Le développement contrarié du Danemark

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Le Danemark se gargarise de son développement spectaculaire. Cela fait dix ans que Frans Nielsen est devenu le premier joueur danois à évoluer en NHL, et cette saison lui et ses compatriotes sont déjà neuf. Sur la base de ce seul critère, ce pays devrait indubitablement être une nation du top-10 mondial… mais dans les faits, il peine à le prouver.

JENSEN Nicklas 160518 179Une anomalie majeure demeure : le Danemark n’a encore jamais réussi à se qualifier aux Jeux olympiques, ce qui serait d’une grande aide médiatiquement pour exister derrière le football et le handball omniprésents. Il y a quatre ans, chez lui à Vojens, il a vécu une terrible désillusion à domicile contre la Slovénie. La dernière excuse, l’indisponibilité des joueurs NHL, ne tient plus : le déplacement du tour de qualification olympique en septembre garantit leur participation, et les Danois arrivent donc avec la « meilleure équipe de leur histoire » (expression employée de plus en plus souvent compte tenu de leurs progrès continuels).

Le grand gardien Frederik Andersen n’avait plus revêtu le maillot national depuis la dernière qualification olympique, il est de retour et a été très solide lors du match de préparation en Lettonie (3-0) avec un positionnement très sûr pour couvrir la cage. Le Danemark tout entier a été impressionnant à Riga. Il a contrôlé le match avec de la vitesse.

Il lui faut être au point car sa position de départ s’est dégradée : quelques années poussives en championnat du monde (avant un quart de finale survenu trop tard en 2016 pour être pris en compte dans le tableau de qualification olympique) et l’incroyable qualification de la Slovénie en quart de finale des derniers JO fait que le Danemark, non seulement ne reçoit plus, mais n’est même que tête de série n°3 de sa poule. Au lieu de rencontrer l’équipe la plus faible, les Danois affrontent donc d’entrée le Bélarus, pays organisateur soutenu par 15 086 spectateurs.

Des spectateurs de Minsk qui ont de quoi être inquiets, car le Danemark fait preuve de son atout majeur, son explosivité. Dès la troisième minute, Nicklas Jensen prend de la vitesse, repique au centre et démontre encore sa qualité de tir, comme aux derniers Mondiaux, en décrochant la lucarne (1-0). Le public craint le pire et se croit maudit à la huitième minute quand le gardien Kevin Lalande se fait percuter par Mikkel Bødker. Le scénario-catastrophe que tout un pays redoute est en effet une blessure du gardien naturalisé, dont la doublure Karnaukhov est inexpérimentée. Ouf, il se relève…

GRABORENKO Roman 140511 235Le Bélarus retourne finalement la situation en s’appuyant sur ce que son entraîneur disait redouter le plus de la part des Danois : des transitions rapides avec des passes diagonales précises. Cette transition, c’est Andrei Stas qui la réalise en s’appuyant sur la ténacité de Charles Linglet. Le 3 contre 1 est conclu par Aleksandr Pavlovich sur ce qui est le premier tir biélorusse dangereux. Le Danemark bénéfice ensuite de l’unique avantage numérique de la première période… et laisse partir Lisovets et Volkov à 2 contre 1 en infériorité (1-2).

Deux contre-attaques de ce type ont de quoi refroidir les ardeurs. Le début de deuxième période est moins intense. Le Danemark est plus prudent, le Bélarus gère. Le jeu s’anime au fil des minutes. Un lancer de la bleue de Roman Graborenko frappe le poteau. Puis les Danois se font plus pressants avant la seconde pause, en vain.

Les frères Kostsitsyn doivent se racheter de leur dernier Mondial désastreux, et le plus jeune, Sergei, est peut-être le joueur biélorusse le plus actif. Il n’est pas en réussite… jusqu’à son but en avantage numérique au début du troisième tiers-temps (1-3). Le Danemark gâche une chance de revenir quand Mads Christensen rate une cage grande ouverte une minute plus tard. Le coup de grâce est porté quand Jesper B. Jensen perd le palet dans sa zone défensive face à Geoff Platt, qui décale alors Stas pour le 1-4.

Les Danois n’abandonnent pas espoir. Ils sortent leur gardien, et réduisent même le score par un slap du cercle droit de Jannik Hansen, mais Sergei Kostitsyn conclut en cage vide (2-5). Trois buts d’écart rédhibitoires pour la qualification, même dans des cas d’égalité à trois. Après avoir fait illusion pendant dix minutes, le Danemark devra encore attendre quatre ans de plus pour son rêve olympique. Il devra surtout soigner son championnat du monde à domicile en 2018 pour servir de vitrine.

Désignés joueurs du match : Philip Larsen pour le Danemark et Kevin Lalande pour le Bélarus.

 

Danemark – Bélarus 2-5 (1-2, 0-0, 1-3)
Jeudi 1er septembre 2016 à 19h00 à la Minsk Arena. 15086 spectateurs.
Arbitrage de Daniel Piechaczek (ALL) et Marcus Vinnerborg (SUE) assistés de Martin Korba (SVK) et Anton Semjonov (EST).
Pénalités : Danemark 10 (0′, 4′, 6′), Bélarus 24′ (2′, 4′, 8’+10′).
Tirs : Danemark 32 (10, 12, 10), Bélarus 22 (7, 7, 8).

Évolution du score
1-0 à 02’46 » : N. Jensen assisté de Mi. Bødker
1-1 à 11’50 » : Pavlovich assisté de Linglet et Stas
1-2 à 17’08 » : Volkov assisté de Lisovets (inf. num.)
1-3 à 43’46 » : S. Kostitsyn assisté de Graborenko (sup. num.)
1-4 à 53’17 » : Stas assisté de Platt
2-4 à 58’41 » : Hansen assisté de Ehlers et F. Nielsen (double sup. num.)
2-5 à 59’24 » : S. Kostitsyn (cage vide)

Danemark

Attaquants :
Mikkel Bødker (-1, 2′) – Frans Nielsen (C, -2) – Nicklas Jensen (-2, 2′)
Nikolaj Ehlers (-2) – Peter Regin (A, -1) – Oliver Bjorkstrand
Nichlas Hardt (-2, 2′) – Morten Madsen – Jannik Hansen (-2)
Fredrik Storm – Morten Green (A) – Mads Christensen
Mathias Bau Hansen

Défenseurs :
Daniel Nielsen (2′) – Oliver Lauridsen (2′)
Philip Larsen (-3) – Jesper B. Jensen (-1)
Stefan Lassen – Markus Lauridsen
Emil Kristensen

Gardien :
Frederik Andersen [sorti de 56’42 » à 58’41 » et de 58’50 » à 59’24 »].

Remplaçant : Sebastian Dahm (G).

Bélarus

Attaquants :
Andrei Kostitsyn (-1) – Sergei Kostitsyn (A) – Artur Gavrus (-1, 2′)
Charles Linglet (+2) – Andrei Stas (C, +2, 4’+10′) – Geoff Platt (+1)
Andrei Stepanov (2′) – Yevgeni Kovyrshin (2′) – Aleksandr Kulakov (A)
Stanislav Lopachuk (+1) – Artyom Volkov (+1, 2′) – Aleksandr Pavlovich (+3)
Aleksandr Kitarov

Défenseurs :
Yevgeni Lisovets (+3) – Nikolai Stasenko (+3)
Oleg Yevenko (-1) – Roman Graborenko (-1, 2′)
Kirill Gotovets (+1) – Nick Bailen (+1)
Kristian Khenkel

Gardien :
Kevin Lalande

Remplaçant : Mikhaïl Karnaukhov (G).

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