DEL : licence contre renonciation salariale partielle

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Le dépôt des dossiers pour obtenir la licence en DEL avait lieu hier à 23h59, et la ligue allemande a ajouté au dernier moment une étonnante condition : elle a requis que chaque club fournisse un engagement signé par l’ensemble de ses joueurs sous contrat de renoncer potentiellement jusqu’à un quart de leur salaire ! Sans ce document, le club n’obtiendra pas sa licence.

Le principe retenu pour faire face aux incertitudes liées à la pandémie de coronavirus est en effet le suivant. Si la reprise de la saison prévue le 18 septembre n’est pas possible, les joueurs seront payés par l’Etat au chômage partiel (plafonné en Allemagne à 2 900 € nets). Pendant la saison, le salaire versé correspondra à 75% du salaire normal. Les 25% restants ne seront versés que si le club a pu obtenir des recettes équivalentes à la saison 2019/20. Si ses recettes ont diminué de plus d’un quart, les joueurs ne toucheront rien de plus. Si ses recettes sont à 90% de la saison précédente, les joueurs auront 90% de leur salaire. Le but est de pallier une saison potentiellement raccourcie. Le terme « play-offs » a volontairement été radié des contrats, car devenu trop imprécis en ces temps troublés. On parle simplement du nombre de matches à domicile.

Les hockeyeurs allemands se sont montrés responsables et ouverts à la discussion, sachant pertinemment que la survie des clubs était en jeu. Cette crise a été l’occasion pour eux de s’organiser : les précédents tentatives de créer un syndicat des joueurs n’avaient pas duré, cette fois ils se sont regroupés autour de Moritz Müller – bien connu pour son franc-parler – et de Patrick Reimer pour engager un avocat. Les propos tenus dans la presse ont toujours été très feutrés de part et d’autre. Müller a légitimement réclamé de la « transparence » de la part des clubs en retour de la coopération demandée aux joueurs (en ajoutant que cela se passait bien dans son propre club de Cologne). Il a toutefois regretté la pression mise par cette échéance du 24 mai, qui ne correspondait guère à une recherche de coopération.

Le club de Bremerhaven est le seul qui a communiqué avoir remis la renonciation salariale conditionnelle signée avec son dossier. D’autres clubs ont apparemment remis ce document non signé. Toutefois, la date limite de dépôt des dossiers n’empêche pas les compléments ultérieurs. Les joueurs n’ont pas voulu se laisser coincer par ce coup de pression et préfèrent se donner le temps de la discussion.

Comme la première saison du « monde d’après » dans le hockey allemand correspond aussi à la réouverture de la promotion/relégation à partir de 2021, trois clubs de DEL2 ont aussi déposé leur dossier, ce qui leur permettra d’être candidats à la montée s’ils remportent les play-offs en avril prochain : Francfort, Kassel et Bietigheim-Bissingen. Un quatrième club a dès à présent une patinoire correspondant aux infrastructures requises par la DEL, Dresde, mais il a fait le choix de ne pas déposer de dossier cette fois pour s’épargner notamment le coût de la garantie bancaire à fournir à hauteur de 816 000 euros. Ce club explique qu’il vise toujours la DEL à terme mais qu’il préfère rester prudent à court terme dans le contexte actuel de crise.

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