Les Maple Leafs ont enfin l’avenir devant eux

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Après une décennie de misère, la ville de Toronto peut à nouveau être optimiste avec son équipe. La participation aux séries l’an passé a marqué un tournant pour le futur de la franchise. Cette jeune équipe a appris et se rapproche des meilleures. Quelles pièces leur manquent-ils pour aspirer aux grands honneurs ? Comment ont-ils bâti leur alignement ?

 

L’équipe de Auston Matthews mais pas que…

En remportant la loterie du repêchage de 2016, tout le monde s’accordait à dire que le jeune prodige américain serait choisi par les Maple Leafs. Talent générationnel, il assure la franchise d’avoir son joueur de centre numéro 1 pour longtemps, très longtemps. Lors de son arrivée, quatre autres recrues se sont greffées dans la formation à temps plein. William Nylander, Mitch Marner, Zach Hyman, et Connor Brown sont venus apporter du sang neuf chez les attaquants. Depuis deux saisons maintenant, ils contribuent tous – à leur manière – aux succès de l’équipe.

Ces arrivées de jeunes attaquants impactent directement la brigade défensive actuelle. Morgan Reilly et Jake Gardiner sont les piliers par défaut de la ligne bleue et auraient bien besoin d’un peu d’aide. Reilly est jeune, et surtout a le potentiel pour devenir un défenseur de premier plan. Rien de flamboyant dans son jeu, mais il est présent des deux côtés de la patinoire. Il ne serait pas surprenant de le voir nommé capitaine prochainement.

Le cas de Gardiner est assez intéressant. Repêché par les Ducks, et acquis avec Joffrey Lupul en retour de François Beauchemin, il rentre dans une catégorie bien précise. Il fait partie des défenseurs offensifs sous-estimés à travers le Circuit Bettman. À 5 contre 5, il est le défenseur le plus utilisé. Il se place également au 2e rang pour les passes décisives primaires (premières assistes en bon français). Autre aspect de son apport à l’attaque, il est 1er pour les chances de marquer (tirs de l’enclave/slot) et 2e pour les lancers A+ (bas de l’encave/slot) générés par son équipe lorsqu’il est sur la glace. En contrepartie, il se trouve être le 5e pire au classement général pour les chances de marquer accordées en sa présence.

Cela veut dire qu’il va devoir travailler sur son jeu défensif mais tout n’est pas de sa faute non plus. On attaque à 5, et on défend à 5.

 

Une équipe coupée en deux

La réputation de tacticien de Mike Babcock est plus qu’excellente. Couronné avec les Red Wings, mais aussi double champion olympique et vainqueur de la Coupe du Monde avec équipe Canada, il est considéré comme le meilleur de sa génération. Cependant, des observateurs questionnent certaines décisions. Temps de glace, choix sur l’avantage numérique, ou encore le jeu de transition, tout y passe. C’est la réalité du marché Torontois et il le savait en acceptant le poste. Maintenant que les attentes sont plus élevées, tout le monde est à nouveau enthousiaste et plus critique.

Si l’on regarde la saison dernière, l’équipe attaquait et passait plus de temps en zone offensive. La vitesse du jeu de transition faisait mal aux adversaires. Les Maple Leafs étaient excellents pour passer du mode « défense » au mode « attaque ». On privilégiait l’utilisation des centres pour transporter la rondelle d’un bord à l’autre. Pendant la saison régulière, cela a plutôt bien fonctionné. En séries, c’est un autre débat. Les Capitals se sont adaptés et les ont éliminés. Un des problèmes était que Toronto se faisait prendre en zone neutre et donc offrait des surnombres offensifs à répétition. Washington à capitalisé là-dessus.

Lancers tentés & lancers accordés 2016/17

Cette saison, le groupe d’entraîneurs préfère jouer un style « high-tempo ». Lorsque l’équipe adverse applique de la pression sur les défenseurs, ils veulent que les attaquants se projettent vers l’avant et que les défenseurs fassent des passes longues, voir très longues. Les entraîneurs s’adaptent à la nouvelle NHL basée sur la vitesse. Les attaquants en ont, les défenseurs moins. Donc vu que la rondelle se déplace plus vite que n’importe quel joueur, c’est là-dessus qu’on met l’emphase. Gros risques pour des gros résultats. Seul problème, seulement deux défenseurs ont les habilités pour le faire. Le reste du temps, les Maple Leafs ont du mal à sortir proprement de leur territoire. Un autre élément à prendre en compte est que le top 9 est très offensif. C’est une bonne chose en soi, mais ça veut aussi dire que la défensive est un peu plus délaissée.

Lancers tentés & lancers accordés 2017/18

Plus de buts marqués mais aussi plus de buts encaissés, et ce malgré le brio des gardiens, et plus particulièrement de Frederik Andersen.

 

Un candidat au trophée Vézina

Le gardien danois est jusqu’à présent le MVP de cette équipe. Après un début de campagne difficile, il permet à son équipe de rester dans certains matchs juste par son brio. Au volume, il fait face à bien plus de bons tirs adverses et doit donc se surpasser pour les arrêter. Son style athlétique peut être surprenant parfois, mais il est très efficace. C’est le cerbère qui a fait face au plus grand nombre de lancers dans la ligue (1551).

Au cours des 3 derniers mois, il a joué 32 parties et maintenu un pourcentage d’arrêts de 93,3%. Parmi les gardiens qui ont joués au moins 1000 minutes dans ce laps de temps, seul Marc-André Fleury et ses 93,8% font mieux que lui. Sur la saison, il est 5e pour les victoires (26), 4e pour les jeux blancs (4), 5e pour le pourcentage d’arrêts (92,2%), et aussi premier à égalité pour les matchs joués (46). On peut y ajouter le plus grand nombre de victoires avec au moins 40 arrêts. Ça commence à faire beaucoup de bonnes raisons pour être un candidat légitime au trophée de meilleur gardien. Son substitut Curtis McElhinney n’est pas en reste. Des auxiliaires, il cumule le 2e meilleur pourcentage d’arrêt, la meilleure moyenne de buts encaissés par match, et le moins de buts accordés.

Pour revenir au système de jeu, force est de constater qu’on exploite au mieux les atouts à disposition.

 

À quand la Coupe ?

Avec une disette de 50 ans, la ville à hâte d’avoir une parade pour la Coupe Stanley. Cette saison pourrait être le bon moment pour tenter quelque chose. Trois gros noms (Van Riemsdyk, Bozak, et Komarov) pourraient devenir agents libres, et William Nylander a besoin d’un nouveau contrat au terme de la saison. L’émergence de Kapanen devant, et Dermott derrière, sans oublier le très prometteur Timothy Liljegren qui arrivera vraisemblablement à la ligne bleue l’année prochaine, donneront peut-être des idées à la direction. Une chose est sûre : il faut un défenseur de top 4 d’expérience pour vouloir prétendre à quoi que ce soit. Les années de misère permettent à l’organisation d’avoir beaucoup d’atouts à échanger ou beaucoup de relève en cas de statut quo. Les signatures de Marleau et Hainsey laissent présager que les Maples Leafs veulent gagner dès à présent.

Les noms de Ryan McDonagh ou Oliver Ekman-Larsson reviennent régulièrement dans les rumeurs, sans jamais savoir si elles aboutiront. Les deux prochaines semaines s’annoncent passionnantes.

Cette équipe est quasi assurée de participer aux séries. Auston Matthews et ses « buds », et un peu d’aide peuvent créer une surprise dès cette saison. La structure présente est prometteuse pour le futur. Le saint Graal au printemps 2019 ?

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