Plus de dix mille spectateurs se pressent dans l’Arena Riga pour un match à très fort enjeu. Ce sont peut-être les deux meilleures équipes de ce dernier tour de qualification olympique, mais elles sont dans la même poule. L’Allemagne paie en effet au classement IIHF… sa non-qualification aux précédents JO ! Elle doit briser le cercle vicieux.
Les Allemands ont engrangé pas mal de confiance avant ce match décisif. Cela se ressent y compris dans les arrêts sûrs de leur gardien Philipp Grubauer en début de rencontre, quand il faut surmonter les deux minutes de prison de Yannic Seidenberg pour obstruction. La première pénalité balte contre Arvids Rekis (faire trébucher) est en revanche fatale, avec une passe transversale de Patrick Reimer pour la reprise directe de Leon Draisaitl (0-1).
Felix Schütz et Patrick Hager avaient déjà porté l’Allemagne aux derniers Mondiaux. Même en l’absence du troisième homme de leur ligne Philip Gogulla, forfait en raison du mariage de son frère, le duo continue à se trouver parfaitement. Quand l’un attaque la cage avec un style direct, l’autre lui passe dans le bon timing. Cela fonctionne aussi avec un rebond du gardien, 12 secondes après la fin d’une pénalité de Bartulis. Schütz suit ainsi un tir de Hager pour transpercer à bout portant Kristers Gudlevskis qui s’étend en papillon (0-2). Quelques minutes plus tard, le gardien de l’organisation de Tampa Bay est remplacé dans les cages par Elvis Merzlikins.
Pas de souci de cet ordre pour les Allemands. L’absence pour raisons personnelles de Thomas Greiss (alors que le gardien des New York Islanders sera là à la coupe du monde de NHL) ne dérange personne car Philipp Grubauer gère parfaitement la situation en seul titulaire. Il a eu très peu de travail contre le Japon et l’enchaînement des rencontres n’a donc pas été difficile. Grubauer signe un double-arrêt décisif devant Lauris Darzins qui s’est présenté seul pendant une pénalité de Kink (accrocher). Après quasiment 155 minutes d’invincibilité, le portier des Washington Capitals finit par s’incliner devant Miks Indrasis, qui profite d’une faute similaire de David Wolf (1-2).
Chaque pénalité vaut extrêmement cher. Boyle part en prison (faire trébucher) et le vétéran Martins Karsums permet à la Lettonie de finir à 31% de réussite en avantage numérique. Néanmoins, l’Allemagne fera encore mieux à 50% (7/14). Sa seconde unité de powerplay menée par Schütz a été plus efficace les premiers jours. La première unité a pris le relais ce soir et marque le but vainqueur 14 secondes après une pénalité de Daugavins (faire trébucher). C’est Tom Kühnhackl, bien placé au poteau opposé, qui inscrit en deux temps ce but gagnant, deux mois après avoir soulevé la Coupe Stanley (2-3). Il qualifie l’Allemagne aux JO, 40 ans après la médaille olympique de son père légendaire.
Coéquipier du papa en 1976 lors de l’exploit d’Innsbruck, Franz Reindl confirme de son côté que cette qualification prolonge par une clause automatique le contrat de Marco Sturm : son mandat ne s’arrête plus aux Mondiaux 2017 à Cologne et Paris, mais couvrira aussi la saison 2017/18, une saison olympique pour l’Allemagne. Ce ne sera pas le cas pour la Lettonie qui s’est retrouvée démunie en devant improviser pour aborder ce tournoi avec un sélectionneur au pied levé.
Désignés joueurs du match : Martins Karsums pour la Lettonie et Tom Kühnhackl pour l’Allemagne.
Commentaires d’après-match :
Franz Reindl (président de la fédération allemande) : « Il y avait une pression gigantesque, mais l’équipe l’a admirablement gérée. Marco [Sturm] a focalisé et préparé l’équipe, tout fonctionne. Marco a vraiment grandi et pris l’ampleur de sa mission. Au début c’était encore un joueur qui avait changé de fonction. Maintenant, c’est le sélectionneur national. »
Haralds Vasilevs (entraîneur de la Lettonie) : « Félicitations aux adversaires pour leur victoire. Je tiens à remercier tout les membres du staff pour leur aide. Je tiens également à remercier [le président de la fédération] Kirovs Lipmans, qui m’a confié la direction de l’équipe. Malheureusement, nous perdons ce match, mais nous avons vu que cette équipe a du caractère. Il y a des choses qui doivent être discutées au sein de l’équipe. Ces choses inachevées se sont avérés fatidiques. Aujourd’hui, nous avons encaissé des buts en quelques instants. Des petits riens fatidiques. Le jeu à 5 contre 5 était bon. Nous avons joué de manière agressive et intéressante. Le changement de gardien était un signal à l’équipe pour changer le cours du jeu, ça a réussi. Il nous manque des joueurs. J’aurais voulu utiliser Herberts [NDLR : son fils], mais il est blessé. Il pourrait unir les nouveaux et apporter son expérience. Nous avons aussi besoin de joueurs spécifiques en infériorité numérique. »
Martins Karsums (attaquant de la Lettonie) : « La vie ne s’arrête pas là. Je ne me souviendrai de cette semaine qu’avec des émotions positives, même si nous avons perdu le match décisif. Je n’avais pas joué avec ces gars depuis longtemps à cause de mon genou. C’est agréable d’avoir été sélectionné dans la meilleure composition pour la qualification olympique. Physiquement, nous étions aussi prêts qu’eux, voire mieux. C’était comme une finale et il fallait se donner à 100%, ce que nous avons fait. Je ne savais pas pourquoi on avait changé de gardien. Sur le moment, je pensais que Kristers Gudļevskis était peut-être blessé. À 0-2, nous savions n’avoir rien à perdre. La majorité des buts marqués n’étaient pas de l’improvisation, c’était élaboré à l’entraînement. »
Lettonie – Allemagne 2-3 (0-1, 1-1, 1-1)
Dimanche 4 septembre 2016 à 18h00 à l’Arena Riga. 10 035 spectateurs.
Arbitres : Martin Frano (TCH) et Aleksi Rantala (FIN) assistés de René Jensen (DAN) et Rudolf Tošenovjan (TCH).
Pénalités : Lettonie 6’ (2’, 2’, 2’) ; Allemagne 10’ (2’, 4’, 4’).
Tirs : Lettonie 28 (7, 12, 9) ; Allemagne 27 (9, 10, 8).
Évolution du score :
0-1 à 16’18” : Draisaitl assisté de Kühnhackl et Reimer (sup. num.)
0-2 à 24’51” : Schütz assisté de Hager et Kahun
1-2 à 34’55” : Indrašis assisté de Bartulis et Daugaviņš (sup. num.)
2-2 à 46’19” : Karsums assisté d’Indrašis et Daugaviņš (sup. num.)
2-3 à 54’51” : Kühnhackl assisté de Macek et Draisaitl (sup. num.)
Lettonie
Attaquants :
Kaspars Daugaviņš (C, -1, 2’) – Mārtiņš Karsums (-1) – Miks Indrašis
Lauris Darzinš (A) – Andris Džerinš – Miķelis Rēdlihs
Roberts Bukarts – Zemgus Girgensons – Gints Meija (A)
Ronalds Ķēniņš – Vitālijs Pavlovs – Mārtiņš Dzierkals
Rodrigo Ābols
Défenseurs :
Artūrs Kulda (-1) – Oskars Bārtulis (-1, 2’)
Kristaps Sotnieks – Krišjanis Rēdlihs
Arvīds Reķis (-1, 2’) – Georgijs Pujacs
Ralfs Freibergs
Gardien :
Kristers Gudļevskis puis à 28’24” Elvis Merzļikins [sorti à 59’14”]
En réserve : Edgars Masalskis (G).
Allemagne
Attaquants :
Yannic Seidenberg (2’) – Marcel Goc (C, 2’) – Marcus Kink (A, 2’)
Tom Kühnhackl – Patrick Hager (+1) – Felix Schütz (+1)
Brooks Macek – Leon Draisaitl – Tobias Rieder (+1)
David Wolf (2’) – Dominik Kahun (+1) – Patrick Reimer
Gerrit Fauser
Défenseurs :
Christian Ehrhoff (A) – Korbinian Holzer
Dennis Seidenberg – Moritz Müller
Sinan Akdag – Frank Hördler (+1)
Daryl Boyle (2’)
Gardien :
Philipp Grubauer
Remplaçant : Dennis Endras (G). En réserve : Timo Pielmeier (G).











































