Présentation des playoffs NHL : Conférence Ouest

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Comme chaque année, l’équipe d’Hockey Archives vous présente les séries de phases finales dans la NHL et révèle ses pronostics. Suite et fin avec une conférence Ouest très ouverte.

 

Calgary Flames (Pac. 1) – Colorado Avalanche (WC 2)

Les Flames de Calgary ont remporté leur premier titre de division depuis 1989 – l’année de leur seule coupe Stanley. Profitant d’une situation très ouverte, ils ont même terminé en tête de la conférence Ouest et bénéficieront de l’avantage de la glace une bonne partie des playoffs. Pour une équipe qui qui n’a participé aux phases finales que deux fois sur les neuf saisons précédentes, c’est plutôt une bonne performance !

L’équipe a remporté 50 matchs et son attaque explosive est la deuxième de la ligue (289). C’est surtout là que se situe l’atout des joueurs de Bill Peters. Plusieurs joueurs ont en effet connu la meilleure saison de leur carrière, au point de voir cinq d’entre eux au-delà des 70 pts : Johnny Gaudreau (99), Sean Monahan (82), Elias Lindholm (78), Matthew Tkachuk (77) et le capitaine et favori du trophée Norris de meilleur défenseur, Mark Giordano (74).

Ce top-5, renforcé de l’excellent centre défensif Mikael Backlund (21 buts, 47 pts) constitue l’ossature d’une équipe dominante en possession (5e de la ligue au Corsi, 53,9%) et comme en qualité (7e aux buts anticipés). L’équipe est cependant médiocre en équipes spéciales, et le duo de gardiens, Mike Smith (89,8 %) et David Rittich (91,1%) est avant-dernier de la ligue en pourcentage d’arrêts, alors que les Flames mènent la NHL avec seulement 28,1 tirs concédés par match.

Colorado a donc de réelles chances de surprendre, car l’Avalanche peut sans doute rivaliser si la série se transforme en « run and gun ». 10e attaque et 16e défense, l’équipe entraînée par Jared Bednar est 14e en possession, 16e aux buts anticipés, 7e en supériorité. Les atouts sont plutôt devant, et il faudra rester discipliné sous peine de mal finir (21e jeu en infériorité). MacKinnon termine avec 41 buts et 99 pts, devant Mikko Rantanen (87) et Gabriel Landeskog (75). Le staff a mis un peu tous ses œufs dans le même panier : une première ligne majeure, et un banc bien moins productif.

Carl Söderberg (23 buts, 49 pts) et Alexander Kerfoot (42 pts) sortent à peine du lot, les autres joueurs ne produisant guère. La pression sera donc sur la défense, menée par le sous-estimé Tyson Barrie (59 pts), pour bien protéger Semyon Varlamov (90,9%) ou Philipp Grubauer (91,7%).

La clé de la série : Pour Calgary, museler la ligne de MacKinnon et placer celle de Gaudreau dans les meilleures conditions. Pour Colorado, l’inverse !

Pronostic : Calgary en 6

 

San José Sharks (Pac. 2) – Vegas Golden Knights (Pac. 3)

À quelle version des Sharks de San José aura-t-on droit ? L’équipe termine sur une médiocre fiche de trois victoires sur ses dix derniers matchs, concédant régulièrement le premier but, mais a fini avec deux victoires et surtout retrouvé Erik Karlsson, son défenseur étoile, de retour de blessure. Les Californiens ont passé l’année à marquer des buts (2e attaque de la ligue, 289), bien aidés par leur jeu de puissance (6e, 23,7%).

Les Sharks disposent sans doute de la plus belle profondeur de banc de l’Ouest : huit joueurs ont passé les cinquante points, quatre les 30 buts, onze les 12 buts. Les quatre lignes peuvent produire. Tomas Hertl (35 buts, 74 pts), Logan Couture (70 pts), Timo Meier (30 buts, 66 pts), le capitaine Joe Pavelski (38 buts, 64 pts), l’ailier fort Evander Kane (30 buts, 56 pts) et même l’acquisition de la date limite des échanges, Gustav Nyquist, auteur de 11 pts en 19 matchs…

Tout ce petit monde profite du style de jeu de l’équipe : 1er en Corsi (54,9%), 4e aux buts anticipés, principalement en s’appuyant sur les tirs de ses défenseurs, dont l’artilleur en chef Brent Burns et ses 300 tirs cadrés et 83 pts. Tout cela donnerait une équipe intouchable si la défense suivait. La 21e défense de la ligue a été plombée toute l’année par le pire pourcentage d’arrêts de gardien. Le duo Martin Jones (89,6%) – Aaron Dell (88,6%) a semblé ne pas pouvoir arrêter un ballon de plage dans certains matchs, et constitue un sérieux handicap dans la course au titre. Mais l’expérience est là : San José n’a manqué les playoffs qu’une fois depuis 2004 et joué la finale en 2016.

En face, Vegas a connu deux saisons en une. Le finaliste 2018, qui avait justement éliminé les Sharks en six matchs au deuxième tour l’an dernier, a débuté lentement, avant de monter en puissance au fil des mois. L’acquisition de Mark Stone à la date limite des échanges a transformé Vegas en machine à gagner… sauf dans la dernière ligne droite, avec une triste fiche de trois victoires en dix rencontres pour finir la saison.

Il faut dire que Marc-André Fleury (91,3 % d’arrêts) a manqué plusieurs matchs. Le retour du Québécois sur les deux dernières rencontres fut délicat. Sa santé jouera beaucoup dans la prestation de l’équipe. Gerard Gallant a construit un système basé sur une forte possession (3e en Corsi, 54,3%), tout en étant dangereux (2e de la ligue aux buts anticipés). 13e attaque et 10e défense, Vegas n’a pas disposé d’attaquants aussi explosifs que l’an dernier, mais a sans doute gagné en équilibre. Sept joueurs dépassent les 40 pts et cinq les vingt buts. Le trio Jonathan Marchessault (59 pts), William Karlsson (56) et Reilly Smith (53) mène encore l’équipe mais la chute est brutale (bien qu’attendue) par rapport à l’an dernier. L’apport de Stone (11 pts en 18 matchs) a beaucoup aidé sur la possession, et son entente avec Max Pacioretty semble prometteuse.

La clé de la série : le poste de gardien, sans aucun doute. San José dispose des armes pour faire sauter n’importe quel verrou, mais n’ira pas loin si Martin Jones ne remonte pas la pente. Du côté de Vegas, il faudra résister aux coups de boutoir adverse et miser sur sa vitesse pour exploiter la fragilité de la défense des Sharks, en espérant que Fleury soit remis de ses pépins physiques.

Le pronostic : San José en 7

 

Nashville Predators (Cen 1) – Dallas Stars (WC 1)

Les années se suivent et commencent à se ressembler pour les Predators. Finir au sommet du classement, mais se rendre compte en série que les Preds sont peut-être encore loin du compte. Loin est un grand mot mais, au-delà du classement, Nashville n’a pas vraiment rassuré sur sa capacité à aller chercher le Graal. 8e au Corsi, 11e aux buts anticipés, la pire supériorité numérique de la ligue, malgré l’effectif sur la glace… L’équipe a en fait longtemps été portée par une réussite élevée alors que les gardiens finlandais Pekka Rinne et Juuse Saros affichaient des performances de très haut vol… trop belles pour être vraies. Cela est retombé en fin de saison et, sur les trente derniers matchs, Nashville n’a que le 16e bilan de la ligue.

Sur la glace, la dynamique n’a pas changé. Forsberg-Johansen-Arvidsson et Subban-Ekholm sont toujours les leveurs de fonte du groupe et Josi-Ellis ajoutent leur touche offensive. Les ajouts offensifs (Granlund, Simmonds) peinent à produire et, au final, seuls les joueurs de la première ligne auront dépassé les 50 points cette saison…

L’odeur du printemps réveillera-t-elle une équipe désormais habituée à cette danse ? C’est possible mais les problèmes surviendront certainement plus tard quand des adversaires plus coriaces que les Stars se dresseront sur la route.

Dallas, écœuré l’an passé d’avoir raté les playoffs à cause d’un mois de mars désastreux, a cette fois validé son ticket, affichant un jeu moyen (22e au corsi, 15e aux buts anticipés avec tout juste Dallas 6e depuis le 1er mars 50,3%) porté par des gardiens en feu. Ben Bishop et Anton Khudobin ont signé le deuxième pourcentage d’arrêts de la ligue à 5 contre 5 cette saison et Bishop serait un candidat légitime au trophée Vézina si celui-ci n’allait pas systématiquement au gardien d’une équipe du haut du classement… Si Jamie Benn a un peu levé le pied, Tyler Seguin et Alex Radulov ont tourné à un point par match et John Klingberg avec 45 points en 64 matchs est resté sur ses bases de l’an passé. La chute est plus brutale ensuite car les marqueurs suivants sont Miro Heiskanen et Esa Lindell, non seulement des défenseurs… mais avec tout juste 33 et 32 points. Autant dire que la profondeur offensive en attaque a fait complétement défaut. L’ajout de Matts Zuccarello à la trade deadline était un coup de maître mais celui-ci revient tout juste de sa blessure. Bref, c’est maigre.

La clé de la série : Si Dallas a bien fini la saison, on imagine mal Nashville avoir de vrais problèmes. La seule planche de salut pour Dallas serait de voir Ben Bishop se muer en muraille infranchissable.

Le pronostic : Nashville en 5

 

Winnipeg Jets (Cen 2) – St Louis Blues (Cen 3)

Deux lectures possibles dans cet affrontement de la division centrale. Tout d’abord, si l’on se réfère aux séries de l’an passé, les Jets paraissent grands favoris, eux qui étaient censés avoir peu de failles, et une équipe plus compétitive car plus expérimentée d’une année supplémentaire collectivement. À cela s’est rajouté Kevin Hayes, faisant des Manitobains une armada impressionnante.

Mais nous pouvons aussi regarder le profil des deux saisons, et notamment celle des Blues de St Louis, auteurs d’un retour tonitruant, des bas-fonds de la ligue fin 2018 au milieu de la conférence en avril 2019. L’apport d’un nouveau coach (Craig Berube), et surtout d’un gardien fiable (Jordan Binnington) sont des débuts de raisons à ce brusque renouveau dans le Missouri.

Côté effectif, ces Blues peuvent compter sur le couteau suisse de la ligue, Ryan O’Reilly, meilleur pointeur de l’équipe avec 77 points dont 28 buts, et ses acolytes Vladimir Tarasenko, Brayden Schenn, ou David Perron. Ensuite vient un effectif très homogène, mélangeant cadres (Pietrangelo, Schwartz, Steen, Bozak, Parayko…) et jeunes prometteurs (Robert Thomas, Ivan Barbashev…). Les 92,7% d’arrêts de Binnington amènent une sérénité à ce poste peu connue par la franchise les années précédentes avec un Jake Allen toujours plus irrégulier.

Face à eux, les Jets, proclamés favoris, ont également une belle armada avec des Mark Scheifele, Patrik Laine, Blake Wheeler, Kyle Connor, Nikolaj Ehlers, Jacob Trouba, Dustin Byfuglien ou de bons seconds couteaux comme Mathieu Perreault, ou Bryan Little. La dernière arrivée de l’ex-Ranger Kevin Hayes amène un profil de passeur confirmé, idéal pour des buteurs patentés. En revanche, en regardant les statistiques, les Jets ne sont pas si légitimes pour ce rang de favoris. Avec un corsi de 48,9% et des buts anticipés à hauteur de 47,8%, ils peinent à dominer les matchs et à se procurer les plus franches occasions. Et surtout, la défense se classe 20e pour les buts anticipés accordés. Dangereux face à des Blues efficaces.

Justement, les Blues et les Jets se sont joués cette saison, avec avantage Winnipeg, mais dans des matchs de début de saison, dans une période où les Blues végétaient en queue de peloton, sachant que ce n’est plus du tout la même équipe actuellement. En corsi (51,5%) comme en buts anticipés (53,7%) les Blues sont mieux lotis et ont donc un profil plus adapté aux équipes de playoffs.

La clé de la série : Comme d’habitude avec St Louis, le gardien aura son importance. Même si Jake Allen a prouvé par le passé qu’il était capable de « voler » des séries (cf Minnesota), il est moins légitime que Binnington au regard de la seconde moitié de la saison. En face, Connor Hellebuyck fait son bonhomme de chemin, et pourrait élever le curseur pour tenir la baraque. Les unités spéciales seront importantes, et si les Blues maîtrisent bien leurs infériorités (81,5% contre 79,1%), gare aux Jets qui ont déjà inscrits 10 buts en désavantage numérique.

De surcroît, St Louis aura face à lui le meilleur powerplay de la conférence ouest (24,8% contre 21,1%). En somme, si les Blues parviennent à limiter les minutes d’infériorité, ils pourront très bien se défaire de Jets plutôt décevants à 5 contre 5.

Le pronostic : St Louis en 7

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