France – Russie (match de préparation à Cergy)

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Deuxième match de préparation du week-end pour l’équipe de France, toujours face à la sélection russe. Si le résultat de ces rencontres demeure toujours anecdotique, parce que le travail engagé est à mettre en perspective avec l’effectif disponible du moment, les hommes de Philippe Bozon ont à cœur de réaliser une bonne prestation et, individuellement, de marquer des points en vue de la sélection finale à moins d’un mois des Mondiaux. Un objectif sans doute partagé au sein des lignes adverses, en cette jeune formation consciente que les places seront très chères mais qu’il peut toujours être des défections de dernière minute.

Forte du convaincant succès obtenu la veille à Rouen (1-4), la Russie débute la rencontre par un premier lancer rapide, doublé d’une tentative de Yurtaikin captée par Buysse. Di Dio Balsamo est sanctionné d’une crosse haute et offre aux Russes la première supériorité numérique de la rencontre. Celle-ci est marquée par un rush en solitaire de Golyshev sur lequel Henri-Corentin Buysse intervient, et une installation nette dans la zone offensive, sans franche opportunité pour autant. À cinq contre cinq, le pressing bleu est intéressant, mais en contre Mikhailov remonte le palet qui échoue sur Alekseyev. Ce dernier trompe le portier bleu d’un lancer audacieux à mi-hauteur angle opposé (0-1, 7’21’’).

Menée au score, l’équipe de France sort enfin de sa coquille mais est réfrénée par une nouvelle pénalité, appelée contre Anthony Rech. Buysse intervient sur un lancer à la bleue de Yelesin, puis est décisif devant Yurtaikin superbement placé. Le gardien d’Amiens parvient à tuer la pénalité sur un dernier essai de Shvets-Rogolov. Il prouve au retour à cinq qu’il est clairement entré dans son match, là où les visiteurs dominent plutôt la partie depuis l’entame : il capte par deux fois des lancers puissants, le second par Yelesin. Kevin Bozon lance ensuite à la cage, avec le gain d’une mise au jeu offensive, mais l’équipe de France peine à s’installer. Elle trouve quand même une première possibilité intéressante sur un travail commun de Cédric Di Dio Balsamo et Fabien Kazarine.

Là où le mouvement joue de manière évidente en faveur de la jeune garde russe, l’équipe de France s’attelle à jouer le plus simplement possible en défense. Buysse gèle les palets et ses coéquipiers jouent la sortie d’enclave, sauf devant Rudenkov oublié fort heureusement sans conséquence. Mishchenko est sanctionné en fin de période pour offrir à la France sa première supériorité, qui courra essentiellement sur le tiers médian.

Les Bleus cherchent à s’installer au retour sur la glace pour faire fructifier la supériorité. Olivier Dame-Malka tente un lourd lancer, malheureusement il ne trouve pas le cadre. Les intentions sont là mais les Français sont tout proches de se faire punir par Mishchenko qui a trouvé le palet sur son chemin quand il a quitté la prison. Rushan Rafikov tente ensuite sa chance, c’est capté de nouveau par Buysse, mais Pierre Crinon lui répond et sollicite à son tour Bocharov, voyant le palet fuir le cadre.

Il semble que l’équipe de France soit revenue sur la glace avec un engagement plus prononcé, mais la Russie veut capitaliser les erreurs locales, comme avec Kraskovsky qui hérite d’un palet que Buysse avait perdu à la relance. À plus s’engager on s’expose également davantage, mais la France développe plus de jeu au grand plaisir des supporters venus garnir les travées de l’Aren’Ice.

La domination demeure russe, et Crinon se rend coupable d’une faute. Rafikov tente sur la mise au jeu un énorme lancer qui offre à Buysse une nouvelle occasion de briller d’un arrêt de la botte, il interviendra une seconde fois dans l’infériorité sur un dangereux lancer au centre. Si la prestation d’Ylönen hier fut logiquement saluée, celle du gardien amiénois est jusqu’alors tout aussi remarquable.

La France sort avec un très bon jeu Baazzi – Nesa – Baazzi en première intention, mais la déviation du défenseur français ne surprend pas Bocharov. Dommage qu’une pénalité de 2’+10′ soit alors appelée plutôt logiquement contre Kévin Bozon, coupable d’une charge contre la bande. La Russie s’installe et fait énormément tourner le palet, mais ne trouve guère de positions préférentielles pour prendre les tirs. C’est la quatrième supériorité non convertie par la France dans la partie. La période prend fin avec toujours un but de retard au compteur.

Au début du dernier acte, Peter Valier se montre dangereux mais le cadre se dérobe. La France cherche à revenir dans la partie mais se méfie de la vivacité adverse, ce qui confine les joueurs à une relative réserve quand il s’agit de porter l’offensive. Buysse réalise alors un magnifique arrêt sur Bogdan Yakimov parti en un contre un. Maïa tente ensuite d’aller fixer la défense mais son travail ne profite à aucun coéquipier devant la cage.Le jeu est équilibré dans cette période et Kazarine alerte la défense adverse sans parvenir à tromper Bocharov ras-glace. D’une cage à l’autre, Yegor Korshkov oblige Dame-Malka à la faute, pour le cinquième power-play russe du match. Celui-ci est enfin décisif puisque sur un lourd lancer de Yelesin, Buysse intervient mais cherche le palet entre ses bottes. Ce dernier réapparait du mauvais côté de la ligne et le but est attribué à Mikhailov, certainement par erreur (0-2, 42’01’’).

Dommage pour une équipe volontaire qui prend ce but dans le moment de la rencontre finalement le moins maitrisé par les adversaires. Kazarine ne se décourage pas et est proche de réduire la marque, mais sur la même phase de jeu, Dame-Malka perd un palet que la Russie n’exploite pas au mieux.

À moins de deux minutes du terme, Buysse quitte sa cage et ce sera même un 6 contre 4 au temps mort puisque Nikita Cherepanov est sanctionné. L’occasion de réduire le score, mais le lancer de Dame-Malka est dévié et les Russes parviennent à sortir le palet de la zone. La dernière possibilité est pour Bastien Maïa. Las, le lancer est forcé et ne donne rien, marquant la fin de cette partie et le deuxième succès russe.

Prestation plutôt convaincante d’une jeune garde française qui a su montrer de belles qualités face à un adversaire supérieur dans tous les aspects du jeu. Au tableau positif, on notera de la double confrontation la superbe prestation du duo de gardiens Sebastian Ylönen (hier) et Henri-Corentin Buysse (aujourd’hui), qui complexifie encore la tâche de Philippe Bozon dans l’établissement d’une hiérarchie post-Cristobal, toujours à définir dans les cages françaises.

 

France – Russie 0-2 (0-1, 0-0, 0-1)
Samedi 13 avril 2019 à 18h30 à l’Aren’Ice de Cergy. 2953 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Crégut et Jérémy Rauline (FRA) assistés de Nicolas Constantineau et Jérémy Douchy (FRA)
Pénalités : France 12’ (6’, 4’+10’, 2’) ; Russie 4’ (2’, 0’, 2’).
Tirs : France 20 (8, 8, 4) ; Russie 54 (17, 23, 14).

Évolution du score :
0-1 à 07’21’’ : Alekseyev assisté de Mikhailov et Yurtaikin
0-2 à 42’01’’ : Mikhailov (sup. num)

France

Attaquants :
Rudy Matima – Julien Guillaume – Bastien Maïa
Cédric Di Dio Balsamo (4’) – Maurin Bouvet – Peter Valier
Kévin Bozon (2’+10’) – Valentin Claireaux – Anthony Rech (2’)
Fabien Kazarine – Loïc Farnier – Fabien Colotti

Défenseurs :
Olivier Dame-Malka (2’) – Fabien Bourgeois
Pierre Crinon (2’) – Kévin Hecquefeuille
Aziz Baazzi – Hugo Gallet
Axel Prissaint – Vincent Nesa

Gardien :
Henri-Corentin Buysse (G)

Remplaçant : Sebastian Ylönen (G).

Russie

Attaquants :
Anatoly Golyshev – Pavel Kraskovsky – Yegor Korshkov
Danil Yurtaikin – Denis Alekseyev – Nikita Mikhailov
Damir Zhafyarov – Artyom Shvets-Rogolov – Artyom Mikheyev
Anton Zoblin – Bogdan Yakimov – Igor Rudenkov

Défenseurs :
Rushan Rafikov – Maxim Osipov
Nikita Cherepanov (2’) – Aleksandr Yelesin
Evgeny Kulik – Albert Yarullin
Yegor Rykov – Ivan Mishchenko (2’)

Gardien :
Ivan Bocharov

Remplaçant : Ilya Konovalov (G)

(article illustré par Pascal Enault et Emmanuel Giraudeaux)

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