C’est le grand soir pour le peuple polonais. Les résultats du jour sont très largement favorables à l’équipe nationale. La défaite de la France élimine un concurrent, et, en ayant battu l’Ukraine dans la semaine, les joueurs de Pekka Tirkkanen se sont mis en position favorable.
Il reste un match. Comme l’Ukraine a gagné dans l’après-midi et compte dix points, il faut atteindre cette barre. En face ? Le promu, la Lituanie, actuel dernier de cette poule de six. On fait adversaire plus terrifiant, mais les Baltes ont cassé les pieds de tout le monde cette semaine et gratté un point au Japon, puis à la France. Un point, c’est d’ailleurs tout ce qui manque aux hommes de Ron Pasco pour un final digne du cinéma : si la Lituanie marque un point, un seul, elle envoie l’Ukraine en élite, frustre la Pologne et relègue le Japon !
Le match se joue à guichets fermés, dans une patinoire rouge et blanche. C’est le match de la saison, pour une place en élite mondiale. Le public est chaud d’entrée, chante, debout – supprimant toute visibilité depuis la tribune de presse… Son équipe prend le match dans le bon sens et passe du temps en zone offensive. Les Baltes ne se laissent pas faire pour autant et commencent quelques séquences en contre, s’appliquent sur leurs sorties de zone et appuient leurs mises en échec. Sadauskas se met ainsi en lumière d’un tir en hauteur, que Fučík sort de la plaque.
Nausėda n’est pas en reste et bloque un tir de Wanacki, excentré. Tout au long de la semaine, la Pologne a pêché par indiscipline : Bryk poursuit ce triste constat et accroche dans sa zone, trop en retard. Six secondes plus tard, Gintautas est servi au cercle et ajuste un tir laser en pleine lucarne (0-1). Stupeur dans les tribunes.
😮Paulius Gintautas😮 Lithuania making the powerplay count! 🇱🇹#MensWorlds 1A #IIHF pic.twitter.com/R5smuiLMcQ
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Il faut réagir, et vite. Wanacki s’y emploie d’un tir de la bleue, l’écran survenant trop tard pour perturber Nausėda. Mais les Baltes n’ont pas fini, et mettent le feu dans la défense à mi-tiers. La Pologne résiste à cet assaut, et reprend le contrôle du palet dans les minutes qui suivent.
Plusieurs occasions, avec l’appui des arrières, menacent Nausėda, qui doit même se coucher sur le palet. Des coéquipiers se jettent sur tous les palets et multiplient les mises en échec. À l’image de Čižas qui se rue pour éviter un dégagement interdit, les Baltes patinent, fort, ce qui gêne beaucoup l’équipe polonaise, et ouvre quelques lignes de tirs – Čižas se heurte à Fučík à cinq minutes de la sirène.
Un tir contré lance ensuite Dominik Paś en deux-contre-un. Gênée par le retour en catastrophe de la défense, sa passe ne trouve pas preneur. Puis, Nausėda repousse un tir ras glace de Ślusarczyk, consécutif à un nouveau revirement. La Lituanie, à l’énergie, vire en tête à la pause (0-1).
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La Pologne reprend avec des intentions offensives fortes. Mroczkowski manque de peu une déviation devant la cage et Nausėda ne lâche pas de rebond sur ce tir lointain. Komorski et Mroczkowski enchaînent sur le côté du but et la nervosité se lit dans les échanges musclés qui découlent de l’arrêt. Maciaś manque le cadre depuis l’aile droite, et la Lituanie continue de plier. Puni dans un duel devant la cage, Četverka attend la révision vidéo avec anxiété. Le contact trop haut lui vaut seulement deux minutes. Un peu plus tôt, Bilaš avait déjà pris un coup au genou dans une collision et eu du mal à rentrer au banc.
Le public se lève, chante et pousse les siens. Krężołek, héros de la veille, trouve le cadre, et surtout Nausėda, intraitable. Le reste du jeu de puissance est fantomatique, et les Baltes reviennent à cinq. Ils obtiennent vite une chance sérieuse, lorsque Sadauskas est servi en retrait et trouve la botte de Fučík. Il intercepte ensuite une passe dans la neutre et donne à Gintautas, dont le tir en hauteur frôle le métal…
À onze minutes de la pause, Mroczkowski se heurte à Nausėda. Dans la foulée, une relance catastrophique tombe sur Komorski, tout seul devant le gardien. Il feinte et c’est l’arrêt !
La pression s’accentue, tant la Pologne est désespérée. Nausėda réalise des miracles, à l’instar de cet arrêt sur le tour de cage de Kiełbicki. Puis, c’est sa jambière qui interrompt par réflexe le tir de Wałęga.
Une rare incursion lituanienne et Naróg écrase Čižas sur la bande : deux minutes. Les Baltes mettent du temps à s’installer et leurs tirs timides ne donnent rien. La suite est compliquée, avec plusieurs dégagements interdits de suite.
C’est finalement sur une action anodine à deux minutes de la pause que la partie bascule. Un tir en angle fermé termine sur Nausėda, mais il ne capte pas et Wałęga pousse le disque vers Krężołek. La cage est grande ouverte, et il ne rate pas l’occasion de faire exploser le public (1-1).
TIE GAME! Krezolek gets a wide-open net in front after a great pass by Walega.
1-1 | D1A Worlds vs 🇱🇹 pic.twitter.com/ktuRKwWGhg
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Il y a le feu dans la foulée. Paś sert en retrait Łyszczarczyk, qui tire au-dessus ! Réplique immédiate, Čižas remonte le palet et sa passe-abandon pour Sadauskas ne surprend pas Fučík. On se frictionne sur l’action, un joueur puni chacun – Krężołek et Sadauskas -, et un retour au vestiaire sur le score de 1-1. À ce stade, c’est toujours l’Ukraine qui est promue, et le Japon qui descend…
Le troisième tiers débute en attaque-défense. La Pologne dicte le jeu, et se casse les dents sur les entrées en zone. La Lituanie, solidaire, a toujours deux joueurs sur le porteur pour dégager le palet. L’engagement est total : un peu trop, Binkulis commet une crosse haute sur Chmielewski, chance en or pour la Pologne.
Agressive sur le porteur, la Lituanie ne lâche rien et ne laisse absolument pas son adversaire s’installer. Aucune action sur Nausėda n’arrive… Les Baltes desserrent l’étau sur une présence ou deux, sans tir dangereux, avant que la Pologne ne reparte vers l’avant.

Le rideau défensif balte tient le choc, et concède peu : Wronka tire hors cadre, Bryk se heurte à Nausėda de près. Le gardien, qui a perdu un patin sur une action, ce qui avait causé une courte pause, dépasse déjà les 30 arrêts à dix minutes de la fin.
Une mise au jeu gagnée et Grinius frôle le cadre, faisant passer un frisson dans le public. Derrière, la ligne défensive se remet en place et la Pologne ne trouve toujours pas la clé, à cinq minutes de la sirène…
La Lituanie porte le jeu vers l’avant, consomme l’horloge en tournant de droite à gauche. Puis, la Pologne appuie, avec une série de tirs contrés. Nausėda sort deux parades énormes, dont une à deux minutes du terme sur Krężołek. Alisauskas, d’une crosse habile, empêche Łyszczarczyk d’aller au bout de son slalom…
Tirkkonen pose son temps mort à 1’38” de la fin et sort son gardien ! La Lituanie ne trouve pas de solution cage vide, mais gratte du temps. Problème : une faute dans la zone neutre évidente, à 29 secondes de la fin et c’est un 6 contre 4. Les blocs se multiplient jusqu’à la dernière seconde, avant l’explosion de joie d’une toute petite partie du public !
Les fans lituaniens et ukrainiens explosent et partent en courant autour de la patinoire ! Le public polonais, sonné, ne fait plus un bruit, et une partie du public quitte purement et simplement la patinoire.
C’est un 4 contre 3, la mort dans l’âme. Le palet ne bouge pas très vite. Wałęga de volée se heurte à Nausėda, Alisauskas se sacrifie au bloc et le puni revient… et Gintautas décolle, déshabille la défense et trompe Fučík d’un tir croisé (1-2) !
Le scénario est cruel pour la Pologne, devant son public, qui rate une occasion en or de remonter en élite mondiale. Cette prolongation envoie l’Ukraine en élite pour la première fois en vingt ans – au lendemain de la décision du CIO de réintégrer le Bélarus – et la Lituanie se maintient, envoyant le Japon en Division 1B. Dans une poule hyper serrée, ce résultat incroyable bouleverse tout… et place la France troisième.
Désignés joueurs du match : Kamil Wałęga (Pologne) et Paulius Gintautas (Lituanie)
Pologne – Lituanie 1-2 (0-1, 1-0, 0-0, 0-1)
Vendredi 8 mai 2026 à 19h30 au Stadion Zimowy de Sosnowiec (Pologne). 2 473 spectateurs.
Arbitres : Geoffrey Barcelo (FRA) et Uldis Buss (LAT) assistés de Daniel Konc (SVK) et Markus Merk (ALL).
Pénalités : Pologne 6′ (2′, 4′, 0′, 0′) ; Lituanie 8′ (0′, 4′, 4′, 0′).
Tirs : Pologne 39 (11, 16, 11, 1) ; Lituanie 25 (10, 8, 6, 1).
Évolution du score :
0-1 à 08’53” : Gintautas assisté de Ališauskas et Čižas (PP1)
1-1 à 37’59” : Krężołek assisté de Wałęga et Chmielewski
1-2 à 61’43” : Četvertak assisté de Ališauskas et Nausėda
Pologne
Attaquants :
Patryk Krężołek (2’) – Kamil Wałęga – Paweł Zygmunt
Alan Łyszczarczyk – Dominik Paś (-1) – Patryk Wronka
Aron Chmielewski (+1) – Filip Komorski – Christian Mroczkowski
Krzysztof Maciaś – Szymon Kiełbicki – Jakub Ślusarczyk
Mikołaj Syty
Défenseurs :
Bartosz Ciura (A) – Bartłomiej Pociecha (A)
Kamil Górny (C) – Michał Naróg (+1, 2’)
Jakub Wanacki – Mateusz Bryk (2’)
Karol Biłaś
Gardien :
Tomasz Fučík [sorti de 58’18” à 60’00”]
Remplaçant : Michał Kieler (G).
Lituanie
Attaquants :
Paulius Gintautas (A, -1) – Ugnius Čižas (A, -1) – Dominykas Sadauskas (-1, 2’)
Emilijus Krakauskas – Martynas Grinius – Dovydas Jukna
Lukas Žukauskas – Ilja Četvertak (+1, 4’) – Aivaras Bendžius
Linas Dedinas (+1) – Dovydas Laimutis – Eimantas Noreika
Egidijus Binkulis (2’)
Défenseurs :
Paulius Rumsevičius – Kostas Gusevas
Nerijus Ališauskas (C) – Daniil Kovalenko (+1)
Artur Seniut (-1) – Simonas Valivonis
Herkus Marcinkevičius
Gardien :
Faustas Nausėda
Remplaçant : Laurynas Lubys (G)






































