Brest – Val Vanoise (Division 1, 13e journée)

40

In extremis

Deux jours après leur exploit face à Angers, les Albatros doivent déjà se remettre à l’ouvrage en championnat pour tenter de se défaire de Val Vanoise, équipe inédite au Rïnkla Stadium et qui a la réputation d’être coriace.

L’éventuel excès de débauche d’énergie pour obtenir la qualification 48 heures plus tôt est le facteur X de cette rencontre pour les Albatros. Mais on peut penser que les jambes seront également lourdes en face après un long trajet en provenance des Alpes. Les Bretons sont au complet chez les titulaires avec la présence de la dernière recrue Jakub Schwarz. Le jeune Tchèque était déjà présent jeudi mais il n’a que peu joué et Sylvain Codère semble encore chercher où l’intégrer dans l’équipe.

Du côté des Bouquetins, l’absence de Jan Zmeskal en défense force les hommes de Pierre Rossat-Mignod à tourner à cinq sur les lignes arrières. Mais ils peuvent compter sur le soutien dans les gradins de proches de Quentin Chevassu pour « combler » d’un point de vue moral ce manque. Le match débute bien pour les visiteurs. Ils profitent d’une mauvaise passe de Charlie Doyle en zone défensive vers un coéquipier qui a le dos tourné pour placer un slap dangereux de Kiviranta détourné par le bouclier de Duquenne (1’13’’).

Jakub Bernard est ensuite envoyé au cachot deux minutes pour accrocher (1’51’’). L’occasion de voir pour la seule fois de la soirée Jakub Schwarz, utilisé par le coach en infériorité numérique. Pas grand-chose à relever pour les Albatros dans la première douzaine de minutes. Comme on pouvait le penser, ils manquent sérieusement de rythme pour déranger une équipe de Val Vanoise laissant peu d’espaces et au jeu défensif bien rodé.

L’ouverture du score savoyarde intervient, paradoxalement, peu après le premier temps fort du match pour les Albatros. Tomas Pek effectue trois arrêts successifs face à l’intégralité de la ligne Lagarde – Kolodziejczyk – Power (12’57’’). L’orage passe et Kalinovic entame une remontée de palet du rond d’engagement de sa zone défensive. Il longe la bande côté droit, pénètre en zone d’attaque, met dans le vent Aurélien Gréverend et centre pour Jordan Mugnier fraîchement débarqué du banc qui trompe Duquenne (0-1 à 13’30’’).

Les Albatros sont trop discrets et la sirène retentit avec ce déficit d’un but. Comme pour l’ouverture du score, Val Vanoise inscrit un but moins d’une minute après une énorme occasion locale. Un gros travail de Kolodziejczyk débouche sur une passe caviar pour Ben Power. Le Canadien reprend à bout portant mais Tomas Pek repousse par réflexe (26’50’’).

Les Bouquetins sont plus réalistes et bénéficient encore une fois d’un gros point noir du jeu brestois : les relances défensives. On ne compte plus les pertes de palet sur ce type de situation lors des derniers matchs. Cette fois c’est Gaëtan Cannizzo qui manque une sortie de zone pourtant anodine et rend le palet à l’adversaire puis tombe en avant. Kalinovic trouve Kemi à la bleue, le défenseur suédois arme une frappe repoussée par Duquenne. Mais Kiviranta est dans l’enclave et reprend le rebond du revers sous les yeux de Cannizzo pas bien replacé après sa glissade (0-2 à 27’40’’).

Val Vanoise n’a cependant pas le monopole du « but à réaction ». L’avance de deux pions perdure vingt-cinq petites secondes. Une passe coupée de Graham Avenel débouche sur un deux contre zéro mené par son frère Jonathan et conclu sur sa gauche par Erwan Pain (1-2 à 28’05’’). Les deux équipes s’échangent ensuite de grosses occasions. Suite à une pénalité de Kalinovic (31’), Brest campe en zone offensive. Ben Power prend son temps pour ajuster Tomas Pek mais il ne trouve que le bouclier du gardien slovaque (31’50’’). Val Vanoise répond par leur centre Kiviranta bien stoppé par Duquenne (33’50’’).

Il y a eu du mieux pour Brest dans cette période, mais les Albatros sont toujours derrière. Ils reviennent sur la glace requinqués, et cela se voit par leur vitesse de patinage et le rythme qu’ils mettent. Comme si le frein à main avait enfin été enlevé. Le pressing de Richter sur Kemi en sortie de zone défensive paie puisque la rondelle échappe au blanc et tombe dans l’escarcelle de Bernard en zone neutre. L’ancien joueur de Perth pénètre en zone offensive et claque un lancer-frappé rageur qui transperce Tomas Pek (2-2 à 42’27’’).

Le regain de forme local et le doute adverse se confirment quand Wagret accroche Pain (46’26’’). Brest évolue comme face à Angers à cinq attaquants en jeu de puissance (Bernard, Kolodziejczyk, Richter, Power, Lagarde). Une tactique risquée car les Bouquetins restent dangereux par Lukas Pek tout près de marquer en infériorité. Puis, revenus au complet, il faut un grand Duquenne pour les empêcher de rebasculer en tête. Le gardien français couché devant sa ligne après avoir repoussé un tir de Matejicek, arrête la reprise sur le rebond de Wagret tout juste revenu sur la glace (48’44’’).

Le couperet est passé tout près. Revenu du diable vauvert, les Albatros basculent pour la première fois du match sur un temps fort du bloc Lagarde – Kolodziejczyk – Power. L’ancien attaquant de l’Hormadi a un but ouvert mais trouve le petit filet. Le palet reste vivant et l’international belge Kolodziejczyk est à la lutte derrière le but avec Matejicek pour l’obtenir. Le disque n’est maîtrisé par aucun des deux et ressort en direction de Ben Power. Le Canadien décale sur sa droite à Lagarde, resté à proximité du but après son tir raté, qui ne loupe pas la cible cette fois (3-2 à 49’54’’).

Les Bouquetins sont sonnés et Brest a le momentum. Aleksi Laine fait tinter le poteau de Pek (50’20’’). Pourtant les Bretons restent tout ce qu’il y a de plus vulnérables aux contres adverses. Wagret en pivot du revers trouve en course son capitaine Stoklasa pour un 2 contre 1 en compagnie de Lukas Pek. Le Slovaque lance sur le plastron de Duquenne qui avait bien fermé ses angles (53’12’’). Le gardien de Brest s’interpose encore avec brio à l’aide de sa mitaine face aux mêmes protagonistes, à la différence que Lukas Pek se mue en passeur pour le lancer sur réception de Stoklasa (56’21’’).

Mais ces alertes finissent par payer pour les Bouquetins bien décidés à ne pas rentrer bredouilles. La troisième alerte en quelques minutes pour le premier bloc adverse est la bonne. En contre-attaque, Maxence Wagret traverse la bleue offensive mais Cannizzo lui subtilise le palet. Le défenseur s’en débarrasse immédiatement pour le faire franchir la ligne dans l’autre sens, mais Kemi l’intercepte de justesse pour éviter le hors-jeu. Le défenseur suédois transmet dans l’axe à Stoklasa, totalement libre du marquage de Dulude en retard, pour une reprise ras glace qui trompe Duquenne cette fois (3-3 à 56’58’’).

Un score de parité pas immérité, car même si les Albatros avaient fait basculer le match en leur faveur, les Savoyards étaient restés dangereux. La prolongation pointe désormais à l’horizon jusqu’à une ultime occasion des noirs. Sur un changement de ligne, le capitaine Jonathan Avenel part de sa zone défensive et remonte toute la glace jusqu’en territoire adverse. Il franchit un mur de trois Bouquetins et dans son élan arrive derrière la cage de Tomas Pek. Il balance en retrait le disque pour son frère Graham. Le tir qui s’en suit est détourné par le cerbère mais la rondelle retombe sur sa droite à l’endroit où Erwan Pain se trouve. Ce dernier du revers parvient à la glisser dans la cage pour un but victorieux à… 9 secondes de la sirène (4-3 à 59’51’’).

Une victoire in extremis pour des Albatros qui ont peiné à convaincre après leur exploit d’il y a deux jours. Ces trois points sont précieux et toujours bons à prendre au vu du scénario de la partie car les Bouquetins ont chèrement vendu leur peau et auraient largement mérité de repartir avec au moins un point. Il y a encore trop de déchets pour les Albatros au niveau de leur relances défensives et cela leur joue trop souvent des mauvais tours. Ils doivent absolument faire preuve d’une plus grande rigueur à ce niveau et sanctuariser leur ligne bleue défensive. Saluons la très bonne prestation de Guillaume Duquenne ce soir qui aura sorti des arrêts décisifs.

À neuf secondes près les Bouquetins ne repartaient pas bredouilles de leur long voyage. Ils ont l’occasion de se venger dès samedi prochain. Il y a plus de six ans maintenant, Alexis Gomane crucifiait Brest à huit secondes de la fin du temps règlementaire de la finale de Division 1. La pareille lui a été rendue sous d’autres couleurs à une seconde près ce soir.

Brest – Val Vanoise 4-3 (0-1, 1-1, 3-1)
Samedi 26 novembre 2016 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 639 spectateurs
Arbitrage de Frédéric Le Berre assisté de Jérémy Metais et Clément Goncalves.
Pénalités : Brest 2′ (2’,0’, 0’), Val Vanoise 4′ (0’, 2’, 2’).
Tirs : Brest 29 (8, 12, 9), Val Vanoise 20 (4, 9, 7)

Évolution du score :
0-1 à 13’30’’ : Mugnier assisté de Gomane et Kalinovic
0-2 à 27’40’’ : Kiviranta assisté de Kalinovic et Kemi
1-2 à 28’05’’ : Pain assisté de G. Avenel et J. Avenel
2-2 à 42’27’’ : Bernard assisté de Richter
3-2 à 49’54’’ : Lagarde assisté de Kolodziejczyk et Power
3-3 à 56’58’’ : Stoklasa assisté de Kemi et Pek
4-3 à 59’51’’ : Pain assisté de G. Avenel et J. Avenel

Brest

Attaquants :
Jonathan Avenel (C) – Erwan Pain (A) – Graham Avenel
Benjamin Lagarde – Bryan Kolodziejczyk – Benjamin Power
Alex Dulude – Jessyko Bernard – Karel Richter
Jakub Schwarz
 
Défenseurs :
Vadim Gyesbreghs – Aleksi Laine
Aurélien Gréverend (A) – Charlie Doyle
Gaëtan Cannizzo – Alan Dana

Gardien :
Guillaume Duquenne
 
Remplaçants : Sébastien Dubé-Rochon (G), Thibaut Chatellard, Germain Dantec, Bastien Lardière. Absent : Jérémy Cormier.

Val Vanoise

Attaquants :
Maxence Wagret (A) – Petr Stoklasa (C) – Lukas Pek
Leyland Plaire – Miika Kiviranta – Martin Kalinovic
Victor Orset – Jordan Mugnier – Nathanael Fournier
Damien Grendka – (alternance de centre) – Hugo Blum

Défenseurs :
Philip Kemi – Alexis Gomane
Allan Villand – Jiri Matejicek
Quentin Chevassu

Gardien :
Tomas Pek

Remplaçant : Corentin Noré (G). Absent : Jan Zmeskal

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