Gap – Strasbourg (6e Journée de Ligue Magnus)

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Il n’y a plus d’équipe invaincue dans ce championnat. Gap a tenu 4 parties mais la cinquième fut fatale sur la patinoire de l’Illberg. Après avoir mené 0-2, les Rapaces ont chuté en mort subite face à Mulhouse. Mais le week-end demeure assez prolifique avec 4 points récoltés en voyage en deux matchs.

Strasbourg, dans un extrême inverse, n’a remporté aucun point depuis le début de la saison. Mais vendredi sur la glace du Haras d’Angers, l’Étoile Noire a bien failli réaliser l’un des plus retentissants exploits de ce début de championnat. Menant 0-2, elle a calé en fin de partie et perdu le match au cordeau (5-4). L’équipe alsacienne est en train de prendre son rythme et se présente ce soir sur la glace de Gap avec une forte détermination. Si les Rapaces ont remporté 8 victoires sur les 10 dernières rencontres, il y a toujours un danger face à cette équipe alsacienne dynamique.

L’inoxydable Vladimir Hiadlovsky a raccroché les patins et laissé la place à un compatriote slovaque : Jan Chabera qui arrive du Dukla Trencin après deux saisons en Extraliga slovaque, une moyenne de 92,5% et une pointe à 95% en play-offs sa première saison.

La défense repose sur le Letton Edgar Dikis qui arrive du Polonia Bytom avec son compatriote Edmunds Augstkalns, tout juste d’être recruté mais sans licence pour le moment. La filière polonaise a été suivie pour embaucher l’américain Zach Josepher. À Gdansk il fut meilleur pointeur chez les défenseurs (30 points en 24 parties).

En attaque, les Canadiens représentent encore une filière exploitée avec Frédéric Bergeron qui a été recruté de Cholet (36 points en 25 parties), Matthew Brenton d’Anglet, tandis que Sébastien Trudeau est encore dans le groupe, le joueur annoncé à Gap la saison dernière mais dont le transfert n’a pas été finalisé.

 

Strasbourg fait une entrée saisissante dans la partie

Comme on pouvait s’y attendre au vu de la partie faite à Angers, Strasbourg entame le match sur les chapeaux de roue. C’est Duras qui envoie le premier lancer significatif (0’14). Sur la première grosse offensive vers l’avant Lewis est accroché et c’est le penalty qui est sifflé. Jan Chabera fait l’arrêt (0’55). On sent les jaunes bien disposés à l’image de Samuel Rousseau qui récupère le palet sur Bouvet dans le camp strasbourgeois. Le collectif fonctionne et la combinaison de Duras avec Josepher permet un gros shoot suivi d’un rebond (2’45). L’Éétoile noire continue son travail d’accrochage « positif » pour dérouter les offensives gapençaises. Damien Raux s’essaie alors au tir de loin avec une belle déviation devant les cages mais sans succès. À l’issue c’est le jeune Chausserie qui envoie dans le trafic (5’25). Lewis envoie tout de même une bonne charge sur Chapuis qui s’écroule. Gap ne se laisse pas impressionner et Mac Donald sur un tour de cage, place devant les buts pour Campbell qui reprend en one-timer. Chabera nous gratifie d’un réflexe ultra rapide pour dévier la rondelle (6’30). Les Strasbourgeois amplifient le patinage et s’appuient sur une solidarité défensive importante. Gap ne parvient plus vraiment à gagner les pucks dans les bandes. Et comme à de nombreuses occasions entre ces deux équipes, c’est Strasbourg qui ouvre la marque. Leroux entre dans le slot à pleine vitesse et loge le puck dans le filet opposé (0-1, 11’23 »).

L’agressivité augmente dans la partie. Eric Scheid tente l’exploit solo et dans sa course folle il envoie le puck dans la mitaine de Chabera qui relâche sans danger (13’29). Gap n’arrive pas a résoudre son problème et cela ne va pas en s’arrangeant car les jaunes captent un maximum de palets perdus dans des interceptions de passes. MacCormack tente, lui aussi, le tir puissant de la bleue. Lewis parvient à masquer le portier tchèque mais le rebond n’est pas exploité (15’35). Bergeron gagne ensuite une bataille dans la balustrade et repart avec le palet. Lerg capte de la mitaine solidement (17’32). Maurin Bouvet parvient à gagner son duel à l’avant mais le tir de Mac Donald est bien trop faible pour amener un quelconque danger. Le grand Canadien Bergeron est encore présent pour amener le jeu à l’avant et Brenton, totalement oublié, dévie la trajectoire du palet dans les buts (0-2, 18’09 »).

Strasbourg fait le début de match parfait et impose son rythme. Valérian Mathieu reçoit un bon puck gagné dans sa défense et fonce vers la cage de Lerg. Le Strasbourgeois est arrêté par le coup de sifflet de l’arbitre. Celui–ci pénalise Maxime Deplanque pour un accrocher en zone défensive. Le gain du palet était irrégulier mais Gap a encore eu chaud. Les Rapaces terminent en supériorité et tentent de revenir au score avec Mac Donald. Il prend une grande vitesse, arrive jusque sur Chabera et repique au centre. Le gardien capte et ne bronche pas (19’33). À nouveau une passe gapençaise plein axe est interceptée en zone neutre, une action qui résume ce premier tiers pour les locaux.

Statu-quo 

Dans le deuxième vingt, Gap engage pour une minute encore de supériorité mais c’est le pressing avant de Dikis et Schmitt qui est payant. Le gain du palet permet une offensive stoppée irrégulièrement par MacCormack même si Dikis s’appuie aussi sur son adversaire. L’arbitre siffle le tir de pénalité. Lerg est impérial et stoppe le tir. Le scénario se répète et les bleus n’ont toujours pas le dernier mot dans les duels. Paul Schmitt déborde son vis-à-vis jusqu’au cercle d’engagement de la zone offensive et loge le palet en pleine lucarne opposée (0-3, 22’44 »).

Après avoir encaissé un but en toute fin de période 1, les Rapaces vont une nouvelle fois chercher un palet dans leurs filets dès le début de ce tiers médian, scénario catastrophique. Eric Scheid, se révolte et reçoit une bonne passe devant les buts de Chabera, contourne le portier mais est repris par la garde défensive jaune (23’18). Mais dans une nouvelle poussée, Glen renvoie la rondelle suite à un gros rebond et déflore la cage du gardien tchèque (1-3, 26’13 »).

Les Strasbourgeois ne paniquent pas et gardent une bonne qualité de passes en conservant une longue partie du jeu dans leurs crosses. Plein de vivacité, Balsamo qui s’arrache pour trouver de bonnes positions de tir mais l’efficacité n’est pas au rendez vous. Seul dans le slot, il reprend le puck bien au-dessus des cages (28’25). Gap tente bien de revenir et en infériorité Crinon remonte jusqu’en zone offensive et transmet à Ritt qui dévie. C’est la plaque du gardien qui repousse l’assaut (33’48). Serer est toujours présent dans le penalty-killing jusque devant les buts strasbourgeois. Malgré un gros shoot de Josepher dévié à côté du cadre, Gap tue cette pénalité (33’55). À l’inverse le power-play haut-alpin impose une grosse pression à l’avant. Ross associé à Ritt échoue dans les bottes de Chabera (35’35).

Malgré la bonne volonté, le jeu gapençais est entaché de passes ratées et de palets perdus. C’est même Burgert qui tente une déviation (38’00). Campbell conclut ce tiers en débordant le portier mais le palet reste dans les jambières du cerbère (38’24). Strasbourg a beaucoup dépensé d’énergie pour garder le contrôle du jeu sans forcément aller shooter. Les batailles ont été largement en la faveur des Alsaciens et Gap s’est empêtré dans ce bourbier. La partie est loin d’être terminée et la fraîcheur va jouer dans le troisième jeu.

Le champion assume son statut

Dès l’entame de la troisième période, la seule grosse erreur défensive de Strasbourg coûte cher, le palet est remis en jeu en zone défensive et Campbell envoie la rondelle sous la barre (2-3, 41’35 »).

La partie est relancée, Gap retrouve le moral et déploie plus d’énergie. Ritt s’extirpe le premier et part seul pour aller chercher la rondelle loin devant. C’est Chabera qui sort loin de ses cages et dégage de la crosse. Sur un patin qui traîne le gardien est déstabilisé et tombe, avec un peu d’exagération, mais l’arbitre siffle une pénalité. Les bleus sont revanchards et sur une bonne opposition de Balsamo,  ils regagnent un palet que Raux reprend devant la cage pour l’égalisation (3-3, 43’43 »).

Le coup est dur pour Strasbourg mais l’Étoile Noire n’abdique pas : la surprise vient de Brenton, toujours dans la supériorité, qui donne une nouvelle avance d’un but. Le Canadien est encore laissé seul dans le slot (3-4, 44’40 »).

La partie devient totalement folle, Gap est décidé à ne pas la laisser filer et envoie le maximum d’intensité. Strasbourg s’accroche mais la balance penche maintenant pour les locaux. Le travail infernal paie quand Ritt marque du revers en infiltration dans le slot (4-4, 45’29 »).

Paul Schmitt a encore les jambes pour amener le palet à Rousseau. Mais la pression des bleus est intense avec Ross qui dépose un caviar devant les buts, pas exploité et dégagé en urgence par les jaunes (51’58 »). Une grosse bataille physique est gagnée et Ritt, seul, trouve le bon angle en repiquant au centre pour marquer et donner le premier avantage bleu de la partie (5-4, 52’53 »). Quelques instants plus tard Raux enfonce le clou en power-play (6-4, 55’15 »).

Strasbourg n’y est plus. C’est maintenant Gap qui finit en force et avec des « jambes ». Ritt, intenable dans ce tiers, part seul mais Chabera stoppe l’action (57’03). L’Étoile Noire tente le tout pour le tout avec Boström qui dévie et provoque un gros regroupement devant Lerg. À l’issue Daniel Bourdages prend un temps mort. La sortie du gardien est payée cash avec Serer qui marque en cage vide (7-4, 59’33 »).

Ce match était intense et incroyable par le scénario. Strasbourg est encore passé à un tiers de l’exploit. Avec beaucoup d’énergie dépensée, le club alsacien a maîtrisé deux périodes sur trois et a démontré que même avec des jeunes de 1998, 1999 et 2000, la qualité individuelle était bien là. L’intensité et les victoires dans les duels ont permis de bloquer le leader et le sevrer de palet. L’avenir peut être encourageant pour ce groupe qui retrouvera Trudeau et voit arriver son nouveau joueur letton. Vendredi l’Étoile Noire recevra les Dragons de Rouen pour un nouveau gros challenge.

Gap pour sa part a frôlé la correctionnelle.  Seul un troisième tiers de feu a permis de surclasser une équipe affaiblie physiquement et au banc un peu court. Il faut souligner la réaction et la révolte qui a permis d’engranger les 3 points mais  maintenant c’est un parcours beaucoup plus épineux qui arrive. Un déplacement à Angers, vendredi, introduira la double confrontation de CHL contre le champion d’Europe : Frölunda Göteborg.

Élus meilleurs joueurs  : Colin Morillon (Strasbourg) et Damien Raux (Gap).

Réactions d’après match :

Luciano Basile (coach de Gap) : « Tout le monde est content. J’ai dit aux joueurs qu’il faut savoir gagner toute sorte de match. Il faut savoir gagner quand on domine, il faut savoir gagner quand le match se met comme ce soir. Il faut savoir qu’on pousse fort depuis le 1er août. Ceux qui auraient idée qu’on les a pris de haut…, c’est plutôt qu’on traverse une période plus compliquée. Là il nous manque cinq joueurs, au troisième tiers il nous manquait deux renforts étrangers, en plus de Dimitri Thillet, Yoanne Lacheny et Arnaud Faure. C’est cinq titulaires et il me reste neuf attaquants. Heureusement qu’on avait les trois Briançonnais, ça nous a permis d’avoir une quatrième ligne. (…) On va peut-être prendre une décision. Prendre un renfort pour un mois, on verra parce qu’on n’a pas trouvé exactement le gars qu’on voulait. On va s’asseoir après le match, on a prévu une petite réunion. C’est compliqué pour les gars, on n’a pas une équipe qui a un talent individuel hors norme. Comme on l’a vu au troisième tiers, pour qu’on ait du succès, il faut mettre une très très grande intensité. Moi, je n’ai pas des machines. On a des hauts, des bas, on n’a pas toujours les mêmes ressources physiques et c’est ce qu’on a vu. Et il faut donner du crédit à Strasbourg. Nous on le savait, on prépare toujours la vidéo avec l’adversaire. (…) On les a vus jouer cinq fois et on avait prévenu les gars. C’est une équipe qui est très bien préparée, très bien entraînée. Ils savent ce qu’ils font, ils ne font pas n’importe quoi avec le palet, sans le palet. Daniel Bourdages a beaucoup de mérite avec une équipe aussi jeune. (…) Ce soir, comme les autres soirs, ils n’y arrivent pas. Ils mènent au score souvent et puis au bout de la ligne ils leur manque quelque chose. Il y a du mérite ! »

Daniel Bourdages (coach de Strasbourg) : « Évidemment, quarante belles minutes de jeu. Ensuite j’ai un peu de difficultés à comprendre. Il ne fallait pas qu’ils marquent tôt en troisième, ça s’est produit. Ensuite on a eu une réaction positive après l’égalisation. On a re-égalisé, à ce moment là, j’ai trouvé que c’était une très belle réaction. Parce qu’on a eu des difficultés ces derniers temps à réagir en troisième période. (…) Il y a eu des revirements au niveau des juges de ligne. L’un qui aurait dû être sifflé dégagement interdit, l’autre qui a été intercepté par le patin du juge de ligne, des revirements très très rapides et ça cause deux buts assez difficiles à digérer. L’autre phase où je suis un peu déçu, il faut que je voie, c’est au niveau de la condition physique. Peut-être qu’on n’est pas encore au top. On ne peut pas laisser filer des avances comme on l’a fait ce soir et au dernier match. (…) On n’est peut-être pas très en confiance en ce moment. On joue du beau hockey mais en troisième période on manque d’énergie. Quand je vais regarder la vidéo, sur les quarante premières minutes, je n’aurai pas beaucoup à leur reprocher d’autant plus, comme vous l’avez mentionné, qu’ils sont jeunes et en apprentissage technique, tactique, mais il faut aussi apprendre à gagner. (…) Je voudrais que rapidement on accumule des points parce qu’on a des joueurs qui vont revenir. Notre objectif, c’est de faire les play-offs, parce que les play-downs, ce n’est même pas du hockey. Ça ne devrait même pas exister. »

Gap – Strasbourg 7-4 (0-2, 1-1, 6-1)
Mardi 26 septembre 2017 à 20h30 – Alp’arena. 1735 spectateurs.
Arbitres : Laurent Garbay assisté de Nicolas Constantineau et Guillaume Gielly.
Pénalités : Gap 10′ (2’, 2’, 6’) ; Strasbourg : 6’ (2’, 2’, 2’.
Tirs : Gap 31 (16, 5, 10) ; Strasbourg : 29 (13, 4, 12)

Évolution du score
0-1 à 11’23 : Leroux assisté de Josepher et T. Mathieu
0-2 à 18’09 : Brenton assisté de Bergeron et Duras (sup. num.)
0-3 à 22’44 : Schmitt
1-3 à 26’13 : Glen assisté de Scheid et Ross
2-3 à 41’35 : Campbell
3-3 à 43’43 : Raux assisté de Di Dio Balsamo et Campbell (inf. num.)
3-4 à 44’40 : Brenton assisté de Josepher et Chapuis (sup. num.)
4-4 à 45’29 : Ritt assisté de Raux et Lewis
5-4 à 52’53 : Ritt assisté de Lewis et Tringale
6-4 à 55’15 : Raux assisté de Campbell et Bouvet (sup. num.)
7-4 à 59’33 : Serer assisté de Di Dio Balsamo (cage vide)

Gap

Attaquants
Romain Gutierrez – David Glen – Eric Scheid
Devin Tringale – Chad Mc Donald – Jack Lewis
Cédric Di Dio Balsamo – Marius Serer – Maurin Bouvet
Fabien Métais – Evan Ritt – Robin Colomban
Loic Farnier

Défenseurs
Graeme Mc Cormack – Max Ross
Damien Raux – Tim Campbell
Raphael Faure – Pierre Crinon
Maxime Ritz

Gardien
Jeff Lerg

Remplaçant : Aurélien Bertrand (G). Absents : Dimitri Thillet, Arnaud Faure, Yoanne Lacheny.

Strasbourg

Attaquants
Linus Borström – Michal Duras – Matt Brenton
Romain Chapuis – Roope Nikkilä – Frédéric Bergeron
Samuel Rousseau – Julien Burgert – Paul Schmitt
Maxence Leroux – Thomas Mathieu – Valérian Mathieu

Défenseurs
Loic Chapelier – Jakub Sulc
Zachary Josepher – Colin Morillon
Edgars Dikis – Aurélien Chausserie-Laprée
Maxime Deplanque

Gardien
Jan Chabera

Remplaçant : Gilles Beck (G). Absents : Loup Benoit, Edmunds Augstkalns, Sébastien Trudeau.

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