Tremblement de terre au Mondial féminin

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Ce mardi, la Suède était en grand danger. On la donnait grande favorite de la première place de son groupe. Elle a tout perdu contre le Japon.

La difficile victoire 2-1 sur les vaillantes Françaises n’était pas suffisante aux Suédoises, déjà battues par l’Allemagne et le Tchéquie, pour assurer leur maintien en élite mondiale. Il restait un dernier match périlleux à négocier face au pays du Soleil Levant.

Si « Smile Japan » était dans la même posture, nul doute que la pression était davantage sur le dos des Scandinaves, dont la notion de relégation demeure abstraite, même si la menace était bien réelle en 2001 et 2013. Mais le danger était réel face à une équipe habituée aux matchs-couperet. D’autant plus que les Japonaises avaient réussi à obtenir leur première victoire contre la Suède, c’était aux Jeux olympiques de PyeongChang et ce, sans leur gardienne titulaire Nana Fujimoto, présente ce mardi.

Remontée à bloc, la capitaine de la Damkronorna Emma Nordin, servi plein champ par Pernilla Winberg, a sonné la révolte dès le début du match en marquant après 2’36 de jeu. On pouvait alors s’attendre à une tempête de buts qui allait s’abattre dans les filets de Nana Fujimoto. Il n’en fut rien. La forteresse a tenu bon, et Haruna Yoneyama, en profitant d’une passe levée de Chiho Osawa, a même égalisé à la 37e minute : 1-1. À la suite d’une montée vers la cage, la défenseure Sofia Engström a répliqué en troisième période mais les tenaces Japonaises ont de nouveau égalisé, par Akane Shiga dans les dix dernières minutes avec une déviation qui semblait involontaire.

On croit alors que les deux équipes se dirigent vers une angoissante prolongation. Et bien non ! D’un superbe slap dans la lucarne, Haruka Toko marque le but gagnant des Japonaises… à 75 secondes de la fin ! Le drame absolu pour la Suède, désormais mathématiquement reléguée et qui accompagnera la France en Division 1A l’année prochaine. Incompréhension pour les joueuses scandinaves, et révérence traditionnelle de rigueur pour les Japonaises, qui battent la Suède pour la deuxième fois en un an !

« Fiasko », c’est le mot qui s’est déjà propagé en masse dans les médias suédois. Pour la première fois de son histoire, depuis la création des Mondiaux féminins en 1990, la Suède se retrouve rétrogradée, chose qui n’est d’ailleurs jamais arrivé chez la sélection masculine. En baisse de régime ces dernières années, la Damkronorna n’a eu ni le niveau, ni le mental pour concrétiser ses ambitions. La coach Ylva Martinsen a pris la mesure de cet échec, déclarant « avoir trahi les joueuses et le peuple suédois ». Rien que ça…

Cette relégation est même un événement qui va à contre-courant du modèle suédois si clinquant : un modèle de formation chez les hommes et aussi une ouverture au hockey féminin sans précédent. Avant le début de ce Mondial féminin, la fédération suédoise publiait un rapport dans lequel elle annonçait qu’il n’y avait jamais eu autant de hockeyeuses en Suède qu’en cette saison 2018-2019 : 4500 joueuses en écoles de hockey et une augmentation de 400 joueuses sur les sections de jeunes de 10 à 20 ans. La relève est donc là, encore faut-il imposer un travail de fond à une sélection qui semblait pourtant prendre un nouveau départ sous les ordres de Martinsen. Car les Suédoises ont peiné dans leur groupe B, et l’écart n’a cessé de croître avec les autres équipes, en particulier avec la voisine finlandaise. Après cette énorme désillusion, la puissante fédération suédoise de hockey devra probablement rendre des comptes…

La tête du groupe B, que convoitait la Suède avant le début de la compétition, revient à la Tchéquie après un parcours parfait de quatre victoires en quatre matchs. Les Tchèques ont fini la phase de groupe par un succès 2-0 sur l’Allemagne. Le salut est venu de la capitaine Alena Mills qui a marqué deux buts en l’espace de… 120 secondes !

Jeudi, le même jour que les quarts de finale, la France rencontrera donc la Suède pour un match de classement. L’enjeu pour les Bleues, animées sans aucun doute par un esprit de revanche, sera de grappiller des points au classement IIHF.

Classement Groupe B :

1. Tchéquie 12 pts
2. Allemagne 6 pts
3. Japon 6 pts
4. Suède 4 pts
5. France 2 pts

La montée en puissance des États-Unis se confirme. Après avoir atomisé la Suisse 8-0 dimanche, les championnes olympiques ont démoli la Russie 10-0. Parmi les performances à retenir de ce match, notons les 3 passes d’Annie Pankowski et les doublés de la capitaine Kendall Coyne Schofield et Lee Stecklein. Cette dernière n’avait d’ailleurs jamais marqué sous le maillot national, elle en marque deux dans le même match lors de sa septième compétition avec les États-Unis ! Les autres buts de la partie sont d’Amanda Kessel, Cayla Barnes, Megan Bozek, Hilary Knight, Brianna Decker et Melissa Samoskevich.

Alors que Maddie Rooney avait réalisé le blanchissage contre la Suisse, Alex Rigsby en a fait de même contre les Russes en bloquant les 12 lancers adverses. 4 matchs, 4 victoires, 27 buts marqués, 4 encaissés, les Américaines s’adjugent, pour la quatrième année consécutive, la victoire du groupe A. Les Japonaises, qui rencontreront les États-Unis en quart de finale, savent à quoi s’attendre…

En battant le pays hôte, la Finlande, le Canada s’assure d’éviter les États-Unis en demi-finale. Loren Gabel (par deux fois) et Rebecca Johnston ont permis au Canada de mener 3-0 après 34 minutes de jeu. C’est alors que le coach finlandais Pasi Mustonen a décidé de sortir sa titulaire Noora Räty pour Eveliina Suonpää… qui a cédé trois minutes plus tard devant Brianne Jenner : 4-0.

D’un tir lointain, Ella Viitasuo parviendra tout de même à battre Shannon Szabados. Mais la réaction finlandaise sera de courte durée. Sarah Nurse, profitant d’un palet libre en zone offensive, et Erin Ambrose, prolongeant un centre-tir de Jamie Rattray, porteront la marque finale à 6-1. À noter que le Canada était privé des services de Marie-Philip Poulin, au repos en raison de son genou douloureux.

Classement Groupe A :

1. États-Unis 12 pts
2. Canada 9 pts
3. Finlande 6 pts
4. Russie 3 pts
5. Suisse 0

Quarts de finale :

États-Unis – Japon
Russie – Suisse
Finlande – Tchéquie
Canada – Allemagne

Meilleures marqueuses :

1. Kendall Coyne Schofield (États-Unis) 7 pts
2. Natalie Spooner (Canada) 7 pts
3. Alex Carpenter (États-Unis) 6 pts
4. Brianne Jenner (Canada) 6 pts
5. Hilary Knight (États-Unis) 5 pts

Meilleures gardiennes :

1. Jennifer Harss (Allemagne) 94,2%
2. Alex Rigsby (États-Unis) 94,1%
3. Caroline Baldin (France) 93,4%

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