Troisième et dernier match des États-Unis sans Mathew Tkachuk, qui doit n’arriver que demain. Ce qu’ils veulent éviter, c’est de connaître leur seconde défaite et de devoir ensuite cravacher pour les quarts de finale. La Finlande leur rappelle certes de bons souvenirs, battue en quart de finale l’an passé, mais les Américains n’ont plus la même équipe que celle médaillée d’or.
Ceci dit, la Finlande aussi joue sans son joueur-symbole : l’enfant chéri Mikael Granlund, qui a donné son accord dès le lendemain de son élimination des playoffs NHL, n’est pas encore aligné. Son coach Antti Pennanen a néanmoins révélé dans une interview radio qu’il serait incorporé comme ailier à côté de Barkov sur la première ligne. Il n’a toutefois pas précisé sur quelle aile, à la place du puissant et robotique Jesse Puljujärvi ou du petit créateur Sakari Manninen (la seconde option paraissant plus logique).
Les joueurs concernés veulent sûrement prouver que le premier trio fonctionne très bien : dès la première présence, le palet circule à toute vitesse de crosse en crosse de Puljujärvi à Manninen pour servir Aleksandr Barkov dans le slot, mais le tir du capitaine se perd dans les bottes de Joseph Woll.
L’ouverture du score vient d’une curieuse erreur de Ryan Leonard : le talentueux rookie des Capitals de Washington abandonne le palet pour recevoir d’un coup d’épaule Lenni Hämeenaho qui arrive sur lui. Il perd à la fois le contact physique et la possession, l’ailier finlandais passe la ligne bleue et prend un tir immédiat sous la mitaine de Woll (1-0). La réalisation captera Leonard et Steeves qui chahutent à se donner des coups d’épaule sur le banc américain : mieux vaut en rire qu’en pleurer…
La réaction est immédiate avec une contre-attaque à toute berzingue. Oliver Moore accélère sur l’aile droite et passe successivement Räty puis Kuokkanen, repique au centre et sert une passe transversale à Matt Coronato qui reprend violemment par dessus la mitaine de Justus Annunen (1-1). Le gardien donne même l’impression de baisser la tête comme s’il était sur la ligne de front.
La Finlande est tout aussi rapide dans le jeu de transition. Hämeenaho, placé le long de la bande, relaie une longue passe vers Patrik Puistola, lancé plein axe, qui arrive entre les cercles décoche un missile poteau rentrant, côté mitaine (2-1). Trois buts en neuf minutes, et du grand spectacle !
Du spectacle, mais aussi des erreurs grossières : au tour de Henri Jokiharju de s’emmêler les pinceaux, dans sa zone défensive qui plus est. Il se fait prendre le palet par Max Plante et est obligé de lui donner un coup de crosse pour l’empêcher de tirer seul face au but. L’avantage numérique est vite annulé par… Ryan Leonard, dont ce n’est pas vraiment la journée, et qui fait trébucher Räty. À 4 contre 4, c’est Aatu Räty lui-même qui entre en zone et prend un lancer qui passe entre les jambières de Woll (3-1).
Le festival des cagades continue : c’est maintenant Anton Lundell qui fait un abandon de passe (et non une passe-abandon) à Heinola, alors que Max Sasson arrive en direction du but, mais sans concrétiser cette généreuse offrande. Et pour finir « en beauté » la période sûrement la plus catastrophique de sa jeune carrière, le pauvre Ryan Leonard se fait contrer par Määttä en zone offensive, puis presser par Puistola en reculant jusqu’à sa propre ligne bleue. Il finit par perdre le palet et faire faute.
La Finlande commence donc le deuxième tiers-temps en avantage numérique. Son premier bloc est maladroit en finition mais il reste vingt secondes à la seconde unité… et ça lui suffit : Mikko Lehtonen décale dans le cercle gauche Lenni Hämeenaho qui reprend de volée au premier poteau (4-1). Trente secondes plus tard, un centre d’Olli Määttä est coupé par la crosse de Saku Mäenalanen et dévié exactement sous la mitaine de Joseph Woll (5-1).
Don Granato demande aussitôt à Devin Cooley de s’équiper : il n’avait pas fait de ce gardien venu de nulle part son titulaire malgré sa bonne saison en NHL, il va peut-être réviser son changement. Le choc psychologique fonctionne moyennement sur les Américains. Vili Saarijärvi s’appuie en une-deux sur Hämeenaho et reçoit le retour de passe en arrivant seul au but… mais rate le cadre. Et même quand les blancs s’installent enfin en zone offensive, Sam Lafferty balance sa crosse dans le visage de Jokiharju : non, ça ne se fait pas, rappellent les arbitres.
Heureusement pour Devin Cooley, la pénalité est tuée. Son équipe est toujours dominée à 5 contre 5 mais il réussit deux bons arrêts face à Heinola : l’un après une redoutable passe de derrière la cage de Barkov, l’autre sur un lancer plus excentré mais avec la présence imposante de Puljujärvi dans son champ de vision. Hämeenaho est proche du triplé sur un tir dévié, mais l’épaule de Cooley détourne encore de justesse.
Encore un mauvais geste de frustration, Lindgren charge Merelä avec la crosse. Les États-Unis se procurent tout de même une bonne occasion en infériorité numérique : Max Sasson centre sur Alex Steeves qui signe une belle feinte mais voit son revers bloqué par le gant d’Annunen. Le match reste très ouvert et agréable, même si le résultat est plus désagréable pour les fans américains.
Opération caritative en début de troisième période : les Finlandais, qui se sont beaucoup relâchés, se mettent à trois pour consoler Ryan Leonard, dont l’expression faisait vraiment peine à voir. Le premier est Eemil Erholtz. Évacué brutalement de sa position devant la cage par Nelson, il n’écoute pas l’arbitre qui lui dit « No no no no » en voyant les joueurs prêts à en découdre et lui met une droite : deux minutes de pénalité. Sur l’engagement, Olli Määttä dégage dans les tribunes. Les États-Unis sont donc à 5 contre 3. Nouvelle mise au jeu, tir sur réception de Ryan Ufko, et c’est maintenant Annunen qui laisse un mauvais rebond dans l’axe. Leonard le remercie et exulte après ce but (6-1, photo ci-dessous).
Enfin remis en selle, les Américains se déchaînent dans ce troisième tiers et mènent 11 tirs à 3, mais Paul Cotter vient charger violemment Puistola après le coup de sifflet. Comme pour Erholtz, un geste d’humeur alors que le jeu est arrêté. En six secondes à peine, Anton Lundell lance dans les bottes du gardien et utilise le rebond qui finit par lui revenir (6-1). Cooley aura donc lui aussi encaissé son but. L’espoir d’un retour américain s’achève et le jeu se calme, dans tous les sens du terme.
En passant du temps à bercer sa petite fille agée d’un mois, Matthew Tkachuk s’est utilement entraîné. Il va en effet devoir rassurer cette jeune équipe américaine en plein désarroi. Pour le gardien Joseph Woll, après ses 50% d’arrêts aujourd’hui, il est peut-être déjà trop tard. Pas sûr qu’on le revoie dans le tournoi.
La Finlande, elle, fait carton plein avec 9 points sur 9, même sans Granlund. Un exemple de sa domination, les mises au jeu : elle en a gagné 40, contre 16 aux États-Unis, qu’on a sans doute jamis connu aussi faibles dans ce secteur dans leur histoire…
Désignés joueurs du match : Lenni Hämeenaho pour la Finlande et Matt Coronato pour les États-Unis.

Finlande – États-Unis 6-2 (3-1, 2-0, 1-1)
Lundi 18 mai 2026 à 16h20 à la Swiss Life Arena de Zurich. 9206 spectateurs.
Arbitres : Tobias Björk (SUE) et Tomáš Hronský (SVK) assistés de Brian Bickhoff (CAN) et Jiří Ondráček (TCH).
Pénalités : Finlande 6’ (2’, 0’, 4’) ; États-Unis 10’ (4’, 4’, 2’).
Tirs : Finlande 28 (8, 9, 11) ; États-Unis 32 (7, 7, 18).
Évolution du score :
1-0 à 06’06” : Hämeenaho
1-1 à 07’44” : Coronato assisté de Moore
2-1 à 08’45” : Puistola assisté de Hämeenaho et Määttä
3-1 à 14’10” : Räty assisté de Lehtonen et Björninen
4-1 à 21’26” : Hämeenaho assisté de Lehtonen et Kukkonanen (sup. num.)
5-1 à 21’57” : Mäenalanen assisté de Määttä et Merelä
5-2 à 43’21” : Leonard assisté d’Ufko et Faulk (double sup. num.)
6-2 à 46’33” : Lundell (sup. num.)
Finlande
Attaquants :
Sakari Manninen – Aleksander Barkov (C) – Jesse Puljujärvi
Patrik Puistola (+2) – Anton Lundell (+1) – Lenni Hämeenaho (+3)
Janne Kuokkanen (-1) – Aatu Räty – Eemil Erholtz (-1, 2’)
Saku Mäenalanen (+1) – Hannes Björninen (+2) – Waltteri Merelä (+1)
Défenseurs :
Ville Heinola (+1) – Urho Vaakanainen (+1)
Mikko Lehtonen (A, -1) – Henri Jokiharju (2’)
Olli Määttä (A, +2, 2’) – Nikolas Matinpalo (+2)
Vili Saarijärvi (+1)
Gardien :
Justus Annunen
Remplaçant : Joonas Korpisalo (G). Non équipé : Harri Säteri (G), Mikael Seppälä (D). Blessé : Teuvo Teräväinen (A).
États-Unis
Attaquants :
Alex Steeves (-1) – Tommy Novak (-2) – Ryan Leonard (-1, 4’)
Isaac Howard (-2) – Oliver Moore – Matt Coronato (-1)
Paul Cotter (2’) – Max Sasson – Mathieu Olivier (A)
James Hagens – Danny Nelson – Max Plante
Sam Lafferty (-1, 2’)
Défenseurs :
Mason Lohrei – Justin Faulk (C, +1)
Ryan Lindgren (A, 2’) – Will Borgen
Wyatt Kaiser (-3) – Connor Clifton (-3)
Ryan Ufko (-1)
Gardien :
Joseph Woll puis à 21’57” Devin Cooley
Non équipés : Drew Commesso (G), Declan Carlile (D).













































