60 minutes. Il a toutefois salué la performance de Lucas Mugnier et reconnu la qualité de l’équipe niçoise, bien organisée et dangereuse.
Rouen termine ainsi le mois de janvier sur une victoire étriquée mais précieuse, qui laisse un goût mitigé. Les Dragons restent dans la lutte au sommet, mais savent qu’il faudra afficher un tout autre visage pour le grand rendez-vous de dimanche à Bercy. Nice, de son côté, repart avec un point et la confirmation qu’il faudra compter sur cette équipe combative jusqu’au bout.
Commentaires (dans Paris-Normandie) :
Carl Malette (entraîneur de Rouen) : « Bon premier tiers, j’ai aimé l’énergie. On a joué une bonne première période. Deuxième tiers, on a assez bien joué pour prendre les devants 2-0. Il y a une séquence qui remet Nice dans le match, donc 2-1. On a manqué une échappée, on a manqué un 2 contre 0. On aurait pu plier le match en deuxième période, même en première. Troisième période, on a joué pour ne pas perdre. Normalement, avec une avance, en troisième période, on joue pour marquer le prochain but. C’est ce qui m’a déplu un peu. On les a regardés jouer, c’était une question de temps avant que Nice marque. J’ai aimé notre réaction après leur deuxième but. On a joué avec urgence. On aurait pu marquer un but avant la fin du troisième tiers. Mais il faut jouer avec cette urgence-là tout le long du match. Si on joue comme les trois dernières minutes, d’après moi, on se sauve avec ce match-là. Mais il faut apprendre de ça. Il faut jouer absolument un 60 minutes complet. Mais dans l’ensemble, défensivement, on ne donne pas grand-chose. C’est rare qu’on donne autant de lancers au but comme ce soir. Lucas Mugnier a été super bon pour nous. J’ai aimé la façon dont on se comportait défensivement dernièrement. Mentalement, je n’ai pas senti qu’on a joué un 60 minutes lors des dix derniers jours. On sait qu’on a un gros match dimanche. L’humain est fait comme ça. On a beau dire qu’il ne faut pas y penser, mais l’humain est comme ça. La bonne nouvelle, c’est que nos joueurs sont en santé. Mise à part de James Phelan. Avec les deux points, ce soir, on reste dans la lutte au sommet. Je dirais que c’est un point de perdus à la fin du troisième tiers et un point de gagnés en prolongation. Mais il y a une bonne équipe aussi de l’autre côté. Ils ont une bonne force de frappe, bien structurée. Ça fait deux fois qu’ils viennent ici et qu’ils nous égalisent à la fin du match. Pour moi, maintenant, toute notre concentration est pour Bercy dimanche. »
Rouen – Nice 3-2 après prolongation (1-0, 1-1, 0-1, 1-0)
Vendredi 30 janvier 2026 à 20h00, à la patinoire Nathalie Pechalat. 3029 spectateurs.
Arbitres : Nicolas Cregut et Jeremy Rauline assistés de Hugo Maillard et Pierre Mercier-Landry
Pénalités : Rouen 6′ (2′, 4′, 0′, 0′) ; Nice 8′ (2′, 6′, 0′, 0′)
Tirs : Rouen 43 (15, 13, 14, 1) ; Nice 48 (13, 20, 15, 0)
Supériorités : Rouen 0/4 ; Nice 1/3
Évolution du score :
1-0 à 05’40” : Gresock assisté de Roy et Tessier
2-0 à 32’57” : Lavoie assisté de Yeo et Schmitt
2-1 à 36’50” : Regis assisté de Rommel et Larinmaa (sup.num.)
2-2 à 57’00” : Ruel assisté de Nogaretto
3-2 à 61’00” : Lafrance assisté de Rech et Holway
Rouen
Attaquants :
Anthony Rech – Michael Regush – Tommy Perret
Alexandre Lavoie – Simon Lafrance – Tomas Simonsen
Rolands Vigners – Julien Tessier – Chase Gresock
Loïc Lampérier (C) – Robin Colomban – Vincent Nesa
Arrières :
Florian Chakiachvili (A) – Patrick Holway
Dylan Yeo (A) – Charles Schmitt
Pier-Olivier Roy – Gustav Bouramman
Gardien :
Lucas Mugnier (46 arrêts)
Remplaçant : Mac Carruth (G). Absent : James Phelan (raisons personnelles)
Nice
Attaquants :
Jordan Mugnier – Teemu Loizeau – Loïc Coulaud
Jesper Larinmaa – Robin Johansson – Henrik Rommel (A)
Mathieu Desgagnés – Hugo Nogaretto – Nicolas Ruel (C)
Maxime Toukmatchev – Hugo Proux – Henry McKinney
Arrières :
Louis Cirgues – Adam Nobes
Samuel Régis (A) – Colin Morillon
Valentin Coffy – Jules Lefebvre
Gardien :
Alexis Shank (40 arrêts)
Remplaçant : Isaac Charpentier (G). Absents : Yoan Salve, Charles-Antoine Roy et Nicholas Cherkowski.












































