Valenciennes – Luxembourg (Division 3, poule C)

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Vainqueurs à Amiens, les Diables Rouges voguent tranquillement vers des play-offs auxquels le Tornado de Luxembourg espère participer, trois saisons après sa qualification en huitièmes de finale. Cinquièmes à deux points de Colmar, appelé à se déplacer à Kockelscheuer, les joueurs du Grand-Duché ont subi, depuis leur gain en surtemps à Dijon, deux lourds revers face à Épinal et Châlons, ne pouvant se racheter sur la glace capricieuse de Reims. Ils espèrent inquiéter les Nordistes comme ils l’avaient fait au match aller, au cours duquel ils menaient 2-1 à l’aube du dernier tiers.

Emmené par le Slovaque d’origine Robert Beran, encore en tête de ses pointeurs à 47 ans et père de l’attaquant Thierry, le Tornado présente un accent étranger assez relevé, entre Finlandais, Suédois et Allemands, contingent renforcé par l’arrivée des deux jumeaux tchèques Daniel et Jiri Kraval. Les visiteurs se présentent toutefois avec une formation réduite, où le capitaine  d’origine suédoise Marcus Eriksson doit multiplier les présences. Même si une trentaine de joueurs composent l’effectif mis à disposition de Petr Fical, les défections sont en effet nombreuses, entre blessés (Biver, Groenlund) ou invitation à un mariage pour le Britannique Colm Cannon…
 
Les visiteurs sont d’ailleurs rapidement pris à revers par Marek Matej, premier arrivé sur un palet derrière la cage pour isoler Bernad, déjoué par le portier Mangen. Contraint sur le coup à concéder un dégagement interdit, le Tornado rencontre des difficultés dans la relance, même si, replié dans sa zone, il parvient à contrer plusieurs essais nordistes. Défié de la ligne bleue, Gilles Mangen repousse le tir de Janos, ainsi que la montée de Prokop, bien en jambes. Son homologue Sedlacko connaît pour sa part une entame tranquille, hormis un essai de l’Allemand David Muller, capté du gant.
 
Matej travaille encore dans le coin droit, guettant l’arrivée de Jakub Bernad, lui aussi patient à l’heure de défier un portier bien en place, et imperturbable sur l’essai en angle de McIlroy. Les Diables Rouges continuent de camper dans la zone, Matej délivre une nouvelle passe précise, cette fois convertie par Prokop via le poteau (1-0 à 11’51″). Le défenseur tchèque, touché par Robert Beran en remontant le palet, subit la première faute, convertie par Jakub Bernad, à la suite d’un lancer hors-cadre de Janos (2-0 à 14’37″). Parvenu à trouver la faille, Valenciennes se relâche, Janos étant dépossédé du disque par Robert Beran, qui centre sitôt pour Muller, dont la feinte trompe Sedlacko mais l’avant teuton ne cadre pas. Le vétéran Beran déborde ensuite Debuche, et manque de spontanéité au moment décisif.
 
Lukas Janos puni pour avoir expédié le palet hors de l’aire de jeu, les visiteurs bénéficient de leur première supériorité à la reprise. Le capitaine Marcus Eriksson passe deux adversaires en revue et s’apprête à lancer quand un retour de Prokop épargne le portier. La sentence est ensuite effacée sans grande peine car les Diables prennent le contrôle du disque et, sorti de geôle, Janos initie un slalom pour permettre à Trambouze de lancer vers Mangen, tout aussi solide aux devants de Bernad. Peu avare d’efforts en zone offensive, Lukas Prokop est secoué par le défenseur suédois Sebastian Gren. Jamie McIlroy poursuit alors l’auteur de la charge jusqu’au banc… qui s’en plaint trop vertement au corps arbitral. La supériorité consécutive permet à Janos d’adresser un slap, sur lequel Mangen intervient en catastrophe et voit Selin, à la lutte dans l’enclave, envoyé à son tour en prison. A quatre contre quatre, les espaces s’ouvrent aux Hennuyers : Mangen doit plonger aux devants de Bernad servi devant son but, puis écarte le palet frappé par Matej, décalé par Prokop. Sur l’aile droite, Thomas Trambouze défie à son tour l’ancien gardien de Montpellier, prend son temps de viser le haut de la cage pour subir un sort comparable à ceux de ses partenaires Prokop, Bernad ou Marchal, ce dernier étant déjoué par le masque.
 
Les joueurs du Grand-Duché compensent leur déficit technique par un soin tout particulier apporté à leur placement défensif. Peu en verve en zone d’attaque, ils guettent la moindre opportunité de contrer. Sur l’une d’elles, Eriksson lance à travers le dernier défenseur et Sedlacko s’emploie pour protéger sa cage, prise d’assaut par Muller, auteur d’un bon mouvement préalable face à Debuche. Valenciennes reprend inlassablement le contrôle des opérations… pour se faire contrer une troisième fois de suite. Prokop est déséquilibré par Minden, l’arbitre laisse le jeu se développer à la faveur des bleus, le palet revenant au centre sur Steven Minden, mais Juraj Sedlacko fait l’arrêt. La mise au jeu subséquente est remportée par Luxembourg, Teemu Hinkula arme à la ligne bleue, le rebond arrive sur Eriksson seul (2-1 à 37’12″). Ce court écart est maintenu jusqu’à la deuxième pause car le poteau droit repousse un lancer ras glace de Prokop, encore occupé au retour sur le glaçon à discuter de la précédente action litigieuse avec les deux juges.
 
On retrouve l’infatigable défenseur tchèque pour une ouverture millimétrée dont il a le secret, que Bernad, échappé vers le but, ne peut conclure, car Mangen commence à faire douter les rouges. Moment choisi par le vétéran Robert Beran pour retourner la situation. Parti sur la droite, le buteur se dirige vers l’arrière de la cage, d’où il sert son fils Thierry arrivé en soutien pour lancer en hauteur sans contrôle (2-2 à 45’13″). Le porteur du numéro 50, sorte de clin d’oeil à sa longévité, hérite ensuite du disque aux abords de la cage. A la réception d’un palet en profondeur, il patiente face à la paire Debuche – Janos avant de tromper Sedlacko du revers (2-3 à 46’23″), glaçant un peu plus des travées moins garnies qu’à l’accoutumée.
 
D’autant que la réussite semble fuir les hommes d’Anthony Wagret. Signe de leurs difficultés, Prokop et Selin se gênent à l’entrée de la zone, même si le premier allume une nouvelle mèche, contraignant Mangen à geler le palet devant la menace Bernad. Matej ne trouve lui que l’armature de la cage en tentant de la contourner. Chaque attaque luxembourgeoise occasionne de nouvelles frayeurs, même si Muller rate encore le cadre, protégé par Sedlacko face au défenseur Hinkula. Autre catalyseur de la relance, Lukas Janos subit un cinglage de Thierry Beran. On retrouve Prokop à la manœuvre, sa passe décale Matej, dont le tir sur réception est sauvé par Mangen. Alors que la lutte fait rage devant ce dernier, Bernad voit la transversale écarter son essai, puis le portier repousser sa reprise et celle de Janos, de la botte.
 
La défense du Tornado plie de plus en plus, sans toutefois céder, mais Hinkula, coupable d’avoir accroché un adversaire, remplace vite Beran en prison. Avec six minutes à jouer, Valenciennes demande son temps-mort. Ses hommes forts se cassent encore les dents sur le gardien, comme Janos et Bernad, de la bleue. Et si le lancer du défenseur est repoussé, Gilles Mangen se couche vite sur le rebond. Une montée de Teemu Hinkula est finalement fatale aux joueurs de l’ancien international allemand Petr Fical. Marek Matej ajuste sa passe pour offrir le doublé à son buteur Bernad (3-3 à 55’15″).
 
Valenciennes souffle… pour quelques secondes. En conservant le palet dans son gant, Lukas Janos est puni pour retard de jeu. Juraj Sedlacko doit s’employer pour écarter le revers de Jiri Kraval. Après moins d’une minute, c’est un second Valenciennois, Marchal, qui est à son tour sanctionné d’une obstruction. Un plongeon de Lukas Prokop sur le tir de Muller et une faute de Robert Beran épargnent le gardien slovaque. Avec un temps de glace colossal, Lukas Prokop tente de sceller le sort des visiteurs avant le dernier coup de sirène. La botte de Mangen s’y oppose mais les Diables finissent la partie en supériorité, le Tornado étant sanctionné pour avoir tardé à se replacer avant une mise au jeu.
 
Le tir de Prokop est dévié et file vers la cage, préservée par un plongeon salvateur de Mangen, dont la mitaine capte le lancer de Bernad, son défenseur Vesa-Matti Hirvonen empêchant Matej de conclure à la dernière seconde. Le talent de leur portier a grandement contribué au point glané par les Luxembourgeois. Il ne peut leur en offrir un second, la faute à un lancer précis et soudain de Jakub Bernad, qui valide son triplé depuis le rond-point d’engagement droit, après vingt secondes de prolongation (4-3 à 60’22″).
 
Comme à l’aller, Valenciennes s’est longtemps cassé les dents sur un adversaire opportuniste et un portier en grande forme, auteur de près de soixante arrêts. Qui aurait mérité, plus que sa doublure hilare, de se voir décerner la récompense de meilleur joueur de la soirée. Erreur vite réparée par le fair-play de Philippe Lepage, qui invite son partenaire à recueillir des honneurs mérités. Il est vrai que les deux protagonistes, inséparables, sont habitués à se partager la cage en équipe nationale.
 
 
Commentaires d’après-match
Patrick Schon (défenseur de Luxembourg) : « Nous pensions qu’il serait difficile de prendre des points ici, nous sommes satisfaits, mais se faire remonter sur la fin est décevant. A 0-2 l’équipe savait que ce serait dur, mais a réussi à conclure car nous savions que nous pouvions marquer. Le moral avait pris un coup après les défaites face à Épinal et Châlons, qui sont comme Valenciennes de bonnes équipes. Pour le moral c’est bien, avant des matchs décisifs pour la quatrième place. Jouer le championnat de France est positif pour nous, d’autant que Beaufort [NDLR : l’autre club du pays] joue depuis cette saison en Division 1 belge, juste sous la BeNe League, et ses ses résultats sont encourageants, avec une deuxième place pour l’instant. »
 
Valenciennes – Luxembourg 4-3 après prolongation (2-0, 0-1, 1-2, 1-0).
Samedi 17 décembre 2016 à 18h40 à Valigloö. 450 spectateurs.
Pénalités : Valenciennes 10′ (0’, 4′, 6′), Luxembourg 14′ (2’, 2′, 10′).
Tirs : Valenciennes 60 (17, 19, 23, 1), Luxembourg 17 (3, 7, 7, 0).
Évolution du score :
1-0 à 11’51″ : Prokop assisté de Matej et Grenier
2-0 à 14’37″ : Bernad assisté de Janos et Prokop (sup. num.)
2-1 à 37’12″ :  Eriksson assisté de Hinkula et Muller
2-2 à 45’13″ : T. Beran assisté de R. Beran
2-3 à 46’23″ : R. Beran
3-3 à 55’15″ : Bernad assisté de Prokop et Matej (sup. num.)
4-3 à 60’22″ : Bernad assisté de Janos et Prokop (sup. num.)
 
Valenciennes
 
Attaquants :
Arthur Delbecque – Jakub Bernad – Marek Matej (A)
François Marchal – Rémi Lageard (A) ou Maël Harmegnies – Jamie McIlroy
Thomas Trambouze – Allan Harmegnies – François Grenier
 
 
Défenseurs :
David Selin (C) – Lukas Prokop
Louis Camurat – Lukas Janos
Cyril Debuche
 
Gardien :
Juraj Sedlacko
 
Remplaçants : Axel Brassart (G), Sébastien Fronty.
Absents : Ludovic Mathieu, Benjamin De Gubernatis.
 
 
Luxembourg
 
Attaquants :
David Muller – Marcus Eriksson (C) – Robert Beran
Steven Minden – Thierry Beran (A) – Jiri Kraval
Torge Schwandt – [Eriksson] – Jachym Krejza
 
Défenseurs :
Sebastian Grein – Teemu Hinkula
Patrick Schon (A) – Vesa Hirvonen
Pit Sinner
 
Gardien :
Gilles Mangen
 
Remplaçants : Philippe Lepage (G).
Absents : Kevin Groenlund et Gilles Biver (blessés), Colm Cannon, Aurélien Serra, Ossi Uotila, Tony Jakubse, Jonas Mullo.

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