
Après quatre jours d’interruption consacrés au deuil, la KHL a repris ses droits, sans cérémonie festive et avec un club de moins. Le Lokomotiv reprendra la compétition en décembre dans la ligue inférieure (VHL) où son classement sera déterminé par son pourcentage de points remportés puisqu’il aura moins joué que ses concurrents. Dès la saison prochaine, il sera réintégré en KHL. En attendant, la division Tarasov est orpheline de son favori, et les autres équipes compensent par des confrontations supplémentaires.

L’intersaison fut donc polémique. L’entraîneur Milos Riha a plié bagages dans des conditions houleuses, entre lettre ouverte des supporters déçus, accusations de chantage et autres invectives. Il a emmené avec lui à Saint-Pétersbourg l’entraîneur des gardiens Jussi Parkkila et deux joueurs (Fedor Fedorov et Ivan Nepryaev). Les vedettes offensives sont parties, Mozyakin à Magnitogorsk et Marek définitivement, puisqu’il avait pris la route tragique de Yaroslavl.
Malgré son positionnement de victime du marché, l’Atlant a recomposé un effectif tout aussi prestigieux. Le directeur général Andrei Berevko prétend que le nouvel entraîneur est moins cher que Riha, ce qui a de quoi surprendre quand on sait qu’il s’agit de Bengt-Åke Gustafsson, le seul sélectionneur à avoir remporté JO et Mondiaux la même année en 2006. Et ce n’est pas le seul nouveau à pouvoir se vanter d’un palmarès prestigieux : le champion du monde slovaque Janne Niskala est le nouveau meneur défensif et le champion du monde finlandais 2002 Branko Radivojevic le nouveau pilier offensif.
BÅG appliquera la même tactique que pendant cinq ans aux commandes des Tre Kronor : défense rigoureuse et agressive, transitions rapides. Un système de jeu qui requiert la participation active de chacun. Or il va falloir composer avec les deux recrues-phares, qui sont deux typiques individualités russes : les deux anciens joueurs de NHL Aleksei Kovalev et Nikolaï Zherdev y ont toujours eu la réputation de talents égoïstes et peu concernés par le collectif. De la performance de ces deux attaquants imprévisibles dans les schémas tactiques rigoristes à la suédoise dépendra la saison de l’Atlant.

La répartition des rôles n’a donc pas été modifiée. Il y a toujours deux lignes étrangères et deux lignes locales en attaque. Après le départ du premier bloc, les Canadiens sont cependant destinés à prendre plus d’importance. Le chouchou du public Geoff Platt et Daniel Corso sont rejoints par leur compatriote Charles Linglet qui avait cartonné à Nijni Novgorod sur une ligne nord-américaine à gros temps de jeu.
En défense, on ne recense que deux internationaux titulaires, Vladimir Denisov de retour de Suisse et le jeune Dmitri Korobov. Révélé en équipe nationale aux derniers championnats du monde, Oleg Goroshko a été pris après un essai, sans temps de jeu réellement consolidé. Il faut dire que la défense a de la gueule. Les Slovaques y tiennent une place importante : l’expérimenté Jaroslav Obsut a été engagé comme capitaine, l’offensif Peter Podhradsky est le seul joueur du cinq majeur à être revenu après un court passage à Magnitogorsk, et Tomas Slovak a été engagé pour compléter le banc. Mais ils ne sont pas les seuls : la solidité de Lukas Krajicek a été la clé défensive du champion tchèque Trinec, et le vétéran finlandais réhabilité Jere Karalahti semble en avoir fini avec ses vieux démons.
Même dans les cages, Andrei Mezin reçoit du soutien (et/ou de la concurrence) avec le rapide gardien canadien Kevin Lalande. Depuis trois ans, le Dinamo Minsk n’avait jamais eu de défense digne de ses ambitions. Il l’a peut-être trouvée.

La KHL a donc décidé d’opérer une distinction entre les départs conflictuels et les départs en bonne intelligence , en procédant à des investigations au cas par cas. Ce travail devrait aider à clarifier les relations avec la NHL en présentant des listes sans ambiguïté de joueurs libres ou non. Les décisions ont été vertement contestées par le Severstal Cherepovets, qui a vu ses revendications sur Yuri Aleksandrov et Viktor Tikhonov balayées. Les deux joueurs, rentrés d’une saison en AHL, finiront par signer librement à Saint-Pétersbourg. Quand on serre la main d’un joueur en lui souhaitant bonne chance, explique-t-on en substance du côté de la KHL, c’est qu’on a donné blanc-seing à son départ. Le défaut de ce raisonnement est que les clubs pourraient être tentés de ne plus jamais laisser partir personne à l’amiable et de pratiquer une gestion par le conflit pour sauvegarder leurs intérêts…
Le Severstal sait ce qu’il lui reste à faire : garder ses joueurs. Le jeune entraîneur Dmitri Kvartalnov disposera ainsi toujours du gardien international Vassili Koshechkin, des deux cadres défensifs Ondrej Nemec et Maksim Chudinov, ainsi que de ses quatre meilleurs marqueurs (Vadim Shipachev, Josef Straka, Aleksei Tsvetkov et Evgeni Ketov). Le seul départ important est celui du roc moscovite Kirill Lyamin (recruté par Omsk), mais il a été remplacé par du plus solide encore avec le défenseur Staffan Kronwall. Les ingrédients semblent donc en place pour que le retour dans la première moitié du tableau soit confirmé.

Hors de question de rejouer le recrutement Hollywood, le Torpedo n’en a pas les moyens et ne l’a pas pris pour ça. On a fait attention à ne pas engager de simples oiseaux de passage. Les deux meilleurs marqueurs Ryan Vesce et Matt Ellison ont été gardés. L’international suédois Martin Thörnberg a été choisi comme nouveau renfort, outre sa percussion bien connue, grâce à sa fidélité au HV71 qui est un gage de confiance.
Comme nouvel entraîneur, Levitsky a choisi par la nouvelle valeur-étalon de la KHL : le Finlandais. Et quelle meilleure référence au pays des mille lacs que Kari Jalonen, 4 fois champion de SM-liiga sur les 7 dernières années. Il est à la recherche d’un nouveau défi, sa première expatriation depuis sa reconversion sur le banc même s’il a voyagé en tant que joueur (NHL, Suède et France). Il prend en main une formation qui ne compte que deux de ses compatriotes, le défenseur Juuso Hietanen et le gardien Pekka Tuokkola. Ce dernier effectue sa première expérience à l’étranger dans l’absolu et affronte une sacrée concurrence puisque son collègue est l’international biélorusse Vitali Koval.

Ancien préposé aux bagarres arrangées de la LNAH, Jon Mirasty passerait presque pour un chaton à côté de Brennan et Yablonski. Dès les premières semaines, les deux recrues de choc se sont fait connaître de toute la KHL en entraînant dans une échauffourée Gelashviki, le gardien de Magnitogorsk. Deux longues suspensions pour commencer, qui en préfigurent d’autres : passeront-ils plus de matches sur la glace ou en sanction disciplinaire ? Même au sein des supporters de Chekhov, certains préfèreraient la seconde solution.
La mise en cage des deux gorilles permet en effet à l’équipe de se concentrer sur le hockey, ce qui met en valeur ses jeunes talents. L’entraîneur Andrei Nazarov met en avant l’autre visage du Vityaz, celle d’un club qui fait confiance aux jeunes. Il a ainsi fait venir un second champion du monde, Nikita Dvurechensky (barré au Dynamo Moscou) en plus d’Artemi Panarin qui est à 19 ans le leader offensif de l’équipe et est déjà assistant-capitaine !
Le nouveau capitaine qui doit encadrer les jeunes est Daniil Markov, mais l’ancien défenseur de NHL, surtout connu en Russie pour une arrestation musclée au volant par la police. a manqué le premier mois de championnat en raison d’une fracture de la mâchoire survenue… en dehors du hockey. On n’en saura pas plus. Chekhov reste quand même un environnement particulier.






































