Italie – Chine (qualif olympique féminine à Cergy)

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Surprise pour cette dernière journée du tournoi de qualification olympique : il y a la queue devant l’Aren’Ice. Les spectateurs auraient-ils attendu le week-end pour affluer en masse ?

On est vite détrompé : c’est la séance publique sur la seconde piste de glace qui fait le plein ! Le match de hockey – pour lequel l’entrée est libre – n’est toutefois pas joué devant une patinoire vide comme ceux de jeudi et vendredi après-midi. Il y a une bonne centaine de spectateurs. L’enjeu n’est pas tout à fait nul puisqu’une victoire de l’Italie « autoriserait » la France à perdre d’un but contre la Lettonie ce soir, et à se qualifier quand même.

2016 12 18 Italie Chine4Le jeu est assez ouvert, avec une domination italienne logique. La capitaine Carola Salletta s’infiltre dans l’enclave et tire sur la transversale pour la première grosse occasion. Un retard de repli de Ricca laisse tout de même les Chinoises se procurer un 2 contre 1 qui échoue de peu. On sent les Asiatiques motivées, et elles ne concèdent en rien à leurs adversaires sur le plan du patinage et de l’intensité.

Plus le match avance, et plus les Chinoises prennent confiance. En deuxième période, elles ne se contentent plus de contre-attaques mais déploient aussi des combinaisons offensives. C’est à l’issue de ce temps fort chinois que le score est ouvert… par l’Italie, sur un rebond converti de près par Hanna Elliscasis (1-0, 28’17 »).

Confortées par ce but, les Italiennes s’installent de manière plus fréquente en zone offensive. Elles ne sont pas loin de faire mouche sur quelques passes de derrière la cage d’Eleonora Dalprà, mais la gardienne Wang Yuqing couvre bien ses angles.

L’étroitesse du score rend le suspense toujours entier, mais au troisième tiers-temps, il ne faut que neuf secondes aux Italiennes pour doubler la mise, par Chelsea Furlani placée côté gauche (2-0, 40’09 »). La Chine garde son envie. Dalpra rate une interception risquée en zone neutre et laisse Bowen Jiang, remplaçante lors des premières rencontres, avoir le champ libre vers la cage, mais Daniela Klotz repousse la tentative.

La portière italienne reste toutefois peu inquiétée et peut donc conclure son bon tournoi par un blanchissage. Rick Seeley sort bien sa gardienne à une minute de la fin sur une mise au jeu en zone offensive, mais Saletta gagne l’engagement et la jeune Nadia Mattivi – une arrière de 16 ans qui doit encore progresser en patinage – réussit un coup de maître en visant la cage vide depuis la ligne de fond de sa zone défensive (3-0, 58’58 »).

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Le fait que l’Italie n’ait pris aucune pénalité de tout le match, alors qu’elle en avait accumulé beaucoup les deux premiers jours, est symptomatique. Elle a joué différemment, bien plus en contrôle, sans forcer son talent, face à un adversaire qui lui était inférieur. Or, le fait que l’Italie soit clairement devant la Chine est assez nouveau puisque cela date des derniers championnats du monde. Cette nouvelle hiérarchie s’est clairement confirmée aujourd’hui.

La fin de match sera l’occasion de poser quelques questions à l’entraîneur Rick Seeley, qui commence une seconde carrière en Chine. Il a été viré en avril 2015 de sa longue carrière comme entraîneur universitaire après une enquête d’une radio étudiante qui a révélé des « abus » physiques et verbaux sur ses joueuses : il aurait ainsi attrapé par le col une hockeyeuse, ou encore menacé de « couper les jambes » à une autre qui avait eu le malheur de lever la jambe sans faire opposition devant un slap. Des méthodes à l’ancienne, guère différentes de celles de beaucoup de ses collègues dans le hockey masculin, et qu’il a toujours pratiquées, mais injustifiables publiquement et qui ont donc conduit à son éviction soudaine après le scandale.

Désignées joueuses du match : Eleonora Dalprà pour l’Italie et Tian Naiyuan pour la Chine.

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Commentaires d’après-match

Rick Seeley (entraîneur de la Chine) : « Nous avons eu beaucoup d’occasions contre la Lettonie et l’Italie, mais nous n’avons pas concrétiser. C’est un point qu’il faudra travailler. La France était clairement supérieure, mais elle n’a gagné qu’avec des buts discutables, un de l’épaule et un en fin de powerplay. Nous devons être plus constants défensivement, mais nous manquons vraiment de profondeur.
Quand j’étais entraîneur universitaire, j’avais accueilli l’équipe de Chine pour un camp et je les avais connus à ce moment-là. L’opportunité d’entraîner là-bas est arrivée au bon moment dans ma carrière. J’ai un contrat jusqu’en 2018. Mais c’est vrai que c’est difficile d’entraîner via un interprète car on n’est jamais 100% sûr que la traduction soit bonne. C’est un apprentissage.
La discipline asiatique, c’est un cliché, ça ne vaut que pour le Japon. En Amérique du nord, les filles grandissent avec l’esprit de compétition dans tous les sports. Quand elles ne sont pas en forme, elles savent qu’elles peuvent être remplacées par une autre. C’est peut-être vrai en Chine au ping-pong avec 1,4 milliard de pratiquants, mais dans le hockey féminin, elles sont cinquante. Il n’y a que deux clubs dans le nord du pays, et comme Harbin est meilleur que Qiqihar, ils gagnent chaque match. Il n’y a pas de rivalité et de compétition développées depuis le plus jeune âge comme au Canada. À Pékin, les filles n’ont le droit de jouer avec les garçons que jusqu’à 10 ans, elles n’ont pas de débouché ensuite. L’équipe de KHL ne change donc rien pour le hockey féminin. Cela prendra du temps pour créer de l’intérêt pour ce soir, peut-être que l’organisation des Jeux olympiques 2022 aidera. »

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Photos du match : ©FFHG / Régis Godec

 

Italie – Chine 3-0 (0-0, 1-0, 2-0)
Dimanche 18 décembre 2016 à 16h00 à l’Aren’Ice de Cergy-Pontoise. 153 spectateurs.
Arbitrage de Nikoleta Celarova (SVK) et Aina Hove (NOR) assistées de Charlotte Girard (FRA) et Michaela Kudelova (SVK).
Pénalités : Italie 0′ (0′, 0′, 0′), Chine 6′ (2′, 2′, 2′).
Tirs : Italie 33 (11, 9, 13), Chine 17 (5, 7, 5).

Évolution du score :
1-0 à 28’16 » : Elliscasis assistée de Galtieri
2-0 à 40’09 » : Furlani assistée de De Rocco et Dalprà
3-0 à 58’58 » : Mattivi assistée de Saletta (cage vide)

Italie

Attaquantes :
Samantha Gius (A, +1) – Eleonora Dalpra (+1) – Chelsea Furlani (+1)
Anita Muraro (+1) – Carola Saletta (C, +1) – Federica Zandegiacomo (+1)
Federica Galtieri (+1) – Hanna Elliscasis (+1) – Eleonora Bonafini (+1)

Arrières :
Linda De Rocco (A, +1) – Anneke Katharini Orlandini (+1)
Franziska Stocker (+1) – Nadia Mattivi (+1)
Valentina Ricca (+1) – Michelle Masperi (+1)

Gardienne :
Daniela Klotz

Remplaçantes : Eugenia Pompanin (G), Martina Toniatti, Alice Gasperini. Absente : Giorgia Battisti.

Chine

Attaquantes :
Fang Xin (-3) – Zhang Mengying (A, -2) – Kong Minghui (-2)
Tian Naiyuan – He Xin – Lu Shuang
Zhu Rui (-1, 2′) – Guan Yingying (-1) – Jiang Bowen (-2)
Lyu Yue

Arrières :
Zhao Qinan (-3, 4′) – Yu Baiwei (C, -3)
Wen Lu – Deng Di
Liu Siyang
+ quelques présences de Wang Wenzhuo

Gardienne :
Wang Yuqing [sortie de 58’52 » à 58’58 »]

Remplaçantes : He Siye (G), Ju Jingwen. En réserve : Jiang Yue (G).

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