Autriche – France (tournoi de Klagenfurt)

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L’équipe de France reste sur une défaites contre la Norvège, mais c’était son adversaire le plus difficile, car le plus proche de sa configuration optimale. Méfiance tout de même : l’Autriche, qui s’est enfin ré-établie dans l’élite mondiale, a retrouvé son envie de jouer, avec de l’agressivité et du patinage. La récente annonce de l’instauration d’une limitation des étrangers dans la ligue autrichienne (11, puis 10 puis 9 puis 8 les saisons suivantes) redonne aussi de la perspective aux jeunes Autrichiens.

Au premier match, les Bleus s’étaient mis en difficulté d’entrée par des pénalités. Aujourd’hui encore, Chakiachvili est le premier à partir en prison, pour une obstruction. Peter Valier ne s’en laisse pas compter : il va presser en infériorité numérique, récupère le palet dans les patins de Clemens Unterweger et le place parfaitement au-dessus de la mitaine de Lukas Herzog, titularisé dans des cages autrichiennes où Starkbaum, moyen la veille, n’est plus forcément si incontestable. Mais la seconde pénalité – une crosse haute de Matima – permet aux Autrichiens d’égaliser. Dominique Heinrich prend sa position dans le cercle droit en supériorité numérique. Il avait touché l’extérieur du poteau pendant la pénalité du « Chak », mais cette fois sa reprise se loge dans la lucarne opposée, Buysse ayant été gêné par un écran de Herburger.

Alors que les Bleus tiennent parfaitement le choc dans le jeu, leur défaut est qu’ils ne semblent pas avoir de leader qui prenne l’offensive en mains. L’Autriche dispose en revanche du duo Raffl/Herburger, qui est de toutes les actions dangereuses en deuxième période. Daniel Jakubitzka tire à la cage et Raphael Herburger est parfaitement placé sur le côté gauche pour prendre le rebond en cage ouverte (2-1). Sur une première contre-attaque, la vitesse de Thomas Raffl laisse Aziz Baazzi couché sur la glace, mais son revers échoue sur la transversale. Ce premier avertissement n’aura pas suffi. En toute fin de tiers, alors que l’Autriche est en infériorité numérique et a récupéré le palet dans sa zone défensive, Herburger parvient à protéger le palet par son allonge face à Chakiachvili et à le transmettre dans l’axe à Raffl. Da Costa est éliminé à la ligne bleue par cette passe, et Matima ne peut rattraper le rapide capitaine autrichien qui bat Buysse à mi-hauteur côté plaque. À trois secondes de la fin, ce but fait mal aux Français.

Trop confiant sans doute, le duo autrichien se brûle néanmoins au troisième tiers. Pressé par Valier, Thomas Raffl surjoue avec le palet qu’il a mille fois le temps de sortir de la zone, puis Herburger le perd sous le pressing de Guttig. Les Bleus récupèrent la possession et Jordann Perret prend alors ses responsabilités : il part seul du coin, se recentre et place un tir parfait au poteau opposé. La France domine et Valentin Claireaux se démène en particulier en multipliant les tirs. Mais le risque reste présent en contre-attaque : à cinq minutes de la fin, Buysse réussit un exceptionnel arrêt de la jambière devant Raffl, servi par Herburger à 2 contre 0 car plus rapide en patinage pur que tous les adversaires (Janil cette fois). La France sort son gardien et met une forte pression en fin de match, avec trois joueurs prêts à prendre le rebond autour de la cage sur un tir de Teddy Da Costa. Malheureusement, la tentative de Perret échoue alors sur le poteau. C’est une nouvelle défaite pour l’équipe de France.

Commentaires d’après-match

Roger Bader (entraîneur de l’Autriche) : « Nous n’avons pas bien commencé ce match, nous avons montré trop peu d’engagement physique. Après la première pause, l’équipe a réagi et a pris la partie en main grâce à un meilleur jeu physique. Nous sommes satisfaits du résultat. Nous sommes encore tremblants, mais de telles victoires ont une importance énorme pour une équipe. »

Philippe Bozon (entraîneur de la France) : « Ils ont mérité leur victoire. On n’a pas fait un bon match, à part le dernier tiers-temps qu’on a dominé. J’attend une réaction du groupe avant d’affronter le Danemark. »

 

Autriche – France 3-2 (1-1, 2-0, 0-1)
Vendredi 8 février 2018 à 16h30 à la Stadthalle de Klagenfurt. 1250 spectateurs.
Arbitrage de Patrick Gruber (AUT) et Roy Stian Hansen (NOR) assistés de Christoph Bärnthaler et Kevin Kontschieder (AUT).
Pénalités : Autriche 10′ (0′, 6′, 4′) ; France 8′ (4′, 0′, 4′).
Tirs : Autriche 19 (7, 9, 3) ; France 33 (5, 8, 20).

Évolution du score :
0-1 à 09’24 : Valier (inf. num.)
1-1 à 15’52 : Heinrich assisté de Jakubitzka et Raffl (sup. num.)
2-1 à 26’59 : Herburger assisté de Jakubitzka et Heinrich
3-1 à 39’57 : Raffl assisté de Herburger et Heinrich (inf. num.)
3-2 à 48’44 : Perret assisté de Manavian

Autriche (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Alexander Cijan (2′) – Alexander Rauchenwald – Mario Huber
Thomas Raffl (+1) – Raphael Herburger (+1, 2′) – Martin Ulmer (+1)
Marco Richter (-1) – Thomas Hundertpfund (-1, 4′) – Marco Brucker (-2)
Lukas Kainz – Stefan Häußle – Daniel Wachter

Défenseurs :
Alexander Pallenstrang – Martin Schumnig
Dominique Heinrich (+1) – Daniel Jakubitzka (+1)
Steven Strong (-1) – Clemens Unterweger (-1)
Philipp Lindner – Bernd Wolf

Gardien :
Lukas Herzog

Remplaçant : David Madlener (G). En réserve : Bernhard Starkbaum (G), Gerd Kragl, Stefan Gaffal, Florian Baltram, Ali Wukovits.

France

Attaquants :
Rudy Matima (-1, 2′) – Anthony Guttig (+1, 2′) – Peter Valier (+1)
Tim Bozon – Teddy Da Costa (-1) – Guillaume Leclerc (-1)
Jordann Perret – Nicolas Ritz – Valentin Claireaux (2′)
Gabin Ville (-1) – Matthias Terrier – Robin Gaborit
Victor Barbero

Défenseurs :
Florian Chakiachvili (2′) – Antonin Manavian (C)
Kévin Dusseau (+1) – Jonathan Janil (+1)
Hugo Gallet (-1) – Aziz Baazzi
Vincent Llorca

Gardien :
Henri-Corentin Buysse [sorti à 58’37]

Remplaçant : Ronan Quemener (G). En réserve : Pierre Crinon, Julien Correia, Cédric Di Dio Balsamo.

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