Les Dragons rugissent pour la quinzième fois

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La victoire ou les vacances : Grenoble n’a plus le choix, après le final catastrophique du match 3. L’indiscipline a coûté très cher dans le dernier tiers, ainsi que le manque de réalisme devant le but. Première victime de ces mauvaises pénalités : Olivier Dame-Malka, en tenue mais cantonné au banc tout le match.

La discipline à revoir donc… Mission ratée avec une pénalité de Baylacq dès la première minute. Rouen peut ainsi se mettre en place, avec un slalom de Chakiachvili, puis deux lancers en force de Roy. Aleardi et Deschamps combinent ensuite et Horak repousse encore. La pénalité est tuée dans la douleur et les Brûleurs de loups tentent de reprendre le fil du match.

Rouen déroule en réalité. Le palet tourne vite, les passes sont précises et il faut un Horak très vigilant pour tenir le 0-0. Rouen veut son 15e titre et a pris le match à bras le corps. Mais les visiteurs restent à l’affût, et ils vont ouvrir le score sur leur première vraie occasion. Kara, au fond, travaille fort dans les bandes et Champagne le relaie. Le Québécois remise vers le haut du slot, où Baylacq surgit et trompe Pintaric (0-1).

Coup de froid sur le public, mais pas sur Horak, qui ne se relâche pas et sauve encore un tir dès l’engagement. Le compteur de tirs grimpe… Rouen bénéficie d’une deuxième chance en supériorité suite à un surnombre, mais, cette fois, la menace est moins flagrante. Grenoble prend confiance. Golicic, par exemple, perce la défense et obtient un tir dangereux bloqué par Pintaric. En face, Ritz menace lui aussi Horak.

Rouen peine un peu plus à développer son jeu face à une formation bien regroupée – sans que les visiteurs ne parviennent à se positionner en contre. Sur une montée de Rohat cependant, Roy vient le pousser dans le dos et concède deux minutes de pénalité. Rouen tient bon et rentre au vestiaire avec un but de retard.

Il reste une poignée de secondes d’avantage numérique à la reprise, mise à profit par Giroux, auteur d’une série de tirs en angle fermé, sans réussite. La séquence lance idéalement les hommes d’Edo Terglav, qui confisquent le palet et cherchent à creuser l’écart. C’est finalement chose faite après cinq minutes. Leclerc accepte une mise en échec le long de la bande et libère ainsi son coéquipier Baazzi, qui déboule à pleine vitesse sur l’aile droite. Il laisse Guttig sur place et attaque la cage, pour tromper Pintaric, en déséquilibre (0-2). Un but magnifique, qui donne une bouffée d’air frais à Grenoble.

Un but qui provoque un relâchement ? Ou en tout cas, une réaction d’orgueil de Rouen. Aleardi lance en cloche et Deschamps s’engouffre. Horak laisse un rebond, et Guttig parvient à le pousser au fond (1-2).

Grenoble subit et Rodman sort deux minutes, ce qui complique la d onne. Les Dragons échappent au pire avec une crosse cassée d’Aleardi qui offre un deux-contre-un adverse mal géré, et repartent à l’attaque, sans obtenir d’occasion. L’indiscipline change de camp, Lampérier n’échappant pas à l’obstruction sur Champagne. Hardy mène le jeu et lance, ainsi que Giroux, sans surprendre Pintaric. La pression monte, avec une longue présence offensive conclue par un revers de Leclerc.

Quelques échanges houleux surviennent lorsque Aleardi s’approche un peu trop d’Horak au goût de la défense. Sur l’action suivante, Wohlberg est puni. L’avantage numérique ne dure guère, puisque Champagne se rend coupable d’une crosse haute. À quatre contre quatre, Guillaume Leclerc déborde à gauche au duel avec Mathieu Roy, et expédie un superbe lancer croisé, qui échappe à Pintaric (1-3).

Le quatre-contre-quatre n’est pas fini. Stehlik, au profil plutôt défensif, voit la défense reculer devant lui, s’avance jusqu’au cercle et trompe Horak sous la botte, but marqué alors que Wohlberg revient sur la glace (2-3). Le match devient fou. Une entrée en zone de Rohat sur la droite débouche sur un lancer vers la cage, où traîne Arnaud. Ce dernier parvient à poser le palet pour Hardy lancé, et Pintaric, masqué, s’incline encore (2-4). Rouen réagit avec un slalom de Thinel repoussé par Horak, puis bénéficie d’une faute de Rodman. Grenoble est alors privé de Hardy, rentré au vestiaire. L’infériorité ne craque pas : deux buts d’avance à la pause.

Privé de solution, Rouen n’arrive pas à lancer la machine dans le début du troisième tiers. Il faut attendre la cinquième minute et une faute de Hardy pour voir le palet s’installer dans la zone de Horak. Une charge dans le dos qui place son équipe en difficulté. Sanction rapide : une très longue passe de Langlais envoie Wohlberg au duel et l’Américain résiste à Tartari avant de battre Horak en hauteur (3-4). L’assistance sera curieusement attribuée à Pintaric.

Rouen a pris feu, et accentue son emprise sur le jeu. Langlais envoie à la cage, Horak laisse un rebond que Deschamps vient bonifier (4-4).

Rouen part à l’abordage et Grenoble cherche les contres… mais les officiels sanctionnent Giroux sur une tentative d’interception. Pendant la pénalité différée, Golicic pousse dans le dos : cinq-contre-trois pendant deux minutes entières. Les Dragons manquent une occasion énorme lorsque Deschamps, servi au deuxième poteau, lance vers la cage ouverte… le palet trouve la crosse de Horak ! Le portier sauve encore son équipe sur une remise ligne de fond et Grenoble revient au complet. Miraculés, les Brûleurs de loups espèrent encore…

Les minutes défilent et les Isérois peinent à construire. Mais à quatre minutes du terme, Chakiachvili commet une faute sur Rodman derrière son but et laisse les Dragons à un de moins. Avec un gros travail de Ritz notamment, les Normands s’en sortent.

La dernière minute est folle : Golicic vient dévier un tir et Pintaric sauve son camp sur la ligne. Sur l’engagement, Aleardi s’envole à l’opposée et, en deux-contre-deux, se heurte à Horak. Palet de match manqué par l’Américain… Prolongation !

Le public local pousse son équipe et Rouen domine. Guttig patine fort, contourne la cage sous la pression de Tartari et tombe : deux minutes pour le Grenoblois… Les arbitres se consultent, et ne sanctionnent pas l’attaquant pour simulation. Quatre-contre-trois. Aleardi fixe, et déniche Deschamps en haut du slot pour la volée du titre (5-4).

C’est le deuxième balayage 4-0 en finale de l’histoire de la Magnus. Rouen a su renverser les matchs 3 et 4, alors qu’ils étaient menés au score. Des ressources mentales, le talent individuel aussi, celui du trio Deschamps-Guttig-Aleardi, et… l’indiscipline de Grenoble, coupable bien trop souvent de pénalités inutiles. Faute d’avoir su garder leurs nerfs, les Brûleurs de loups assistent impuissants au sacre des Dragons de Rouen. Le 15e…

Commentaires d’après-match (au micro de L’Équipe TV)

Fabrice Lhenry (entraîneur de Rouen) : « Cette victoire récompense un groupe exceptionnel. J’ai vécu une année fantastique aux côtés de mes joueurs. Ils ont encore montré ce soir des ressources incroyables pour remonter au score et renverser la situation. Gagner chez soi c’est toujours mieux, la fête sera plus belle. Mais surtout gagner en 4 matches, je ne pensais pas que celait serait possible. Surtout face à un adversaire comme Grenoble. Bravo à eux, ils ont réalisé un excellent parcours. »

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « Dommage de perdre comme ça sur une décision un peu douteuse. Je suis fier de mon équipe, on a tout donné. On peut regretter les deux derniers matches. On était là, on menait, il ne manque pas grand chose. Ils avaient plus confiance, ils ont profité de leurs moments forts. »

(photos de Christophe Delaville)

 

Rouen – Grenoble 5-4 après prolongation (0-1, 2-3, 2-0, 1-0)
Mardi 27 mars 2018 à 20h30 à la patinoire de l’Ile-Lacroix. 2746 spectateurs.
Arbitrage d’Alexandre Hauchart et Laurent Garbay assistés de Gwilherm Margry et Nicolas Constantineau
Pénalités : Rouen 8′ (2′, 4′, 2′), Grenoble 18′ (4′, 6′, 6′, 2′)
Tirs : Rouen 48 (16, 12, 18, 2), Grenoble 36 (6, 20, 9, 1)

Récapitulatif du score
0-1 à 09’08 : Baylacq assisté de Champagne et Kara
0-2 à 23’50 : Baazzi
1-2 à 26’46 : Guttig assisté de Deschamps et Aleardi
1-3 à 35’04 : Leclerc assisté de Bisaillon et Hardy
2-3 à 35’59 : Stehlik assisté de Lampérier et Langlais (sup. num.)
2-4 à 36’59 : Hardy assisté de Arnaud et Rohat
3-4 à 45’33 : Wohlberg assisté de Pintaric (sup. num.)
4-4 à 47’12 : Langlais assisté de Deschamps et Aleardi
5-4 à 61’56 : Deschamps assisté de Aleardi (sup. num.)

Rouen

Attaquants
Nicolas Deschamps – Anthony Guttig – Alex Aleardi
Loïc Lampérier – David Wohlberg – Marc-André Thinel
Petr Hubacek – Nicolas Ritz – Joris Bedin
Joran Reynaud – Fabien Colotti – Vincent Nesa

Défenseurs
Kévin Dusseau – Chad Langlais
Florian Chakiachvili – Mathieu Roy
Richard Stehlik – Philippe Paquet

Gardien :
Matija Pintaric

Remplaçants : Quentin Papillon (G), Camil Durand, Julien Msumbu

Grenoble

Attaquants
Alexandre Giroux – Bostjan Golicic – David Rodman
Guillaume Leclerc – Joël Champagne – Vincent Kara
Gabin Ville  – Mathieu Leblond – Maxime Legault
Mathias Arnaud– Sébastien Rohat – Julien Baylacq

Défenseurs
Kyle Hardy – Sébastien Bisaillon
Jean-Philippe Côté – Aziz Baazzi
Christophe Tartari – Joona Kunnas
Olivier Dame-Malka

Gardien :
Lukas Horak

Remplaçants : Antoine Bonvalot (G), Pierre-Charles Hordelalay.

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