Une journée folle envoie la Grande-Bretagne en élite

587

Les Mondiaux de division IA sont devenus bien plus compétitifs ces dernières années. Si autrefois ils étaient monotones avec les mêmes équipes qui faisaient l’ascenseur, ils réservent maintenant des surprises. La compétition 2018 à Budapest a même été complètement folle. Cinq équipes pouvaient encore monter en élite avant la dernière journée, c’est-à-dire tous les participants sauf la Pologne (reléguée).

Le scénario dingue a commencé lors du match Slovénie-Italie, car les deux équipes devaient impérativement gagner dans le temps réglementaire pour garder une chance. Comme elles étaient à égalité 3-3 à la dernière minute, il leur fallait tenter le tout pour le tout. Les Slovènes ont été les premiers à oser sortir leur gardien, avant que les Italiens ne le fassent à leur tour… pour remporter la victoire sur un but en cage vide de Diego Kostner à deux secondes de la fin. La Slovénie, 9e aux Jeux olympiques, a ainsi fini avant-dernière, soit seulement 21e nation mondiale ! L’élite s’élargit de plus en plus…

La situation était donc la suivante avant le dernier match : si la Hongrie gagne dans le temps réglementaire, elle revient en élite en compagnie du Kazakhstan ; mais si la Grande-Bretagne décroche au moins un point, elle est promue pour la seconde année de suite et monte avec l’Italie.

La partie commence de manière idéale pour les 7870 spectateurs passionnés de Budapest. Les hôtes hongrois mettent d’entrée la pression sur la cage britannique, et le gardien Ben Bowns concède une pénalité en faisant trébucher un attaquant. En supériorité numérique, les lancers se multiplient sur Bowns, et Christopher Bodo marque après une succession de rebonds. Même si les Britanniques ont des occasions, la meilleure est à mettre au crédit de la Hongrie, avec un tir de Daniel Koger que Bowns dévie du gant en deuxième période.

Au début du troisième tiers-temps, les Hongrois prennent un avantage de 2-0 grâce à un but chanceux, un palet aérien de Hari qui a rebondi sur l’épaule d’Erdely. Les Britanniques peuvent-ils remonter deux buts en moins de vingt minutes sans en avoir mis un seul en quarante ? Ils ont le mérite de la persévérance dans leur jeu, fondé sur des bases simples, envoyer le maximum de palets en direction de la cage. Robert Down finit par concrétiser un rebond à neuf minutes de la fin.

Le « momentum » est désormais britannique, avec deux pénalités hongroises de Stipsics puis de Varga pour l’établir. Janos Hari parvient toutefois à s’échapper en infériorité : il est accroché par Farmer et obtient un tir de pénalité, mais ne parvient pas y lever le palet sur une glace ramollie.

À une minute de la fin, l’entraîneur écossais Peter Russell sort son gardien pour jouer à 6 contre 5. Il reste quinze secondes quand le gardien Adam Vay se fait piéger par un tir en angle fermé de Robert Farmer : le palet glisse de son gant et passe entre ses jambières. Explosion de joie chez les uns, peine chez les autres : ensuite, la prolongation est sans enjeu et le pénalty gagnant britannique est anecdotique.

Un quart de siècle après sa dernière apparition, la Grande-Bretagne fera son retour dans l’élite mondiale. Elle n’a cette fois pas de naturalisés de fraîche date, mais une colonne de joueurs stable au fil des ans. Ils ont toutefois obtenu un précieux renfort avec le MVP du tournoi, Brett Perlini : ce fils de l’ancien professionnel canadien Fred Perlini a été formé à Guildford avant de retourner se développer au Canada à 14 ans ; il est tout juste rentré à Nottingham cette saison après avoir fini son cursus universitaire en NCAA et joué cinq ans en ECHL. Après les grandes performances des Nottingham Panthers – justement – en CHL, c’est décidément une grande saison pour le hockey britannique !

Désignés joueurs du match : Bence Stipsics pour la Hongrie et Robert Dowd pour la Grande-Bretagne.

Commentaires d’après-match

Jarmo Tolvanen (entraîneur de la Hongrie) : « Les Britanniques ont fait un bon tournoi, un peu meilleur que nous. Nous avons eu des bons et des mauvais moments dans ce championnat du monde, comme les autres équipes. Tout pouvait arriver. C’est difficile d’analyser à chaud, c’était ma première année avec cette équipe, la première étape d’un voyage. Il y a beaucoup de jeunes, la perspective semble bonne pour le hockey hongrois car il y a de la profondeur. Je voudrais parler de mon propre avenir après quelques semaines de repos. »

Peter Russell (entraîneur de la Grande-Bretagne) : « Nous avons souffert au début, mais nous avons ensuite joué comme nous le devions. Nous avons bien défendu, nous avons essayé de jouer aussi physique que possible et de créer du chaos devant la cage. La chance était avec nous. Il reste quinze secondes et Farmer lui glisse entre les jambes. Parfois les rêves deviennent réalité. Je suis si content pour les joueurs et le pays. Certains ont été là pendant 15 ans dans cette équipe. Nous n’avons eu que sept jours de camp de préparation et deux rencontres face à la Lituanie. Je ne pense pas que ça changera parce que certains joueurs disputent jusqu’à 90 matches en EIHL dans la saison et arrivent au camp juste après la finale. Nous avons l’habitude. On verra ce qui se passera l’an prochain. »

Ben O’Connor (défenseur de la Grande-Bretagne) : « Nous avons connu un tournoi incroyable. Nous n’abandonnons jamais. Nous avons absorbé la pression en première période et nous leur avons renvoyée. Nous sommes comme une famille, nous sommes tous amis. Nous avons travaillé en équipe et cru que c’était possible. Deux médailles d’or d’affilée, quand cela a-t-il déjà été fait ? [réponse : par la Grande-Bretagne en 1992 et 1993 !] »

János Vas (capitaine de la Hongrie) : « Malheureusement, nous avons pris deux buts sur deux erreurs. Nous aurions mérité la promotion pour tout le travail abattu durant toute la semaine. Je ne sais pas quand nous arriverons à le digérer mais nous y repenserons la semaine prochaine pour trouver du positif, car il y en a beaucoup. »

 

Hongrie – Grande-Bretagne 2-2 (1-0, 0-0, 1-2, 0-0) / 1-2 aux tirs au but
Samedi 28 avril 2017 à 19h30 à la Sportarena László Papp de Budapest. 7870 spectateurs.
Arbitrage de Lassi Heikkinen (FIN) et Jeff Ingram (CAN) assistés de Ludvig Lundgren (SUE) et Josef Spur (TCH).
Pénalités : Hongrie 10′ (4′, 2′, 4′, 0′), Grande-Bretagne 8′ (4′, 4′, 0′, 0′).
Tirs : Hongrie 33 (9, 13, 6, 5), Grande-Bretagne 42 (10, 11, 16, 5).

Évolution du score :
1-0 à 03’31 : Bodo assisté de Nagy et Sarauer (sup. num.)
2-0 à 41’53 : Erdely assisté de Hari
2-1 à 50’55 : Dowd assisté de Brooks et Richardson
2-2 à 59’45 : Farmer (cage vide)

Tirs au but :
Hongrie : Erdely (arrêté), Bodo (réussi), Sarauer (arrêté), Sebok (arrêté), Hari (arrêté).
Grande-Bretagne : Farmer (réussi), O’Connor (réussi), Kirk (arrêté), Dowd (arrêté).

Hongrie

Attaquants :
Balazs Sebok (+1) – Janos Hari (+1) – Csanad Erdely (+1)
Vilmos Gallo (-1) – Janos Vas (C, -2) – Balint Magosi (A, -2)
Gergo Nagy (-1) – Andrew Sarauer – Christopher Bodo
Andras Benk – Krisztian Nagy – Daniel Koger

Défenseurs :
Tamas Pozsgai (A) – Bence Stipsicz (2′)
Kevin Wehrs – Arnold Varga (-1, 2′)
Balazs Goz (-1) – Bence Sziranyi (-1, 2′)
Zsombor Garat (+1, 2′)

Gardien :
Adam Vay

Remplaçants : Miklos Rajna (G), Istvan Sofron.

Grande-Bretagne

Attaquants :
Robert Farmer (+1) Brett Perlini (+1) – Colin Shields
Oliver Betteridge – Robert Lachowicz – Jonathan Phillips (C)
Brendan Brooks (+1) – Mike Hammond (+1) – Robert Dowd (A, +1)
Benjamin Davies – Matthew Myers (2′) – Liam Kirk
Liam Ferrara [1 présence en prolongation]

Défenseurs :
Ben O’Connor (+1, 2′) – David Phillips
Mark Richardson (A) – Dallas Ehrhardt
Paul Swindlehurst – Stephen Lee
Mark Garside

Gardien :
Ben Bowns (2′) [sorti de 59’03 à 59’45]

Remplaçant : Jackson Whistle (G), Zach Sullivan.

Les commentaires sont fermés.

On vous envoie quelques cookies, c'est juste pour suivre notre audience, vous pouvez refuser de les recevoir si vous le voulez ! Accepter En savoir plus

justo Aliquam eget Donec Lorem venenatis libero. nec vel, vulputate,