Strasbourg II – Limoges (division 2, poule de relégation)

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L’avant-dernier match de cette poule était on ne peut décisif : malheur à celui qui perdait. Avec toutefois une nuance. Les Asaciens, vainqueurs aux tirs aux buts en terre valentinoise, possèdent au coup d’envoi deux points d’avance sur leurs adversaires limougeauds, ces derniers ayant, après une deuxième partie de saison catastrophique, perdu leurs deux confrontations contre les Lynx drômois.

Cependant, une victoire des Taureaux ce soir, et c’est l’Étoile Noire qui se retrouverait en position défavorable avant de jouer l’ultime partie sur la patinoire haut-viennoise.

Quand on sait que la poule Sud, dont est issu Limoges, était réputée de niveau plus élevé que celle de Strasbourg, on se dit que la partie ne va pas être de tout repos pour les Bas-Rhinois, dont le volontarisme a été dernièrement frustré par la vivacité et le réalisme valentinois.

Et ce n’est pas le début de match qui va permettre aux Strasbourgeois de prendre confiance. Les Taureaux, pourtant privés de leur pointeur Milan Cutt, prennent rapidement les commandes du match. Ils pressent très haut, sont agressifs (dans le bon sens du terme) sur le palet et son porteur. On sent rapidement que Strasbourg n’est pas à son aise, pas encore rentré dans son match, et ce malgré deux supériorités numériques, et un tir au-dessus de Thomas Mathieu pourtant tout seul face à Julien Gaubert, lors d’un changement de lignes adverses hasardeux (7’28). Comme lors de nombreuses autres parties, Strasbourg gâche décidement trop ses avantages numériques, par trop d’hésitations ou par souci de (trop) bien trouver le décalage.

Limoges, lui, ne se pose pas toutes ces questions et ouvre le score lors d’un rush de Maxime Griet le long de la bande, et d’un tir à mi-distance qui ricoche sur la mitaine de l’infortuné Adrien Vazzaz (0-1 à 12’13). On ne peut pas dire que ce soit à contre-courant du jeu, tant les Taureaux continuent de presser haut et de créer le danger dans le slot alsacien. Curieusement, il faut attendre que les locaux subissent une double infériorité pour qu’enfin, on les sente un peu plus déterminés. Ceci dit, en rentrant dans les vestiaires, quand bien même Strasbourg a autant tiré cadré que les Limogeauds, ces derniers ont été les plus dangereux de près, quand les Bas-Rhinois tiraient de loin, sans pouvoir approcher les nombreux rebonds laissés par Gaubert.

On ne sait pas ce qui a pu se dire dans les vestiaires à la pause. Toujours est-il que ce n’est plus la même Étoile Noire qui remonte sur la glace. Plus percutantes, plus physiques, plus solidaires avec le porteur du palet, les « abeilles » reviennent rapidement au score sur une remontée de Valérian Mathieu dont le centre est repris instantanément et victorieusement par Maxime Deplanque, pour un palet qui passe sous la barre et le petit trou laissé par Gaubert (1-1 à 21’49).

C’est à Limoges de subir un pressing haut de leurs adversaires. Les Haut-Viennois sont visiblement gênés par le jeu vif et aéré des Bas-Rhinois, quand bien même leur réalisme laisse toujours à désirer, comme sur ce bout portant de Valérian Mathieu (29’48). Les Taureaux n’en mènent pas large, on entend même un cinglant « ça va pas, les boeufs » de Griet de retour sur son banc, lors d’une séquence locale assez étouffante. Strasbourg dispose même d’une double supériorité mais manque encore de percussion pour être suffisamment dangereux. Et que dire de ce palet, mal bloqué par Gaubert, qui finit visiblement derrière la ligne de but, juste après le sifflet de l’arbitre (39’32) ? Ne va-t-on pas revivre les mêmes frustrations de non-réalisme que contre Valence ?

Surtout que la dernière période est disputée de façon plus équilibrée, les Haut-Viennois profitant de la moindre baisse de régime bas-rhinoise pour s’implanter devant Vazzaz. Ainsi, chaque gardien va connaître quelques sueurs froides, que ce soit Gaubert qui sort une belle mitaine (42’23), ou sur un nouveau palet mal gelé mais sauvé par sa défense (45’00), ou Vazzaz dont la mitaine ne tremble pas non plus sur un lancer de Dumélie (48’26). Strasbourg reprend progressivement le contrôle du match, sans toutefois réussir à concrétiser, et ce malgré de nombreux avantages numériques. C’est même Vazzaz, de nouveau, qui garde les siens dans le match, face à Soldan parti en breakaway (55’04).

On arrive en fin de match, et on sent poindre de nouveau le spectre du but qui va couper les jambes des Strasbourgeois. Ces derniers bénéficient d’une nouvelle double supériorité, suite notamment à une nouvelle charge musclée de Thomas Eischen (trois charges limite-limite lors de ce match). De nouveau, ça mouline devant la cage adverse, à essayer de décaler, notamment, « bolide » Goncalvès. Le petit attaquant alsacien finit par trouver la faille, à bout portant (2-1 à 57’20). Limoges accuse le coup mais parvient toutefois à trouver de nouvelles situations en zone adverse, notamment en sortant son gardien. La fin de partie est donc crispante car le pressing haut-viennois est contenu tant bien que mal, avant que Tarik Chipaux ne dégage son palet pour l’envoyer loin, dans la cage adverse désertée (3-1 à 59’51).

La joie affichée au klaxon final par les locaux contraste alors avec l’abattement, voire même une certaine forme de frustration pour certains Limougeauds. Les Taureaux viennent d’être relégués sportivement en 3e Division, le retour en terre alsacienne est dur à avaler pour les « anciens » du club que sont Pavol Mihalik (devenu entraîneur des Haut-Viennois) et Yann Pflieger.

On peut s’étonner de les avoir vus acculés pendant une bonne moitié de partie, alors que leurs vingt premières minutes laissaient plutôt entrevoir un schéma de match plus positif et conquérant, comme celui vécu récemment à l’Iceberg par Valence.

De même, c’est assez singulier d’avoir vu des Strasbourgeois aussi crispés au premier tiers pour les retrouver ensuite nettement plus imaginatifs, concentrés et volontaires le restant du match.
Après tout, il n’était pas non plus écrit qu’on assisterait deux soirs de suite à une soupe à la grimace, du côté de l’Étoile Noire (l’équipe fanion de Ligue Magnus ayant été défaite, et donc reléguée sportivement, sur cette même glace la veille).

Maintenant, l’intersaison va bientôt se profiler, avec une nouvelle fois l’avenir des Bas-Rhinois en suspens. En effet, paradoxalement la réserve s’est maintenue sportivement alors que l’équipe fanion descend d’une division. La règle voulant qu’une réserve se situe au moins deux divisions en dessous de l’équipe première n’est donc pas respectée… Le club compte demander une dérogation. Que va-t-il donc se passer en septembre prochain ?

Strasbourg – Limoges 3-1 (0-1, 1-0, 2-0)
Samedi 24 mars 2018 à 18h30 à l’Iceberg. 300 spectateurs.
Arbitrage de M. Gardiol assisté de MM. Bachetti et Kirschembaun.
Pénalités : Strasbourg 6′ (4′, 0′, 2′) ; Limoges 18′ (4′, 6′, 8′).
Tirs : Strasbourg 43 (9, 19, 15) ; Limoges 25 (9, 7, 9).

Évolution du score :
0-1 à 12’13 : Griet assisté de Dumélie et Pflieger
1-1 à 21’49 : Deplanque assisté de V. Mathieu
2-1 à 57’20 : Goncalvès assisté de T. Mathieu et Chipaux (double sup. num.)
3-1 à 59’51 : Chipaux assisté de Rousseau et Morillon (cage vide)

Strasbourg

Attaquants :
Anthony Goncalves – Tarik Chipaux – Thomas Mathieu
Valérian Mathieu – Samuel Rousseau – Romain Schmitt (C)
Kevin Le Guen (A) – Julien Baeumlin – Karl Messinger
Mathis Joly

Défenseurs :
Colin Morillon – Mehdi Moushrif
Maxime Delplanque – Luc Baillis
Aurélien Chausserie – Alastair Franc

Gardien :
Adrien Vazzaz

Remplaçants : Ludovic Rio (G), Romain Bureau, Theo Perrenoud.

Limoges

Attaquants :
Maxime Griet – Sergeï Toukmatchev – Raphaël Rohwedder
Jeoffrey Couvat – Valentin Dumélie (C) – Axel Guezet
Kirill Sokolov – Bryan Levêque – Adrien Renon

Défenseurs :
Yann Pflieger – Jan Soldan (A)
Mickaël Pregent – Guillaume Mameri
Arthur Coley – Thomas Eischen

Gardien :
Julien Gaubert

Remplaçants : Alexis Laufrey (G), Fabrice Bregeron. Absent : Milan Cutt.

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