Victoire historique et réconfortante pour les Bleues

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L’équipe de France féminine est donc mathématiquement reléguée du Mondial élite, malgré un match héroïque dimanche contre la Suède (1-2). Il reste néanmoins deux matchs à disputer pour finir sur une bonne note : ce dernier match de groupe contre l’Allemagne, puis un match de classement jeudi. Les Bleues ont-elles digéré, physiquement et mentalement, le match intense contre les Suédoises ?

Les Allemandes, qui ont réussi un excellent début de tournoi en battant justement la Suède en fusillade et en déjouant le Japon dans les dernières minutes, sont elles déjà sauvées et assurées de disputer les quarts de finale, grâce à la victoire de la Tchéquie sur le Japon plus tôt dans l’après-midi. Pour autant, les Allemandes n’ont pas l’intention d’offrir ce match aux Françaises, l’équipe d’outre-Rhin est revancharde après la victoire des Bleues juste avant le Mondial à Füssen, 0-2 grâce à Estelle Duvin et Lara Escudero.

Caroline Baldin, qui a admirablement bien figuré depuis le début du Mondial avec le troisième pourcentage d’arrêts de la compétition (93,39%), cède sa place pour ce match à sa suppléante, Caroline Lambert, qui a l’honneur à son tour de se lancer dans le grand bain de l’élite mondiale. En revanche, le sélectionneur allemand Christian Künast, même avec une équipe qualifiée, persévère avec Jennifer Harss, qui bénéficie également depuis le début du tournoi de statistiques flatteuses.

Mais la gardienne allemande de 31 ans va vite déchanter puisque Lara Escudero, après avoir éliminé de vitesse Anna Fiegert en zone neutre, va marquer le premier but pour la France après… 22 secondes de jeu ! C’est la deuxième réalisation en 24 heures pour l’attaquante de Lugano, sacrée cette saison championne de Suisse. Nicola Eisenschmid égalisera à la 13e minute à forces égales, d’un lancer complètement excentré côté gauche. À 1-1, la France s’en sort bien après avoir concédé quatre pénalités en première période.

Et la deuxième commence mal puisque Kerstin Spielberger, en contre, double la mise pour l’Allemagne, 119 secondes après le retour des vestiaires. Pas de panique côté bleu puisque, en supériorité numérique, Estelle Duvin égalisera à 2-2 pour la France à la 29e minute en frappant de la ligne bleue.

Toujours à 2-2 à l’issue des 60 minutes, les deux équipes ne passeront pas à côté de la prolongation. Et seulement 104 secondes en temps supplémentaire seront nécessaires à la France et Chloé Aurard pour disposer de l’Allemagne : l’attaquante NCAA file seule et feinte Harss pour offrir au hockey français sa première victoire dans un championnat du monde élite féminin. Historique ! Caroline Lambert a elle réalisé 41 arrêts devant la cage bleue.

Face à un adversaire qu’elles connaissent bien, les Bleues décrochent un succès réconfortant. Au lendemain de son match soutenu contre la Suède, la France a trouvé l’énergie et le mental nécessaires pour venir à bout de l’Allemagne, terminant la phase de groupe par une victoire méritée au vu des efforts fournis depuis le début de la compétition. Il restera un match de classement jeudi, contre la Suède ou contre le Japon, qui ne sera pas sans enjeu puisqu’il aura une influence sur le classement IIHF, déterminant quant à l’éventualité d’organiser le prochain tournoi de qualification olympique.

Élues joueuses du match : Tabea Botthof pour l’Allemagne, Lore Baudrit pour la France.

Allemagne – France 2-3 (1-1, 1-1, 0-0, 0-1).
Lundi 8 avril 2019 à 18h00 à la Metro Areena d’Espoo (deuxième glace). 136 spectateurs.
Arbitrage de Nikoleta Celarova (SVQ) et Maria Fuhrberg (SUE) assistées de Jenni Jaatinen (FIN) et Michaela Stefkova (TCH).
Pénalités : Allemagne 8′ (0′, 8′, 0′), France 12′ (8′, 0′, 4′, 0′).
Tirs : Allemagne 43 (18, 8, 13, 4), France 22 (7, 7, 7, 1).

Évolution du score :
0-1 à 00’22 : Escudero assistée de Locatelli
1-1 à 12’37 : Eisenschmid assistée de Karpf
2-1 à 21’59 : Spielberger assistée de Zorn
2-2 à 28’15 : Duvin assistée de Baudrit et Aurard (sup. num.)
2-3 à 61’44 : Aurard

Allemagne

Attaquantes :
Andrea Lanzl (A, -1) – Laura Kluge (-1) – Emily Nix (-1)
Julia Zorn (C, 2′) – Marie Delarbre (2′) – Kerstin Spielberger (+1, 2′)
Nicola Eisenschmid (+1) – Bernadette Karpf (+1) – Anne Bartsch (+1)
Marie-Kristin Schmid – Celina Haider – Nina Kamenik

Défenseures :
Anna Figert (A, -2) – Tabea Botthof (-1)
Carina Strobel (+1) – Daria Gleissner (+1, 2′)
Rebecca Graeve (+1) – Lena Dusterhoft (+1)
Yvonne Rothemund – Naemi Bar

Gardienne :
Jennifer Harss

Remplaçante : Yvonne Schröder(G). En réserve : Julie Flotgen (G).

France

Attaquantes :
Lore Baudrit (A, +1, 2′) – Marion Allemoz (C, 2′) – Lara Escudero (+1, 2′)
Chloé Aurard (+1) – Estelle Duvin (2′) – Emmanuelle Passard
Léa Parment (-2) – Betty Jouanny (-1) – Clara Rozier (-1)
Margot Desvignes – Morgane Rihet (A, -1) – Amandine Cuasnet
Jade Vix (-2)

Défenseures :
Athéna Locatelli (+1) – Gwendoline Gendarme (+2)
Léa Villiot (+1) – Raphaëlle Grenier (2′)
Alexandra Harrison – Louanne Mermier
Eloïse Juré (-2, 2′)

Gardienne :
Caroline Lambert

Remplaçante : Margaux Mameri (G). En réserve : Caroline Baldin (G).

 

Nous connaissons donc les premières équipes qualifiées pour les quarts de finale du groupe B. La Tchéquie s’envole vers une victoire de groupe après un troisième succès en trois matchs. Les Tchèques ont totalement pris à la gorge le Japon. Denisa Krizová, profitant d’un rebond devant Nana Fujimoto, a ouvert le score après seulement 3’34 » de jeu, Vendula Přibylová doublant la mise cinq minutes plus tard, servie par Samantha Kolowratová. Il s’agit pour chacune de leur deuxième but de la compétition.

A la 52e minute, Aneta Tejralová a concédé un tir de pénalité pour avoir repoussé le puck du gant dans le demi-cercle tchèque, tir de pénalité que ne parviendra pas à convertir l’expérimentée Hanae Kubo, arrêté de la jambière par Klára Peslarová. L’attaquante nippone de 36 ans aura néanmoins l’occasion de se rattraper en réduisant le score deux minutes plus tard, d’un joli tir sous la barre. Mais la Tchéquie tiendra finalement le coup jusqu’au bout, Tereza Vanisová marquant dans filets déserts : 3-1.

Cette victoire des Tchèques a pour conséquence de les qualifier, ainsi que l’Allemagne, devenue hors de portée. Cela décuple aussi l’intérêt du Suède – Japon prévu mardi : le vainqueur participera aux quarts de finale, le vaincu accompagnera la France en Division 1A. Rappelons que, depuis la création des Mondiaux féminins en 1990, la Suède n’a jamais été reléguée, et que le dernier affrontement contre le Japon, aux JO de PyeongChang, avait tourné à l’avantage des Nippones…

Comme la Tchéquie, les États-Unis sont également bien partis pour la victoire de groupe. Après avoir battu la Finlande (6-2) et le Canada (3-2), les Américaines ont littéralement pulvérisé la Suisse 8-0 dimanche soir. Dani Cameranesi a signé un match à 3 points, dont deux buts. Amanda Kessel et la défenseure Megan Keller ont également inscrit un doublé alors que la gardienne helvète, Janine Alder, a dû essuyer 57 lancers des USA.

Après cette déroute, les Suissesses ont bien essayé de poser des problèmes à la Finlande ce lundi. Evelina Raselli a permis à la Suisse de mener 1-0, une avance de courte durée puisque Susanna Tapani (d’une superbe déviation !) et Rosa Lindstedt ont renversé la tendance en première période. La jeune prodige Alina Müller a bien égalisé, pleine lucarne, mais les Lionnes ont ensuite sorti les crocs. Linda Välimäki, Michelle Karvinen (deux fois) et Minnamari Tuominen porteront l’addition à 6-2. Il ne fait désormais plus aucun doute que la Suisse terminera dernière du groupe A.

Dans ce groupe A, hormis la Finlande, le Canada comptabilise également 6 points à la suite de leur succès sans appel 5-1 contre la Russie. Le Canada a d’abord ouvert le score à 13’43 » en supériorité numérique par Natalie Spooner. Puis, en deuxième période, les Canadiennes inscriront deux buts à deux minutes d’intervalle, par Rebecca Johnston et Blayre Turnbull, chassant du match Anna Prugova. Sa remplaçante Nadezhda Morozova n’aura pas plus plus de réussite puisque Natalie Spooner inscrira deux nouveaux buts avant la deuxième pause, hat trick ! En troisième période, les Russes ne concéderont plus de but, Liana Ganeyeva sauvant l’honneur de la Mère Patrie. Coup dur néanmoins côté canadien puisque Marie-Philip s’est blessée à son genou déjà fragile, une blessure a priori évitable pour l’une des meilleures joueuses au monde…

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