Vers des playoffs à 24

Le tableau des playoffs, via Sportsnet
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La NHL a franchi une nouvelle étape dans le processus de reprise de la saison 2019-2020. En proposant une phase finale à 24 équipes, la ligue a obtenu l’assentiment de l’association des joueurs.

Cela couvait depuis quelques jours : les playoffs NHL se joueront à 24. Parmi les nombreuses solutions discutées depuis l’interruption de la saison mi-mars, Gary Bettman et Bill Daly ont opté pour le compromis qui ratisse le plus large, en excluant de la reprise seulement sept équipes.

Les quatre premiers de chaque conférence s’affronteront entre eux afin de déterminer l’ordre des têtes de série.
À l’Est, il s’agit de Boston, Tampa Bay, Washington et Philadelphie.
À l’Ouest, St. Louis, Colorado, Vegas et Dallas.

Les huit suivants joueront un premier tour au meilleur des cinq matchs. Puis, on reviendra à des playoffs traditionnels au meilleur des sept matchs. La solution fait grincer des dents, notamment à Pittsburgh, qui devrait affronter Montréal au meilleur des cinq matchs, en dépit des 15 pts d’écart au classement… mais elle a été acceptée par presque tous comme étant la moins mauvaise.

Playoffs Nhl Sportnet
Le tableau des playoffs, via Sportsnet

Il faut dire que les enjeux financiers sont très importants pour une ligue en souffrance. La NHL et la plupart des équipes font face à des difficultés importantes, qui ont poussé au chômage une partie des employés. Les estimations s’élèvent à 1,5 milliards de dollars de pertes si la saison ne va pas à son terme. Vertigineux…

Alors que les chaînes de télévision versent l’essentiel des revenus en droits de diffusion, il faut reprendre, coûte que coûte. Les joueurs eux-mêmes en sont conscients : une reprise aurait une influence sur la somme qu’ils doivent abandonner aux propriétaires dans le complexe mécanisme d’escrow, mis en stand-by pour une décision ultérieure. Des vacances prématurées auraient conduit les joueurs à abandonner un bien plus gros chèque de salaire l’an prochain.

Les plus gros marchés en seront

En choisissant des phases finales à 24, la ligue s’octroie ainsi, par un tour de passe-passe, la participation de presque tous les plus gros marchés en terme d’audience télévisée : les deux équipes new-yorkaises, Chicago, et six des sept formations canadiennes, dont Montréal – autant d’équipes dont la qualification était peu probable lors de l’interruption de la saison. Bref, les « Original Six » seront de la partie (sauf Detroit), ce qui, sur le plan médiatique, est essentiel…

Le seul point noir est l’absence de la Californie, mais les trois formations de cet État ont connu une saison noire et étaient clairement hors du coup.

Pour en arriver là, la NHL avait besoin du soutien de la NHLPA, le syndicat des joueurs. Les représentants des 31 équipes ont validé le projet à 29 voix contre 2, après consultation de leurs coéquipiers.

À Pittsburgh, qui a voté pour, le représentant Kris Letang explique qu’il n’y a même pas eu de débat : un oui unanime de tous ses coéquipiers. Alex Pietrangelo, à St. Louis, l’explique également : « Il n’y a aucun format parfait, parce qu’il n’y aucun précédent à suivre. »

Alex Killorn, de Tampa Bay, a justifié son choix de voter « non » en estimant que le format était défavorable aux équipes dispensées d’un tour préliminaire. Elles seraient amenées à affronter des équipes sorties d’une série au meilleur des cinq matchs. « Quand vous jouez une équipe qui a dû se battre pour sa survie et a traversé une série de playoffs, c’est très différent que de sortir de quelques matchs d’exhibition pour le classement ». Carolina a également choisi de voter non.

Les équipes définitivement en vacances sont les suivantes : Detroit, Ottawa, Los Angeles, San José, Anaheim, New Jersey et Buffalo. Il semble que les joueurs confinés dans ces villes aient déjà pris leurs dispositions pour se rendre dans leurs résidences estivales dans leurs régions natales.

Une simple première étape

La validation du plan de phases finales n’est cependant qu’une étape dans le long parcours vers la reprise réelle. Aucun calendrier n’a été proposé.

Autres obstacles à résoudre : les protocoles sanitaires pour les joueurs et le staff, le choix des « hub cities » – les villes qui centraliseront les matchs, l’autorisation données aux familles des joueurs d’être présentes, ainsi que les aspects économiques. Le calendrier choisi aura aussi une influence sur l’organisation de la saison 2020-2021.

Pour ces villes « noeuds », Edmonton mène une campagne active pour sa candidature. La ville propose carrément que chacune des douze équipes qualifiées à l’Ouest dispose de sa propre patinoire d’entraînement (!)… L’avantage de la température extérieure, entre 22 et 27 degrés en Alberta au mois d’août, est également raisonnable pour la qualité de la glace. Le parc hôtelier suffirait à accueillir tout le monde.

Autre avantage d’Edmonton, le nombre de cas de Covid-19 y a été très limité, avec seulement 12 morts dans une ville de 1,3 millions d’habitants. Par comparaison, Vegas (5815 cas, 322 morts) et Vancouver (887 et 86) en sont loin, du fait de leur envergure internationale. Edmonton dispose en plus d’un soutien actif du dirigeant politique de l’Alberta, Jason Kenney.

Sportsnet a publié un long article résumant le dossier de candidature d’Edmonton, à découvrir ici .

Les autres villes qui travailleraient sur ces dossiers sont Toronto, Vancouver, Columbus, Vegas, Dallas, Tampa, Pittsburgh et Raleigh (Carolina).

La question du franchissement de la frontière ne devrait pas, de son côté, poser de problème. Les États-Unis ont déjà annoncé que les sportifs étrangers seraient exempts de l’interdiction d’entrée dans le pays. Le Canada devrait faire de même, sous l’impulsion du lobbying intense des formations de la NHL, notamment Edmonton. Dans tous les cas, la frontière n’est actuellement pas vraiment fermée et les vols y sont encore nombreux. Le délai de mise en quarantaine reste cependant à discuter. De plus, la situation va évoluer d’ici à l’été et probablement s’assouplir.

Dernier point, le cas des contrats : le calendrier habituel les fait expirer le 30 juin, que ce soit pour les joueurs ou le staff. Le « glissement » des contrats des joueurs, qu’ils soient de NHL ou de ligue mineure en contrat deux-volets, ne devrait pas poser de problème – on s’attend à des effectifs élargis à 30 joueurs, en intégrant donc des joueurs qui ont plutôt joué en AHL.

Le cas des staffs est plus épineux car ils ne disposent d’aucune convention collective, ce qui nécessitera sans doute une négociation au cas par cas. La problématique est encore plus complexe pour les scouts, puisque la date de la draft n’est toujours pas connue. Certains membres de staff ont déjà appris que leur contrat ne serait pas renouvelé et s’arrêterait au 30 juin.

En somme, la NHL a levé une barrière en préparant une phase finale à 24 avec l’assentiment des joueurs, mais il reste de nombreuses décisions à prendre, tout en surveillant d’un oeil aiguisé l’actualité sanitaire.

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