Les Tchèques en quarts

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On n’attendait pas les Tchèques à pareille fête. La victoire contre la Corée était attendue – elle fut difficile – mais le succès en fusillade contre le Canada avait des couleurs nostalgiques, vingt ans après Nagano. Pour la Suisse, la mission est différente : la première place ne parait plus jouable et, même après le carton infligé à la Corée, il faut juste se placer au mieux dans ce groupe A.

Dès le coup d’envoi, les Tchèques appliquent un gros rythme et s’offrent les premiers tirs de la partie, sur une déviation de Michal Birner et un tir de Lukáš Radil. Les duels sont âpres et énergiques dans les balustrades, ce qui complique la construction du jeu. Les deux équipes peinent en effet à enchaîner des passes précises. À ce petit jeu, le favori tchèque se procure les meilleures situations et le premier lancer suisse, signé Moser, ne survient qu’après quatre minutes.

Le danger vient donc plutôt sur le but de Hiller avec des tirs successifs de Martin Růžička et Jan Kolář, qui trouve le haut du bâton du gardien. À force de subir ces assauts, la défense concède deux minutes de pénalité. En fin d’avantage, les Tchèques capitalisent. Le palet est envoyé en bas de la zone et remis à une touche entre les cercles. Michal Řepík reprend de volée et ouvre le score (1-0). La défense lui a laissé bien trop d’espaces.

Un but qui traduit la forte domination tchèque, qui ne cesse pas. Une nouvelle percée leur coûte cependant une pénalité. Dominik Kubalík réalise un superbe slalom, mais son coéquipier Jan Kovář percute Romain Loeffel et est sanctionné d’une obstruction. La victime rentre péniblement au banc. Pourtant, c’est bien Vojtech Mozík qui se crée la meilleure occasion en contre, avec un lancer du cercle et le rebond qui file juste à côté…

La situation bascule sur l’entrée en zone offensive suivante, où Tomáš Zohorna accroche et laisse son camp à trois contre cinq. Les tirs helvètes sont tous bloqués en route et les hommes de Josef Jandac résistent. Mais quelques secondes après le retour au complet, les Tchèques craquent. Rüfenacht reçoit le disque en retrait en haut du cercle et sa volée échappe au gardien, masqué par Moser (1-1). La Suisse a pris le bon élan et poursuit avec un tir de Tristan Scherwey en angle fermé. Lorsque Rüfenacht prend une charge excessive et est coupé au visage, Mozík sort à son tour et la dynamique suisse bénéficie de quatre minutes d’avantage. Le jeu de puissance s’installe, sans décrocher de position de tir intéressante à l’exception d’un tir du cercle de Diaz. La deuxième partie de supériorité débute mieux avec un essai de Ambühl infiltré dans l’enclave. Le tiers se termine sans but : la Suisse a manqué le coche, même s’il restera une poignée de secondes de cinq contre quatre. Le compteur de tirs a bien grimpé en faveur des joueurs de Patrick Fischer en fin de tiers.

Le jeu reprend et les Tchèques ne tremblent pas pour revenir au complet, Francouz repoussant le seul tir adverse. Les Tchèques reprennent la main et Roman Červenka navigue dans la défense adverse sans réussir à cadrer. Petit à petit, le jeu se referme, même si le rythme de retombe pas. Personne n’arrive à garder le palet très longtemps, harcelé par l’adversaire. Les défenseurs se sacrifient et contrent les rares tirs. Techniquement, les deux équipes se montrent un peu fébriles.

Une faute de Radil replace la Suisse en position de supériorité. Loeffel assène un violent tir de la bleue plein axe, qui vient toucher Francouz au masque. Le reste de l’avantage ne donne rien : les Tchèques défendent bien et coupent les lignes de passe. La Suisse a pris confiance. Un beau geste de Pius Suter dans la neutre libère Cody Almond, dont le tir en hauteur file de peu à côté.

Les Tchèques subissent et n’obtiennent que des occasions sporadiques, à l’image d’un tir Radil sorti de la mitaine ou de Kubalík en pivot. La Suisse réplique par Almond mais semble avoir laissé les Rouges dicter le rythme. Ces derniers frappent à la porte du portier helvète, qui tient le fort et permet à son camp de rentrer au vestiaire sur ce 1-1.

Le schéma reprend dès les premiers instants du troisième tiers. Hiller repousse déjà plusieurs tentatives lointaines, notamment de Polasek à la bleue. Cette pression finit par payer après trois minutes de jeu. Kovář reçoit le palet sur le côté après un bon travail dans les bandes sur un palet envoyé au fond, et déniche Kubalík au deuxième poteau. La reprise ne laisse aucune chance au gardien (2-1).

Les Tchèques se replient alors sur leur propre but et laissent leur adversaire faire le jeu. En dépit de cela, les joueurs de Patrick Fischer peinent à menacer sérieusement Francouz. Leur jeu reste au périmètre et la défense effectue un bon travail à la crosse afin de repousser les assauts. Hormis quelques banderilles, comme une attaque d’Hollenstein seul contre deux défenseurs, le gardien tchèque n’a pas beaucoup de travail.

Hiller sort à plus de trois minutes de la fin pour un attaquant supplémentaire. Le manque de justesse technique, récurrent tout au long du match, se fait encore sentir. Les passes manquent de précision. Červenka en profite pour finir le travail cage vide. Un long palet en hauteur est mal contrôlé par Loeffel dans la neutre et le vétéran tchèque exploite l’occasion (3-1). L’entraîneur suisse tente une nouvelle fois sa chance, Hiller ressort et Birner dégage proprement le palet vers Řepík, qui marque depuis la neutre (4-1).

Les Tchèques assurent donc la première place du groupe, qui leur donne une qualification directe en quarts de finale. Au cours des trois rencontres, ils auront fait preuve d’une belle rigueur défensive. Solides, ils se positionnent en outsiders pour un podium olympique… La Suisse a en revanche montré ses limites techniques et sérieusement manqué de précision.

 

République Tchèque – Suisse 4-1 (1-1, 0-0, 3-0)
Dimanche 18 février 2018 à 16h40 au Gangneung Hockey Centre. 6137 spectateurs.
Arbitrage de Brett Iverson (CAN) et Konstantin Olenin (RUS) assistés de Judson Ritter (USA) et Nathan Vanoosten (CAN)
Pénalités : République Tchèque 10′ (8′, 2′, 4′), Suisse 2′ (2′, 0′, 0′).
Tirs : République Tchèque 28 (8, 11, 9), Suisse 29 (14, 7, 8).

Évolution du score :
1-0 à 07’09 » : Řepík assisté de Erat et Horák (sup. num.)
1-1 à 14’47 » : Rüfenacht assisté de Ambühl et Suter
2-1 à 43’02 » : Kubalík assisté de Kovář et Kolář
3-1 à 58’40 » : Červenka asissté de Kolář (cage vide)
4-1 à 59’11 » : Řepík assisté de Birner et Nakladal (cage vide)

République Tchèque

Attaquants :
Dominik Kubalík (+1) – Jan Kovář (A, 2′, +2) – Martin Erat (C, +1)
Roman Červenka (+1) – Tomáš Mertl – Martin Růžička
Jirí Sekác – Petr Koukal (-1) – Lukáš Radil (2′)
Michal Birner (+1) – Roman Horák – Michal Řepík (+2)
Tomáš Zohorna (2′)

Défenseurs :
Adam Polášek – Jakub Nakládal
Jan Kolář (A, +1) – Vojtech Mozík (4′)
Michal Jordán (+1) – Tomáš Kundratek (+1)
Ondřej Němec (+1)

Gardien :
Pavel Francouz

Remplaçant : Dominik Furch (G). En réserve : Patrik Bartošák (G), Ondřej Vitásek, Michal Vondrka

Suisse

Attaquants :
Denis Hollenstein (-2) – Gaëtan Haas (-2) – Vincent Praplan
Simon Moser (A) – Andres Ambühl (A, -1) – Pius Suter
Tristan Scherwey (-1) – Enzo Corvi (2′) – Grégory Hofmann
Reto Schäppi (-1) – Cody Almond (-1) – Thomas Rüfenacht (+1)

Défenseurs :
Eric Blum (-2) – Ramon Untersander (-1)
Patrick Geering – Raphael Diaz (C, -1)
Félicien Du Bois – Dominik Schlumpf
Philippe Furrer – Romain Loeffel (-1)

Gardien :
Jonas Hiller

Remplaçant : Tobias Stephan (G). En réserve : Leonardo Genoni (G), Fabrice Herzog (A), Simon Bodenmann (A).

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