À première vue, ce duel de derniers de poules n’incite guère à l’euphorie ; le Bélarus et l’Autriche n’ont marqué que… quatre buts à eux deux en phase initiale ! Si les Autrichiens sont à la place attendue, les Biélorusses ont énormément déçu. Il aura fallu qu’ils soient dos au mur contre la France pour enfin déployer un jeu un peu plus conforme à leur pedigree. Les hommes d’Eduard Zankovets s’annoncent quand même favoris des barrages. Les Autrichiens, quant à eux, devraient connaître un chemin de croix. La confiance accumulée en préparation, notamment contre le pays hôte de ces Mondiaux, est retombée comme un soufflé, surtout la veille contre la Norvège (0-5). Le bref repos (moins de 24 heures) risque aussi de jouer en leur défaveur.

Aucune des deux équipes n’a ouvert le score depuis vendredi dernier. Celle qui le fera aujourd’hui prendra un net avantage sur son rival. Ce sont les Biélorusses qui font mouche les premiers, et ce assez rapidement : Andrei Kostitsyn passe à Yevgeni Kovyrshin à l’entrée du cercle droit et ce dernier, malgré l’avancée du gardien Jürgen Penker, arrive à marquer d’un backhand en suspension (1-0, 04’06). Les Slaves avaient installé le jeu en zone autrichienne depuis un petit moment et s’y sentent bien même après leur réalisation. En supériorité numérique, Andrei Stepanov reprend un rebond d’un revers de bâton mais Penker tend la jambe et repousse au poteau droit (07’03). L’Autriche recule de plus en plus.

Dmitri Meleshko relance à gauche et sert Mikhaïl Grabovski qui arrive dans son dos et relaie l’action jusqu’à la sortie du cercle où il enfile l’aiguille (2-0, 17’17). Le « one timer » de Kostitsyn plein axe termine lui aussi au fond (3-0, 18’57). Le gardien autrichien fait les frais de la débâcle des siens en cédant sa place à Fabian Weinhandl à la pause.

La rencontre ressemble à s’y méprendre à celui de la veille, lorsque la Norvège s’était juste contenté d’attendre les erreurs des Autrichiens. Pas vraiment besoin de longtemps patienter en fait, tellement les imperfections des Blancs sont récurrentes. Alors que l’Autriche était dans une bonne séquence en attaque, Thomas Koch, en bonne position de tir à l’entrée du cercle droit, se plante dans son contrôle et le palet est repris par Demagin. Le Biélorusse conclut son breakaway dans les filets (5-0, 32’49).

Zankovets demande un temps-mort et au retour sur la glace, Dmitri Korobov envoie un missile plein axe deux mètres après la « bleue » et atteint sa cible avec succès (6-1, 42’53). Comme son camarade Aleksandr Kulakov dans le cercle gauche après que Kovyrshyn lui a permis de filer seul avec le palet dans leur zone défensive (7-1, 51’55). Enfin, après un engagement à droite, Thomas Hundertpfund, qui n’a pas joué les deux premières périodes, se retourne et frappe de suite. C’est contré par Mezin, mais Schiechl reprend le rebond au poteau gauche et permet aux siens de conserver l’écart de buts enregistré en début de tiers (7-2, 53’29). Une petite victoire en somme.
En conférence de presse d’après-match, un journaliste pose la question suivante à Bill Gilligan : « Avez-vous déjà coaché une équipe aussi pauvre ? ». Ce à quoi le technicien de l’Autriche répond, pas du tout outré de l’insolence du scoliaste : « Je suis persuadé que l’équipe est capable de mieux. » Ouais. L’air peu convaincant de l’Américain répondant à lui seul à la question.
Désignés joueurs du match : Yevgeni Kovyrshin (Bélarus) et Robert Lukas (Autriche).
Commentaires d’après-match
Eduard Zankovets (entraîneur du Bélarus) : « Tous les joueurs ont été bons. On a essayé d’être offensifs dès le début. On s’est efforcés de mettre le palet en zone d’attaque. C’était une bonne chose de mettre trois buts dans le premier tiers, nous n’avions pas pu ouvrir le score sur les rencontres précédentes. C’est bon pour la confiance. Je ne dirais cependant pas que c’est parfait. Si on compare par exemple à notre match de préparation contre les Tchèques, nous avons été moins bons, notamment en défense. Je ne veux pas offenser les Autrichiens, mais apparemment ils n’était pas capables de rivaliser dans la lutte pour le maintien. Cela ne donne que plus d’importance au prochain match contre la Lettonie. »
Bélarus – Autriche 7-2 (3-0, 2-0, 2-2)
Jeudi 5 mai 2011 à 16h15 à la Steel Aréna de Košice. 4483 spectateurs.
Arbitres : Vyacheslav Bulanov (RUS) et Antonín Jeřábek (TCH) assistés de Milan Novák (SVK) et Sirko Schulz (ALL).
Pénalités : Bélarus 12’ (2’, 4’, 6’) ; Autriche 18’ (4’, 6’, 8’)
Tirs : Bélarus 30 (14, 10, 6) ; Autriche 21 (5, 7, 9)
Évolution du score :
1-0 à 04’06” : Kovyrshin assisté de Kostitsyn et Kulakov
2-0 à 17’17” : Grabovski assisté de Meleshko et Stasenko
3-0 à 18’57” : Kostitsyn assisté de Kulakov et Kovyrshin
4-0 à 30’17” : Demkov
5-0 à 32’49” : Demagin (inf. num.)
5-1 à 40’47” : Setzinger assisté de Werenka et Koch (sup. num.)
6-1 à 42’53” : Korobov assisté de Kostitsyn et Stepanov (double sup. num.)
7-1 à 51’55” : Kulakov assisté de Kovyrshin
7-2 à 53’29” : Schiechl assisté de Hundertpfund
Bélarus
Attaquants :
Dmitri Meleshko (+1, 2’) – Mikhail Grabovski (C, +1) – Aleksei Ugarov (+1)
Andrei Mikhalyov (A, 6’) – Andrei Stas (+1) – Sergei Demagin (+1)
Andrei Kostitsyn (+3) – Evgeni Kovyrshin (+3) – Aleksandr Kulakov (+3)
Andrei Stepanov – Aleksandr Kitarov – Artyom Demkov
Défenseurs :
Viktor Kostyuchyonok (A, +3) – Dmitri Korobov (+2)
Aleksandr Ryadinski (-1, 2’) – Kirill Gotovets
Nikolai Stasenko (+2) – Oleg Goroshko (+2)
Sergei Kolosov (+2, 2’)
Gardien :
Andrei Mezin
Remplaçants : Sergei Shabanov (G), Aleksandr Pavlovich. En réserve : Vladimir Denisov (blessé), Sergei Drozd, Dmitri Milchakov (G).
Autriche
Attaquants :
Matthias Trattnig (-3) – Thomas Koch (A, -1) – Oliver Setzinger (A, -2)
Daniel Welser (-3) – Roland Kaspitz (-3) – Thomas Raffl (-4)
Philipp Lukas (-1) – Manuel Latusa – Rafael Rotter (-1)
Patrick Harand (+1) – Michael Schiechl – Markus Peintner
Thomas Hundertpfund (+1)
Défenseurs :
Darcy Werenka (-2) – Gerhard Unterluggauer (C, -1)
Johannes Reichel (-3) – Martin Schumnig (-1)
Robert Lukas (-2) – Philippe Lakos (-1)
Mario Altmann (+1)
Gardien :
Jürgen Penker puis Fabian Weinhandl à 20’00”
En réserve : Rene Swette (G), Michael Raffl, Marco Pewal.











































