La Russie n’a guère d’alternative

142

Les Tchèques ont déjà gagné les « Hockey Games » suédois – une première depuis 1994 ! – avant même que la dernière journée ne commence. Quand on se rappelle que l’entraîneur Milos Riha avait constaté que son équipe paraissait larguée à son premier tournoi en novembre, on mesure les progrès accomplis. Le bilan semble donc déjà positif avant même de jouer d’affronter la Russie avec « l’excuse » d’une équipe affaiblie, puisque la première ligne Gulaš-Kovář-Sekáč est déjà repartie comme convenu avec les clubs concernés.

Les équipes semblent fatiguées en cette fin de tournoi. Le match est équilibré et personne ne se détache. Les jeux de puissance sont relativement mal exploités en première période. Au deuxième tiers, les occasions sont plus fréquentes. La défense tchèque serre les rangs après avoir perdu son homme d’expérience Kundrátek, atteint par un palet. L’arrière russe Elesin fait alors résonner le poteau. Les Tchèques arrivent pourtant à ouvrir le score par leur joueur le plus actif tout au long du week-end, Tomáš Zohorna.

Mais après la mi-match, des espaces commencent à se créer dans les lignes tchèques. Les Russes prennent peu à peu la direction de la rencontre. Après un engagement en zone offensive, ils se déploient avec beaucoup de rapidité dans l’exécution des passes. Andrei Kuzmenko initie l’action et se retrouve servi, dans l’axe à mi-distance, après un jeu en triangle. Il bat Simon Hrubec au-dessus de sa botte droite. Et à une minute de la pause, Kuzmenko obtient un deuxième but… gag : son centre de la gauche est dévié contre son camp par le malheureux Doudera.

Les Tchèques ont une belle occasion d’égaliser au troisième tiers. Patrik Zdráhal (le fils de l’ancien joueur d’Anglet de Villard-de-Lans), treizième attaquant entré en jeu en fin de deuxième période, s’échappe et subit une faute d’Evgeni Kulik. C’est Marek Kvapil qui est chargé du tir de pénalité, mais Konovalov ne se laisse pas prendre à son petit jeu. Les Russes restent les plus actifs et confirment leur victoire, en marquant de nouveau après une mise au jeu gagnée en zone offensive. Aleksandr Kaneikin y gagne le palet avant de venir dévier le slap masqué de Ruslan Rafikov.

Ce succès ne suffit pas à racheter totalement la performance russe, trop irrégulière. En considérant que le joueur le plus en vue du week-end (Mikheev) était déjà présent aux championnats du monde de Copenhague, et que le meilleur défenseur (Zub) avait été sélectionné par Znarok aux précédents Mondiaux (Cologne/Paris) et aux JO, le tournoi n’aura pas vraiment offert d’alternative aux habituels titulaires. Certains éléments performants en KHL sont moins à l’aise en match international, où la vitesse de jeu est supérieure. Les joueurs les plus attendus ont déçu : la première ligne Kagarlitsky-Shipachyov-Nikontsev n’a pas été vive dans ses prises de décision, et Burdasov a perdu trop de duels et de palets. La surprise positive vient des très bons débuts du gardien Konovalov, qui lit bien le jeu. Les Tchèques, dont les espoirs étaient moins élevés après des années de déclin, repartent sans doute plus satisfaits malgré la défaite.

Commentaires d’après-match

Miloš Říha (entraîneur de la République tchèque) : « Le fait que notre meilleure ligne nous ait quittés ne nous excuse pas. Ceux qui sont restés m’ont un peu déçu. C’est dans la tête, nous étions 20% moins préparés que dans précédentes rencontres. Je suis toujours déçu de perdre. Les Russes n’ont pas joué leur meilleur hockey, ils avaient tout donné hier. Nous avons joué de façon trop compliquée, professorale. Nous avons créé un fossé trop grand entre nos attaquants et nos défenseurs. La première ligne n’a pas montré grand-chose, notamment le centre [Holík]. Mais une fois de plus, les deux Zohorna (NB : Tomáš et Hynek) ont été bons. Les défenseurs ont toujours été solides, ce sont les attaquants qui ne les ont pas aidés. »

 

Russie – République tchèque 3-1 (0-0, 2-1, 1-0)
Dimanche 10 février 2019 à 12h00 au Hovet de Stockholm. 1732 spectateurs.
Arbitrage de Mikael Nord et Marcus Linde (SUE) assistés de Tobias Nordlander et Johan Löfgren (SUE).
Pénalités : Russie 6′ (2′, 4′, 0′) ; Tchéquie 8′ (4′, 2′, 2′).
Tirs : Russie 25 (5, 10, 10) ; Tchéquie 13 (3, 3, 7).

Évolution du score :
0-1 à 28’44 : T. Zohorna assisté de Zámorský et Koblizek
1-1 à 34’53 : Kuzmenko assisté d’Okulov et Bereglazov
2-1 à 39’01 : Kuzmenko
3-1 à 53’52 : Kadeikin assisté de Rafikov et Alekseev

Russie

Attaquants :
Dmitri Kagarlitsky (2′) – Vadim Shipachyov (C) – Anatoly Nikontsev (A)
Grigori Denisenko puis Denis Alekseev (+1) – Aleksandr Kadeikin (+1) – Ilya Mikheev (+1)
Andrei Kuzmenko (+1) – Andrei Svetlakov (+1) – Konstantin Okulov (+1)
Kirill Slepets – Denis Zernov – Anton Burdasov (2′)

Défenseurs :
Zakhar Arzamatsev – Artyom Zub (A, 2′)
Rushan Rafikov (+1) – Aleksandr Elesin (+1)
Andrei Mironov – Evgeni Kulik
Aleksei Bereglazov (+1) – Ivan Mishchenko (+1)

Gardien :
Ilya Konovalov

Remplaçant : Igor Bobkov (G). En réserve : Aleksandr Samsonov (G), Aleksei Vasilevski, Aleksei

Kruchinin, Sergei Shumakov.

République tchèque (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Martin Zaťovič (C, -1) – Petr Holík (-2) – Marek Kvapil (A, 2′)
Radim Zohorna – Tomáš Zohorna (+1, 2′) – Hynek Zohorna
Radan Lenc (-2) – Roman Horák (-1) – Rudolf Červený (-2)
Radek Koblížek (+1) – Lukáš Rousek – Matěj Stránský (2′)
Patrik Zdráhal

Défenseurs :
Adam Polášek (A) – Petr Zámorský
Jan Štencel – Tomáš Kundrátek
Jakub Krejčik (-2) – Milan Doudera (-2)
David Musil – Marek Hrbas

Gardien :
Simon Hrubec

Remplaçant : Roman Will (G). Partis : Tomáš Filippi (épaule), Milan Gulaš (accord), Jan Kovář

(accord), Jiří Sekáč (accord).

Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.