Présentation des playoffs NHL : conférence Est

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Comme chaque année, l’équipe d’Hockey Archives vous présente les séries de phases finales dans la NHL et révèle ses pronostics. Première étape : la conférence Est, où réside un ogre très inquiétant…

 

Tampa Bay Lightning (Atl. 1) – Columbus Blue Jackets (WC2)

Le Lightning est assurément le grand favori de ce premier tour, à l’issue d’une saison record. Le vainqueur du trophée du Président a remporté 62 matchs cette saison, égalant le record de Detroit (1995-96) et ses 128 points figurent sur le podium de l’histoire de la NHL. Tampa a tout les atouts pour aller loin : un gardien à 92,5 % d’arrêts (Vasilevsky), la 8e défense de la ligue et la première attaque (319 buts, 3,96/match, meilleur total depuis 1996), le meilleur jeu de puissance (28,1%, meilleur total depuis 1988), le meilleur jeu en infériorité (85%). L’équipe n’est « que » 9e en Corsi et 8e en buts anticipés mais Tampa semble en fait sous-estimée par les données disponibles au public. La qualité des passes en zone offensive permet notamment à Tampa de « bonifier » ses occasions. La compagnie Sportlogiq qui fournit presque toutes les équipes de la ligue mentionnait récemment que les Bolts était la première équipe a atteindre les 1000 passes dans le slot en une saison ! Et cela est sans compter la somme de talents hors-norme à la finition… Tampa a par ailleurs le meilleur bilan en vingt ans en étant mené après deux périodes (9 victoires pour 12 défaites, et 15 victoires pour 10 défaites en étant mené après un tiers). C’est également la seule équipe de l’histoire de la NHL à dépasser les 30 victoires à domicile comme à l’extérieur. N’en jetez plus !

Individuellement, trois joueurs ont franchi les 40 buts : Nikita Kucherov qui a battu le record de points pour un joueur russe (128), Steven Stamkos (98) et Brayden Point (92) qui ont manqué de peu la barre des cent points. Le banc est bien présent, avec 18 joueurs au-delà des 15 points. Seule la santé de Victor Hedman, touché au « haut du corps », et qui a manqué les derniers matchs, entache un peu le tableau. Mais l’équipe a de l’expérience : finale de coupe Stanley 2015, finales de conférence Est 2016 et 2018.

Dans ces conditions, la mission des Blue Jackets de Columbus s’annonce dantesque. Qualifiée au 81e match de la saison, la franchise de l’Ohio a sacrifié du lourd à la date limite des échanges pour se renforcer. Il aura fallu un temps d’adaptation, mais Matt Duchene (12 pts en 23 matchs) et Ryan Dzingel (12 pts en 21 matchs) ont mieux paru dans la dernière ligne droite. L’équipe vit et meurt de toute façon au rythme d’Artemi Panarin. Le Russe compte 87 pts, soit 18 de mieux que son second Cam Atkinson (69 pts). Ce dernier mène l’équipe avec 41 buts, et le duo s’appuiera sur trois autres joueurs au-delà des 20 buts (Pierre-Luc Dubois et Josh Anderson 27, Oliver Bjorkstrand 23). Alexandre Texier, buteur pour son deuxième match NHL, devrait débuter et connaître son premier vrai test face à la meilleure équipe de la saison.  Sergei Bobrovsky, à l’historique peu flatteur en phases finales, sera-t-il à la hauteur ou aura-t-il la tête ailleurs ? Son contrat, comme celui de Panarin, expire au 1er juillet et aucun des deux ne devrait être de retour. C’est maintenant où jamais pour Columbus, qui n’a jamais gagné une série de playoffs dans toute son histoire. Mais avec la 12e possession et la 18e place en buts anticipés, cela sent quand même le roussi.

La clé de la série : Pour Tampa Bay, maintenir l’intensité de la fin de saison (7 victoires sur les 10 derniers matches) et assurer sa domination en équipes spéciales. Pour Columbus, la forme de Bobrovsky dans les cages, la discipline malgré le 2e jeu en infériorité, et un meilleur jeu de puissance que le 28e de la ligue (15,4%)…

Pronostic : Tampa Bay en 5

 

Boston Bruins (ATL2) – Toronto Maple Leafs (ATL3) 

Cela va commencer à devenir une rengaine. Avec le récent modèle des playoffs, Boston et Toronto vont être amenés à souvent (toujours ?) se rencontrer d’entrée de jeu. Si les Bruins ont une nouvelle fois gagné l’avantage de la glace, c’est surtout parce que les Leafs ont calé en fin de saison, avec 65 buts encaissés dans les 18 dernières rencontres (soit en mars et début avril), soit une moyenne de 3,6 buts par match.

Si l’on répète saison après saison que la dynamique est importante aux abords des séries, force est de constater que les B’s sont mieux placés, et surtout mieux lancés. Eux sont positifs dans les 10 dernières parties, et ont infligé un 3-1 aux Leafs cette saison. La vue d’ensemble apparaît ainsi en faveur de Boston et de son profil plus homogène.

Les hommes de Mike Babcock ont la 2e attaque de la conférence est, ceux de Bruce Cassidy en sont la 2e défense. À l’inverse la défensive de Toronto est aux abois (9e à l’est) alors que l’attaque de Boston est moins fringante mais plutôt honnête (6e à l’est). Le profil est donc plus marqué du côté des Maple Leafs qui vont compter sur leur attaque impressionnante pour faire sauter le verrou du Massachusetts. Car ce sera surtout un duel de styles, Toronto étant l’équipe avec qui il se passe le plus de choses (tirs pour et contre) sur la glace dans la ligue, alors que Boston est parmi les plus avare en spectacle…

Côté statistiques, les deux équipes se tiennent globalement sur les buts anticipés (9e et 10e avec 52,1 et 51,8% en faveur de Boston), même si les coéquipiers de Brad Marchand possèdent un meilleur corsi (53% au lieu des 51,8% pour Toronto). Avec 93,2% (contre 92,4%) d’arrêts, le duo de gardiens des Bruins est également mieux placé que celui des Leafs, mais ce sont les Ontariens qui sont plus précis devant la cage (9,3% contre 7,3%).

Alors, qui parviendra à contenir l’autre ? En apparence, l’armada de Toronto semble plus impressionnante avec ses John Tavares, Auston Matthews, Mitch Marner, William Nylander (revenu à un niveau plus conforme), mais aussi Andreas Johnsson, Zach Hyman, Kasperi Kapanen, ou le défenseur Morgan Rielly, tous entre 20 et 47 buts. Pourtant en face, derrière une première ligne de folie (Marchand 36 buts, Pastrnak 38 buts, Bergeron 32 buts), viennent des Jake DeBrusk (27 buts), ou David Krejci (20 buts) capables de prendre la suite au même niveau. Et reste à voir l’impact des recrues de la date limite des échanges, Marcus Johansson et Charlie Coyle, justement là pour apporter la profondeur qui manquait.

La clé de la série : Comme souvent lorsque ça devient plus serré, les équipes spéciales vont faire la différence. Le powerplay des Bruins est meilleur (25,9% contre 21,8% aux Leafs) avec une production en infériorité numérique équivalente (79,9% chacun). Si la tendance à 5 contre 5 est respectée, les Bruins devraient passer malgré la puissance adverse. Si les Leafs veulent se sortir de l’ornière, il va falloir bien mieux défendre et marquer dans les temps forts. 

Pronostic : Boston en 6

 

Washington Capitals (Met 1) – Carolina Hurricanes (WC 1)

Deux équipes qui, la dernière fois qu’elles ont participé aux séries, ont gagné la coupe… Blague à part, Washington – Carolina c’est surtout le duel du champion en titre, encore premier de sa division, contre la petite équipe qui vient d’effacer plusieurs années d’échec pour enfin se glisser en séries. Duel déséquilibré ? Peut-être pas tant que ça.
D’un côté, Washington affiche l’exact même visage que l’an passé. Statistiquement loin d’être impressionnants (15e au Corsi et surtout 25e aux buts anticipés), les Caps comptent encore et toujours sur leur somme de talents individuels en attaque et leur jeu rapide en contre. Un jeu technique qui, comme Tampa, leur permet d’ailleurs de dépasser régulièrement leurs buts anticipés, se faisant sous-estimer au passage par les modèles de prédictions. Défensivement, c’est toujours bancal par contre, mais on se souvient que Washington avait plus que resserrer les boulons arrivé au printemps l’an passé. Même stratégie cette saison ? Il le faudra. L’équipe en face est tout sauf un sparring partner car Carolina affiche le troisième bilan de la ligue depuis le 1er janvier, tout juste derrière St Louis et Tampa : 30 victoires en 44 matches.

En effet, si les Hurricanes atteignent enfin les séries, cela fait quelques saisons que l’équipe pratique un jeu de possession du palet malheureusement coulé par des gardiens lamentables et un manque de talent à la finition. Si le talent devant est encore en construction (26e pourcentage aux tirs), l’affaire semble réglée dans les cages où Petr Mrazek et Curtis McElhinney ont enfin offert tout ce que demandaient les Canes : des gardiens dans la moyenne de la ligue. Cela paraît peu ambitieux mais c’est suffisant tant Carolina monopolise la rondelle : 3e pour le Corsi, 1er pour les buts anticipés. Personne n’obtient autant de buts anticipés dans la ligue que les Hurricanes.

Ainsi la série se jouera certainement en zone offensive, point fort des deux équipes. Ovechkin a encore atteint les 50 buts cette saison, Bäckström, Kuznetsov, Oshie, Vrana, Wilson et Connolly ont tous dépassé les 20 buts. Sans compter sur John Carlson, encore l’un des meilleurs de la ligue cette saison à son poste. En face, Sebastian Aho a explosé comme espéré (30 buts, 83 points), entraînant Teräväinen avec lui (76 points). Nino Niederreiter a claqué 30 points en 36 matchs avec Carolina, le rookie Svechnikov a eu ses 20 buts, Justin Williams a de beaux restes et Jordan Staal est revenu au jeu à temps. La profondeur est un peu maigre mais la défense contribue et Dougie Hamilton finit deuxième parmi les défenseurs de la ligue avec 18 buts.

La clé de la série : Elle se situe dans les cages de Carolina. Si Mrazek (a priori partant), peut tenir un niveau minimum, surtout face au powerplay des Caps, les Canes seront bien plus dans le coup que la logique ne voudrait.

Pronostic : Washington en 6

 

New-York Islanders (Met 2) – Pittsburgh Penguins (Met 3)

Un autre duel entre un vétéran des séries et un petit nouveau. Les Islanders que tout le monde attendait au fond du classement après le départ de John Tavares, et qui ont profité d’une division très ouverte pour se glisser sur son podium. Mathew Barzal n’a pourtant mis que 62 points en étant le meilleur marqueur de l’équipe… 22e au Corsi, 12e aux buts anticipés, le 29e power play, la 18e infériorité, les Isles et leur jeu défensif made in Barry Trotz ont surtout bénéficié d’un duo de gardiens en feu. Ensemble, Robin Lehner et Thomas Greiss affichent le second pourcentage d’arrêts de la ligue, évoluant chacun bien au-delà de leurs performances moyennes en carrière. Alors miracle ? Il est très très rare qu’un gardien se découvre un talent spécial au milieu de sa carrière (le « Dubnyk effect »). Il arrive par contre tous les ans que des gardiens connaissent la saison de leur vie… avant de retomber sur terre rapidement. Cela arrivera-t-il dès maintenant contre les Penguins ? C’est fort possible.

Pittsburgh que les mauvaises langues (y compris au sein de cette rédaction) voyaient fatigués, au bout… Que nenni. Avec des gardiens assurant enfin le minimum vital, les Pens n’ont jamais vraiment douté. Douzièmes au Corsi comme aux buts anticipés, avec le 5e powerplay de la ligue, Crosby and co ont assuré le minimum. Le capitaine a claqué 100 points et surtout n’a subi aucune blessure sérieuse. Kessel finit à 82 points, Guentzel 40 buts, Malkin 72 points en 68 matchs et Kris Letang ferait un candidat plus que légitime au trophée Norris, impactant positivement le jeu de son équipe en sa présence comme personne dans la ligue ou presque. Si les signatures de Jack Johnson et Erik Gudbranson sont des erreurs grossières de l’organisation, Letang, Dumoulin et Pettersson peuvent au moins faire une grosse partie du travail en séries, s’ils restent en santé.

La clé de la série : Elle se situe sur les bancs. Barry Trotz parviendra-t-il à briser les élans des Pens en zone neutre comme il l’avait fait avec les Caps l’an passé ? Dans le cas contraire, à moins que Lehner marche encore sur sa tête, les Penguins partent avec une longueur d’avance.

Pronostic : Pittsburgh en 5

 

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