Favorite sur le papier du groupe de Zurich, la Finlande n’adopte pas un costume de conquérante. Elle présente au coup d’envoi le quatrième trio à vocation défensive de Björninen pour neutraliser un premier trio allemand. Il n’est même pas sûr que celui-ci soit complet. On peut penser qu’Ehl, placé aux côtés de Kahun et Michaelis, tient provisoirement la place dévolue à Lukas Reichel, qui a « volé » la place de Dominik Bokk hier une fois son nouveau contrat NHL signé.
Le match s’annonce tactique. Effectivement, il ne se passe rien de très intéressant à 5 contre 5. Mais à la huitième minute, Maxi Kastner fait trébucher Kuokkaanen qui pénètre l’enclave et part en prison. La Finlande saute sur l’occasion. Le palet circule habilement et Puljujärvi pose un écran opaque devant la cage. Grubauer ne voit rien du lancer à mi-distance d’Anton Lundell, qui finit dans sa lucarne (1-0).
Une pénalité est sifflée en zone offensive contre Sakari Manninen, pour une obstruction sur Eric Mik. Les Allemands s’installent aussi face à une boîte compacte, la différence est que Justus Annunen a toujours la vue dégagée et peut parer le tir bas de Samanski dans le cercle gauche. La présence bleue plus affirmée devant la cage a donc fait la différence. La Finlande verrouille totalement la possession pendant les sept minutes qui restent avant le retour au vestiaire. Les Allemands patinent dans le vide… Grubauer leur sauve la mise en repoussant des tirs en bonne position de Merelä et de Barkov, et en fermant les jambes sur une redoutable déviation dans les airs de Manninen.
Si le premier tiers n’a pas été spectaculaire, la reprise l’est plus, grâce au quatrième trio « défensif » finlandais. Grubauer lâche un rebond sur un tir de Saku Mäenalanen et Waltteri Merelä le contourne pour tirer entre les jambes de Moritz Seider qui s’est placé devant le filet vide… mais le capitaine allemand se retourne assez vite pour dégager le palet quelques centimètres avant la ligne ! Les spectateurs restent bouche bée devant les ralentis diffusés tandis que l’arbitre annonce un surnombre finlandais. L’Allemagne n’en profite pas, même si une perte de palet d’Anton Lundell à neuf secondes de la fin de la pénalité donne une dernière chance qui aboutit à un bon tir de Maxi Kastner.
Après cinq minutes, c’est encore Kastner qui part à 2 contre 1 et sert Dominik Kahun à gauche du but. Nikolas Matinpalo n’y pas avec le dos de la cuillère, il balance un gros coup de crosse dans les jambes de l’attaquant qui s’apprête à tirer. Violemment déséquilibré, Kahun percute violemment la bande dans son élan. Le médecin venu à son chevet lève le pouce. Matinpalo ne transpire pas pendant ses deux minutes en prison. En revenant sur la glace, il réceptionne même le palet à 50 cm de hauteur et s’offre une échappée, parée du bras par Grubauer.
Matinpalo lève la crosse à hauteur de tête de Krämmer lors d’une mise au jeu et prend 2’+2′. La meilleure occasion de ces quatre minutes est pour… Barkov à 4 contre 5. Le capitaine finlandais hérite d’une relance de Teräväinen dans la bande et part seul… mais se fait soulever la crosse en arrivant devant la cage par le bon retour de Kahun ! L’Allemagne évite le pire sur cette action, mais elle en est à 10 minutes d’avantage numérique sans avoir été dangereuse ! Josh Samanski est pourtant servi tout près de la cage, mais sa conclusion est trop faiblarde. Les bleus reviennent à cinq et reprennent le contrôle du palet.
Au début de la troisième période, les arbitres ne voient pas le coup de crosse de Mäenalanen sur le poignet de Seider (celui-ci le sent très bien par contre), mais ils voient l’obstruction d’Andreas Eder à la ligne bleue. C’est le second avantage numérique pour la Finlande… et le second but. La déviation de Barkov sur un palet mis dans le slot par Lundell ne touche que le poteau. Mais quand un puck dévié arrive sur Jesse Puljujärvi au poteau droit, il ne manque pas la cage ouverte (2-0).
Les Allemands semblent d’autant plus à court de solutions que la Finlande est de plus en plus rapide sur les transitions. La belle passe de Lenni Hämeenaho sert Matinpalo lancé en pleine vitesse mais le défenseur finlandais perd son second face-à-face du soir avec Grubauer.
Mais les blancs n’abandonnent pas. Un bel effort de Michaelis pour sortir le palet du coin offre deux tirs consécutifs à Tiffels et Mik, les deux arrêts les plus difficiles pour Annunen dans ce match. Le « powerbreak » survient sur cette action, et l’Allemagne repart quand le jeu reprend. Stefan Loibl échange le palet avec Gawanke, s’avance à mi-distance et envoie un tir fulgurant dans le haut du filet (2-1).
L’Allemagne est enfin dans un temps fort mais Samuel Dove McFalls commet une obstruction sur Matinpalo qui sort du banc. Grubauer tient son équipe dans le match en arrêtant un tir de Lundell entre les cercles.
À cinq minutes de la fin. le défenseur allemand Leon Hüttl va chercher un palet au fond et se fait contrer par le pressing de Puljujärvi. À la retombée de la rondelle, Saku Mäenalanen centre du revers pour Aatu Räty qui fusille Grubauer côté mitaine (3-1).
Harold Kreis appelle son temps mort et sort son gardien tôt. Ses joueurs ont le palet mais ne s’approchent pas des cages adverses. Räty ne trouve que l’extérieur du poteau de la cage vide et le score en reste là.
Vraiment une victoire à la finlandaise, par le système collectif et par la maîtrise technique et tactique. Les unités spéciales donnent parfaitement satisfaction : les deux premières supériorités numériques ont été converties et les cinq pénalités consécutives ont été tuées de manière extrêmement convaincante.
Désignés joueurs du match : Anton Lundell pour la Finlande et Philipp Grubauer pour l’Allemagne.

Finlande – Allemagne 3-1 (1-0, 0-0, 2-1)
Vendredi 15 mai 2026 à 16h20 à la Swiss Life Arena de Zurich. 9516 spectateurs.
Arbitres : Taylor Burzminski (CAN) et Christoffer Holm (SUE) assistés d’Anders Nyqvist (SUE) et Jiří Ondráček (TCH).
Pénalités : Finlande 10’ (2’, 8’, 0’) ; Allemagne 6’ (2’, 0’, 4’).
Tirs : Finlande 24 (10, 6, 8) ; Allemagne 17 (6, 6, 5).
Évolution du score :
1-0 à 08’33” : Lundell assisté de Teräväinen et Barkov (sup. num.)
2-0 à 43’05” : Puljujärvi assisté de Teräväinen et Lundell (sup. num.)
2-1 à 48’09” : Loibl assisté de Gawanke et Hüttl
3-1 à 55’25” : Räty assisté de Mäenalanen et Puljujärvi
Finlande (2’ pour surnombre)
Attaquants :
Sakari Manninen (2’) – Aleksander Barkov (C) – Teuvo Teräväinen
Patrik Puistola – Anton Lundell – Lenni Hämeenaho
Janne Kuokkanen (-1) – Aatu Räty – Jesse Puljujärvi
Saku Mäenalanen (+1) – Hannes Björninen – Waltteri Merelä
Défenseurs :
Ville Heinola – Urho Vaakanainen
Mikko Lehtonen (A, +1) – Juho Jokiharju
Olli Määttä (A, -1) – Nikolas Matinpalo (-1, 6’)
Vili Saarijärvi (+1)
Gardien :
Justus Annunen
Remplaçant : Joonas Korpisalo (G). Non aligné : Harri Säteri (G).
Allemagne
Attaquants :
Dominik Kahun – Marc Michaelis (-1) – Alexander Ehl (-1)
Parker Tuomie – Stefan Loibl (+1) – Daniel Fischbuch (+1)
Frederik Tiffels (A, -1) – Joshua Samanski – Andreas Eder (2’)
Maximilian Kastner (2’) – Manuel Wiederer – Nico Krämmer
Samuel Dove-McFalls (+1, 2’)
Défenseurs :
Fabio Wagner – Moritz Seider (C)
Eric Mik – Kai Wissmann (A)
Leon Gawanke – Leon Hüttl
Marcus Weber
Gardien :
Philipp Grubauer [sorti de 56’27” à 60’00”]
Remplaçant : Jonas Stettmer (G). Non alignés : Maximilian Franzreb (G), Phillip Sinn (D), Lukas Reichel (A).








































