Ligue Magnus : Grenoble s’offre le titre à Rouen

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C’était le match dont le hockey français rêvait. Un match 7 entre Rouen, l’équipe dominante de ces dernières années, et Grenoble, qui rêve de lui reprendre la suprématie et qui s’est copieusement renforcé en cours de saison pour cet objectif : un défenseur majeur (Kyle Hardy) et deux internationaux français (Antonin Manavian et Sacha Treille) ont été rapatriés parmi les Brûleurs de Loups. Malgré une saison régulière quasi-parfaite, les Dragons savaient qu’ils aurait affaire à forte partie. Si le choc a tourné court l’an passé, la finale a cette fois été épique. Rouen a perdu les deux premières manches avant de remonter pour mener 3 victoires à 2, mais sans conclure sur sa première « balle de match » à Pôle Sud. Les places pour le match se sont arrachées en 15 minutes lundi matin.

Le président grenoblois Jacques Reboh avait décrit ses joueurs comme « des étalons dans leur box ». Mais apparemment, les Dragons piaffaient encore plus fort d’impatience. Pendant douze minutes, Rouen prend le plein contrôle du match. Alex Aleardi et Nicolas Ritz obligent rapidement Lukas Horak à réaliser des arrêts difficiles. Il faut en revanche attendre la dixième minute pour la première occasion grenobloise, un tir de Leclerc suivi d’un rebond de Bisaillon. La domination du RHE est concrétisée par une entrée en zone en contrôle de Marc-André Thinel qui attire irrésistiblement vers lui les cinq joueurs adverses. Sa passe vers la droite, que Kyle Hardy n’arrive pas à intercepter, sert le défenseur Mathieu Brodeur monté à l’offensive pour ajuster Horak (1-0, 11’14). Le jeu s’équilibre après ce but. Grenoble se montre surtout dangereux pendant que Mathieu Roy est en prison pour une obstruction : Matija Pintaric signe deux arrêts consécutifs face à Guillaume Leclerc, puis en baissant sa mitaine sur un slap du cercle gauche de Damien Fleury (18’25).

Après un début de match timide, les Grenoblois abordent le deuxième tiers avec plus de mordant. Ils ont plus de fluidité dans leur patinage et impriment un rythme élevé. Néanmoins les occasions de Kearney ou du duo Champagne-Leclerc se heurtent au mur slovène Matija Pintaric. Les Dragons ont subi ce vingt médian mais Alex Aleardi aurait pu les libérer sur une échappée, annihilée par un retour in extremis du défenseur Connor Hardowa. Avoir préservé cet avantage dans la douleur conforte un peu plus les Rouennais.

Mais dès le début de la troisième période, une crosse haute de Loïc Lampérier, sanctionnée de 2’+2′, fait basculer le destin de la partie. Sacha Treille attaque la cage et Pintaric se couche sur le dos, sans pouvoir empêcher Christophe Tartari de propulser le palet au fond (1-1, 42’02). Le vétéran du hockey grenoblois, parfois surnuméraire au cours de cette finale, relance totalement son équipe de toujours. La seconde partie de la pénalité est en partie annulée par un surnombre. Rouen repart à l’assaut, mais Nicolas Ritz échoue dans le plastron de Lukas Horak (45’35). Hardowa, couché, parvient à contrer miraculeusement, du bout de la crosse qu’il étend derrière lui, le tir de Thinel sur un parfait jeu à trois des Rouennais. Ceux-ci s’exposent aussi à des contres, en particulier ce 2 contre 1 de Fleury et de Rohat, qui ne parvient pas à reprendre le centre au second poteau (51’35). Mais c’est sur un jeu installé que Grenoble marque le but du titre : Sacha Treille fait le travail d’écran devant le but et Damien Fleury, au-delà des cercles, envoie un tir d’une précision chirurgicale dans la lucarne (1-2, 53’50).

Affectés par une certaine nervosité, les Grenoblois n’ont pas fait leur meilleur match de la série et ont raté leur entrée en matière. Mais ils se sont acharnés défensivement et ont semblé profiter de leur profondeur de banc supérieure pour conserver plus de lucidité et de vivacité en fin de match. Cette coupe, ils la voulaient tellement qu’ils ont réussi à la remporter dans l’antre du Dragon, entre ses griffes qui semblaient s’y cramponner fermement…

Désigné joueur du match : Lukas Horak (Grenoble).

Commentaires d’après-match (dans le Dauphiné Libéré) :

Fabrice Lhenry (entraîneur de Rouen) : « On a fait une très bonne entame de match. On sort de ce premier tiers avec un score de seulement 1 à 0 malheureusement. Nous avons eu quelques occasions de prendre un peu plus le large. Au deuxième tiers, Grenoble est sorti un peu plus fort et nous avons moins bougé le palet. On a eu plus de difficultés. Ce que je retiendrai le plus ce soir, c’est qu’ils ont marqué en supériorité numérique et que nous non. C’est ce qui fait un peu la différence. Sur l’ensemble du match, on méritait peut-être la prolongation. Ça a été une série très disputée. Ils ont bien débuté et ont bien fini. On a eu l’avantage au milieu mais on n’a pas su finir sur les deux derniers matchs. C’est regrettable et triste pour ce groupe qui a fait une saison remarquable. »

Sébastien Rohat (attaquant de Grenoble) : « Ce fut sûrement le match le plus moche de la finale. Ça ne devait pas vraiment être beau à regarder. Les grands joueurs font toujours la différence et là, Michon [Damien Fleury] a sorti un super shoot ! On mérite largement notre victoire sur cette série. Sur le papier, on savait qu’on avait le potentiel mais il fallait le montrer sur la glace. Le mental a fait la différence. On a été incroyablement solidaires, notamment là dans les cinq dernières minutes. »

Julien Baylacq (attaquant de Grenoble) : « C’est vraiment beaucoup d’émotions. Ça fait dix ans qu’on bosse comme des acharnés pour être à nouveau champion. On a tout donné. On a été très soudés toute la saison. On est une famille, une famille de malades. On mérite ce titre. »

Sébastien Bisaillon (défenseur de Grenoble) : « J’ai vécu les sept secondes les plus longues de ma vie… En plus je fais un dégagement interdit de con, je pensais qu’il restait moins de temps, j’ai dégagé. Mais les sept secondes de la fin reflètent bien les play-offs. Il y a eu des sacrifices, des plongeons sur les lancers, je suis tellement fier de mes coéquipiers ! On était un groupe de joueurs, mais on est devenu une équipe et c’est pour cela qu’on a gagné ! »

Teddy Da Costa (attaquant de Grenoble) : « C’est pour ça que je suis venu à Grenoble. Notre persévérance et notre cœur nous a fait gagner. On a su créer un groupe très soudé. C’était une des plus belles finales de l’histoire. »

Rouen – Grenoble 1-2 (1-0, 0-0, 0-2)
Mardi 9 avril 2019 à 20h00 au centre sportif Guy-Boissière. 2747 spectateurs (guichets fermés).
Arbitrage de Geoffrey Barcelo et Pierre Dehaen assistés de Thomas Caillot et Clément Goncalves.
Pénalités : Rouen 12′ (4′, 4′, 4′) ; Grenoble 16′ (6′, 4′, 6′).
Tirs : Rouen 23 (11, 5, 7) ; Grenoble 28 (11, 10, 7).

Évolution du score :
1-0 à 11’14 : Brodeur assisté de Thinel et Lampérier
1-1 à 42’02 : Tartari assisté de Bisaillon et Treille (sup.num.)
1-2 à 53’50 : Fleury assisté de Rohat et Treille

Rouen

Attaquants :
Loïc Lampérier (A, +1, 4′) – Nicolas Ritz (+1) – Marc-André Thinel (+1)
Nicolas Deschamps (-1) – Juha Koivisto (-1) – Michel Miklik (-1)
Joël Caron – Anthony Guttig (A, 2′) – Alexander Aleardi (2′)
Joris Bedin – Fabien Colotti – Vincent Nesa

Défenseurs :
Florian Chakiachvili (-1) – Mathieu Roy (C, -1, 4′)
Mathieu Brodeur (+1) – Atte Mäkinen
Kévin Dusseau – Chad Langlais (+1)

Gardien :
Matija Pintaric [sorti à 59’17]

Remplaçants : Quentin Papillon (G), Enzo Cantagallo et Julien Msumbu.

Grenoble

Attaquants :
Denny Kearney – Joël Champagne (C) – Guillaume Leclerc (2′)
Sacha Treille (+1) – Sébastien Rohat (+1) – Damien Fleury (A, +1, 2′)
Vincent Kara – Olivier Latendresse (2′) – Maxime Legault (2′)
Julien Baylacq (-1) – Teddy Da Costa (-1) – Mathias Arnaud (-1)

Défenseurs :
Kyle Hardy (2′) – Sébastien Bisaillon
Patrick McEachen – Dominik Kramar
Christophe Tartari (A) – Connor Hardowa (2′)
Teddy Trabichet – Antonin Manavian (2′)

Gardien :
Lukas Horak

Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absents : Aleksandar Magovac (choix du coach), Bostjan Golicic (poignet).

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