Bulletin NHL : Matthews prolonge aux Leafs, Carlyle congédié du banc des Ducks, échanges et blessures de la semaine

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Le Bulletin NHL fait chaque lundi le tour des nouvelles les plus marquantes de la ligue. Signatures, blessures, échanges, on vous résume le plus important.

 

Le point sur la ligue

Les Isles continuent sur leur lancée et (on l’a pas vraiment vu venir) méritent désormais pleinement leur place dans le top3 de la Métropolitaine. Une Métropolitaine où Columbus s’accroche avec trois victoires de suite mais reste en dessous de la ligne pour l’instant. Pittsburgh fait l’inverse, demeurant bien placé sur la carte mais en arrache aux résultats. Des Pens qui ne comptent plus qu’un point d’avance sur Carolina (et un match en main), alors que les Canes enchaînent (ENFIN) les résultats, passant même la Yakuline. Buffalo est sous respirateur artificiel, avec désormais huit points de retard sur Montréal et la première Wild-card, alors que les critiquent fusent en public parmi les joueurs. Derrière, les Flyers planent encore de leur « high » de PDO et les Rangers volent des points comme face aux Leafs.

Cela nous amène à notre point « briseur de rêves » du jour : Philadelphie vient d’enchainer 9 victoires et une défaite en prolongation. Sur ces dix matchs, les Flyers présentent pourtant un pauvre 46,2% des tirs tentés, 46,5% des buts anticipés MAIS un superbe PDO de 105,5… Cherchez l’erreur.

Changeons de conférence avec Chicago, qui a enligné sept victoires de suite (on y revient plus loin). Sur cette séquence : 48,6% des tirs tentés, 47,3% des buts anticipés MAIS 106,2 de PDO… Un powerplay en fusion (mais en sur-régime) et un calendrier facile (Buf, Min, Edm, Van et Det) sont aussi à mettre derrière les succès des Hawks.

À l’opposé, les six victoires de St Louis : 51,5% des tirs, 61,6% des buts anticipés (!!!) et en prime un PDO gonflé à 105,3. Mais l’important est que les chiffres montrent à quel point les Blues jouent bien. Nous disions la semaine dernière que ceux-ci entreraient en séries dans la semaine, ils regardent désormais vers la troisième place de la Centrale.

Derrière, Minnesota s’accroche et va devoir faire sans son capitaine Mikko Koivu. Heureusement que la concurrence entre Vancouver, Colorado et Chicago n’est pas optimale.

 

Auston Matthews et les Maple Leafs s’entendent sur un nouveau contrat

Alors qu’on pouvait s’attendre à un contrat très longue durée pour un joueur du calibre d’Auston Matthews, c’est finalement une entente de cinq ans qui a été signé entre le joueur et les Maple Leafs. En revanche côté revenu, c’est le gros lot pour l’attaquant qui touchera un salaire annuel moyen de 11,63 millions de dollars.

La structure même du contrat contient une clause de non-échange, mais surtout 93% du montant vient de bonus, et le montant est dégressif. Il sera donc agent libre sans restriction à 26 ans, et pourra faire sauter la banque une deuxième fois au sommet de sa carrière…

Matthews, qui n’a que 21 ans, est maintenant lié aux Leafs jusqu’à la fin de la saison 2023-2024. Après le dossier compliqué William Nylander qui s’est prolongé jusque tard dans la saison, le directeur général Kyle Dubas règle donc au plus vite le cas d’une des jeunes stars de Toronto. Matthews va pouvoir se concentrer pleinement sur les playoffs et la conquête de la coupe Stanley.

De son côté, Dubas a un autre gros dossier à gérer pour son attaque avec Mitch Marner qui pourrait devenir joueur autonome avec compensation le 1er juillet. Peut être moins mis en lumière que John Tavares – qui a été signé l’été dernier pour sept ans et un total de 77 millions de dollars – ou Matthews, il ne faut pas sous estimer l’apport de l’ailier qui compte cette saison 66 points en 55 rencontres. Mais à la demande de l’agent du joueur, les négociations n’auront lieu que cet été pour que le joueur se concentre pleinement sur la saison en cours. Il faudra voir qui seront les dommages collatéraux des contrats records de Tavares, Matthews, Nylander et Marner : même avec un salary cap en hausse, le staff devra sans aucun doute sacrifier des joueurs.

 

Carlyle n’est plus l’entraîneur des Ducks

Il n’était plus question de savoir si ça allait avoir lieu, mais plutôt de quand. C’est désormais chose faite, Randy Carlyle n’est plus l’entraîneur des Anaheim Ducks. Une première série de 12 défaites consécutives avait mis à mal le statut de Carlyle mais il avait tout de même gardé son poste. Un nouvelle série de sept défaites – dont des scores très lourds 9-3, 6-1, 6-2 – portant le bilan à 19 défaites lors des 21 dernières rencontres ont eu raison cette fois-ci de la crédibilité de Carlyle auprès du directeur général Bob Murray. C’était la deuxième fois que Randy Carlyle se retrouvait derrière le banc des Ducks après une première période de 2005 à 2012 qui avait vu la franchise d’Anaheim remporter la coupe Stanley en 2007. Après un détour de quatre saisons à Toronto, Carlyle avait fait son retour en Californie lors de la saison 2016-2017 et avait qualifié son équipe en playoffs à chaque fois. Mais avec cette série de défaites, les Ducks sont désormais derniers de la division Pacifique et de la conférence Ouest à huit points de la dernière Wild Card. D’ici la fin de saison, c’est le directeur général Bob Murray qui prend la relève sur le banc malgré son absence d’expérience à ce poste afin de se laisser le temps de trouver le bon candidat pour relancer la franchise.

Murray, qui n’a jamais entraîné à ce niveau, prend donc le modèle « Lamoriello » – l’ex-manager général des Devils avait pris le banc il y a quelques années après avoir limogé son entraîneur. Il semble qu’il s’agisse bien d’une période de transition et d’observation. Le poste de coach reviendra probablement à Dallas Eakins, ex-entraîneur des Oilers qui dirige actuellement San Diego, en AHL, l’un des prétendants au titre. Le staff ne souhaite pas encore l’exposer à une situation catastrophique en NHL.

En effet, Anaheim apparaît à la croisée des chemins. Les trois titres de division en quatre ans masquaient mal les problèmes de l’effectif, qui apparaissent au grand jour cette saison. John Gibson a tenu les Ducks à bouts de bras, mais le favori du trophée Vézina accuse le coup, petit à petit. L’attaque ne l’aide pas vraiment avec seulement 127 buts marqués, le pire bilan de la ligue. Anaheim compte la troisième plus grosse masse salariale et une flopée de contrats qu’il sera quasiment impossible d’échanger : Getzlaf et Perry ont encore deux ans, pour 17 millions cumulés ; Kesler, à la production anémique (4 buts, 6 pts), est payé 7 millions pour encore trois ans. Le contrat de Gibson double au 1er juillet, et Silfverberg sera agent libre sans restriction. 

La solidité des Sharks, les valeurs montantes de Calgary, Vancouver, Edmonton, l’émergence de Vegas : il semble que les Ducks et les Kings risquent de rester à la cave de la division Pacifique pendant un bon moment. Surtout si Seattle réussit sa draft d’expansion…

 

Panarin veut tester le marché cet été, Weise retrouve les Canadiens qui se débarrassent de Schlemko en échange

Ce n’est un secret pour personne, l’histoire entre les Blue Jackets de Columbus et Artemi Panarin va bientôt toucher à sa fin. Alors qu’il avait signé un contrat à très court terme de deux saisons seulement, Panarin a de nouveau déclaré qu’il ne souhaitait pas prolonger son aventure de l’Ohio mais tester le marché des agents libres.

Ces déclarations pourraient pousser les Blue Jackets à essayer d’échanger l’attaquant dans l’espoir de récupérer des espoirs ou choix de draft en compensation plutôt que de le voir partir libre cet été. Reste maintenant à trouver un partenaire d’échange qui n’aurait pas peur de le perdre au 1er juillet…

À noter également que Panarin a changé d’agent cet été pour rejoindre Paul Theofanous qui n’est autre que l’agent de… Sergei Bobrovsky, gardien russe lui aussi aux Blue Jackets et également agent libre cet été. Il y a donc deux dossiers épineux à gérer pour la franchise de Columbus et peut être deux gros poissons à attirer sur le marché. Comme nous l’avions signalé la semaine dernière, les Panthers de Floride font de la place dans leur masse salariale dans l’espoir d’attirer le duo.

Du côté des Canadiens, c’est un retour qui a pris forme. Dale Weise va retrouver le Centre Bell, lui qui y a déjà joué 152 rencontres entre 2013 et 2016. Ce retour se fait via un échange entre le Canadien de Montréal et les Flyers de Philadelphie. Weise est accompagné du défenseur Christian Folin alors que David Schlemko et Byron Froese font le chemin inverse.

Les deux défenseurs ont eu des saisons difficiles avec leurs équipes respectives. Schlemko a été blessé en début de saison et fait souvent l’ascenseur entre la NHL et la AHL avec seulement 18 rencontres disputées au plus haut niveau depuis son retour. De son côté, Folin n’a participé qu’à 26 matchs et sera agent libre sans restriction à la fin de la saison. 

Autre joueur qui pourrait être susceptible de changer d’adresse avant la date limite de transaction : Ilya Kovalchuk. Le Russe serait disponible d’après le journaliste de The Athletic Pierre LeBrun. L’attaquant possède une clause de non mouvement qu’il serait prêt à lever si la destination lui convient – autant dire une destination attirante et une équipe compétitive avec qui il pourrait gagner la coupe. Mais il faudrait que la franchise en question soit prête à assumer un contrat de 6,25 millions de dollars pour les deux prochaines saisons.

 

Koivu absent pour le reste de la saison, Gibson blessé

En pleine course pour accrocher les playoffs, le Wild du Minnesota va malheureusement devoir se passer des services de son capitaine Mikko Koivu. Lors de la rencontre face aux Sabres de Buffalo, le Finlandais s’est blessé dans un contact avec Tage Thompson. Résultat : ligament croisé antérieur et blessure au ménisque du genou droit. Le passage par la case chirurgie vendredi dernier était inévitable. Saison terminée pour le joueur qui disputait sa 14e saison avec le Wild et qui avait marqué huit buts et 21 assistances en 48 rencontres. En conséquence, Joel Eriksson-Ek a été rappelé par la franchise.

On en parlait plus haut, les Ducks sont en pleine dégringolade et les choses ne s’arrangent pas puisqu’ils perdent sur blessure leur gardien numéro un John Gibson. Auteur d’un début de saison tonitruant avec des statistiques au-delà des espérances, Gibson a disputé 46 matchs depuis le début de l’exercice maintenant les Ducks à flot mais lui laissant que très peu de répit. Et malheureusement le gardien s’est blessé durant la rencontre face aux Sénateurs d’Ottawa. S’il s’agit d’une blessure au haut du corps, la nature exacte n’a pas été révélée mais on sait qu’elle sera réévaluée quotidiennement, laissant espérer un retour rapide du joueur. 

 

Wild, wild west

La conférence Ouest s’annonce complètement folle. Minnesota tient actuellement la dernière wild-card avec 59 pts, mais il n’y a que 8 pts d’avance sur la dernière place.

En hausse, les Blues de St. Louis ont récupéré la première wild card avec une fiche de 7-2-1 sur leurs dix derniers matchs. La franchise du Missouri, portée une bonne partie de l’année par Ryan O’Reilly, a enregistré le réveil de Vladimir Tarasenko, qui compte 11 buts en 16 matchs. Face à Nashville, l’attaquant a signé son quatrième triplé en carrière et son 200e but. Cela fait six victoires de rang et 12-4-1 sur les 17 derniers matchs. Les contributions des gardiens Binnington (fiche de 9-1-1) et Allen ne sont pas négligeables non plus.

En hausse, Chicago. En dépit de statistiques de possession dans les profondeurs du classement, les Hawks de Jeremy Colliton commencent à y croire à nouveau, bien aidés par un power-play hallucinant ces derniers temps (39% sur les 18 derniers matchs). Avec une fiche de 7-2-1 sur les dix derniers matchs, ils sont sortis des abysses et reviennent à 4 pts des playoffs. Les 14 matchs de suite avec un point de Patrick Kane n’y sont pas pour rien (11 buts et 20 assists sur cette période !), tout comme l’adaptation de Dylan Strome, auteur de 10 matchs avec deux points ou plus sur 32 apparitions à Chicago. L’ex-3e choix de draft d’Arizona compte 4  buts et 12 passes sur ses 10 derniers matchs. Autre acteur fort, le rookie Colin Dellia. Le gardien a été récompensé ce lundi par un contrat de 3 ans à un million de dollars par an, qui pourrait se révéler une affaire en or… Malgré deux séries de 8 défaites de rang, un changement de coach, des échanges et une navette avec l’AHL, la franchise de l’Illinois est revenue dans le coup depuis le passage à 2019.

En hausse aussi, Los Angeles, avec sa fiche de 6-2-2 sur les dix derniers matchs, qui a cédé la dernière place à Anaheim. Les Kings comptent 51 pts et sont tout de même encore très loin des playoffs. Leurs 132 buts en 55 matchs n’aident pas vraiment à imaginer un retour. Le départ de Muzzin et les rumeurs autour de Kovalchuk signalent plutôt une refonte de l’effectif à venir.

En baisse, Anaheim on l’a dit (2-8-0), mais aussi Minnesota (4-4-2), Colorado (2-5-3), Arizona (4-4-2) et Edmonton (3-5-2). Les Oilers sont retombés dans leurs travers et semblent destinés à manquer les playoffs pour la douzième fois en treize saisons… Colorado, pour sa part, menait la ligue le 6 décembre et aligne depuis une fiche de 5-15-5. Plus dure est la chute !

 

Revue du web

Les coulisses d’un échange : Brian Boyle, envoyé à Nashville contre un deuxième tour de draft. The Athletic revient sur les réactions de la famille et des proches, et sur tous les petits détails à gérer pour une famille dans ses circonstances. Passionnant ! (article en anglais, pour les abonnés)

Source Photo : Patrick Gorski, USA TODAY Sports

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