La contre-performance contre la Lituanie transforme la mission remontée en mission quasi impossible pour les Bleus. Ils n’ont plus leur destin en mains, et doivent compter sur une perte de points de l’Ukraine face au Japon… si la France bat le Kazakhstan dans le temps réglementaire. Une mission complexe : les Kazakhs ont gagné tous leurs matchs et sont déjà assurés de finir premiers. Pire, les Bleus jouent toujours sans Hugo Gallet, blessé, ni Charles Schmitt, touché dans une bête collision à l’échauffement la veille. Yorick Treille relance Antoine Keller, qui avait joué le premier match du tournoi.
Antoine Keller est rapidement mis à contribution, avec un tir de Kirill Nikitin en tête de cercle, après un palet cafouillé dans la zone. Les Bleus répliquent par Kévin Dusseau de loin, qui lance à deux reprises, dont un tir dévié, sur Andrey Shutov. Les arrières ont-ils changé de méthode ? Eneo Guebey puis Jules Boscq suivent le mouvement et on compte quatre tirs des défenseurs français en 2’30 !
Une nouvelle interception tricolore dans la neutre permet à Aurélien Dair de solliciter Shutov une fois de plus. La France verrouille bien la neutre, récupère et porte le jeu vers l’avant, en zone offensive où elle se montre un peu plus audacieuse.
Keller a peu de travail et il faut attendre sept minutes pour le voir intervenir, successivement devant Arkadiy Shestakov puis Fyodor Khoroshev sur l’engagement. Il lève ensuite le bouclier face au tir de Dinmukhamed Kaiyrzhan.
Sur une montée de palet tricolore et un hors jeu, les esprits se chauffent et Valentin Grossetête est le seul puni, pour avoir touché le visage d’un adversaire. Fabien Colotti, qui dépanne en défense, contre une passe et ouvre le chemin à Jordann Perret. Le capitaine se présente devant Shutov, qui ferme la porte. Les Bleus reviennent au complet grâce à cette défense agressive.
La France repart vers l’avant, et obtient une belle chance lorsque Grossetête cherche Flavian Dair au deuxième poteau. Les défenseurs apportent le surnombre avec une belle mobilité et une transition vers l’avant. Dans sa propre zone, les arrières limitent les chances dangereuse et Keller reste bien positionné pour contrer les quelques tirs qui franchissent le rideau, à l’image d’une mitaine solide devant Kaiyrzhan à cinq minutes de la pause. Puis, suite à une présence appuyée du Kazakhstan, ce même Kaiyrzhan se démarque et Keller doit étirer la jambière pour repousser le tir.
Cette fin de tiers est difficile pour les Bleus, qui reculent petit à petit sur le cage. Keller intervient encore sur deux occasions et, même s’il laisse parfois des rebonds, tient son camp dans la partie. Lyapunov, oublié au deuxième poteau, échoue ainsi sur le rempart tricolore. Le compteur de tirs affiche un généreux 16-3 en faveur du Kazakhstan, les Bleus n’ayant pas cadré assez leurs tentatives.
***
L’entame des Bleus est positive dès les premières présences. Boudon tout d’abord, puis Douay, sollicitent Shutov de deux tirs difficiles. Il faut ensuite un retour précis de Tamirlan Gaitamirov pour bloquer l’échappée de Baptiste Bruche. En face, Keller reçoit l’aide de son montant lorsqu’Artur Gatiyatov est servi au deuxième poteau par Alihan Omirbekov.
Les dix premières minutes restent assez fermées. La France joue plutôt en contre-attaque, avec peu de présences soutenues en zone offensives. Mais elle ne concède pas grand chose dans son propre camp et Keller reste vigilant sur les rares situations.
Les défenseurs tricolores continuent à se montrer plus audacieux : Cantagallo trouve Shutov sur sa route lors d’une mise au jeu gagnée. En revanche, la suivante est perdue, le palet bien sorti et, en bout de ligne, Breus, monté aux avant-postes, échoue sur Keller. Plus tard, c’est Vsevolod Logvin qui se heurte au gardien français, lancé sur la gauche.
Les Bleus montent petit à petit, avec intensité, duels gagnés dans les bandes et de la vitesse vers l’avant. Quelques situations en découlent, Shutov intervenant par exemple sur Bruche après un jeu de passe en première intention.
Dans ce match fermé, la pénalité contre Flavian Dair pour une charge contre la bande offre une occasion en or au Kazakhstan. Il ne reste que 55 secondes, la supériorité peine à s’installer et les Bleus rentrent au vestiaire à 0-0.

Le jeu de puissance kazakh s’installe pour la reprise et un tir lointain voit le cadre se dérober. Les Bleus se dégagent et Perret presse Shutov, qui cafouille derrière sa cage. Le gardien s’en sort de peu en revenant sur sa ligne : mitaine sur Boudon !
De retour à 5 contre 5, Keller maîtrise bien un tir et relance vite à la crosse. Le contre bleu permet à Grossetête de se signaler d’un bon tir bloqué par Shutov.
La France insiste avec une bonne présence de Flavian Dair et Guillaume Leclerc au fond. Shutov reste intraitable sur sa ligne. Une nouvelle récupération installe les joueurs de Yorick Treille. Jules Boscq, décalé, lance dans le trafic et le gardien s’impose.
Cet élan positif paie sur l’engagement suivant. La mise au jeu est gagnée, le palet revient à la bleue. Guebey sert alors Grossetête qui reprend sans contrôle à la bleue, ce qui piège Shutov. Le gardien n’arrive qu’à freiner le disque, et Flavian Dair se jette pour le pousser juste derrière la ligne (0-1). C’est son premier but aux Championnats du monde.
Flavian Dair🚨 @Hockey_FRA make their move! 🇫🇷 #MensWorlds 1A #IIHF pic.twitter.com/L90diXSmT2
— IIHF (@IIHFHockey) May 8, 2026
Loin de reculer, les Bleus continuent à mettre la pression sur les présences suivantes. Keller, lui, ne craque pas sur les contres, notamment une remise vers Savitskiy au deuxième poteau. Du moins… jusqu’à 9 minutes du terme, où le slap de Dmitry Breus surprend le gardien, masqué par Assetov pendant la trajectoire du tir (1-1).
Les Bleus réagissent avec une chance de Boudon dans le slot, puis un tir de Dusseau dans le trafic. Puis, Cantagallo essaie de la droite, avec Leclerc au rebond, qui file à côté. Une remontée de palet décale Boscq dans l’axe avec un nouveau tir dangereux, et le rebond traine dans le slot avant d’être gelé dans une forêt de joueurs.
La France doit gagner dans le temps réglementaire et Yorick Treille sort Keller à 2’22 de la fin. Un hors-jeu kazakh le force à revenir, puis ressortir. Les tirs pleuvent sur Shutov : Simonsen, Guebey, Boudon. Yorick Treille pose son temps mort à 48 secondes de la fin.
Les Bleus tentent, encore, mais, à l’image de la crosse de Guebey qui se fracasse sur le dernier tir sur le fil, ça ne veut pas. Prolongations !
***
Breus slalome sur la première présence et attaque la cage, et son tir est largement au dessus. Keller sort ensuite un grand écart sur une action Omierbekov-Savitskiy. Gatiyatov échoue ensuite sur l’épaule de Keller. Les Bleus n’ont pas le palet dans cette prolongation : Keller sort un centre de la crosse, privant un but tout fait, puis une jambière solide sur une reprise en tête de cercle.
Les Bleus obtiennent de belles chances sur la fin, d’abord par Perret et Cantagallo, puis avec Boudon et Grossetête à la manœuvre : ça ne passe pas, et les tirs au but arrivent pour la troisième fois de la semaine.
Buteur lors des deux séances précédentes, Bruche est le premier à s’élancer. Et il refait le même tir ! (1-0)
Keller gagne ensuite son duel.
Boudon, en vitesse, ne trompe pas Shutov.
Logvin freine devant Keller, qui ne craque pas.
Perret met le gardien au sol et son revers est à côté.
Starchenko tout en toucher, place le disque sous la barre (1-1).
Bougro trouve la mitaine de Shutov.
Gatiyatov, à petite vitesse, échoue sur Keller en grand écart.
Simonsen glisse le palet entre les jambes (2-1)
Mais Muratov parvient à lever son palet (2-2).
Starchenko met le même que son coéquipier, au dessus du gant (2-3).
Bruche ne retente pas le même tir cette fois. Il fixe et tente de l’autre côté, et échoue sur la botte.
La France s’incline donc 2-1 et termine son tournoi avec seulement 8 points au compteur. Ses chances de montée reposent désormais sur des victoires des deux derniers : le Japon contre l’Ukraine, et la Lituanie contre la Pologne. Improbable, mais sait-on jamais.
Désignés joueurs du match : Antoine Keller (France) et Andrei Shutov (Kazakhstan)
Meilleurs joueurs de chaque équiupe dans le tournoi : Jordann Perret (France) et Batyrlan Muratov (Kazakhstan)
Commentaires d’après-match :
Flavian Dair (attaquant de la France) : « On a sans doute fait l’un de nos meilleurs matchs du tournoi. Si on avait joué comme ça toute la semaine… Les joueurs ont tout donné. On est déçus, mais on ne peut pas refaire le passé. Sur mon but, c’est un tir d’en haut que j’arrive à dévier, je vois le palet qui reste sur la ligne. Mais ça n’a pas suffi. Ma ligne ? oui, mais ça revient à ce que je disais, on a été meilleurs dans l’ensemble, toutes les lignes où j’ai joué avaient une bonne alchimie ; ça a payé aujourd’hui. Le manque de défenseurs, il faut s’adapter, se préparer à cela dans ce type de tournoi. Chaque palet compte, on gagne trois matchs mais on a perdu des points importants en route. »
Jordann Perret (attaquant de la France) : « On n’a pas baissé les bras. On savait ce qui arrivait, il nous fallait trois points et on y a cru jusqu’au bout, on a poussé. C’est ce que j’ai dit dans le vestiaire, si on avait joué ne serait ce qu’à 70% comme ça à chaque match, amené les détails, on en serait pas là. Pour tout le monde c’était une première expérience en D1A, c’est une prise d’expérience. On savait que les matchs seraient difficiles, et on l’a vu de près. Il va falloir s’en servir pour rebondir. »
Fabien Colotti (attaquant de la France, défenseur pour ce match) : « Je me suis senti plutôt bien. J’étais 13e attaquant, c’est un rôle compliqué, avec un manque de temps de jeu donc je voulais aider l’équipe. C’était ma première expérience à ce poste, amateur ou professionnel et j’ai essayé d’amener le maximum de mon potentiel. Pour comparer ? Il faut être plus patient, c’est un effort différent. Je ne dirais pas que c’est moins intense. Il y a moins d’accélérations et de changements de rythme, plus de patinage arrière, c’est ce qui a été difficile. Ce Mondial, c’est une expérience pour tous. Il y a un sentiment de déception, mais on a beaucoup à apprendre. Tous les matchs sont couperets. On aurait pu faire plus, faire plus la différence en état mieux connectés offensivement. Nous avions une équipe jeune, il faudra se servir de cela. On est dans la douleur, mais c’est dans la douleur qu’on apprend. Aujourd’hui, c’est une bonne claque qu’on prend, mais demain, c’est nous qui les donnerons. »
Yorick Treille (entraineur de la France) : « Nous n’avons pas vraiment trouvé la recette dans ce tournoi. J’ai trouvé le premier tiers un peu mou, on a beaucoup subi, mais il y a eu une réaction. Plus agressifs, le gain des duels. Nous étions proches, mais ça ne compte pas et c’est une grosse déception. Les défenseurs plus impliqués ? Aujourd’hui, les défenseurs font partie intégrante de l’attaque à cinq, on l’a vu en face avec leurs défenseurs qui effacent nos forecheckers 1 et 2 et apportent le surnombre. On l’a fait moins bien qu’eux. C’est un rôle qui permet aussi d’écarter la pression. Les défenseurs aujourd’hui c’est hyper important dans la construction. Ce que je retiens, c’est que les gars ont tout donné. Chapeau à Fab (Colotti) qui a donné un gros coup de main. On perd Hugo et Charles, qui était sur un gros tournoi. C’est un handicap, car on ne peut pas les remplacer, mais c’est la réalité, ça peut arriver d’avoir des blessures et on doit y faire face comme on peut. Le bilan, c’est mission non accomplie. C’est un échec, et on apprend énormément des échecs. C’était la première fois en groupe B pour les joueurs, et on a compris qu’à chaque fois ça serait serré, que chaque détail compte. On ne peut prendre aucun adversaire avec arrogance, c’est la réalité. Ce sera de l’expérience pour les prochains mondiaux pour décrocher la promotion, il y a du travail. C’est vrai qu’il y avait beaucoup d’absents, mais je retiens surtout l’effort des gars présents, qui ont tout donné. Malgré ces absents, nous avions les cartes en main pour finir dans le top-2, il n’y a pas d’excuses. »
Kazakhstan – France 2-1 (0-0, 0-0, 1-1, 0-0, 1-0)
Vendredi 8 mai 2026 à 12h30 au Stadion Zimowy de Sosnowiec (Pologne). 468 spectateurs.
Arbitres : Michal Baca (POL) et Logan Gruhl (USA) assistés d’Eric Cattaneo (SUI) et Kai Juergens (ALL).
Pénalités : Kazakhstan 0’ (0’, 0’, 0’, 0’) ; France 4’ (2’, 2’, 0’, 0’).
Tirs : Kazakhstan 30 (16, 6, 5, 3) ; France 26 (5, 7, 13, 1).
Évolution du score :
0-1 à 45’17” : F. Dair assisté de Grossetête
1-1 à 50’44” : Breus assisté de Mikhailov et Shaikhmeddenov
Tirs au but :
Kazakhstan : Savitsky (arrêt), Logvin (arrêt), Starchenko (but), Gatiyatov (arrêt), Muratov (but)
France : Bruche (but), Boudon (arrêt), Perret (manqué), Bougro (manqué), Simonsen (but)
Tireurs supplémentaires : Bruche (F, arrêt), Starchenko (U, but).
Kazakhstan
Attaquants :
Semyon Simonov (-1) – Vsevolod Logvin (-1) – Kirill Lyapunov (-1)
Roman Starchenko (C) – Arkadiy Shestakov – Batyrlan Muratov
Kirill Savitskiy (A) – Alikhan Omirbekov – Artur Gatiyatov
Alikhan Assetov (A, +1) – Angsar Shaikhmeddenov (+1) – Dinmukhamed Kaiyrzhan (+1)
Défenseurs :
Dmitriy Breus – Kirill Nikitin (-1)
Samat Daniyar – Eduard Mikhailov (+1)
Tamirlan Gaitamirov – Fedor Khoroshev
Beibarys Orazov
Gardien :
Andrey Shutov
Remplaçant : Vladislav Nurek (G). Réservistes : Nikita Boyarkin (G), Adil Beketayev (D).
France
Attaquants :
Jordann Perret (C) – Louis Boudon (A) – Aurelien Dair
Tomas Simonsen – Nicolas Ritz – Baptiste Bruche
Flavian Dair (2’) – Guillaume Leclerc – Valentin Grossetête (2’)
Floran Douay – Jordann Bougro – Kevin Bozon
Défenseurs :
Enzo Guebey – Jules Boscq
Kevin Dusseau – Thomas Thiry (A)
Enzo Cantagallo – Fabien Colotti
Gardien :
Antoine Keller [sorti de 57’40” à 57’52” puis de 58’02” à 60’00”]
Remplaçant : Quentin Papillon (G). Réservistes : Martin Neckar (G), Hugo Gallet (D, blessé), Charles Schmitt (D, blessé).









































