Colmar – Valenciennes (Division 2, poule A, dernière journée)

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Si pour Valenciennes cette ultime rencontre de saison régulière n’offrait pas vraiment d’attrait (les Nordistes étant déjà certains de jouer en poule de relégation), il n’en était pas de même pour Colmar, puisque le classement final des Titans était indexé au résultat de cette partie. Actuels quatrièmes, un dernier gain de points pouvait les conforter à cette position, synonyme de match retour (et éventuellement d’appui) à la maison. Cependant, même si la saison des Alsaciens peut être qualifiée de (très) satisfaisante pour les promus qu’ils sont, on n’oubliera pas que leur phase retour fut plutôt laborieuse et que nombre de matches leur ont filé sous le nez par manque de rigueur dans la tenue du score.

Face à eux, les Hennuyers devaient continuer de travailler leur hockey afin d’envisager une issue positive en poule de repêchage, après une saison, somme toutes, décevante… mais aussi laver l’affront du match aller, perdu 8-1 contre les bizuths colmariens, une paille….

La patinoire s’est relativement bien remplie pour assister à cette partie, qui débute sur les chapeaux de roues : les Diables pressent haut et vite, situation que les Titans n’aiment pas trop. Une première supériorité locale tempère les ardeurs des visiteurs, mais les Haut-Rhinois n’en profitent pas, par trop de crispation et de méfiance. Ils parviennent cependant à prendre progressivement le match à leur compte, notamment lors de cet échange Cruchandeau-Bashirov où le palet vole dangereusement devant la cage de Timothy Noting (7’47). Le nouveau portier nordiste ne pourra, par contre, pas grand chose sur ce déboulé de trois Titans qui ont pris de vitesse ses coéquipiers dans un instant de relâchement : Maxime Leroux envoie de près sous la barre (1-0 à 8’10). Colmar presse alors plus hardiment, et Lukas Prokop, forcément motivé contre ses anciens coéquipiers, prend le soin de doubler la mise, d’un tir à mi-hauteur (2-0 à 10’33). Valenciennes mettra beaucoup de temps à refaire surface, en l’occurrence en fin de tiers lorsqu’ils jouent en supériorité : les Hennuyers s’installent efficacement dans la zone de Shumikhin et le bombardent de lancers mais le portier estonien reste impeccable.

Dans l’ensemble, Colmar a, jusque là, bien dominé son sujet, du moins offensivement. Défensivement, c’est autre chose, les Alsaciens laissent beaucoup d’initiatives, par trop de passivité et d’indiscipline, à leurs adversaires. On va le voir plus tard, ce ne sera pas sans conséquences sur l’issue de la partie.

Les joueurs sont à peine sortis des vestiaires, où le coach nordiste a visiblement décidé de ne plus compter que sur deux lignes, que Julien Maricato profite d’un corridor pour partir en contre avec un coéquipier : le double avantage alsacien voit l’essai s’écraser sur le poteau de Noting (20’33). Tournant du match ? Peut-être… En effet, Valenciennes, jusque là désordonné dans sa tactique, et fonctionnant par à-coups, commence à pousser plus fermement vers Shumikhin. Dans un premier temps de façon stérile, sans réellement pouvoir tirer, avant de s’installer plus longuement en zone colmarienne. Un lourd tir à mi-distance de Petr Zib s’écrase dans le plexi, le petit gardien estonien n’a pas le temps de se replacer que Lukas Janos, en embuscade, pousse le rebond dans l’espace laissé ouvert (2-1 à 28’48).

La partie s’équilibre, les deux protagonistes se répondant mutuellement, notamment sur ce lancer de près de Prokop (33’44), même si les esprits commencent à s’échauffer, entre une méconduite inutile de Thomas Mathieu, une papinade de Janos sifflée contre Benjamin Leconte (le grand Slovaque en rit encore), une crosse sur le visage d’Ilja Urusev… La bronca du public monte contre le corps arbitral face à ce tumulte sur la glace. C’est le moment où Ruslan Bashirov s’échappe et tire excentré sur la droite de Noting, surpris (3-1 à 37’02). Le but soulage ses coéquipiers qui reprennent plus sûrement l’ascendant sur la partie, jusqu’à cette feinte d’Ales Machacek (3-2 à 38’29), certes jolie mais qui replombe un peu l’ambiance : ces bons derniers de Diables Rouges ne lâchent pas pour autant le morceau, bien aidés par leur gardien, sur ce bout portant de Maxime Leroux (39’20).

3-2, c’est encore jouable pour les boys de Genya Kouznetsov, à condition de resserrer notamment les vis devant Shumikhin, surtout que ceux de Rojko sont repartis tambour battant dans la zone locale dans ce dernier tiers, où il sera beaucoup question de poteaux. À commencer par celui consécutif à un tir de près du maître à jouer Petr Zib. Est-ce que le palet est ensuite rentré dans la cage colmarienne ? Difficile de le dire, entre Shumikhin allongé et croyant avoir gelé le palet, et le nombre de crosses et de joueurs qui se pressent autour de lui. Le but, un instant annulé, est finalement accordé, sous les huées de la patinoire (3-3 à 43’50). Les Titans semblent pétrifiés durant quelques instants par ce retour, et ce n’est pas ce nouveau poteau de Machacek (45’00) qui les rassure. Il faut faire plus de ménage devant leur gardien et repousser devant, ce qu’ils parviennent à faire, notamment lors de cette supériorité numérique où Noting, lui aussi, se voit aidé de son… poteau (47’48), avant de connaître une nouvelle série d’infériorités plus ou moins controversées.

Pas facile de rester concentré dans ces conditions, notamment pour le gardien local, pénalisé d’une méconduite pour protestation suite à une faute durement accordée contre son défenseur Lucas Maurer. L’international estonien se reprend sur un lancer de bottes (50’41) avant que ses coéquipiers ne ré-assiègent la zone valenciennoise. C’est pourtant Jakub Hierman qui fait résonner la… transversale, lors d’une avancée énergique (55’05). Il reste moins d’une minute, les organismes sont fatigués, une dernière remontée de Mameri sur la gauche de Shumikhin : l’ancien Angloy lance un tir culotté, lequel passe dans un trou de souris entre l’Estonien et son poteau (3-4 à 59’17). C’est le coup de froid dans la patinoire pour les Titans, qui ne parviennent pas à retrouver leurs esprits, même lors du surnombre créé par la sortie de leur portier.

Au sifflet final, les Alsaciens sont hébétés par l’issue du match, qu’ils voyaient bien finir en prolongation, donc avec un minimum de gain, essentiel pour leur classement. C’est oublier les nombreux moments où la déconcentration et l’indiscipline ont pris le pas sur la détermination et l’envie. Pourtant des progrès ont été réalisés, notamment au niveau de toutes ces combinaisons offensives plutôt culottées et agréables à voir, et notamment sur les deuxième et troisième lignes. Christer Eriksson, le manager mulhousien, venu en spectateur ce soir, pouvait ainsi être rassuré sur l’apprentissage et la prise de responsabilités de ses minots. La première ligne a, elle, failli, surtout par manque de percussion. Derrière, Urusev a manqué d’appuis pour relancer, et les trois lignes ont été souvent spectatrices devant leur gardien… Tous ces petits trucs qui font pencher un match en faveur des adversaires. Il faut cependant relativiser : l’ambition première était, avant tout, d’accrocher les play-offs. L’objectif est donc atteint, c’est déjà la première satisfaction. Deuxième satisfaction à venir, une victoire, devant son public, face aux Chevaliers du Lac d’Annecy ?

Valenciennes repart de Colmar en lavant l’affront de la déroute du match aller, c’est déjà ça. Une victoire avant de débuter la poule de relégation, c’est quand même mieux. Reste à préciser dans quelles conditions : deux centres (Zib et Rouillard) sur-utilisés, tout comme les deux premiers alignements, et une bonne occupation de zone adverse lors des avantages numériques. Il n’est pas dit que ce schéma tactique pourra perdurer contre des effectifs plus jeunes, plus vifs, plus fournis… et moins sensibles aux filouteries !

 

Colmar – Valenciennes 3-4 (2-0, 1-2, 1-2)
Samedi 9 février 2019 à la patinoire de Colmar. 400 spectateurs environ.
Arbitrage de Christophe Moncozet assisté de Jason Thorrignac et Philippe Frossard.
Pénalités : Colmar 36′ (4′, 6’+10′, 6’+10′) ; Valenciennes 10′ (4′, 2′, 4′).
Tirs : Colmar 33 (15, 11, 7) ; Valenciennes 41 (17, 11, 13).

Évolution du score :
1-0 à 08’10 : Leroux
2-0 à 10’33 : Prokop assisté de Maricato
2-1 à 28’48 : Janos assisté de Machacek (double sup. num.)
3-1 à 37’02 : Bashirov assisté d’Estienne
3-2 à 38’29 : Machacek assisté de Zib
3-3 à 43’50 : Marchal assisté de Zib et Hierman
4-3 à 59’17 : Mameri

Colmar

Attaquants :
Thomas Mathieu – Maxime Mathieu (C) – Benjamin Leconte
Ruslan Bashirov – Corentin Cruchandeau – Lukas Prokop
Maxime Leroux – William Kern – Teo Haffner

Défenseurs :
Ilja Urusev – Lucas Maurer
Marek Bais – Éloi Lenner
Jonathan Estienne – Julien Maricato

Gardien :
Roman Shumikhin

Remplaçant : Étienne GrandPerrin (G) Absents : Mickael Tin, Benoit Salvin, Mehdi Moushrif, Michal Macko, Maximilien Lambolez.

Valenciennes

Attaquants :
Ales Machacek – Petr Zib (C) – François Marchal
Mael Harmegnies – [Zib ou Rouillard] – Jamie Mc Ilroy (A)
Arthur Delbecque – Thybaud Rouillard – Grégoire Giguère [jusqu’à 20’00]

Défenseurs :
Lukas Janos, Guillaume Mameri, Dominik Hula, Louis Camurat et Jakub Hiermann en rotation.
puis David Selin (A) à 40’00

Gardien :
Timothy Noting

Remplaçants : Axel Brassart (G), Sébastien Fronty, Theo Berdou, Patrice Lemaire. Absent : Allan Harmegnies.

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